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| Mots-clés : Science Nord, communication des sciences, université |
| Quoi de mieux qu’un musée de sciences pour apprendre à communiquer l’esprit scientifique ? Voilà l’idée derrière la création du Diplôme d’études supérieures en communication des sciences, lancé en 2005 par l’Université Laurentienne et le centre des sciences de Sudbury, Science Nord, deux institutions situées à quelques minutes l’une de l’autre, dans le nord de l’Ontario. Ce diplôme, unique en Amérique du Nord, allie théorie et pratique, avec pour laboratoire les salles d’exposition du musée. « Le partage du temps entre les salles de cours et le musée permet aux étudiants de mettre en pratique directement ce qu’ils apprennent », souligne la fondatrice et co-directrice du diplôme pour Science Nord, Chantal Barriault. |
Chantal
Barriault a mis sur pied ce programme en s’inspirant de ce qui se
faisait déjà en Australie et en Grande-Bretagne. Cinq ans
ont été nécessaires à la réalisation
du projet, depuis la conception du programme jusqu’à son approbation
par le Conseil des études supérieures de l’Ontario.
Tout au long de ses démarches, Madame Barriault a travaillé
en étroite collaboration avec le professeur en géologie et
co-directeur du diplôme pour l’Université Laurentienne,
David Pearson. « Pour convaincre les deux institutions de
la faisabilité de l’entreprise, il fallait connaître
les rouages et le langage des deux mondes très différents
que sont les universités et les musées »,
précise ce dernier. |
Justement,
ces deux mondes, David Pearson les connaît bien puisque de 1980 à
1986, il a pris congé de son poste de professeur à l’Université
Laurentienne pour diriger la mise sur pied de Science Nord. Le diplôme
a donc en quelque sorte couronné une collaboration préexistante
entre l’université et le musée, des liens construits
au fil du temps entre le personnel des deux établissements et favorisés
par leur proximité géographique. Et ce n’est pas fini :
un programme de maîtrise conjointe en communication des sciences est
actuellement en cours de préparation. |
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| La promotion 2007-2008 du Diplôme d’études supérieures en communication des sciences |
Du laboratoire au musée Mais pour David Pearson, qui vient d’accepter de porter également le chapeau de Directeur des sciences de Science Nord, la coopération entre musée de sciences et monde académique doit aller encore plus loin. « Le défi pour les centres de sciences aujourd’hui est de présenter non pas la science inscrite dans les manuels scolaires, mais celle qui se fait actuellement dans les laboratoires de recherche, affirme-t-il. Parce que c’est cette science-là qui suscite la controverse. » La population ne veut plus donner carte blanche au gouvernement et cherche à s’outiller pour participer aux débats de politique publique. Dans ce contexte, selon M. Pearson, les musées de sciences ne doivent pas se contenter de divertir mais plutôt s’ériger en ressources pour le public. Seulement, traiter la science en développement pose un sérieux dilemme : « Face à des sujets controversés tels que la recherche avec les cellules souches, on ne sait pas si on doit prendre position ou non et quelle place accorder aux points vues fondés sur les croyances », s’interroge M. Pearson. Mais il ajoute que ce n’est pas une raison pour se défiler et qu’il en va de la responsabilité sociale des musées de sciences d’aider les gens à se forger des opinions basées sur les faits scientifiques. Et c’est notamment ce que David Pearson entend faire dans ses nouvelles fonctions à Science Nord : pour offrir au public un accès direct à cette science en évolution, il souhaite continuer à renforcer les liens entre le musée et le monde de la recherche. « Il s’agit de présenter les derniers développements et de favoriser les débats par l’entremise de conférences ou en utilisant les médias électroniques. » Puis, reprenant son chapeau de co-directeur du Diplôme en communication scientifique, il souligne l’importance de bien former le personnel des musées de sciences pour qu’il sache comment aborder ces sujets avec le public. |
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Former les communicateurs scientifiques de demain Le Diplôme en communication scientifique comporte justement un volet « science et société » qui couvre les enjeux politiques et sociaux des sciences et technologies. Les questions d’éthique des sciences et de politiques publiques y sont débattues à la lumière de dossiers d’actualité comme les avancées du génie génétique ou l’utilisation de l’énergie nucléaire. Une formation que les étudiants peuvent mettre à profit lors de leurs interactions avec les visiteurs de Science Nord. Cependant, avant d’aborder les controverses scientifiques de l’heure, encore doivent-ils maîtriser la communication des sciences, un art qui passe avant tout par la connaissance des publics. Ainsi, les étudiants apprennent en direct, sur le terrain, à connaître les différents types d’audiences et leurs réactions aux formes et aux contenus des messages présentés. Mais au bout du compte, ce partenariat entre le musée et l’université ne profite pas qu’aux étudiants : « Ils apprennent à mesurer l’impact des expositions sur le public, ce qui nous dote d’un regard critique sur ce que l’on fait », souligne Chantal Barriault, avant de lancer en riant : « L’avantage pour Science Nord, c’est aussi de pouvoir ensuite recruter d’excellents communicateurs ! »
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