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Pluie de science
De l’élève de primaire à l’étudiant universitaire, en passant par l’épicier du coin ou la mère de famille, l’école de l’ADN reçoit quelque 5 000 stagiaires par année. En plus d’un laboratoire fixe, deux unités mobiles permettent de déplacer éprouvettes et microscopes dans les écoles, les musées, et même les places publiques. Les ateliers les plus simples durent une heure et demi, et les stages plus complexes peuvent s’étaler sur une semaine. « Les stagiaires réalisent de véritables expériences, sans artefact ni truquage. Ils doivent se conformer à un protocole strict qui ne laisse aucune place à l’improvisation : le défi est donc d’adapter les ateliers aux différents publics », explique le Dr Jean-Christophe Lallement-Soboul, directeur général du centre. C’est ici qu’intervient l’étincelle qui donne de la vie à chaque atelier : son habillage. « La manière dont nos formateurs animent chaque expérience et tout le dialogue qui s’instaure autour des manipulations fait toute la différence entre les ateliers. Cet « habillage » doit être ajusté au niveau de connaissance scientifique du public, mais aussi à ses attentes. C’est un peu comme au théâtre : une même pièce peut être jouée d’une multitude de façons et toucher des sensibilités différentes selon sa mise en scène. »
Selon le Dr Lallement-Soboul, la biotechnologie entre dans son âge industriel et risque fort de bouleverser notre société. « Nous cherchons à démythifier les techniques qui ont trait au génome et à diffuser de l’information sur ce qui se passe dans les laboratoires. Il est primordial de montrer au public en quoi consistent les biotechnologies et leurs applications afin que les gens se fassent une idée éclairée sur la question. » Pour mettre en œuvre cette mission d’information, rien de tel que de lancer le public à la découverte du métier de biotechnologue. « Les stagiaires sont toujours surpris par les techniques utilisées, comme l’extraction de l’ADN. C’est comme si on allait visiter l’atelier d’un charpentier et qu’on voyait tout ce qu’il est capable de faire avec un morceau de bois. Nous, c’est pareil avec de l’ADN! » Le directeur de l’école de l’ADN est conscient que les thèmes abordés dans les ateliers sont souvent sujets à polémiques. Pour lui, la règle est claire : pas question d’influencer le public dans les débats. « Les formateurs présentent toujours les deux côtés de la médaille, quitte à se faire parfois les avocats du diable pour que tous les arguments soient mis en lumière. Ils laissent ensuite les stagiaires débattre entre eux, en leur donnant les éléments scientifiques nécessaires pour leur permettre de se forger leur propre opinion. Au sein même de notre équipe, nous ne sommes pas tous d’accord sur certains sujets. »
Du côté des clientèles scolaires, l’école de l’ADN cherche à sensibiliser les jeunes aux techniques et aux métiers du secteur des biotechnologies, mais aussi à leur présenter un approche plus moderne et plus flexible de l’enseignement de la biologie. « En France, la biologie enseignée dans les écoles est parfois un peu dépassée. Même les enseignants ne sont pas toujours au courant des derniers développements tant les changements sont rapides… » Pour contrebalancer ce décalage avec la « vraie vie », le Dr Lallement-Soboul et son équipe misent sur l’approche expérimentale et rappellent que la biologie est avant tout une science empirique qui se transmet par le savoir-faire. En somme, rien de tel que le terrain! C’est la raison pour laquelle ils ont choisi de ne diffuser sur Internet que peu de matériel pédagogique.
Depuis 1998, l’école de l’ADN a fait des petits un peu partout en France. Nîmes, puis Paris (Palais de la découverte), Grenoble, Marseille et bientôt Bordeaux et Dunkerque ont ouvert leur propre centre de formation, selon un système de franchise qui garantit la qualité des ateliers. La marque de licence « école de l’ADN » est gratuite, mais la formation du personnel est payante. Les personnes intéressées à se lancer dans l’aventure peuvent en outre bénéficier des conseils de l’équipe originale. « La formule des ateliers scientifiques est suffisamment flexible pour être appliquée à d’autres domaines que la génétique. La recette du succès est toujours la même : une grande motivation, des partenaires solides, la capacité de réunir des personnalités autour d’un projet et des professionnels aptes à animer les ateliers. » À quand une école de l’ADN (de la chimie, de la physique, de l’entomologie…) au Québec? L’invitation est lancée…
Pour toute information : http://www.ecole-adn.fr/home.html
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