Animateur un jour, animateur toujours. La formule va comme un gant aux élèves de l’école primaire Jean-Baptiste-Meilleur qui ont récemment tenu un kiosque dans le Panthéon des coléoptères et autres arachnides : l’Insectarium de Montréal. Et ils ont si bien rempli leur mission qu’ils ont été promus Jeunes Ambassadeurs de l’Insectarium. Rien de moins.

Mais avant de décrocher ce titre très enviable, ces jeunes issus de milieux défavorisés ont mis les bouchées doubles. Pendant quatre mois, ils ont fouillé dans des livres, rencontré moult spécialistes, élaboré des projets de toutes sortes et réalisé d’impressionnantes maquettes. Si bien qu’au terme du projet, ils étaient plus d’une centaine d’élèves de 5e et de 6e année à avoir relevé le défi avec brio au plus grand plaisir des visiteurs du musée.

 

 

Un succès en cinq étapes

Ces apprentis entomologistes ont été les premiers à participer au nouveau programme éducatif de l’Insectarium : Jeunes Ambassadeurs. Articulé autour de cinq étapes, le projet propose aux élèves une immersion éducative dans le bocal – pardon, l’univers, des insectes.

En guise d’introduction, ils ont d’abord assisté à une animation présentée par les Amis de l’Insectarium. Histoire de les accrocher encore plus, l’animatrice leur a confié quelques spécimens. « Dès le début, les enfants ont embarqué, note leur enseignante, Patricia Van Melle. Élever des insectes en classe, quel bon déclencheur! » Après avoir dorloté leurs nouveaux pensionnaires, les élèves ont commencé à en rapporter d’autres en classe. Une chasse aux phasmes fut même organisée dans le quartier… ainsi qu’un « concours » de saut en hauteur entre criquets et sauterelles, dont les performances furent scrupuleusement comptabilisées grâce à des cibles installées dans la cour de l’école. Joyeuses mathématiques!

La visite organisée dans les coulisses de l’Insectarium en a également étonné plus d’un. Après avoir discuté avec un animateur, visité les laboratoires d’élevage et de montage et arpenté l’exposition permanente à la recherche de solutions à une enquête concoctée à leur attention, les apprentis entomologistes sont repartis en classe des idées plein la tête.

Ne restait plus qu’à se regrouper selon les intérêts de chacun. Du comportement particulier de la mante religieuse aux moyens de défense des différentes espèces, tous les sujets y sont passés. Donnant naissance à des projets variés : mots-croisés géants, marionnettes, bandes-dessinées, reproductions artistiques. Le grand jour de l’exposition des kiosques enfin arrivé, les élèves, postés derrière leurs boîtes d’insectes, terrariums et maquettes colorées, ont su rivaliser d’ingéniosité pour piquer la curiosité de la foule composée d’élèves, d’enseignants, de parents et de visiteurs libres. La remise aux élèves d’un certificat attestant leurs nouvelles compétences comme animateur et le tirage au sort de prix allaient mettre un terme à une journée forte en émotions. « Les élèves étaient tellement heureux d’avoir participé à ce projet! conclut Mme Van Melle. Pendant quelques heures, ils étaient devenus de vrais animateurs. De tels projets permettent à nos jeunes des écoles plus défavorisées de découvrir de nouveaux métiers et de les rendre plus accessibles. Ils allument de petites étoiles dans leurs yeux! »

Ce programme éducatif, parrainé par l’Insectarium de Montréal en collaboration avec le Programme de soutien à l’école montréalaise, la Fondation Marie-Victorin et les Amis de l’Insectarium, a remporté un tel succès qu’il sera reconduit, dans sa forme originale, dès l’automne prochain. Une version écourtée sera également proposée, à l’été 2004, aux participants des camps de jour de la ville de Montréal.

À l’attention des écoles non inscrites au Programme de soutien à l’école montréalaise, Madame Élaine Boileau, coordonnatrice aux activités scientifiques du musée, précise que l’Insectarium travaille présentement à un projet d’agrandissement qui permettrait éventuellement d’accueillir dans de nouvelles salles d’exposition plusieurs projets scolaires. Aiguisez vos crayons!

 

 

Le courrier du monarque

 

Autre initiative de l’insectarium de Montréal : la trousse d’élevage Monarque sans frontière. Pour les élèves de la classe de Michel Proulx, enseignant de 5e année à l’école D’Iberville de Longueuil, cette trousse pédagogique contenant cinq chenilles du précieux papillon offre une occasion rêvée de s’initier à l’entomologie. Et il y a plus. Les élèves et leur enseignant se sont également lancés dans un programme de parrainage de classes néophytes en la matière. Pendant toute la durée du programme (un mois), les classes intéressées sont invitées à leur soumettre des questions dans la messagerie électronique. Chaque matin, le courrier est recueilli par M. Proulx, lu en classe et les sujets débattus par l’ensemble des élèves. Une réponse appropriée leur est finalement retournée par courriel. Le site Internet Le Monarque, réalisé par les élèves de M. Proulx, il y a quelques années, est également un bon complément d’information à toute classe soucieuse de parfaire ses techniques d’élevage de monarques.


Josée-Nadia Drouin

Collaboration spéciale

 


La trousse Monarque sans frontière de l’insectarium de Montréal : www2.ville.montreal.qc.ca/insectarium

Site de la classe de Michel Proulx : http://educ.csmv.qc.ca/diberville




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