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Baie-James, mai 2001. Ordinateurs portables et caméras numériques en main, des journalistes sont en plein travail. Plus que quelques heures pour « boucler » le dernier volet d’une grande série sur l’électricité… Il ne s’agit pourtant pas d’une équipe de Découverte. Les reporters sont des jeunes du secondaire de l’école Jean-Raimbault de Drummondville. Leur public : des enfants du primaire. Récit d’une belle histoire de science et de passion.
Tout a commencé en 1998, quand Ghislain Rheault, professeur de sciences physiques à l’école Jean-Raimbault, et Jean-Claude Chaîné, conseiller pédagogique en informatique à la Commission scolaire des Chênes, rêvaient d’organiser un voyage qui rendrait l’enseignement des sciences significatif. Leur rencontre avec Larry Bernier, professeur de sciences au secondaire, permettra de concrétiser un projet qui mènera leurs élèves au bout du monde.
M. Bernier avait déjà organisé une expédition scientifique avec ses élèves à la Baie-James. Pour l’occasion, il avait créé un site Web alimenté par des photos et des textes, pour le plaisir des parents des jeunes explorateurs. « En écoutant M. Bernier raconter son histoire, une lumière s’est allumée, se souvient M. Chaîné. Pourquoi les élèves ne mettraient-ils pas eux-mêmes les textes et les photos en ligne? » L’expédition technologique à la Baie-James de l’école Jean-Raimbeault était née, et son site Internet, baptisé L’expédition choc, allait bientôt regorger d’informations passionnantes issues du travail des jeunes cyber-journalistes.
Avant-gardiste pour son temps, L’expédition à la Baie-James a été une première du genre au Québec. « Imaginez! Il s’agissait d’aller à la Baie-James avec des caméras numériques et des ordinateurs... C’était très audacieux à l’époque! » Audace ou pas, M. Chaîné était profondément convaincu que l’intégration des technologies dans le projet optimiserait l’apprentissage des élèves, rehausserait leur intérêt et permettrait d’atteindre plusieurs objectifs pédagogiques. « Pour produire des reportages sur un site Web, les élèves doivent non seulement maîtriser leur sujet, mais aussi le français et l’informatique », note-t-il.
Aujourd’hui conseiller pédagogique en sciences à la Commission scolaire des Chênes, Ghislain Rheault se souvient des grands préparatifs du départ... et des questions financières. « Avec ou sans subvention, nous serions tout de même partis! » lance-t-il. Au grand bonheur des deux organisateurs, le projet répondait aux critères d’admissibilité du programme de subvention Rescol à la source (1). Chanceux jusqu’au bout dans leur démarche, ils ont même obtenu des sommes supplémentaires pour avoir intégré au projet des enfants du primaire. « Sept classes nous ont suivi tout au long de l’expédition au moyen de notre site Web. Pour les recruter, nous avons lancé un appel à tous dans la commission scolaire. » La vente de conserves et la contribution personnelle des élèves ont servi à financer le reste du voyage. La commission scolaire y a aussi mis du sien, en mettant à la disposition du groupe huit ordinateurs portables avec réseau sans fil, en plus de lui faire profiter de l’expertise des gens du département d’informatique.
Les semaines qui précédèrent le départ furent pour le moins remplies. Outre le financement, la préparation de l’itinéraire et la création du site Internet, les deux complices ont également préparé une douzaine d’élèves volontaires du groupe à bien remplir leur rôle de journaliste. « Nous donnions de la formation sur quelques notions de base en édition informatique pendant l’heure du dîner. De cette manière, on rendait les élèves autonomes dans la gestion de la partie du site consacrée aux reportages. » Les dossiers de recherche préparant les journalistes aux entrevues à faire lors des visites étaient également supervisés en dehors des heures de classe.
Durant le voyage, les journalistes en herbe travaillaient sans relâche à la production de leurs reportages, y compris dans l’autobus ou dans leur chambre d’hôtel… Dès qu’une visite était terminée, les claviers d’ordinateur s’activaient, permettant aux enfants suivant le projet sur Internet de se laisser transporter dans une nouvelle histoire agrémentée de photos, et de visiter, presque en direct, la mine Lamaque de Val-D’or, la fonderie Horne à Rouyn-Noranda, les barrages LG1 et LG2 à la Baie-James ou encore la réserve Chisasibi à Radisson. Le site Internet L’expédition choc, toujours actif aujourd’hui, propose également une section sur la production de l’électricité destinée spécifiquement aux jeunes du primaire.
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| De l’environnement à la géographie : l’intégration des disciplines Production d’électricité, énergies propres… La question de la protection de l’environnement a pris une importance accrue au cours du voyage. Les élèves ont notamment manifesté beaucoup d’intérêt pour l’impact environnemental de la construction des barrages à la Baie-James. Et ce n’est pas tout. Geneviève Pérusse, enseignante en français et en enseignement moral et religieux, a aussi profité du projet pour faire plancher les étudiants sur les cultures amérindiennes, et a demandé à ses élèves de cinquième secondaire d’effectuer une recherche sur les valeurs de la communauté crie. Les jeunes ont été évalués sur leur travail tout comme les douze journalistes l’ont été en français. D’autres élèves ont été chargés par leur professeur de géographie de ramener un échantillon de moraine de la Baie-James, et pour expliquer les propriétés de ce type de roche aux autres élèves de leur classe, à leur retour. |
L’expédition technologique à la Baie-James de l’école Jean-Raimbeault a permis à l’enseignement des sciences de marquer des points sur tous les tableaux : du côté des jeunes du secondaire qui ont participé au voyage, et du côté des enfants du primaire qui l’ont suivi. Ces derniers ont notamment pris connaissance en moins de quatre jours, par le site Web, des principes de la production d’électricité, du fonctionnement d’une centrale hydroélectrique, de la construction d’un réseau de transport d’électricité et de la représentation schématique d’un réseau électrique.
En définitive, les explorateurs sont revenus la tête remplie de souvenirs, d’expériences enrichissantes et le cœur gonflé d’estime.
Depuis leur retour de voyage, Ghislain Rheault et Jean-Claude Chaîné profitent de toutes les tribunes pour convaincre leurs collègues, les commissions scolaires et les directions des écoles, des innombrables avantages de l’intégration de la technologie dans l’apprentissage. Ils offrent aussi leurs services comme « parrains » à tous ceux qui désirent donner davantage le goût des sciences à leurs élèves. L’invitation est lancée!
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Pour plus d’information sur le programme Rescol, contactez : rescol@aquops.qc.ca Site Internet L’expédition choc :
Outre les reportages des jeunes, on y trouve un laboratoire virtuel sur l’électricité. Pour contacter M. Ghislain Rheault : ghislain.rheault@csdeschenes.qc.ca, Tél. : (819) 478-6844 poste 6822. Pour contacter M. Jean-Claude Chaîné : jean.claude.chaine@csdeschenes.qc.ca, Tél. : (819) 478-6844 poste 6837.
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