| Pluie de science
Situé au cœur du Centre des sciences dans le Vieux-Port de Montréal, le LabUQAM est un véritable laboratoire humain in vivo. Il offre aux étudiants en enseignement primaire et secondaire de l’Université du Québec à Montréal, ainsi qu’aux professeurs déjà en fonction et aux conseillers pédagogiques, un environnement des plus stimulants pour apprendre à enseigner les sciences de façon vivante et dynamique. Imaginez, un local en forme de laboratoire au milieu d’une mer d’enfants (145 000 jeunes visitent le Centre des sciences chaque année!).
Cette belle initiative répond à des besoins de plus en plus criants, parce qu’au Québec, non seulement la culture scientifique est déficiente, mais la relève dans ce domaine manque cruellement. Parallèlement, du côté de l’enseignement des sciences dans les écoles, la réforme scolaire annoncée par le ministère de l’Éducation, axée, entre autres, sur la multidisciplinarité et sur les liens entre ce qui est enseigné à l’école et la vie quotidienne, apporte aux professeurs tout un lot de nouveaux défis. De plus, comme l’explique Monique Camirand, responsable du LabUQAM et conseillère-experte en éducation et en formation : « Les professeurs du secondaire, et surtout du primaire, sont très mal à l’aise dans l’enseignement des sciences. Il faut les comprendre, en quatre ans d’études, ils ne suivent qu’un seul cours en didactique des sciences. Nous devons donc leur fournir les outils afin qu’ils puissent s’approprier cette matière. L’expérience nous montre que par écrit, ça ne fonctionne pas. Lire ce n’est pas comme voir. Il faut le vivre, il faut être là! » « Nous avons donc imaginé un environnement qui répondrait à ces nouvelles exigences : un laboratoire-atelier », raconte Patrice Potvin, professeur en didactique des sciences à l’UQAM.
Mais qu’y a-t-il donc dans ce laboratoire? « Nous avons voulu créer un environnement flexible : des tables mobiles qui se plient, des câbles électriques qui descendent du plafond, des comptoirs ignifuges, des ordinateurs avec Internet, un système de projection vidéo, des armoires pleines d’outils, de matériaux, etc. Ça n’a rien à voir avec l’habituelle salle de classe! » s’exclame M. Potvin, visiblement emballé par le projet. Dans leur labo, les futurs enseignants reçoivent la visite des éducateurs du Centre, tous des scientifiques de formation. Ils discutent et expérimentent, mais attention, pas de n’importe quelle façon. « Nous voulons bien montrer aux étudiants que les expériences ne sont pas des recettes. En fait, nous leur soumettons des problèmes qu’ils doivent résoudre. Par exemple, nous les avons amenés sur le bout du quai juste derrière le Centre des sciences et nous leur avons demandé de trouver un moyen d’estimer les distances entre le quai et l’autre rive », ajoute Patrice Potvin.
Voilà donc le genre de situation qu’auront à résoudre leurs élèves. Cette vision de l’apprentissage est à la base de l’esprit qui habite le Centre des sciences. « Les enfants sont très curieux et ils aiment être acteurs, affirme Monique Camirand. Au Centre des sciences, tout est axé vers l’action et la participation. Nous, nous ne faisons que les guider dans leurs découvertes. Ils aiment apprendre, ça les stimule. En outre, plus ils sont impliqués dans une activité, moins il y a de discipline à faire! » En plus d’espérer sensibiliser les jeunes aux carrières scientifiques Mme Camirand caresse aussi d’autres souhaits. « Mon grand rêve serait, d’ici deux ans, de créer une sorte de grande expo-science pour les enseignants où ils pourraient échanger sur leurs projets et partager leurs meilleures trouvailles. » Ainsi, au-delà de l’outil d’enseignement, le LabUQAM se veut un lieu d’échange, voire même une plaque tournante pour le développement de l’expertise entourant l’enseignement des sciences et des technologies. Tout un programme qui risque de faire des petits… callés en science!
La Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM : www.unites.uqam.ca/fedu
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