| Pluie de
science www.spst.org/pluiedescience/0104 Version complète
Éditorial L’autre jour, j’ai assisté à un spectacle de rock scientifique. C’est en tout cas comme ça que se définissent les membres de (n=1), « le seul groupe de musique francophone à s’afficher ouvertement comme entièrement composé de scientifiques » (sic). Ils sont biochimistes, candidats au doctorat à l’Université de Montréal et à l’Université McGill et rockeurs jusqu’au bout des ongles. Sarrau sur le dos, guitare à la main, ces quatre jeunes chantent l’amour et les enzymes. Ils nous ont fait nous trémousser au rythme de leur refrain « j’aimerais être une souris hétérozygote », et quelques spectateurs ont allumé leur briquet en fredonnant « Labo blues ». C’était rigolo, rafraîchissant, et plutôt encourageant quant à l’image de la relève en science au Québec : ces jeunes-là ne manquent ni d’humour, ni de talent, et, ce qui ne gâche rien, ils sont les « vrais » scientifiques de demain! Voilà qui augure bien pour la nouvelle année… Pour ce premier numéro de Pluie de science de 2004, nous avons nous aussi décidé de miser sur la créativité, avec un dossier consacré à la science-fiction. Dans la foulée de la célébration du centième anniversaire de George Orwell, l’auteur de 1984, nous chercherons à savoir si ce genre littéraire qui conjugue si bien la science au futur peut devenir un vecteur intéressant pour la médiation scientifique sur les bancs de l’école. Notre dossier thématique sera quant à lui consacré à l’environnement. Nous partirons à la rencontre de deux enseignants enthousiastes qui ont entraîné leurs élèves jusqu’à l’un des berceaux de la production d’électricité au Québec : la Baie-James. Nous vous présenterons aussi les mille et un outils que la banque de données Kaléidoscope met à votre disposition sur ce thème, partout au Québec. Côté actualités, nous irons faire un tour en France, à « l’école de l’ADN », un passionnant centre d’information et de formation en culture scientifique qui pourrait bien faire des émules de ce côté de l’Atlantique. Enfin, notre rubrique « Et pluie quoi encore? » nous plonge dans une actualité un peu moins rose : les inondations. En vous remerciant de votre confiance, toute l’équipe de Pluie de science vous souhaite une excellente année 2004. Bonne lecture.
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La science-fiction sur les bancs de l’école
On pense en tout premier lieu aux cours de sciences. Or – curieusement – selon les différentes associations de professionnels de l’éducation, les professeurs de sciences utilisant la science-fiction en classe ne courent pas les rues. Même son de cloche du côté des universités : Marcel Thouin, professeur au département de didactique des sciences de l’Université de Montréal, avoue ne connaître personne qui s’y soit risqué… Au niveau primaire, la science-fiction n’est certes pas au programme. Quelques initiatives originales naissent cependant ici et là. Ainsi, le Regroupement Les Bibliothèques Publiques du Saguenay–Lac-Saint-Jean a récemment mis sur pied des mallettes d’exploration en science-fiction destinées au personnel des bibliothèques (voir « Science et fiction animent les bibliothèques » dans notre numéro de novembre : http://www.spst.org/pluiedescience/1103/1103_08.html) En juin dernier, lors de l’épreuve ministérielle de français au primaire, il a également été question d’imaginaire scientifique. « Les élèves de sixième année devaient imaginer un voyage dans l’espace en rédigeant un journal de bord fictif », explique Louis Émond, chargé de projet au ministère de l’Éducation du Québec. Pour relever ce « défi de Julie », ils pouvaient s’inspirer de la nouvelle de Jean-Louis Trudel, Le berger des comètes, mais leur histoire devait s’appuyer sur des principes scientifiques bien réels.
Il n'y a finalement qu'au secondaire que les professeurs de français ont l’obligation d’aborder ce genre littéraire avec leurs élèves. Certains y prennent d’ailleurs un réel plaisir : des professeurs de français en deuxième secondaire de la polyvalente Daniel-Johnson n’ont pas hésité à jouer la carte de la créativité en effectuant un « détournement littéraire » du roman Le passeur de Lois Lowry. Loin des sempiternels comptes-rendus de lecture, ils ont fait vivre à leurs étudiants une véritable mission mêlant science, fiction et étude littéraire. Misant sur l'attrait de la SF auprès des adolescents, Karine Côté, Maxime Gagnon et Simon Nadeau ont fabriqué un univers parallèle et confié à leurs élèves – un groupe de survivants sur une Terre désolée – une mission bien particulière : explorer une planète lointaine et vérifier si les conditions de vie qui y prévalent sont favorables à l’établissement éventuel d’une colonie humaine. La planète en question abrite une civilisation qui n’est autre que celle du roman de Lowry. Recherches sur Internet et déchiffrage de messages codés sont au menu des jeunes éclaireurs. Pour les élèves impliqués dans le projet, l’exercice s’est vite transformé en jeux de rôle. « Dans les corridors, les étudiants nous appelaient "chef" », se souvient Karine Côté. « La plupart des élèves se sont tellement investis dans l’aventure qu’ils sont arrivés trop vite à la page 100 du roman », remarque Maxime Gagnon presque déçu. Autre point positif : le projet a séduit autant les garçons, que la lecture rebute généralement, que les filles, dont la SF n’est habituellement pas la tasse de thé…
Cette « mission », créée de toutes pièces par des professeurs débordant d’imagination, pourrait très bien trouver sa place ailleurs qu’en cours de français. « Dans les cours d’histoire, un tel projet pourrait permettre de faire un lien avec les sociétés totalitaires : Le passeur rappelle les romans 1984 d’Orwell et Le meilleur des mondes de Huxley » note Karine Côté. Les cours de sciences pourraient également en tirer profit. « La génétique, la démographie ou la fonte des glaciers sont des thèmes très actuels, ajoute M. Gagnon. Et puis, ce genre de projet est très proche de la réforme scolaire. » Mais encore faut-il que les profs s’y intéressent. Or, les femmes, qui composent la majorité du corps professoral, démontrent en général peu d’intérêt pour la science-fiction. Il faut dire que la SF est souvent perçue comme un sous-genre littéraire, dont l’image est ternie par des oeuvres bourrées de violence et d’explosions. D’autres enseignants s’inquiètent de l’engouement des jeunes pour le paranormal ou les pseudosciences. Quant aux enseignants du primaire, qui n’ont pas toujours de base solide en science, ils pourraient éprouver des réticences à l’idée de se lancer dans ce type d’aventure.
La science-fiction aurait au moins le mérite d’attirer l’attention des jeunes sur les sciences. Et si l’on allait plus loin en faisant de la SF un véritable outil de vulgarisation scientifique? Une bonne idée, à condition de la laisser entre des mains compétentes, met en garde Daniel Sernine, auteur et directeur de la revue Lurelu. « Il faut que les enseignants aient une bonne formation scientifique pour repérer des romans de SF sérieux. Pour souligner la part de science dans la science-fiction, il faut bien la connaître, cette part-là. » Faudrait-il donc écarter les publications moins sérieuses? Pas nécessairement. Selon l’auteur Jean-Louis Trudel, « un professeur pourrait, à la limite, utiliser un roman comprenant des erreurs grossières ou des concepts farfelus, en démontrer les failles et rectifier le tir en classe. Des livres comme La physique de Star Trek font un peu ce type de travail. » L’auteur de Demain, les étoiles concède cependant que les guides et le matériel pédagogiques qui indiqueraient clairement aux professeurs comment utiliser des ouvrages de SF font gravement défaut. En langue anglaise, il existe cependant des avenues intéressantes. Julie E. Czerneda, auteure, enseignante et biologiste de formation, a conçu une anthologie de science-fiction en lien avec le curriculum des sciences pour chaque niveau du primaire. L’ouvrage s’intitule : No Limits : Developing Scientific Literacy Using Science Fiction. Pour mener à bien son projet, l’enseignante ontarienne a demandé à plusieurs auteurs, dont Jean-Louis Trudel, d’inventer des histoires exploitant des principes scientifiques comme l’électricité ou l’électromagnétisme. M. Trudel – qui a aussi étudié la physique et l’astronomie – imagina pour l’occasion une courte nouvelle mettant en scène deux jeunes conducteurs d’ambulance spatiale aux prises avec un problème d’alimentation en courant. Les textes sont accompagnés d’un guide pédagogique comprenant des exercices.
Pour Norman Molhant, « vérificateur de cohérence » et conseiller scientifique pour plusieurs auteurs, la valeur pédagogique de la littérature de science-fiction ne fait aucun doute, tant les domaines touchés par ce genre littéraire sont diversifiés. M. Molhant va même plus loin : certains romans de SF inculqueraient des valeurs qui vont bien au delà de la sphère scolaire et qui touchent à la formation globale de l’individu. « La plupart des auteurs de SF sont des gens d’une très haute tenue morale. Ils ne se poseraient pas de questions sur l’avenir du monde si ce n’était pas le cas! » s’exclame-t-il. « Nos héros ne sont pas toujours parfaits, mais ce sont les questions soulevées par nos ouvrages qui, j'espère, témoignent de cette conscience sociale aiguisée », précise l’auteur Jean-Louis Trudel. Certains professeurs de philosophie l’ont compris, et utilisent par exemple Le meilleur des mondes pour enseigner l’éthique. Mais la science-fiction n’aurait-elle pas également un rôle à jouer dans la formation des futurs savants? C’est ce que croit Christian Bouchard, professeur de littérature au Collège Laflèche de Trois-Rivières. « On a des capacités technologiques très avancées mais la sagesse d’un saurien ou d’un dinosaure! » s’exclame-t-il. À ses étudiants, il a fait lire en parallèle Frankenstein et des textes sur son auteure, Mary Shelley. Il utilise aussi des documents qui resituent les progrès scientifiques dans leur contexte historique. M. Bouchard projette parfois en classe des extraits des films Mad Max, Solaris (de Tarkovski) ou Gattaca pour amorcer des discussions éthiques et philosophiques sur la science. Pour aborder le problème du clonage et de la responsabilité des scientifiques, il s’est servi d’un roman de Jacques Testar, ancien chercheur scientifique : Simon l’embaumeur ou la solitude du magicien. « Même s’il y a certaines réticences dans le milieu scientifique, le clonage pourrait être mieux mis en question par les littéraires qui, grâce à leur imagination sans limite, pourraient nous faire voir des conséquences qu’on n’avait pas vues. » lance-t-il. Et vous, qu’en pensez-vous?
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| Activités offertes sur Kaléidoscope |
Pluie
de science No 5, Janvier 2004 www.spst.org/pluiedescience |
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| À la découverte de l'environnement urbain – La nature dans la ville | Centre de la montagne – parc du Mont-Royal | Trousse pédagogique | Montréal, Laval | |
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| Ça vit dans la ville | Jardin botanique de Montréal | Guide pédagogique | X |
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| Club des muséologues | Club des muséologues | Janvier 2004 | Atelier éducatif | Estrie | |
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| Déchets d’œuvre | Biodôme de Montréal | 8 décembre 2003 au 7 mars 2004 | Animation scientifique | Montréal | X |
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| Douces sont les énergies renouvelables | Les clubs 4-H du Québec | Atelier d’animation | Montréal, Laval, Capitale-Nationale, Estrie, Abitibi-Temiscamingue, Centre du Québec |
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| Éclairs de science – guide 6 : à la découverte de l’univers matériel | Conseil régional de développement de l’île de Montréal | Guide pédagogique | |
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| Eurêka | Centre des sciences de Montréal | Exposition permanente | Montréal | X |
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| J’expérimente en efficacité énergétique | Conseil de développement du loisir scientifique | Guide | |
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| L’arbre est mort, vive l’arbre | Les clubs 4-H du Québec | Feuillet d’activités | |
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| L’univers fantastique de l’or dur | Association québécoise pour la promotion de l’éducation relative à l’environnement | Cédérom | |
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| La boîte à lunch écologique | Les clubs 4-H du Québec | Atelier d’animation | Capitale-Nationale, Montréal, Chaudière-Appalaches, Laval | X |
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| La nature… que je transforme | Biodôme de Montréal | Trousse pédagogique | Montréal | |
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| La pollution de l’air et la santé | Conseil régional de l’environnement de la Montérégie | Jeu interactif | |
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| Le lycée vert et le jardin marin | Les jardins de Métis | Mai à juin | Animation scientifique | Bas-Saint-Laurent | |
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| Le secret de Gilgamesh | Biosphère | Septembre à juin | Atelier scolaire | Montréal, Laval | |
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| Performance environnementale : un portrait de l’industrie papetière au Québec | Conseil de l’industrie forestière du Québec | Brochure | |
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| Recto-verso | Les clubs 4-H du Québec | Atelier éducatif | Capitale-Nationale, Montréal, Chaudière-Appalaches, Laval | X |
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| Sciences de la nature et de l’environnement | Groupe uni des éducateurs pour l’environnement | Juin à août | Camp d’une semaine | Montréal, Laval | X |
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| Tournée scolaire 2001 – 2003 sur le changement climatique | Association professionnelle des météorologues du Québec | Tournée éducative | |
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| Trousse Explo’consommation | Office de la protection du consommateur | Collection | |
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| Visite guidée des usines Cascade | Jardins Marie-Victorin | Visite guidée | Centre-du-Québec | |
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| Visite guidée de l’envers du décor | Biodôme de Montréal | Guide | |
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Public |
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Dossier
thématique : Des déchets…
scientifiques
Une pollution à prix
d’or. Et si le réservoir de votre automobile devait
être rempli de 40 acres (16 hectares) de blé, incluant tiges
et racines, tous les 32 kilomètres? C'est pourtant la quantité
de matière végétale préhistorique qu'il a
fallu pour produire un seul gallon d'essence (moins de 4 litres). Lire
la suite, sur le site de l’Agence Science-Presse : Très beau site qui permet
d’effectuer des recherches de documents médiatiques et de
scénarios pédagogiques liés à l'environnement.
Idéal pour l’enseignant en manque d’inspiration ou
en quête de matériel didactique. L'éducation relative à
l'environnement pour et par les jeunes. Au programme : une bibliothèque
virtuelle de plus de 300 articles! Parmi nos activités, quelles
sont celles qui ont le plus fort impact sur l'environnement? Comment utiliser
ce constat pour agir de manière efficace? Pour répondre
à ces questions, il suffit de calculer son « emprunte
écologique ». Et voici un site pour le faire en ligne :
Jeux éducatifs et interactifs
portant sur l’eau et la pollution de l’air, pour les jeunes
de 9 à 12 ans. Un site Internet sur le tri et
le recyclage des déchets ménagers en France et dans le monde.
Il comprend notamment un quiz amusant et un dossier sur l’école
et le recyclage plein de trouvailles et de témoignages. Site gouvernemental sur les
changements climatiques, qui contient plusieurs ressources pour les enseignants. Un portail français d'informations
et d'actualités en environnement, géographie et écologie.
Il comprend des grands dossiers, une superbe galerie de photos, une revue
de presse et un forum de discussion sur le sujet. L’éducation au service
de la terre (LST) aide les systèmes d’éducation du
Canada à dispenser un enseignement respectant les concepts et les
principes du développement durable. Le site contient notamment
un magazine environnemental pour les jeunes, ainsi qu’un centre
de documentation en ligne pour les enseignants. Support d'information sur l'air.
On y trouve aussi des dossiers bien vulgarisés sur le nucléaire,
l’énergie solaire, le réchauffement global, etc. ***
Dossier
thématique : Des déchets…
scientifiques
Tout a commencé en 1998, quand Ghislain Rheault, professeur de sciences physiques à l’école Jean-Raimbault, et Jean-Claude Chaîné, conseiller pédagogique en informatique à la Commission scolaire des Chênes, rêvaient d’organiser un voyage qui rendrait l’enseignement des sciences significatif. Leur rencontre avec Larry Bernier, professeur de sciences au secondaire, permettra de concrétiser un projet qui mènera leurs élèves au bout du monde. M. Bernier avait déjà organisé une expédition scientifique avec ses élèves à la Baie-James. Pour l’occasion, il avait créé un site Web alimenté par des photos et des textes, pour le plaisir des parents des jeunes explorateurs. « En écoutant M. Bernier raconter son histoire, une lumière s’est allumée, se souvient M. Chaîné. Pourquoi les élèves ne mettraient-ils pas eux-mêmes les textes et les photos en ligne? » L’expédition technologique à la Baie-James de l’école Jean-Raimbeault était née, et son site Internet, baptisé L’expédition choc, allait bientôt regorger d’informations passionnantes issues du travail des jeunes cyber-journalistes.
Avant-gardiste pour son temps, L’expédition à la Baie-James a été une première du genre au Québec. « Imaginez! Il s’agissait d’aller à la Baie-James avec des caméras numériques et des ordinateurs... C’était très audacieux à l’époque! » Audace ou pas, M. Chaîné était profondément convaincu que l’intégration des technologies dans le projet optimiserait l’apprentissage des élèves, rehausserait leur intérêt et permettrait d’atteindre plusieurs objectifs pédagogiques. « Pour produire des reportages sur un site Web, les élèves doivent non seulement maîtriser leur sujet, mais aussi le français et l’informatique », note-t-il. « Au début, nous n’étions pas certains que les jeunes embarqueraient dans ce projet », avouent les deux initiateurs. Pourtant, la proposition a gagné le cœur de 34 filles et garçons de troisième, quatrième et cinquième secondaire qui, pour 300$ chacun, ont accepté de se lancer dans l’aventure. « Tout le monde pouvait participer, souligne M. Chaîné, peu importe la fiche scolaire de l’étudiant. L’enthousiasme et l’intérêt étaient nos seules exigences. »
Aujourd’hui conseiller pédagogique en sciences à la Commission scolaire des Chênes, Ghislain Rheault se souvient des grands préparatifs du départ... et des questions financières. « Avec ou sans subvention, nous serions tout de même partis! » lance-t-il. Au grand bonheur des deux organisateurs, le projet répondait aux critères d’admissibilité du programme de subvention Rescol à la source (1). Chanceux jusqu’au bout dans leur démarche, ils ont même obtenu des sommes supplémentaires pour avoir intégré au projet des enfants du primaire. « Sept classes nous ont suivi tout au long de l’expédition au moyen de notre site Web. Pour les recruter, nous avons lancé un appel à tous dans la commission scolaire. » La vente de conserves et la contribution personnelle des élèves ont servi à financer le reste du voyage. La commission scolaire y a aussi mis du sien, en mettant à la disposition du groupe huit ordinateurs portables avec réseau sans fil, en plus de lui faire profiter de l’expertise des gens du département d’informatique.
Les semaines qui précédèrent le départ furent pour le moins remplies. Outre le financement, la préparation de l’itinéraire et la création du site Internet, les deux complices ont également préparé une douzaine d’élèves volontaires du groupe à bien remplir leur rôle de journaliste. « Nous donnions de la formation sur quelques notions de base en édition informatique pendant l’heure du dîner. De cette manière, on rendait les élèves autonomes dans la gestion de la partie du site consacrée aux reportages. » Les dossiers de recherche préparant les journalistes aux entrevues à faire lors des visites étaient également supervisés en dehors des heures de classe.
Durant le voyage, les journalistes en herbe travaillaient sans relâche à la production de leurs reportages, y compris dans l’autobus ou dans leur chambre d’hôtel… Dès qu’une visite était terminée, les claviers d’ordinateur s’activaient, permettant aux enfants suivant le projet sur Internet de se laisser transporter dans une nouvelle histoire agrémentée de photos, et de visiter, presque en direct, la mine Lamaque de Val-D’or, la fonderie Horne à Rouyn-Noranda, les barrages LG1 et LG2 à la Baie-James ou encore la réserve Chisasibi à Radisson. Le site Internet L’expédition choc, toujours actif aujourd’hui, propose également une section sur la production de l’électricité destinée spécifiquement aux jeunes du primaire.
Production d’électricité, énergies propres… La question de la protection de l’environnement a pris une importance accrue au cours du voyage. Les élèves ont notamment manifesté beaucoup d’intérêt pour l’impact environnemental de la construction des barrages à la Baie-James. Et ce n’est pas tout. Geneviève Pérusse, enseignante en français et en enseignement moral et religieux, a aussi profité du projet pour faire plancher les étudiants sur les cultures amérindiennes, et a demandé à ses élèves de cinquième secondaire d’effectuer une recherche sur les valeurs de la communauté crie. Les jeunes ont été évalués sur leur travail tout comme les douze journalistes l’ont été en français. D’autres élèves ont été chargés par leur professeur de géographie de ramener un échantillon de moraine de la Baie-James, et pour expliquer les propriétés de ce type de roche aux autres élèves de leur classe, à leur retour.
L’expédition technologique à la Baie-James de l’école Jean-Raimbeault a permis à l’enseignement des sciences de marquer des points sur tous les tableaux : du côté des jeunes du secondaire qui ont participé au voyage, et du côté des enfants du primaire qui l’ont suivi. Ces derniers ont notamment pris connaissance en moins de quatre jours, par le site Web, des principes de la production d’électricité, du fonctionnement d’une centrale hydroélectrique, de la construction d’un réseau de transport d’électricité et de la représentation schématique d’un réseau électrique. L’expédition a également été une formidable occasion pour promouvoir les carrières en sciences, chez les garçons comme chez les filles. « Nos étudiantes de 17 ans ont pu en discuter longuement avec une jeune technicienne en génie chimique à la fonderie Horne et une jeune communicatrice d’Hydro-Québec à la Baie-James », souligne M. Rheault. En définitive, les explorateurs sont revenus la tête remplie de souvenirs, d’expériences enrichissantes et le cœur gonflé d’estime.
Depuis leur retour de voyage, Ghislain Rheault et Jean-Claude Chaîné profitent de toutes les tribunes pour convaincre leurs collègues, les commissions scolaires et les directions des écoles, des innombrables avantages de l’intégration de la technologie dans l’apprentissage. Ils offrent aussi leurs services comme « parrains » à tous ceux qui désirent donner davantage le goût des sciences à leurs élèves. L’invitation est lancée!
(1) Rescol à la source est un programme du Rescol canadien (http://www.rescol.ca/alasource/f/index.asp) d'Industrie Canada existant depuis 1996. Il octroie des subventions aux écoles, de la maternelle à la fin du secondaire, afin qu'elles puissent entreprendre des activités d'apprentissage novatrices et interactives sur le réseau Internet. Le Rescol canadien a octroyé 5 500$ aux écoles impliquées dans le projet de la Baie-James. Pour plus d’information sur le programme Rescol, contactez : rescol@aquops.qc.ca Site Internet L’expédition choc : http://www.csdeschenes.qc.ca/expeditionchoc/ Outre les reportages des jeunes, on y trouve un laboratoire virtuel sur l’électricité. Pour contacter M. Ghislain Rheault : ghislain.rheault@csdeschenes.qc.ca, Tél. : (819) 478-6844 poste 6822. Pour contacter M. Jean-Claude Chaîné : jean.claude.chaine@csdeschenes.qc.ca, Tél. : (819) 478-6844 poste 6837. ***
Actualités
Pour Perpétue Sulney, participer au programme des bourses de l’Île du savoir a été une occasion unique de faire une incursion dans un monde où la science est mise en pratique tous les jours. Le projet lui a aussi permis d’être libérée de cinq jours d’enseignement, le temps de concocter à ses jeunes élèves de 3e cycle de l’école Léonard-de-Vinci une activité combinant santé, alimentation et mathématiques. La problématique abordée : les liens entre les différentes unités de mesure, l’alimentation, les activités physiques et les technologies. « Les enfants entendent parler d’unités de mesure quotidiennement, que ce soit à l’école ou à la maison. Je trouvais important de mettre en pratique ces notions et de leur prouver que les calculs peuvent être utilisés dans un contexte très concret, explique-t-elle. Le thème de l’alimentation est aussi essentiel car les enfants doivent apprendre tôt qu’il est important de bien s’alimenter pour être en santé. » Le nombre de pulsations cardiaques à la minute, le calcul du poids, de la taille et de l’âge n’ont aujourd’hui plus aucun secret pour les élèves de Mme Sulney. Regroupés en équipe de quatre, ils ont d’abord effectué des recherches sur la santé afin de dégager des questions concrètes : Est-ce que les poumons d’un enfant de 12 ans ont la même taille que ceux d’un enfant de 9 ans? Est-ce qu’une personne qui a un seul poumon peut survivre? Est-ce qu’un enfant au repos respire plus vite qu’un enfant qui a fait une activité physique? En parallèle, l’enseignante a élaboré un questionnaire complet sur la santé et l’alimentation. « Je leur ai demandé ce qu’ils mangeaient habituellement, les activités physiques qu’ils pratiquaient, etc. C’était plutôt drôle de constater que plusieurs confondaient les activités effectivement pratiquées et celles qu’ils regardaient à la télévision, comme le tennis! » Cet automne, les élèves se sont aussi entraînés à jouer les médecins en pratiquant une première série de mesures physiques sur les autres membres de leur équipe. « Ce travail leur a fait prendre conscience de leur corps. Ils ont par exemple constaté que le nombre de pulsations cardiaques variait en fonction de l’activité physique pratiquée… comme sauter à la corde pendant la récréation, par exemple! » Au cours de son stage pratique au centre ÉPIC, l’enseignante a suivi avec beaucoup d’attention le travail du personnel médical afin de graver dans sa mémoire les gestes qu’elle fera répéter à ses élèves. Avec le montant de 500 $ alloué par l’Île du savoir pour l’achat de matériel, Perpétue s’est bien équipée : thermomètre buccal, stéthoscopes et tensiomètres électriques en poche, elle est prête à passer au volet expérimental de son projet, qui consiste à faire prendre aux enfants une foule de mesures en suivant un protocole des plus stricts. Trois types d’activités physiques seront analysées (repos, activité ralentie et activité soutenue). « Cela nous permettra de vérifier les hypothèses posées par les élèves et de mesurer notamment les liens entre la forme physique des enfants et leur alimentation : ceux qui mangent bien auront probablement une meilleure endurance… » Les résultats obtenus seront compilés, analysés, puis intégrés dans un véritable article scientifique qui sera diffusé durant l'hiver 2004. Entre les calculs de pourcentages, l’écriture du rapport et les exercices physiques, le projet de Perpétue Sulney mise sur l’interdisciplinarité. Et les enfants en redemandent. « Quand je me remet à faire des activités plus traditionnelles avec mes élèves, ils me disent que le temps passe beaucoup moins vite! Ce projet les motive énormément et favorise l’entraide. » note-t-elle. Pour boucler le projet, elle compte également organiser un petit-déjeuner équilibré dans sa classe.
Le centre
ÉPIC Pour toute information concernant les bourses de l’Île du savoir, contactez : blondin.nadon@videotron.ca ***
Actualités
De l’élève de primaire à l’étudiant universitaire, en passant par l’épicier du coin ou la mère de famille, l’école de l’ADN reçoit quelque 5 000 stagiaires par année. En plus d’un laboratoire fixe, deux unités mobiles permettent de déplacer éprouvettes et microscopes dans les écoles, les musées, et même les places publiques. Les ateliers les plus simples durent une heure et demi, et les stages plus complexes peuvent s’étaler sur une semaine. « Les stagiaires réalisent de véritables expériences, sans artefact ni truquage. Ils doivent se conformer à un protocole strict qui ne laisse aucune place à l’improvisation : le défi est donc d’adapter les ateliers aux différents publics », explique le Dr Jean-Christophe Lallement-Soboul, directeur général du centre. C’est ici qu’intervient l’étincelle qui donne de la vie à chaque atelier : son habillage. « La manière dont nos formateurs animent chaque expérience et tout le dialogue qui s’instaure autour des manipulations fait toute la différence entre les ateliers. Cet « habillage » doit être ajusté au niveau de connaissance scientifique du public, mais aussi à ses attentes. C’est un peu comme au théâtre : une même pièce peut être jouée d’une multitude de façons et toucher des sensibilités différentes selon sa mise en scène. »
Selon le Dr Lallement-Soboul, la biotechnologie entre dans son âge industriel et risque fort de bouleverser notre société. « Nous cherchons à démythifier les techniques qui ont trait au génome et à diffuser de l’information sur ce qui se passe dans les laboratoires. Il est primordial de montrer au public en quoi consistent les biotechnologies et leurs applications afin que les gens se fassent une idée éclairée sur la question. » Pour mettre en œuvre cette mission d’information, rien de tel que de lancer le public à la découverte du métier de biotechnologue. « Les stagiaires sont toujours surpris par les techniques utilisées, comme l’extraction de l’ADN. C’est comme si on allait visiter l’atelier d’un charpentier et qu’on voyait tout ce qu’il est capable de faire avec un morceau de bois. Nous, c’est pareil avec de l’ADN! » Le directeur de l’école de l’ADN est conscient que les thèmes abordés dans les ateliers sont souvent sujets à polémiques. Pour lui, la règle est claire : pas question d’influencer le public dans les débats. « Les formateurs présentent toujours les deux côtés de la médaille, quitte à se faire parfois les avocats du diable pour que tous les arguments soient mis en lumière. Ils laissent ensuite les stagiaires débattre entre eux, en leur donnant les éléments scientifiques nécessaires pour leur permettre de se forger leur propre opinion. Au sein même de notre équipe, nous ne sommes pas tous d’accord sur certains sujets. »
Du côté des clientèles scolaires, l’école de l’ADN cherche à sensibiliser les jeunes aux techniques et aux métiers du secteur des biotechnologies, mais aussi à leur présenter un approche plus moderne et plus flexible de l’enseignement de la biologie. « En France, la biologie enseignée dans les écoles est parfois un peu dépassée. Même les enseignants ne sont pas toujours au courant des derniers développements tant les changements sont rapides… » Pour contrebalancer ce décalage avec la « vraie vie », le Dr Lallement-Soboul et son équipe misent sur l’approche expérimentale et rappellent que la biologie est avant tout une science empirique qui se transmet par le savoir-faire. En somme, rien de tel que le terrain! C’est la raison pour laquelle ils ont choisi de ne diffuser sur Internet que peu de matériel pédagogique.
Depuis 1998, l’école de l’ADN a fait des petits un peu partout en France. Nîmes, puis Paris (Palais de la découverte), Grenoble, Marseille et bientôt Bordeaux et Dunkerque ont ouvert leur propre centre de formation, selon un système de franchise qui garantit la qualité des ateliers. La marque de licence « école de l’ADN » est gratuite, mais la formation du personnel est payante. Les personnes intéressées à se lancer dans l’aventure peuvent en outre bénéficier des conseils de l’équipe originale. « La formule des ateliers scientifiques est suffisamment flexible pour être appliquée à d’autres domaines que la génétique. La recette du succès est toujours la même : une grande motivation, des partenaires solides, la capacité de réunir des personnalités autour d’un projet et des professionnels aptes à animer les ateliers. » À quand une école de l’ADN (de la chimie, de la physique, de l’entomologie…) au Québec? L’invitation est lancée…
Pour toute information : http://www.ecole-adn.fr/home.html ***
Événements Vous l’avez peut-être remarqué : une pièce de casse-tête s’est égarée depuis plusieurs semaines sur la page d’accueil du site de la SPST. Il pourrait faire gagner une montagne de cadeaux aux amateurs de sciences… Pour tout renseignement sur le défi Tête de neurones organisé par Merck Frosst : http://www.teteschercheuses.ca/f/home.html
Des bonbons qui guérissent au grill écologique, douze innovations technologiques sont en lice pour le Prix des Titans, un concours qui récompense chaque année des inventions en tous genres. La date de clôture du concours est le 31 janvier 2004. Il est possible de voter sur Internet, à l’adresse http://www.centredessciencesdemontreal.com/html/fr/innovations/. Tous les objets sont exposés au Centre des sciences de Montréal.
Dans le cadre de ses conférences scientifiques grand public, l’UQAM présente « L’eau dans tous ses états : besoin, bien commun ou business? Enjeux écologiques et vigilance citoyenne ». Le 29 janvier, de 19h30 à 22h, au local DS-R 510 de l’UQAM. ***
Livres Pierre Chastenay a décidément plusieurs cordes à son arc : responsable des activités éducatives au planétarium de Montréal, animateur à la radio et à la télévision, il est aussi l’auteur de Je deviens astronome. Ce premier album d’une série d’ouvrages de vulgarisation en astronomie pour les 8 à 12 ans vient de recevoir le prix Great Books for Children 2004, au coté de quatre autres livres francophones primés par l’organisme The Canadian Toy Testing Council. Je deviens astronome de
Pierre Chastenay ***
Et
pluie quoi encore? En vedette : les inondations En 2002, les catastrophes naturelles
ont causé environ 85 milliards de dollars de pertes financières
dans le monde entier — une hausse de 36 p. 100 par rapport à
l'année précédente.
L’inondation post-glaciaire
du détroit de Béring : cartes et état des connaissances
scientifiques Inondations…
sur mars Les inondations vues par Environnement
Canada Les inondations selon l’Encyclopédie
canadienne Site répertoire sur les
inondations Aléa inondation Les inondations brutales Les inondations au Saguenay Les inondations au Manitoba Les inondations de 2002 en Europe
de l’Est Les inondations vues par les
enfants Des inondations vues par satellite ***
À surveiller Le prochain numéro de Pluie de science est placé sous le signe d’Icare. Des plumes, des ailes, du métal et des réacteurs… en un mot, « voler comme un oiseau ». ***
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