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Des guerres intergalactiques aux mondes parallèles en passant par les mutants et les clones, la cafétéria de la science-fiction (SF) offre un menu varié – avec ou sans OGM – aux lecteurs affamés de dépaysement, d’imaginaire mais aussi de réflexion. Qu’ils fassent l’apologie des sciences et des technologies ou qu’ils les décrient, qu’ils proposent des solutions ou qu’ils soulèvent des problèmes, les auteurs de SF attirent l’attention sur des enjeux que l’on n’aurait su voir autrement. Pourrait-on en tirer profit à l’école? On pense en tout premier lieu aux cours de sciences.
Or – curieusement – selon les différentes associations
de professionnels de l’éducation, les professeurs de sciences
utilisant la science-fiction en classe ne courent pas les rues. Même
son de cloche du côté des universités : Marcel
Thouin, professeur au département de didactique des sciences de
l’Université de Montréal, avoue ne connaître Au niveau primaire, la science-fiction n’est certes pas au programme. Quelques initiatives originales naissent cependant ici et là. Ainsi, le Regroupement Les Bibliothèques Publiques du Saguenay–Lac-Saint-Jean a récemment mis sur pied des mallettes d’exploration en science-fiction destinées au personnel des bibliothèques (voir « Science et fiction animent les bibliothèques » dans notre numéro de novembre). En juin dernier, lors de l’épreuve ministérielle de français au primaire, il a également été question d’imaginaire scientifique. « Les élèves de sixième année devaient imaginer un voyage dans l’espace en rédigeant un journal de bord fictif », explique Louis Émond, chargé de projet au ministère de l’Éducation du Québec. Pour relever ce « défi de Julie », ils pouvaient s’inspirer de la nouvelle de Jean-Louis Trudel, Le berger des comètes, mais leur histoire devait s’appuyer sur des principes scientifiques bien réels.
Misant sur l'attrait de la SF auprès des adolescents, Karine Côté, Maxime Gagnon et Simon Nadeau ont fabriqué un univers parallèle et confié à leurs élèves – un groupe de survivants sur une Terre désolée – une mission bien particulière : explorer une planète lointaine et vérifier si les conditions de vie qui y prévalent sont favorables à l’établissement éventuel d’une colonie humaine. La planète en question abrite une civilisation qui n’est autre que celle du roman de Lowry. Recherches sur Internet et déchiffrage de messages codés sont au menu des jeunes éclaireurs. Pour les élèves impliqués dans le projet, l’exercice s’est vite transformé en jeux de rôle. « Dans les corridors, les étudiants nous appelaient "chef" », se souvient Karine Côté. « La plupart des élèves se sont tellement investis dans l’aventure qu’ils sont arrivés trop vite à la page 100 du roman », remarque Maxime Gagnon presque déçu. Autre point positif : le projet a séduit autant les garçons, que la lecture rebute généralement, que les filles, dont la SF n’est habituellement pas la tasse de thé…
L’auteur de Demain, les étoiles concède cependant que les guides et le matériel pédagogiques qui indiqueraient clairement aux professeurs comment utiliser des ouvrages de SF font gravement défaut. En langue anglaise, il existe cependant des avenues
intéressantes. Julie E. Czerneda, auteure, enseignante et biologiste
de formation, a conçu une anthologie de science-fiction en lien
avec le curriculum des sciences pour chaque niveau du primaire. L’ouvrage
s’intitule : No Limits :
Pour Norman Molhant, « vérificateur de cohérence » et conseiller scientifique pour plusieurs auteurs, la valeur pédagogique de la littérature de science-fiction ne fait aucun doute, tant les domaines touchés par ce genre littéraire sont diversifiés. M. Molhant va même plus loin : certains romans de SF inculqueraient des valeurs qui vont bien au delà de la sphère scolaire et qui touchent à la formation globale de l’individu. « La plupart des auteurs de SF sont des gens d’une très haute tenue morale. Ils ne se poseraient pas de questions sur l’avenir du monde si ce n’était pas le cas! » s’exclame-t-il. « Nos héros ne sont pas toujours parfaits, mais ce sont les questions soulevées par nos ouvrages qui, j'espère, témoignent de cette conscience sociale aiguisée », précise l’auteur Jean-Louis Trudel.
Certains professeurs de philosophie l’ont compris,
et utilisent par exemple Le meilleur des mondes pour enseigner
l’éthique. Mais la science-fiction n’aurait-elle pas
également un rôle à jouer dans la formation des futurs
savants? C’est ce que croit Christian Bouchard, professeur de littérature
au Collège Laflèche de Trois-Rivières. « On
a des capacités technologiques très avancées mais
la sagesse d’un saurien ou d’un dinosaure! » s’exclame-t-il.
À ses Et vous, qu’en pensez-vous?
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Le passeur, Lois Lowry, L’école des loisirs, 1994. 1984, George Orwell, traduit de l’anglais par Amélie Audiberti, Gallimard, 1983. Le meilleur des mondes, Aldous Huxley, Pocket, 2001. La physique de Star Trek, Lawrence M. Krauss Bayard, 1995. Demain, les étoiles, Jean-Louis Trudel, P. Tisseyre, 2000. Simon l’embaumeur ou la solitude du magicien, Jacques Testart, F. Bourin, 1987. No Limits : Developing Scientific Literacy Using Science Fiction, Julie E. Czerneda, Trifolium Books Inc, 1998. On peut se le procurer en ligne par Amazon. Il est aussi disponible chez Chapter's / Indigo. Il n'a pas été traduit en français. Le site Internet de Julie E. Czerneda : www.czerneda.com Liste de sites ressources destinés
aux enseignants pour utiliser la science-fiction en classe (en anglais) :
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