Pluie de science
Numéro 15, Février 2005

Ça se passe près de chez vous – en vedette : Des oiseaux de proie en Montérégie
La science à vol d’oiseau


Faites la connaissance d’un impressionnant pygargue à tête blanche, croisez le regard perçant d’un grand duc ou encore contemplez le plumage d’un majestueux harfang des neiges. Non, vous n’êtes pas au beau milieu d’une forêt sauvage, encore moins au zoo, mais bien au centre d’interprétation et de réhabilitation des oiseaux de proie de l’UQROP (Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie).

C’est au creux d’une vallée en Montérégie, non loin de Saint-Hyacinthe, que se niche le site Chouette à voir! Son installation à la fois modeste et accueillante permet d’observer la plus grande collection de faucons, d’aigles, de hiboux et de chouettes au Québec.

La formule est simple : des sentiers d’interprétation dirigent les visiteurs vers une dizaine de volières abritant des oiseaux de proie indigènes. Deux fois par jour, des entraîneurs présentent au public ces oiseaux sauvages en plein air et dévoilent tous les secrets de leur biologie. Les rapaces en profitent alors pour déployer leurs ailes et exhiber leur splendeur aux regards ébahis.


Des patients ailés

Ces superbes bêtes à plumes n’ont pas atterri par magie dans le petit boisé de Saint-Jude. Ils sont en fait d’anciens patients de la Clinique des oiseaux de proie (COP). Située dans les locaux de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, la clinique accueille les oiseaux de proie trouvés par la population aux quatre coins du Québec.

Ils sont blessés, malades ou bien trop habitués aux humains, un comportement qui peut parfois devenir tout aussi nuisible pour l’homme que pour l’animal. « C’est à la clinique que les oiseaux ont la meilleure chance de survie, car les traitements sont adéquats. Le fait qu’elle se trouve à la faculté vétérinaire lui permet d’avoir des spécialistes facilement accessibles et ce, sans frais », observe Jacinthe Fréchette, coordonnatrice des services éducatifs de l’UQROP.

Après avoir été soignés aux petits oignons, les oiseaux de proie vont se dégourdir les ailes dans la volière de réhabilitation de Chouette à voir!, la plus grande en Amérique du Nord. Les oiseaux guéris retournent dans la nature, alors que les autres, incurables, trouvent refuge dans une des volières de présentation.


De la biologie à la fauconnerie

Une fois que les rapaces sont bien installés dans leur nouvel environnement, les animateurs-entraîneurs de l’Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP) prennent la relève. La majorité d’entre eux sont biologistes, techniciens en santé animale ou en interprétation du patrimoine naturel. En plus d’assurer le bien-être des résidents des volières, ils organisent des ateliers éducatifs pour groupes scolaires et grand public afin de faire découvrir ces espèces aviaires.

Outre les sentiers d’interprétation et les présentations, l’UQROP offre des journées-expériences. L’une d’entre elles permet aux visiteurs intrépides de se familiariser avec l’art de la fauconnerie et de manipuler l’une de ces superbes bêtes.


À tire d’ailes

Durant l’année, l’équipe de l’UQROP déploie ses ailes. D’école en école, les entraîneurs animent un atelier d’une heure qui consiste à présenter les particularités physiques et comportementales des rapaces. Après avoir pu toucher certaines parties anatomiques empaillées, histoire de sentir la douceur et la légèreté d’une aile ainsi que la fermeté des serres, les enfants assistent au clou du spectacle. Deux oiseaux bien vivants font leur entrée dans la classe. « Lorsque nous présentons les oiseaux, c’est le summum. Le but est de captiver l’intérêt des enfants et ça fonctionne! Les voir intéressés comme ça nous encourage énormément », raconte Jean-François Ricard, biologiste et animateur de l’UQROP. Il ajoute que ces animations « ont pour rôle principal de passer un message environnemental sur l’importance de la protection des animaux ».

Afin de faire le lien entre le régime alimentaire de l’animal et ses habitudes de vie, l‘équipe de l’UQROP a concocté un atelier scientifique des plus inusités. Il s’agit, pour les élèves du deuxième cycle du primaire et ceux du secondaire, de disséquer une boulette de régurgitation d’un oiseau nocturne (chouette ou hibou). Une initiation originale au travail de biologiste!


Comment aider l’UQROP

Comme tout organisme à but non lucratif, l’UQROP amasse des fonds, mais elle le fait de façon toute particulière. Vous pouvez contribuer, entre autres, en parrainant un oiseau de proie, ce qui vous donnera le privilège de participer à sa remise en liberté. Une expérience émouvante qui contribue à perpétuer du même coup la préservation des oiseaux de proie ainsi que le travail de l’UQROP et de la COP.


Marie-Sandrine Auger

Collaboration spéciale


Chouette à voir!, 875 rang Salvail Sud, Saint-Jude.

Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie, Saint-Hyacinthe, Québec. Information : Jacinthe Fréchette, téléphone : (514) 345-8521 #8545, www.uqrop.qc.ca.

Clinique des oiseaux de proie : www.medvet.umontreal.ca

Accès à sa fiche signalétique dans Kaléidoscope : http://www.spst.org/servlet/FicheProducteur?producteurs_id=311

 

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