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Du rock au labo
Alexis, Mathieu, Philippe et Alexandre sont des étudiants comme les autres. Inscrits au doctorat en biochimie à l’Université de Montréal et à McGill, ils manipulent éprouvettes et équations avec sérieux et professionnalisme. Alexis, Mathieu, Philippe et Alexandre sont aussi des rockeurs comme les autres. Membres du groupe n=1, ils manient guitare, violon et batterie avec toute la fougue et la bonne humeur que l’on attend d’un bon vieux groupe de rock. Qui a dit que les scientifiques manquaient d’humour? Les jeunes gens ont créé la formation n=1 pendant leur bac en biochimie. De pratiques en petits concerts, le groupe compte aujourd’hui une vingtaine de pièces musicales originales à son palmarès. Les joyeux compères y racontent leur vie, leurs amours… et leur quotidien de chercheurs. « S’afficher comme groupe de “rock scientifique” est venu par hasard. On trouve naturel de parler de ce qui nous touche », explique Mathieu Arcand, guitariste et chanteur. Quand d’autres chantent les petits oiseaux et les couchés de soleil, n=1 chante les enzymes et les bactéries. Et le résultat est d’autant plus réussi qu’il est authentique. « Quand on monte sur scène avec nos sarraus, on ne se sent pas déguisés! » lance le percussionniste Philippe Coulombe. C’est effectivement vêtus de leurs blouses
de laboratoire que les musiciens de n=1 font se trémousser les
foules. Mais s’ils font de la science leur « marque de
commerce », ils confessent qu’il n’est pas toujours
facile de s’assumer comme jeune chercheur quand on n’a pas
trente ans et que les préjugés ont encore la vie dure. « Je
ne parle jamais de science avec mes amis du secondaire. Comme je travaille
dans un domaine très pointu, personne ne comprend ce que je fais! »
note Philippe, qui planche sur la régulation de l’expression
des gènes. Même son de cloche chez Mathieu Arcand, dont les
travaux sur la propagation des signaux dans la cellule peuvent ne pas
sembler a priori très attrayants pour les non-initiés. « C’est
difficile de transmettre son excitation à des gens qui ne connaissent
pas le domaine dans lequel on travaille. Alors, souvent, j’évite
d’en parler. Parfois, les autres n’osent même pas poser
des questions... et ils sont “écoeurés” quand
j’essaie de leur expliquer! » |
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Arrivé
au labo très tôt Et mon enzyme Eco Dans le but de bien suivre
la recette |
Fous de science Et pourtant, aucun des quatre ne laisserait sa place au laboratoire. « On a la chance de faire un métier passionnant, ce qui est plutôt rare. On travaille énormément mais on fait nos propres horaires… Beaucoup de gens peuvent nous envier pour ça », dit Alexis Vallée-Bélisle, le violoniste chanteur. Même si la mission première de n=1 n’est certes pas de vulgariser les procédés enzymatiques, la fougue de ces musiciens scientifiques fait souffler un agréable vent de folie sur l’image des chercheurs oeuvrant dans des domaines de pointe tels que la biochimie. Alexis est d’ailleurs convaincu qu’il est
possible de rendre sa discipline attrayante aux yeux des jeunes. Il a
déjà participé à un programme de vulgarisation
scientifique auprès d’élèves du secondaire
et garde un excellent souvenir de cette expérience. « Je
cherchais avant tout à capter leur imaginaire. La biochimie est
une science extrêmement passionnante et je pense qu’il y a
moyen de donner des explications simples à des phénomènes
complexes. L’ADN, par exemple, est tout simplement un alphabet à
quatre lettres avec lequel s’écrit le grand livre de la vie! » |
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Anciens élèves et futurs chercheurs, les jeunes biochimistes de n=1 sont à mi-parcours entre le monde de la recherche et celui, pas si lointain, de l’école. Et quand on leur demande comment améliorer l’enseignement des sciences au secondaire, les idées fusent. Pour Mathieu Arcand, on devrait ménager une plus grand place à l’histoire des disciplines. « Le contexte historique des grandes découvertes permet de comprendre comment et pourquoi les scientifiques en sont arrivés à se poser certaines questions. » Philippe Coulombe reproche quant à lui à l’enseignement classique son aspect trop théorique. « Quand on fonctionne par question/réponse (Comment ça marche? Pourquoi ça fonctionne de tel façon) on accroche beaucoup plus l’attention des élèves », dit-il. Un regard critique qui n’épargne pas davantage leur future profession de chercheur. « Plus on est formé, plus vite on devient chef de laboratoire, et moins on a de temps pour faire de la recherche! On passe son temps à faire de l’administration et de la gestion de ressources humaines alors qu’on n’a reçu aucune formation dans ces domaines… C’est un peu paradoxal! » note Alexis Vallée-Bélisle. On le sait, la route qui mène au doctorat est souvent semée de doute et de solitude. « Quand je pense qu’il n’y a pas 1000 personnes au monde qui s’intéressent à ce que je fais, c’est parfois décourageant », lance Alexis. C’est dans la musique que je vais chercher le côté humain qui me manque au laboratoire. » Le meilleur des deux mondes? Sans doute. Et, à entendre les sympathiques chansons de n=1 sur les enzymes et les souris hétérozygotes, on en vient à regretter que tous les futurs chercheurs ne décident pas de pousser la chansonnette entre deux expériences!
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Le site Internet de n=1 vous permet de télécharger quelques chansons (entraînantes) et de lire les paroles (tordantes) tirées de l’album « Radicaux libres » lancé dernièrement. Le titre EcoR1, qui relate l’histoire de la célèbre enzyme du même nom, est particulièrement réjouissant. N=1 assurera la première partir du spectacle « Le Français en Scène » mettant en vedette Nathalie Renault, Yann Perrau, Marc Déry et Daniel Bélanger. Rendez-vous le jeudi 18 mars à l'arena du Cepsum de l'Université de Montréal. Coût du billet : 20$, en vente sur le site : www.ticketpro.ca Musique et science font décidément bon ménage : pour un professeur de l’Université de Californie à San Diego, la musique permet notamment de faciliter la mémorisation des termes techniques, rendant l’apprentissage des sciences plus facile. Lire l’article de l’Agence Science-Presse « Chanter la science » : www.sciencepresse.qc.ca
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