Projet Effervescience : quand la jeunesse pétille d’innovation

Les gagnants du Gala, Expo-Sciences Bell - Prix Effervescience 2003 (Source)


Allier l’esprit d’entreprise, la créativité et la rigueur scientifique, est-ce possible? Oui, affirme avec énergie l’équipe de professionnels de la Boîte à science de Québec, à l’origine du projet Effervescience, un concours d’invention destiné aux élèves de la quatrième et de la cinquième secondaire et offert en activité parascolaire.

Pour y participer, des équipes de deux à quatre jeunes doivent, durant une période de 27 semaines, réaliser un prototype répondant à un problème de leur vie quotidienne et développer un projet visant sa commercialisation. « D’une certaine façon, Effervescience est un croisement entre les Expo-sciences, qui mettent à l’honneur des projets purement scientifiques, et le programme Jeunes Entrepreneurs, qui fait la part belle aux talents de gestionnaires des jeunes », précise Jean-François Saint-Cyr, directeur de l’éducation scientifique à la Boîte à science.


Tâches athlétiques pour futurs scientifiques

« En début d’année, nous recrutons des jeunes passionnés de sciences. Puis, ils participent à des séances de remue-méninges desquelles se dégagent les idées de produits qu’ils souhaitent mettre au point », raconte Sylvain Dancause, professeur de chimie et de sciences physiques à l’école secondaire La Courvilloise de Beauport.

« Tout au long du projet, poursuit Guy Babin, qui enseigne l’écologie, la chimie et la physique au séminaire des Pères Maristes de Sillery, les jeunes sont accompagnés par un conseiller scientifique et un mentor en affaires qu’ils rencontrent à cinq reprises. Avec leur aide, ils évaluent, d’une part, la faisabilité technique de leur idée et son caractère novateur, et, d’autre part, son potentiel de commercialisation. »

 
Une fois la production de leur prototype enclenchée, les équipes doivent encore relever plusieurs défis : évaluer le budget nécessaire (et tenter de restreindre les coûts), réaliser des études de marché pour cibler les clients potentiels, trouver les fournisseurs, etc. Et, bien sûr, une étape décisive : rencontrer les « bailleurs de fonds », des animateurs de la Boîte à science, qui accordent (ou non) les « subventions » demandées pour compléter les prototypes. « Lorsqu’un aspect du travail n’est pas conforme ou pas suffisamment détaillé, précise Jean-François Saint-Cyr, qui a déjà joué le rôle de « banquier », les élèves doivent retourner à leur planche à dessin ou à leur calculatrice. Ils travaillent vraiment très fort. »
 

Cette année, une équipe de jeunes de La Courvilloise conçoit un système d’alarme portatif tandis que l’autre rattache des systèmes de lumière et de son afin d’obtenir un produit d’animation clés en main pour les fêtes adolescentes. Au séminaire des Pères Maristes, on conçoit un unicycle doté de freins pour parcourir de longues distances. Autant d’idées ludiques ou pratiques… autant de rêves qui deviendront réalité au printemps!


Du travail à la pelle, des gratifications à la tonne

« Ce qui est intéressant, c’est de travailler avec les jeunes dans un cadre différent de celui d’un cours, note Sylvain Dancause. De plus, Effervescience s’inscrit tout à fait dans l’esprit actuel de la réforme. Mes élèves apprécient la liberté de pouvoir choisir le sujet de l’activité, selon leurs intérêts propres. » Guy Babin considère quant à lui que le fait de travailler avec des professionnels du monde du travail confère au projet un aspect concret qui plaît aux jeunes. « Les élèves apprennent à travailler en équipe. Chacun y apporte ses forces. À travers le projet, ils vivent des réussites, de la complicité. Ces leçons leur serviront toute leur vie », conclut l’enseignant.

Actuellement en cours dans quatre écoles secondaires de la région de Québec-Chaudière-Appalaches, le projet pourrait un jour faire des petits et être proposé ailleurs dans la province. « Effervescience est un projet facile à implanter dans toutes les régions du Québec parce qu’il demande, en plus de l’implication de l’école, la participation de ressources locales qui existent partout », résume Jean-François Saint-Cyr. Voilà une façon extraordinaire de semer le goût de l’effort, de l’innovation et de la solidarité chez les jeunes et, par le fait même, de préparer une relève scientifique et entrepreneuriale solide.


Isabelle Pauzé

Collaboration spéciale



La boîte à science : www.boiteascience.com



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