Le mois dernier, contrairement à notre habitude, nous vous présentions non pas un Innovateur à l’école, mais une scientifique participant au programme Éclairs de sciences, l’un des volets du vaste projet L’Île du savoir. Des bénévoles donnent de leur temps à des enseignants du primaire qui acquièrent alors connaissances et méthodes scientifiques, les rendant plus à l’aise dans leur enseignement des sciences. Voici, une fois de plus, le portrait d’un de ces scientifiques dévoués à ce projet novateur.

La beauté de la simplicité

Grâce à lui, qu’il tonne, qu’il pleuve à verse ou qu’il fasse un froid de canard, nous pouvons continuer à faire tranquillement cuire notre poulet en nous coulant dans un bon bain chaud.

En fait, Sébastien Guillon travaille comme ingénieur pour Hydro-Québec. Dans son laboratoire, il recrée toutes les situations extérieures possibles et imaginables afin de savoir maintenir le réseau électrique en fonction, même si une panne devait survenir. Titulaire d’une maîtrise en physique théorique, il décrit sa spécialisation d’une bien belle façon : « À l’extrême, la science revient simplement à gérer de l’évidence. Les concepts, les théories et les théorèmes sophistiqués, tout cela paraît hermétique alors que tout le monde, au quotidien, est confronté à la simple compréhension des lois de la physique, le plus souvent sans s’en rendre compte. »

Saisir le monde

Sébastien Guillon est persuadé qu’il peut être très valorisant pour les jeunes de comprendre le monde intelligible dans lequel ils évoluent. Avec le projet Éclairs de sciences, il souhaite rendre simple ce qui semble complexe : « Par exemple, en physique, il y a des formules très compliquées pour expliquer la conservation du mouvement cinétique. Les enfants ne peuvent pas comprendre ce langage rébarbatif. Mais lorsqu’on demande à un enfant pourquoi il tient en équilibre sur son vélo, il va spontanément vous répondre : C’est parce que je roule! Voilà, vous venez de lui faire comprendre un concept très compliqué de façon fort simple! »

Notre scientifique se décrit comme un physicien de cœur et d’esprit puis affirme que pour bien faire ce métier, une bonne dose de folie, de poésie et d’imagination est nécessaire. Il souhaite imaginer pour les enfants des manières originales de les amener à expérimenter et à comprendre des notions scientifiques. « Lorsque j’étais guide pour les journées portes ouvertes de l’École Polytechnique, nous faisions visiter différents laboratoires aux étudiants. Dans celui qui expliquait la mécanique des fluides, j’ai été marqué par l’intelligence et la beauté d’une démonstration : de l’eau colorée en jaune passait dans un tuyau transparent. Des turbulences étaient provoquées et augmentaient le débit d’eau. Puis, le démonstrateur créait tout simplement une bosse et demandait à l’assistance si l’eau aller monter ou descendre. Tout le monde pensait que l’eau allait remonter, mais c’était l’inverse qui se produisait. Du coup, il pouvait expliquer les vagues et les marées… »

La science comme un télé roman

Lui-même père de deux jeunes enfants, Sébastien ne se lasse pas d’inventer des histoires d’astronautes et de faire des mises en scène théâtrales pour expliquer le visible et l’invisible aux petits. Il rêve même d’une télé série qui mettrait en images le monde de la science avec ses histoires d’amour, de vengeance, de complots et d’ambitions… « Il y a des histoires croustillantes en science. Comme partout, il y a des bons et des méchants. De quoi faire plusieurs saisons de bonne télévision, comme avec les motards! »

Sébastien Guillon souhaite surtout convaincre les enseignants que, malgré le manque de temps et de moyens, une association avec les scientifiques ne peut être que bénéfique puisque ceux-ci possèdent l’expérience du terrain et, comme lui, un immense désir de partage.


Sandrine Brémont

Collaboration spéciale




Pour en savoir plus sur le projet Éclairs de sciences et bénéficier du même coup des nombreux outils offerts aux enseignants du primaire :
www.eclairsdesciences.qc.ca



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