| Pluie de science Avec Tous Chercheurs, un projet d’origine belge, la démarche scientifique commence en classe, se poursuit dans la communauté, pour ensuite parcourir le monde. Quel vaste laboratoire!
En collaboration avec l’Université Catholique de Louvain-la-neuve, le Centre de Culture Scientifique de Parentville, la Cité Nature d’Arras en France ainsi qu’avec le Centre International d’Études en Littérature de Jeunesse des Ardennes, le service éducatif du Parc d’aventures scientifiques (PASS), en Belgique, a mis sur pied le projet Tous Chercheurs. « Nous voulions surtout montrer aux enfants que la recherche est accessible à tous et qu’elle s’applique dans notre vie quotidienne », explique Nathalie Clausse, responsable du PASS.
Depuis maintenant trois ans, de septembre à juin, une vingtaine de classes d’écoles primaires, françaises et belges, doit concevoir une expérience scientifique reliée à l’environnement et au développement durable. Comme l’exige la démarche scientifique, les scientifiques en herbe commencent par l’observation, puis formulent une hypothèse, pour ensuite partir en excursion, à la cueillette de données. Ils répertorient les espèces animales d’une rivière ou encore testent la qualité de l’air en étudiant le lichen des arbres. De retour en classe, ils analysent les résultats. Dans le cas où ceux-ci indiquent le moindre signe de pollution, ils doivent agir! La classe détermine alors un plan d’action qu’elle met en oeuvre. Dans certains cas, c’est une véritable chasse aux déchets qui est lancée dans le quartier.
L’impact de Tous Chercheurs va également bien au-delà de la cour d’école. En effet, les participants ont aussi pour mission de sensibiliser leur communauté à leurs recherches ainsi qu’aux actions entreprises pour protéger l’environnement. Les idées abondent et sont très différentes d’une classe à une autre. Alors que l’une a présenté son projet à la mairie, l’autre a contacté les médias locaux. De plus, grâce au site Internet de Tous Chercheurs, les groupes peuvent partager leurs expériences. Dès la fin de l’année scolaire, c’est l’occasion de se rencontrer en chair et en os et de faire la fête au PASS! Tous s’y réunissent et présentent alors leurs projets respectifs. Lors de la rencontre 2003, les élèves en ont profité pour rédiger une charte que tout nouveau participant doit s’engager à respecter. Parmi les treize articles, outre celui qui dit de « privilégier le co-voiturage » et celui qui rappelle de « planter des arbres », on en retrouve également un qui demande de « recycler les déchets pour en faire de l’art ». Les membres de Tous Chercheurs espèrent que la charte soit un moyen efficace d’assurer la pérennité du projet... et celle de notre petite planète bleue.
L’initiative est sans nul doute un succès puisque chaque année, un nombre croissant de classes demande à participer à Tous Chercheurs. Quelques-unes réitèrent même l’expérience. Pour ces habituées, Nathalie Clausse et son équipe voient plus loin. « En septembre 2004, deux classes de 6e année ont demandé à leur professeur de refaire l’exercice. Nous leur avons donc suggéré d’élargir leur recherche à l’Afrique. » Après tout, pourquoi s’arrêter là? Depuis, deux classes prennent part à un projet pilote avec le Burkina Faso. En se basant sur leurs travaux, les élèves comparent l’état de leur communauté à celui d’une région burkinabé. Nathalie veut ainsi sensibiliser les jeunes au fait que toute action posée dans une communauté comme la leur peut avoir des répercussions à des milliers de kilomètres. Un peu comme les battements d’ailes du papillon…
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