Pluie de science
Numéro 8, Avril 2004


Actualités
France : une Année de la culture scientifique sur fond de grogne


Dur début d’année pour la science en France. Le gouvernement sabre dans les fonds de recherche, les scientifiques dénoncent leurs conditions de travail et descendent manifester dans la rue… Début mars, 2000 d’entre eux démissionnaient en bloc de leurs fonctions administratives. C’est dans ce climat orageux que le gouvernement français a décrété que 2004 serait l’année de la culture scientifique. En apparence, un drôle de paradoxe : alors que le monde de la recherche est en crise, la culture scientifique hexagonale, elle, a le vent dans les voiles…

Plusieurs mesures sont déjà mises de l’avant pour souligner l’événement, comme le lancement d’un portail consacré à l’Internet scientifique destiné au grand public et inauguré le 30 mars dernier. La France devrait aussi participer activement à l’Année mondiale de la physique qui sera officiellement lancée au siège de l’Unesco, à Paris, en janvier 2005.

Des initiatives seront également lancées dans le domaine de l’édition scientifique, en particulier la création du Fonds Jules-Verne, destiné à faciliter la production d’ouvrages de vulgarisation et de culture scientifique et technique, qui bénéficiera d’un budget de 100 000 euros (environ 160 000 dollars canadiens). De plus, un soutien accru devrait être apporté à la diffusion de livres scientifiques et techniques dans les bibliothèques publiques, avec l’appui de la médiathèque de la Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris.

Autre point fort : le couplage en octobre prochain de la Fête de la science avec l’opération Lire en fête, à l’occasion duquel un salon de l’édition scientifique et technique sera organisé. En mars 2005, à l’occasion du centenaire de la mort de Jules Verne, la Semaine de la langue française et de la francophonie prendra pour thème « Le français, langue de l’aventure scientifique ».

Pour Jacques Kirouac, président de Science pour tous, une initiative telle qu’une Année de la culture scientifique au Québec serait certainement très intéressante. Mais, à notre échelle, autant commencer modestement : « Nous envisageons de lancer un “24 heures de la science” en 2005. Les activités auront lieu du vendredi midi au samedi midi, afin de toucher autant le public scolaire que les bénévoles », dit-il. Une histoire à suivre.


AF


Pour en savoir plus sur la grogne des chercheurs français, lire l’article de Pascal Lapointe sur le site de l’Agence Science-Presse : http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2004/cap2203041.html

Le nouveau portail français de l’Internet scientifique : http://www.science.gouv.fr/

 

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