Pluie de science www.spst.org/pluiedescience/0304 Version complète
Éditorial
Ils – lisent la presse, s’impliquent dans leur communauté, font des projets, votent, prennent position, réfléchissent, discutent, se disputent, font avancer la société. Qui sont-ils, ces scientifiques qui conjuguent savoir et engagement? Quel rôle ont-ils à jouer dans un monde où l’alimentation et la reproduction sont devenues l’affaire des spécialistes, et la conquête spatiale, l’affaire de tous? Pluie de science part à la rencontre de ces citoyens un peu à part, dans un dossier spécial construit comme autant de tête-à-tête. Germain Godbout, qui a passé dix ans à la direction générale de l’Acfas, Claude Villeneuve, biologiste et auteur, et Ariel Fenster, chimiste et vulgarisateur, nous livrent leurs réflexions sur une autre rencontre : celle de la science et de la société. Un archéologue amoureux se joindra à cette belle assemblée : Norman Clermont, un homme captivant qui parle du passé comme d’un vieux complice qui l’empêche de dormir. Ce mois-ci, notre dossier scientifique est en effet consacré au voyage dans le temps, de l’archéologie à la géologie. Nous vous proposons comme à notre habitude une sélection d’outils que la banque de données Kaléidoscope met à votre disposition sur ces thèmes, ainsi que l’expérience d’un enseignant qui a su transmettre sa passion à des élèves devenus de véritables aficionados des vieilles pierres. Côté actualités, c’est vers d’autres scientifiques bien particuliers que nous nous tournons : les jeunes biochimistes du groupe de « rock scientifique » n=1, qui nous démontrent que les professeurs Tournesol de ce monde sont bel et bien une espèce en voie d’extinction. Nous vous dévoilons aussi le projet de deux enseignantes du primaire gagnantes des Bourses de l’Île du savoir, et une initiative de la Boîte à science de Québec visant à jeter des passerelles entre le monde de la science et celui de l’entrepreunariat. Enfin, dans notre rubrique mensuelle Et pluie quoi encore? nous vous racontons l’histoire de Pluie, une louve grise des montagnes rocheuses. Au plaisir de lire vos commentaires et suggestions. Bonne lecture.
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Savoirs et engagement
PDS : Pensez-vous que les chercheurs ont un rôle à jouer sur la place publique? Il n’y a aucun doute. Nous vivons dans une société de plus en plus technologique et les débats publics sont souvent fondés sur des arguments scientifiques. Les chercheurs doivent être en mesure de vulgariser leurs travaux et de valider la pertinence de ceux-ci auprès des différents acteurs de la société. Si les scientifiques ne participent pas à cet exercice, l’écart continuera à se creuser entre le public et le monde des sciences. Les préjugés et les fausses opinions perdureront. Les membres du public sont souvent mal informés sur le plan scientifique. Ils comprennent mal ce qu’est vraiment un OGM par exemple. C’est évidemment difficile de se forger une opinion solide quand on n’a pas toutes les données. PDS : Selon vous, pourquoi est-ce que les scientifiques participent si peu aux débats de société? Quand on leur pose la question, ils répondent qu’ils voudraient bien y participer, mais qu’ils n’ont tout simplement pas le temps. On peut les comprendre. Les chercheurs sont pris entre leurs demandes de subventions, leurs étudiants, les tâches d’enseignement, leurs recherches… Il reste peu de temps pour aller sur la place publique. Mais je pense que ça va plus loin que ça. C’est aussi une question de société. On constate une timidité et une humilité chez les scientifiques. Ils travaillent isolément dans leur laboratoire. Participer à des tribunes publiques ne fait pas partie de leurs mœurs. PDS : Est-ce que les organismes de médiation scientifique comme l’Acfas peuvent jouer un rôle pour réduire l’écart entre les scientifiques et la société? Absolument! En janvier 2003, l’Acfas a d’ailleurs réalisé un sondage auprès de ses membres qui pointait dans cette direction. Plusieurs universitaires se sont dit d’accord pour que l’Association les représente sur la place publique. Ils se sont même dits prêts à participer à des groupes de discussion, pourvu que l’Acfas les organise et s’assure de livrer les résultats aux institutions gouvernementales et au public. PDS : L’Acfas entrevoit-elle initier de tels projets? Nous songeons effectivement à réunir des universitaires afin d’obtenir leur opinion sur différents thèmes : la bioéthique, les nanotechnologies, les technologies de l’information, etc. Nous allons compiler les résultats des discussions et les faire connaître aux élus. Nous voulons que les fonctionnaires soient aussi bien outillés que possible lorsque vient le temps de prendre des décisions qui impliquent des notions scientifiques. Du coup, on veut également sensibiliser le gouvernement à l’importance de la recherche fondamentale et appliquée. Le gouvernement actuel n’a pas montré beaucoup d’ouverture à l’égard des sciences jusqu’à maintenant. Il a coupé dans les fonds de recherche, les avantages fiscaux et les budgets de diffusion scientifique. Il faut renverser la vapeur. PDS : Ces mesures visent la sensibilisation des élus. Qu’en est-il du grand public? Les chercheurs devront faire un effort et s’impliquer. L’Acfas peut organiser des forums, comme elle l’a fait dans le cas des rencontres Science et société, mais les scientifiques doivent être présents pour échanger leurs idées avec le public. Lors du dernier forum Science et société au collège Limoulou, en novembre dernier, on a parlé d’environnement, de sécurité alimentaire et de dignité humaine. Les jeunes pour lesquels on avait organisé l’événement ont adoré l’expérience et les scientifiques ont mis beaucoup d’énergie pour y participer. Mais ce sont souvent les mêmes qui s’impliquent : Louis Taillefer, Claude Villeneuve… Il faut aller en chercher d’autres. PDS : Outre les représentations politiques et les conférences grand public, que peuvent faire les scientifiques pour se rapprocher du public? Ils doivent évidemment être présents dans les médias. Mais c’est là que la timidité légendaire des chercheurs se fait le plus sentir! Encore une fois, ce sont souvent les mêmes que l’on voit. D’autres spécialistes devraient participer aux débats, mais peu le font. Je ne peux pas les blâmer, je suis moi-même un grand timide. En fait, je pense que les médias devraient faire un effort pour aller au devant des chercheurs. Si les scientifiques n’approchent pas les journalistes, ils acceptent généralement d’accorder une entrevue lorsqu’on les sollicite. Moi-même, lorsqu’on me contacte pour une entrevue, j’accepte volontiers. J’apprends à surmonter ma timidité!
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Dossier de fond :
savoirs et engagement Le biologiste Claude Villeneuve partage depuis 25 ans sa carrière entre l’enseignement supérieur, la recherche et les travaux sur le terrain en sciences de l’environnement. Il est actuellement professeur invité à l’Université du Québec à Chicoutimi. Il a publié en 2001 le livre Vivre les changements climatiques.
Je crois que le fait de s’impliquer socialement ou non tient davantage de la personnalité d’un individu que du métier qu’il exerce. Choisir de faire du bénévolat pour améliorer la société, pour éduquer, protéger un écosystème ou réhabiliter un ruisseau relève beaucoup plus de la passion que de la fonction. Les comptables aussi bien que les scientifiques peuvent s’impliquer! C’est avant tout un choix personnel. PDS : Le scientifique n’a-t-il pas un impact social ou politique plus important à cause de ses connaissances? La science, contrairement à ce que l’on pourrait penser, influence peu la société. Les scientifiques sont rarement consultés et n’ont pas de poids politique. On n’a pas attendu de connaître les effets de la bioaccumulation des pesticides avant de les utiliser, ni de comprendre le processus de régénération des forêts avant de les couper. Les résultats des recherches scientifiques arrivent souvent beaucoup plus tard que les décisions politiques. On joue avec des choses qu’on ne connaît pas et on s’étonne quand c’est cassé… PDS : Mais certains scientifiques sonnent parfois l’alarme sur l’état de la planète… C’est vrai que de temps en temps un scientifique va lever un drapeau pour annoncer quelque chose. Mais il ne sera pas toujours entendu. Tout dépend de sa capacité à mobiliser les médias. J’ai des collègues qui étudient la biodiversité des insectes. Ils se passionnent pour ce travail. Mais s’ils essayaient de sensibiliser l’opinion publique à l’importance de leurs 1200 espèces de fourmis, ils n’y parviendraient pas. Le scientifique ne peut qu’intéresser les gens qui partagent déjà sa passion par des oeuvres éducatives, comme les clubs d’ornithologie, d’entomologie ou de mycologie... PDS : Est-ce aux chercheurs de vulgariser la science ou peuvent-ils se fier aux journalistes pour le faire? La science est très mal couverte par les médias en général. Les journalistes cherchent avant tout le sensationnel. C’est la règle pour qu’ils soient publiés. Pour les scientifiques, c’est la règle inverse. À part quelques magazines et l’Agence Science-Presse, les journalistes qui couvrent la science dans les médias au Québec ne vérifient jamais leurs sources et ne prennent pas le temps d’expliquer de quoi ils parlent. Par exemple, on répète inlassablement dans les médias que les forêts sont les poumons de la planète. C’est une vérité reçue. Mais c’est archi-faux. Depuis quinze ans, je l’explique. C’est écrit dans mon livre… et pourtant on continue de le répéter. PDS : Croyez-vous, malgré tout, qu’il soit important de vulgariser la science? Une des rares choses dont nous ne pouvons abuser dans la vie c’est la connaissance. C’est un domaine où la modération n’a aucun sens. Malheureusement, les connaissances scientifiques sont très mauvaises ici à cause de l’éducation et des médias. On ne valorise pas en Amérique du Nord les têtes bien faites. C’est encore mal vu d’être éduqué et de bien parler. On préfère l’approximation. Le jour où il y aura une meilleure éducation scientifique dans les médias et à l’école, qu’il y aura une meilleure compréhension des enjeux et des mécanismes scientifiques; en d’autres termes, le jour où on arrêtera de dire que la science c’est aride, on aura fait un grand bout de chemin pour améliorer la culture scientifique québécoise. En attendant, on est loin d’avoir viré les astrologues du Québec!
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Dossier de fond : savoirs et engagement Ariel Fenster n’est pas un chimiste comme les autres. Professeur à l’Université McGill, il n’a pas hésité à prendre des cours de magie pour monter son spectacle The Magic of chemistry, qui fait salle comble depuis des années.
L’implication des scientifiques dans des débats de société n’est pas un fait récent. C’est un phénomène qui a notamment marqué le 18e siècle avec Diderot et l’Encyclopédie. Au 20e siècle, des scientifiques comme Irène et Frédéric Joliot-Curie (1) ou Linus Pauling (2) ont également joué ce rôle. La plupart des scientifiques savent qu’il est très important d’expliquer ce qu’ils font, mais beaucoup ne sont pas équipés, du point de vue de la communication, pour le faire. Parler devant un public de non-initiés peut les rendre mal à l’aise… Je sais par contre que mes collègues de l’université apprécient beaucoup notre travail de vulgarisation. PDS : Pourquoi les scientifiques seraient-ils plus aptes que les autres pour donner leur opinion sur des sujets qui sont parfois éloignés de leur discipline? La plupart des scientifiques ne sortent pas de leur champ disciplinaire pour donner leur avis sur la place publique. Cependant, le fait d’être scientifique est souvent garant d’une certaine rigueur de pensée et d’objectivité. Les scientifiques ont aussi un certain talent pour chercher l’information, prendre du recul et discerner ce qui est sérieux de ce qui ne l’est pas. Leur réflexe est de vérifier les faits, et c’est ce qui permet à ceux qui s’engagent dans cette voie de donner leur avis sur des choses qu’ils ne connaissent pas en profondeur. Le danger de mauvaise interprétation des faits vient plus de personnes comme José Bové qui donnent leur opinion sur tout et n’importe quoi alors qu’ils n’y connaissent rien. PDS : Que dire de la somme d’information qui nous submerge au quotidien? Nous sommes littéralement bombardés et il est parfois difficile de discerner les nouvelles crédibles de celles qui ne le sont pas. Dans un de mes cours, je fais d’ailleurs l’exercice de montrer à mes étudiants des publicités sur Internet truffées de vocabulaire technique qui se font passer pour des articles scientifiques. Il faut être vigilant : tout ce qui est écrit dans un langage scientifique n’est pas nécessairement vrai… et les publicitaires utilisent de plus en plus la science comme une caution de sérieux. PDS : Quel est le rôle des médias dans cette désinformation? La science va lentement alors que la vie va vite, tout le problème est là! Les découvertes ne se font pas du jour au lendemain, mais les médias ont besoin d’informations rapides. C’est une des raisons pour lesquelles on retrouve parfois en première page des journaux des nouvelles qui n’ont pas été vérifiées mais qui font vendre. Par exemple, la fameuse histoire de la cire sur les pommes a fait couler beaucoup d’encre l’été dernier et La Presse en a fait sa première page. En revanche, peu de gens ont vu l’entrefilet en page 5 qui remettait les pendules à l’heure… PDS : N’y a-t-il pas aussi une responsabilité de la part de certains scientifiques? Effectivement. Certains chercheurs vont annoncer leurs résultats en conférence de presse au lieu d’aller d’abord vers leurs pairs. Ces personnes veulent se faire de la publicité ou « sortir » leurs résultats rapidement pour obtenir des subventions. Ce phénomène pose un sérieux problème. Il existe de nombreux cas de fausses découvertes, comme le café qui causerait le cancer du pancréas ou encore la fusion à froid… Dans tous ces exemples, les médias ont diffusé la nouvelle avant qu’elle ne soit publiée dans une revue scientifique sérieuse. D’une manière générale, il faut se méfier des gens qui offrent des solutions simples à un problème complexe, comme de supposés produits contre le cancer isolés dans l’urine! Avec un regard scientifique, on se rend compte assez facilement que de tels procédés sont trop simples pour être crédibles. PDS : Si, dans les publicités, la science fait vendre, elle peut aussi faire peur… C’est là que la question du risque devient très importante. On ne peut jamais démontrer le risque « zéro » mais il faut toujours voir si les avantages d’une nouvelle technologie contrebalancent les risques qu’on prend à l’utiliser. Cela pose toujours un problème quand on discute avec des gens qui sont systématiquement contre la science : ils ne considèrent pas la notion de risque. Les médias et les scientifiques peu scrupuleux sont aussi responsables de cette situation. Certaines personnes ont une vision apocalyptique du monde et du progrès, alors qu’on vit plus longtemps et globalement beaucoup mieux qu’on n’a jamais vécu. Aujourd’hui, la nourriture est meilleure et plus surveillée et certaines craintes alimentaires sont surfaites. Par exemple, on entend souvent dire que la nourriture naturelle est toujours bonne et saine. C’est faux : il y a de nombreux carcinogènes d’origine naturelle, il y en a même plus que des synthétiques! PDS : Nous avons parlé du « scientifique-vulgarisateur », qu’en est-il du rôle du « scientifique-enseignant »? Certains scientifiques considèrent tout ce qui les éloigne de la recherche comme une perte de temps. Mais tous les chercheurs ne sont pas capables de bien enseigner. Les universités devraient instaurer un système dans lequel une partie des scientifiques seraient affectés à la recherche, et l’autre à l’enseignement. On entend souvent dire que pour donner un meilleur enseignement, il faut être à la pointe de la recherche : c’est vrai avec des étudiants des cycles supérieurs, mais pas nécessairement avec les étudiants de premier cycle. Personnellement, je n’aime pas faire de recherche, je me sens isolé. Ce qui m’intéresse, c’est faire découvrir les plaisirs de la science et sa pertinence pour comprendre le monde. Je pense que c’est quand on enseigne une matière que l’on commence vraiment à la comprendre car on est obligé d’en expliquer les fondements à ses étudiants… J’ai beaucoup d’admiration pour les professeurs du secondaire : ce sont eux qui sont en première ligne dans les tranchées! PDS : Malgré tous les préjugés, pensez-vous qu’il est possible de rendre la science attrayante? Mon cours de chimie est ouvert à tous et c’est le plus populaire de l’université! On y aborde la chimie des médicaments, de l’environnement, de la nourriture, des pierres précieuses… Et ça fait vraiment plaisir de voir que des étudiants qui ne sont pas inscrits en science prennent un cours où apparaît le mot « chimie »!
(2) Le chimiste Linus Pauling est connu autant pour ses découvertes scientifiques que pour son engagement politique. Durant son impressionnante carrière (couronnée par deux prix Nobel), il fit notamment progresser les domaines de la cristallographie, des rayons X ou de la physique quantique. Il usa de son renom scientifique comme un tremplin pour des activités politiquement engagées. Tout comme Albert Einstein et Léo Szilard, il était membre du conseil de sécurité des scientifiques de l’atome, groupe petit mais influent qui, après la Seconde Guerre mondiale, œuvra pour limiter la prolifération des armes atomiques. Ariel Fenster a récemment participé à un événement inédit organisé par un jeune enseignant du collège Saint-Jean-Vianney : une nuit de science! Tous les détails au : http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/quebec/capque1203e.html ***
Dossier scientifique : voyage dans le temps
: de l’archéologie à la géologie Voyage dans le temps… et au centre de la Terre Remonter dans le temps, comprendre d’où nous venons, qui sont nos ancêtres, comment les continents se sont formés… Des questions qui sont au cœur même du questionnement humain. Qu’il s’agisse du passé des hommes ou de celui la Terre, il existe mille et une activités disponibles au quatre coins du Québec pour s’initier aux disciplines fascinantes que sont l’archéologie et la géologie.
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| 200 millions d’années avant les dinosaures |
Centre thématique fossilifère du Lac Temiscamingue |
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| À vos truelles! Laboratoire d’archéologie pour tous | Musée de Lachine | Sept. 2004 à oct. 2004 | Animation scientifique | Montréal | |
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| Archéo-jeux | La pulperie de Chicoutimi | 1er au 4 mars 2004 | Camp de jour | Saguenay–Lac-Saint-Jean | |
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| Archéomatique : une archéologie virtuelle | Vidéo Femmes | En tout temps | Film vidéo VHS, vidéo Betacam, DVD | Tout le Québec | |
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| Camp muséologique. Intrigue au musée | Musée de la civilisation | Juin à août 2004 | Camp de jour | Capitale-Nationale |
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| Caravane de découvertes | Conseil du loisir scientifique du Saguenay–Lac-Saint-Jean | En tout temps | Animation scientifique | Saguenay–Lac-Saint-Jean | |
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| Histoire et diversité du Québec | Musée Redpath | En tout temps | Exposition permanente | Montréal | X |
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| La nature… que je collectionne et que je vois | Biodôme | En tout temps | Trousse pédagogique | Montréal | X |
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| Le bac archéologique | Corporation du Bourg de Pabos inc. | 1er juin 2004 au 15 oct. 2004 | Activité archéologique | Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine | |
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| Retour à la mer | Musée Redpath | En tout temps | Exposition permanente | Montréal | X |
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| Safari-fossiles | Centre thématique fossilifère du Lac Temiscamingue | 24 juin 2004 au 22 août 2004 | Excursion | Abitibi | |
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| Une épave raconte |
Pointe-à-Caillière, Musée d’histoire et d’archéologie de Montréal |
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... et au centre de la Terre
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Public |
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| Aventure sous terre |
Camp de jour Cap Jeunesse |
Juin 2004 à août 2004 |
Camp d'une semaine |
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| Du roc au métal | Association minière du Québec inc. | En tout temps | Site Internet | Tout le Québec | |
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| Exposition (exposés à l’école) de fossiles, pierres et minéraux | Club des paléontologues amateurs du Bas-Saint-Laurent | En tout temps | Exposition permanente | Bas-Saint-Laurent | |
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| Fleur et cailloux | Musée de la nature et des sciences | Consulter le producteur | Exposition temporaire | Estrie | X |
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| Géologie pour tous | Commission géologique du Canada | En tout temps | Site Internet | Tout le Québec |
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| Géopanorama | Commission géologique du Canada | En tout temps | Site Internet | Tout le Québec | |
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| Géopanorama | Commission géologique du Canada | En tout temps | Affiche | Capitale-Nationale | |
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| La fouille | Musée minéralogique et minier de Thetford Mines | Consulter le producteur | Excursion | Chaudière-Appalaches | X |
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| La spéléologie au Québec | Société québécoise de spéléologie | En tout temps | Site Internet | Tout le Québec | |
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| Les Appalaches, explosées et exposées | Musée minéralogique et minier de Thetford Mines | En tout temps | Exposition permanente | Chaudière-Appalaches | |
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| Les volcans vus de l’espace | GÉOTOP, Université du Québec à Montréal | 1er janvier 2004 au 6 juin 2004 | Présentation en classe | Montréal | X |
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| Orpaillage | Musée minéralogique et minier de Thetford Mines | Consulter le producteur | Excursion | Chaudière-Appalaches | X |
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| Québec une histoire de pierre | Commission de la capitale nationale du Québec | Sept. 2003 à juin 2004 | Visite guidée | Capitale-Nationale | |
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| Si la Terre m’était contée | Commission géologique du Canada | En tout temps | Brochure | Tout le Québec | X |
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| Trousse ambulante d’animation en sciences naturelles | Cercle des jeunes naturalistes | En tout temps | Trousse pédagogique | Tout le Québec | X |
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| Visite géologique guidée au parc de la chute Montmorency |
Musée de géologie René-Bureau |
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http://www.cybersciences.org/cyber/3.0/n3369.asp http://www.cybersciences.com/cyber/4.0/2004/02/requin.asp http://paleosite.free.fr/ http://www.culture.gouv.fr/culture/archeosm/fr/ http://www.pacmusee.qc.ca/index.html http://www.civilisations.ca/educat/educatf.html http://www.civilisations.ca/archeo/archeof.asp http://www.digicom.qc.ca/~cham/ http://www.ifrance.com/archeusvirtual/ http://www.lescale.net/passe.html http://www.cybersciences.com/cyber/4.0/2004/02/musee.asp http://www.culture.gouv.fr:80/culture/exp/archeo.htm
http://www.cmathematique.tv/cgi-bin/index.cgi?page=contenu1_73 http://station05.qc.ca/csrs/Caverne/accueil.html http://www.nrcan.gc.ca/mms/scho-ecol/toc_f.htm http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosgeol/accueil.html http://www.fse.ulaval.ca/ten-20727/www20727/000_2hiver2000/2000_Vie_et_continents_5_6/page2.html http://cgq-qgc.ca/tous/terre/index.cfm?CFID=64862&CFTOKEN=39515172 http://www.3d-fossiles.com/ ***
Dossier scientifique : voyage dans le
temps Au collège Mont-Saint-Louis, à Montréal, les élèves mangent de la science au petit déjeuner. Et pour cause : un enseignant passionné d’histoire ancienne les initie à la fouille archéologique… dans leur cour de récréation.
L’initiative est née grâce à Serge Robillard, alors professeur de latin et de civilisation romaine au Collège Mont Saint-Louis. Une belle journée d’été 1996, muni d’une pelle, il creuse une fosse d’une profondeur d’environ trois mètres dans la cour du collège. L’idée : permettre à ses élèves latinistes de se familiariser avec diverses méthodes de la recherche archéologique. Le projet était lancé. « C’est comme dans un roman policier, je laisse des indices pour permettre à mes élèves de reconstituer l’histoire. » Depuis, Serge Robillard crée de véritables scénarios historiques en partant d’une époque précise de l’Antiquité, puis prend la peine de trouver des objets appropriés et les enterre soigneusement. On y trouve de tout, même des divinités! Ce printemps, les jeunes apprentis découvriront un temple doté d’un four en fer, entouré d’une quarantaine d’objets de l’époque gauloise. Sous la terre reposent également des barils, un fer à cheval (inventé par les Gaulois) et de la poterie dont il a soigneusement modifié l’apparence dans son atelier pour coller le plus possible au style de l’époque. L’année précédente, c’était la maison d’un guerrier, avec ses armes, qui fut mise en terre; même un faux squelette s’y trouvait. À la fin de chaque période de fouille printanière, les élèves analysent en classe les objets découverts tout en s’amusant à résoudre les énigmes historiques lancées par leur professeur.
Avant de mettre les mains dans la terre, une initiation complète a lieu en classe. Les archéologues en herbe ont le choix entre trois niveaux de cours pour s’initier aux rudiments du métier, comprendre les précautions à prendre et saisir l’objectif de cette discipline. « Car méfiez-vous, le but de l’archéologue n’est pas de trouver un trésor, mais de reconstituer l’histoire », explique M. Robillard, qui a également conçu un manuel pédagogique adapté aux novices se préparant à une fouille archéologique. Avant d’entamer toute recherche de terrain, les élèves doivent comprendre qu’il est nécessaire de délimiter la zone à prospecter. Ils apprennent à effectuer le relevé topographique d’un site, à se servir d’un tamiseur lors des fouilles, à noter sur un quadrillage l’emplacement de chaque découverte et à prendre les premières mesures de conservation lors d’une découverte. En un mot, à suivre un strict protocole de recherche scientifique.
Ainsi outillés, les jeunes sont (presque) de taille à impressionner des archéologues professionnels quand ils se retrouvent sur un vrai chantier. De la cour du collège Mont-Saint-Louis à des véritables sites de fouille en Europe, il n’y a en effet qu’un pas que Serge Robillard a allégrement franchi en proposant à ses élèves une activité parascolaire : des voyages d’été à saveur archéologique. Depuis six ans, plus de 300 jeunes ont ainsi eu la chance de partager la passion de leur professeur. Une passion contagieuse : Serge Robillard se souvient en particulier d’une jeune adolescente tellement séduite par ses découvertes qu’elle ne voulait plus quitter la fosse qu’elle explorait sur un site en Provence, lors de sa dernière journée. Une autre jeune élève n’en revenait pas de tenir entre ses mains des morceaux touchés par d’autres mains, 1900 ans avant elle… Lors du premier voyage archéologique, à Rome, la barrière linguistique limitait les échanges entre les jeunes et leurs hôtes italiens. C’est à ce moment que M. Robillard a eu l’idée de trouver un site permanent pour de futurs voyages archéologiques. La Provence lui apparaissait une région idéale. Un coup de fil à un ami provençal et le tour était joué. L’enseignant a obtenu l’autorisation de participer avec ses élèves aux fouilles sur plusieurs sites historiques de cette région ancestrale et a mis sur pied une équipe d’enseignants, spécialistes d’histoire, de religion ou de latin, afin de faire profiter les jeunes de leur expertise. Au fil des ans, Serge Robillard est devenu un guide chevronné et n’a jamais manqué une seule mission. Pour rajeunir la dynamique du voyage, il passe le flambeau : « Je cède les rênes à mon jeune collègue latiniste, il est aussi passionné que moi! » Ainsi la sixième édition de l’aventure archéologique se déroulera-t-elle sous la tutelle d’un nouvel enseignant. Antoine Therrien, jeune professeur de latin depuis trois ans (et ancien élève du collège), accompagnera en Provence quelque 49 jeunes de 3e secondaire inscrits au cours optionnel de civilisation romaine. Leur voyage les mènera sur la trace de la civilisation romaine à travers les Antiques de St-Rémy. Dans la ville d’Orange, ils admireront le seul théâtre possédant encore un mur de fond et où fut construit le premier arc de triomphe avec trois arches. Les élèves poursuivront leur itinéraire au site de Glanum, sur lequel quatre anciennes civilisations se sont succédées. Les sites de Nîmes, d’Arles et de Carcassonne sont également au programme.
Pour plus d’information sur les fouilles fictives dans la cour du collège, visitez le site : http://www.msl.qc.ca/Latin/Archeo.html ***
Dossier scientifique : voyage dans le
temps
Les réponses se trouvent dans des ruines, des vieilles pierres, des morceaux d’os calcifiés par le temps, qui, pour la majorité d’entre nous, ne sont que des lieux et des objets muets et vides. La magie de l’archéologie consiste à faire revivre un passé enterré depuis des milliers d’années, et à retracer le chemin parcouru par nos ancêtres. « Notre esprit devient vite submergé par ces enquêtes, au point où l’on sacrifie ses soirées, ses fins de semaine, ses vacances, sa télévision, à l’assouvissement de son questionnement… Jusqu’au moment où l’on réalise que les recherches ne seront jamais terminées : la maladie mentale, c’est la fixation et l’exclusivité au profit d’une curiosité passionnée. » Et insatiable.
Aujourd’hui retraité, Norman Clermont a été chercheur et professeur d’archéologie pendant plus de trente ans au département d’anthropologie de l’Université de Montréal. Il a su rendre sa matière captivante pour des milliers d’étudiants qui ont tous été marqués tant par sa personnalité que par ses méthodes pédagogiques peu communes. Les cours magistraux de M. Clermont se déroulaient en effet comme les épisodes d’une série à suspense, dont il était à la fois le narrateur, le metteur en scène et le principal acteur. L’amphithéâtre se transformait alors en scène de spectacle. « Il faut avant tout émerveiller l’auditoire, le surprendre et révéler l’intérêt de l’archéologie pour la compréhension du phénomène humain dans toute son épaisseur évolutive. Si personne n’arrive à vous convaincre que le passé est captivant, vous ne vous y intéresserez jamais. Il est donc aussi important d’éveiller agréablement la curiosité des plus jeunes, que ce soit au primaire ou au secondaire, pour cette dimension capitale de notre appartenance collective. » Ses étudiants ont eu la chance de joindre la pratique à la théorie. L’Université de Montréal leur donne en effet la possibilité d’aller fouiller sur un site très riche, celui de Pointe-du-Buisson (Melocheville), où se trouve l’école de fouille que Norman Clermont a supervisée de 1977 à 2000. Les mains dans la terre, avec des instruments précis et des méthodes à suivre, les futurs chercheurs grattent, soupèsent et cherchent ce qui se cache derrière le moindre tesson de poterie. Les enfants seraient sûrement intéressés de constater à quel point les adultes peuvent eux aussi tripper à jouer dans la boue, à quatre pattes avec des petites pelles…
Les trois objectifs principaux de cette science fascinante sont : documenter, comprendre et représenter. Il faut donc trouver des sites et décoder des indices pour les transformer en informations. Puis il faut traduire ces informations en comportements culturels cohérents et logiques. Et si la représentation qui en découle est perpétuellement sujette à retouches, c’est pour mieux inspirer les archéologues de demain qui souhaiteront trouver des réponses plus satisfaisantes que celles qui leur ont été laissées en héritage. « L’envergure de cette discipline est énorme car le passé est incommensurable et que l’espace d’enquête est de nature planétaire! Personne ne peut donc maîtriser ce champ de curiosité pratiquement sans fin. » Avis aux futurs archéologues qui sommeillent dans les écoles : puisqu’il faut aller fouiller dans les profondeurs de la nuit des temps pour comprendre qui nous sommes, il y a du travail assuré jusqu’à la fin du monde!
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« Après avoir suivi trois cours de méthodologie, nous avons été invitées à collaborer à un projet mené par des chimistes de l’Université de Montréal, explique Christine Fähndrich, enseignante de première année. Celui-ci concernait la contamination de laitues Boston par l’huile de transformateurs électriques. » « Nous avons suivi notre stage avec Mireille Gaudreau, étudiante en maîtrise de chimie à l’Université de Montréal, et un professeur de la même faculté, ajoute Catherine Myre, qui enseigne au préscolaire. Nous nous sommes alors initiées à des phénomènes complexes, comme l’absorption de l’huile par les plantes et les principes de décontamination. » Les élèves de Catherine et de Christine participaient au stage de leurs enseignantes à leur façon. Lors des trois demi-journées qu’elles ont passées à l’extérieur pour contaminer leurs laitues, les récolter et procéder aux analyses en laboratoire, elles ont pris des photos de leurs activités qu’elles ont expédié par courriel à leurs jeunes. Ceux-ci ont donc pu suivre presque en direct la progression du stage, anticipant le plaisir de se mettre, eux aussi, les mains dans la terre!
Vient ensuite le tour des enfants d’expérimenter la méthode scientifique et de comprendre l’effet de la contamination des laitues par l’huile… de canola. « En classe, on a installé un échantillon de laitue témoin puis on a formé dix équipes de quatre élèves, précise Mme Fähndrich. Chacune était en charge de “malmener” son plant de laitue. Comment? En le privant d’eau, de terre, d’air ou de lumière, ou encore en le vaporisant d’huile. » Tous les jours durant deux semaines, les jeunes ont fait des observations sur l’évolution de leurs végétaux : le jaunissement ou le dessèchement des feuilles, l’apparition de taches noires ou de gouttes de transpiration; rien n’échappait à l’œil avisé ni au microscope de ces botanistes en herbe. « En parallèle, nous avons amené les enfants à prendre conscience de leurs propres besoins et à les comparer avec ceux des laitues, souligne Catherine Myre. Les sources de contamination qu’ils leur administraient volontairement ont été assimilées aux aliments “camelote” qu’ils consomment. Nos élèves ont alors capté un message important : s’ils mangent quelque chose de mauvais pour leur santé, leur corps subit des dommages, comme la plante à qui on a refusé de l’eau ou qu’on a gavée d’huile. Il s’agit d’un message essentiel, qui les suivra toute leur vie », conclut l’enseignante. Ce que les petits ont tiré de l’expérience? « Ils sont définitivement plus curieux, plus rigoureux et plus minutieux. Ils ont appris à se poser des questions, à émettre des hypothèses, à comprendre ce qu’est véritablement une expérience scientifique », affirme Christine Fähndrich. Les enseignantes, quant à elles, se sont rendu compte à quel point les sciences pouvaient trouver résonance chez de jeunes élèves. Ravies de leur expérience et de l’emballement constaté chez les enfants, elles ont décidé de s’y adonner de nouveau au printemps prochain…
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Pour y participer, des équipes de deux à quatre jeunes doivent, durant une période de 27 semaines, réaliser un prototype répondant à un problème de leur vie quotidienne et développer un projet visant sa commercialisation. « D’une certaine façon, Effervescience est un croisement entre les Expo-sciences, qui mettent à l’honneur des projets purement scientifiques, et le programme Jeunes Entrepreneurs, qui fait la part belle aux talents de gestionnaires des jeunes », précise Jean-François Saint-Cyr, directeur de l’éducation scientifique à la Boîte à science.
« En début d’année, nous recrutons des jeunes passionnés de sciences. Puis, ils participent à des séances de remue-méninges desquelles se dégagent les idées de produits qu’ils souhaitent mettre au point », raconte Sylvain Dancause, professeur de chimie et de sciences physiques à l’école secondaire La Courvilloise de Beauport. « Tout au long du projet, poursuit Guy Babin, qui enseigne l’écologie, la chimie et la physique au séminaire des Pères Maristes de Sillery, les jeunes sont accompagnés par un conseiller scientifique et un mentor en affaires qu’ils rencontrent à cinq reprises. Avec leur aide, ils évaluent, d’une part, la faisabilité technique de leur idée et son caractère novateur, et, d’autre part, son potentiel de commercialisation. » Une fois la production de leur prototype enclenchée, les équipes doivent encore relever plusieurs défis : évaluer le budget nécessaire (et tenter de restreindre les coûts), réaliser des études de marché pour cibler les clients potentiels, trouver les fournisseurs, etc. Et, bien sûr, une étape décisive : rencontrer les « bailleurs de fonds », des animateurs de la Boîte à science, qui accordent (ou non) les « subventions » demandées pour compléter les prototypes. « Lorsqu’un aspect du travail n’est pas conforme ou pas suffisamment détaillé, précise Jean-François Saint-Cyr, qui a déjà joué le rôle de « banquier », les élèves doivent retourner à leur planche à dessin ou à leur calculatrice. Ils travaillent vraiment très fort. » Cette année, une équipe de jeunes de La Courvilloise conçoit un système d’alarme portatif tandis que l’autre rattache des systèmes de lumière et de son afin d’obtenir un produit d’animation clés en main pour les fêtes adolescentes. Au séminaire des Pères Maristes, on conçoit un unicycle doté de freins pour parcourir de longues distances. Autant d’idées ludiques ou pratiques… autant de rêves qui deviendront réalité au printemps!
« Ce qui est intéressant, c’est de travailler avec les jeunes dans un cadre différent de celui d’un cours, note Sylvain Dancause. De plus, Effervescience s’inscrit tout à fait dans l’esprit actuel de la réforme. Mes élèves apprécient la liberté de pouvoir choisir le sujet de l’activité, selon leurs intérêts propres. » Guy Babin considère quant à lui que le fait de travailler avec des professionnels du monde du travail confère au projet un aspect concret qui plaît aux jeunes. « Les élèves apprennent à travailler en équipe. Chacun y apporte ses forces. À travers le projet, ils vivent des réussites, de la complicité. Ces leçons leur serviront toute leur vie », conclut l’enseignant. Actuellement en cours dans quatre écoles secondaires de la région de Québec-Chaudière-Appalaches, le projet pourrait un jour faire des petits et être proposé ailleurs dans la province. « Effervescience est un projet facile à implanter dans toutes les régions du Québec parce qu’il demande, en plus de l’implication de l’école, la participation de ressources locales qui existent partout », résume Jean-François Saint-Cyr. Voilà une façon extraordinaire de semer le goût de l’effort, de l’innovation et de la solidarité chez les jeunes et, par le fait même, de préparer une relève scientifique et entrepreneuriale solide.
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« Un jour, deux enseignantes sont venues me parler d’un projet de construction d’une boîte à savon. Je leur ai monté le contenu pédagogique en leur dénichant les livres de sciences dont elles pourraient avoir besoin, puis je suis allé m’asseoir dans le bureau du directeur de l’école des métiers de la construction de Montréal et je lui ai demandé de m’aider! » Christyne Legault, qui offre des formations en science et technologie aux enseignants et qui présidente le comité de gestion du festival des sciences de la CSDM, n’est jamais à cours de bonnes idées. Sa dernière trouvaille : apparier des écoles primaires et des écoles de la formation professionnelle autour de projets à caractère scientifique et technologique. Une formule gagnante. À l’école Sainte-Odile, par exemple, la construction de la boîte à savon va bon train. Les enfants fabriqueront l’objet en modèle réduit tandis que leurs grands frères d’un jour le fabriqueront en grandeur réelle avec de « vrais » matériaux. L’école des métiers de l’équipement motorisé de Montréal se joint également au projet. L’école des métiers du Sud-Ouest de Montréal est aussi de la partie, avec l’école primaire Christ-Roi. Dans ce projet, les enfants 3e cycle construiront un robot en légo, qui servira de modèle à la conception d’un véritable robot électro-mécanique. L’école d’horticulture et le Jardin Botanique de Montréal sont quant à eux partenaires de l’école Madeleine-De-Verchère (élèves du 2e cycle), dans un projet sur l’entretien et la croissance des plantes. L’intérêt pédagogique du projet est évident, tant du côté des enfants du primaire que de celui des jeunes en formation professionnelle. Pour les plus petits, c’est une occasion unique de voir s’affairer de vrais « pros », qui sont leurs aînés de quelques années à peine, tout en acquérant des compétences en science. L’expérience leur ouvrira également des horizons sur les métiers et les techniques s’y rattachant. Autre atout : ce type de complicité entre les établissements et la nature même du projet s’inscrivent parfaitement dans le cadre de la réforme de l’éducation. De leur côté, les jeunes en formation professionnelle travaillent sur un projet concret. « C’est quand même plus motivant de travailler avec des enfants que de construire un robot qui sera simplement exposé dans le hall de l’école! » Et puis, imaginez la diversité des matériaux auxquels les enfants ont accès… Une véritable manne dans un contexte où certaines écoles primaires souffrent d’une pénurie de papier cartonné et de bâtons de colle! Côté sécurité, toutes les balises ont été préalablement posées. « Les enseignants impliqués se sont d’abord assurés de la faisabilité technique du projet, en vérifiant par exemple que les enfants ne risquaient pas de manipuler des produits dangereux. L’idée était de les faire participer au maximum, mais à hauteur de leurs capacités » explique-t-elle. Si, dans un premier temps, Christyne Legault a approché certaines écoles primaires pour initier ce projet de collaboration, elle encourage aujourd’hui tous les enseignants, tant au primaire qu’au secondaire, à la contacter pour les aider à monter des projets similaires et leur donner la recette d’une collaboration réussie avec les écoles de la formation professionnelle.
École des métiers de la construction de Montréal : http://www.csdm.qc.ca/emcm/ École des métiers de l’équipement motorisé de Montréal : http://www.csdm.qc.ca/ema/index2.html École des métiers du Sud-Ouest de Montréal : http://www.csdm.qc.ca/emsom/ École d’horticulture du Jardin botanique de Montréal : http://www2.ville.montreal.qc.ca/jardin/propos/louis_riel.htm Répertoire des centres de formation professionnelle (région de Montréal) : http://www.geocities.com/metiers_quebec1/etablissements/cfp1.html ***
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Qui a dit que les scientifiques manquaient d’humour? Les jeunes gens ont créé la formation n=1 pendant leur bac en biochimie. De pratiques en petits concerts, le groupe compte aujourd’hui une vingtaine de pièces musicales originales à son palmarès. Les joyeux compères y racontent leur vie, leurs amours… et leur quotidien de chercheurs. « S’afficher comme groupe de “rock scientifique” est venu par hasard. On trouve naturel de parler de ce qui nous touche », explique Mathieu Arcand, guitariste et chanteur. Quand d’autres chantent les petits oiseaux et les couchés de soleil, n=1 chante les enzymes et les bactéries. Et le résultat est d’autant plus réussi qu’il est authentique. « Quand on monte sur scène avec nos sarraus, on ne se sent pas déguisés! » lance le percussionniste Philippe Coulombe. C’est effectivement vêtus de leurs blouses de laboratoire que les musiciens de n=1 font se trémousser les foules. Mais s’ils font de la science leur « marque de commerce », ils confessent qu’il n’est pas toujours facile de s’assumer comme jeune chercheur quand on n’a pas trente ans et que les préjugés ont encore la vie dure. « Je ne parle jamais de science avec mes amis du secondaire. Comme je travaille dans un domaine très pointu, personne ne comprend ce que je fais! » note Philippe, qui planche sur la régulation de l’expression des gènes. Même son de cloche chez Mathieu Arcand, dont les travaux sur la propagation des signaux dans la cellule peuvent ne pas sembler a priori très attrayants pour les non-initiés. « C’est difficile de transmettre son excitation à des gens qui ne connaissent pas le domaine dans lequel on travaille. Alors, souvent, j’évite d’en parler. Parfois, les autres n’osent même pas poser des questions... et ils sont “écoeurés” quand j’essaie de leur expliquer! »
Et pourtant, aucun des quatre ne laisserait sa place au laboratoire. « On a la chance de faire un métier passionnant, ce qui est plutôt rare. On travaille énormément mais on fait nos propres horaires… Beaucoup de gens peuvent nous envier pour ça », dit Alexis Vallée-Bélisle, le violoniste chanteur. Même si la mission première de n=1 n’est certes pas de vulgariser les procédés enzymatiques, la fougue de ces musiciens scientifiques fait souffler un agréable vent de folie sur l’image des chercheurs oeuvrant dans des domaines de pointe tels que la biochimie. Alexis est d’ailleurs convaincu qu’il est possible de rendre sa discipline attrayante aux yeux des jeunes. Il a déjà participé à un programme de vulgarisation scientifique auprès d’élèves du secondaire et garde un excellent souvenir de cette expérience. « Je cherchais avant tout à capter leur imaginaire. La biochimie est une science extrêmement passionnante et je pense qu’il y a moyen de donner des explications simples à des phénomènes complexes. L’ADN, par exemple, est tout simplement un alphabet à quatre lettres avec lequel s’écrit le grand livre de la vie! » Anciens élèves et futurs chercheurs, les jeunes biochimistes de n=1 sont à mi-parcours entre le monde de la recherche et celui, pas si lointain, de l’école. Et quand on leur demande comment améliorer l’enseignement des sciences au secondaire, les idées fusent. Pour Mathieu Arcand, on devrait ménager une plus grand place à l’histoire des disciplines. « Le contexte historique des grandes découvertes permet de comprendre comment et pourquoi les scientifiques en sont arrivés à se poser certaines questions. » Philippe Coulombe reproche quant à lui à l’enseignement classique son aspect trop théorique. « Quand on fonctionne par question/réponse (Comment ça marche? Pourquoi ça fonctionne de tel façon) on accroche beaucoup plus l’attention des élèves », dit-il. Un regard critique qui n’épargne pas davantage leur future profession de chercheur. « Plus on est formé, plus vite on devient chef de laboratoire, et moins on a de temps pour faire de la recherche! On passe son temps à faire de l’administration et de la gestion de ressources humaines alors qu’on n’a reçu aucune formation dans ces domaines… C’est un peu paradoxal! » note Alexis Vallée-Bélisle. On le sait, la route qui mène au doctorat est souvent semée de doute et de solitude. « Quand je pense qu’il n’y a pas 1000 personnes au monde qui s’intéressent à ce que je fais, c’est parfois décourageant », lance Alexis. C’est dans la musique que je vais chercher le côté humain qui me manque au laboratoire. » Le meilleur des deux mondes? Sans doute. Et, à entendre les sympathiques chansons de n=1 sur les enzymes et les souris hétérozygotes, on en vient à regretter que tous les futurs chercheurs ne décident pas de pousser la chansonnette entre deux expériences!
N=1 assurera la première partir du spectacle « Le Français en Scène » mettant en vedette Nathalie Renault, Yann Perrau, Marc Déry et Daniel Bélanger. Rendez-vous le jeudi 18 mars à l'arena du Cepsum de l'Université de Montréal. Coût du billet : 20$, en vente sur le site : http://www.ticketpro.ca/ Musique et science font décidément bon ménage : pour un professeur de l’Université de Californie à San Diego, la musique permet notamment de faciliter la mémorisation des termes techniques, rendant l’apprentissage des sciences plus facile. Lire l’article de l’Agence Science-Presse « Chanter la science »: http://sciencepresse.qc.ca/archives/2004/cap0103044.html ***
Brèves et événements « Lire la science » :
une randonnée printanière autour du documentaire jeunesse
L’Île du savoir en ligne Éclairs de sciences : c’est
reparti pour un an! Expo-sciences Bell : place aux finales
régionales Rencontres internationales du multimédia
d’apprentissage Colloque sur l’approche orientante Décroche tes rêves La science au comptoir
Pour en savoir plus, consultez le site : http://www.consulfrance-quebec.org/bar_sciences/actualite_bar_sciences.htm Pour commander le livre de Raymond Lemieux « Bar des sciences : mode d’emploi » publié à la bibliothèque de La science se livre, écrivez-nous à : spst@spst.org ***
Et pluie quoi encore?
C’est ainsi, les animaux ne reconnaissent pas
les frontières administratives… C’est pourquoi les
biologistes tentent de convaincre les gouvernements de mettre en place
des plans de gestion de la faune qui tiennent compte des habitats des
espèces.
http://www.leloupgris.fr.fm/ http://www.loup.org/ http://www.inrp.fr/lamap/activites/eau/sequence/histoire.htm http://www.cybersciences.com/cyber/3.0/n3399.asp http://www.cybersciences.com/cyber/3.0/n1655.asp http://www.fapaq.gouv.qc.ca/fr/EDUC/EDUC.HTM http://www.webencyclo.com/dossiers/contenu/D11-00010218.asp?IDDossier=11 http://www.radio-canada.ca/actualite/semaineverte/ColorSection/fauneFlore/021201/pluvier.shtml http://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier255-1.php http://www.animauxtv.fr/danger/fr_danger.htm http://www.lecoyote.net/zoovirtuel/intro.htm http://www.redpath-museum.mcgill.ca/Qbp_fr/conservation/Conservation.htm http://www.cites.org/fra/index.shtml http://terresacree.org/parole.htm http://www.wwf.be/fr/ http://www.especesenperil.gc.ca/default_f.cfm http://www.terre-et-faune.org ***
À surveiller Dans notre numéro d’avril, il sera question d’éthique et de… tics. ***
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