Lecture et science vont si bien ensemble parce qu’elles se ressemblent. La littérature, tout comme la science, nous fait rêver, voyager dans l’imaginaire, explorer des univers inconnus tout en nous permettant d’apprendre sur les réalités bien concrètes qui nous entourent.

La Société pour la promotion de la science et de la technologie l’a bien compris, puisqu’elle s’est associée depuis l’an 2000 à la formule des Clubs de lecture instaurés par Communication-Jeunesse (voir à ce propos l’article qui y est consacré dans Pluie de science de novembre 2003.

À l’époque, les deux organismes faisaient le pari que la littérature jeunesse pouvait permettre d’accéder à la science et que bien des jeunes étaient attirés par des thématiques à teneur scientifique. Sélection d’ouvrages, suggestion d’animations, invitation aux scientifiques à venir en classe approfondir des aspects abordés au fil des lectures, octroi de bourses, cette collaboration fructueuse est devenue multiforme au fil du temps, pour le plus grand plaisir des jeunes et des enseignants.

Mais que se passe-t-il concrètement sur le terrain? Qui sont ces dynamos qui insufflent vie au projet? Nous avons interrogé trois responsables de clubs de lecture, toutes plus enthousiastes les unes que les autres.

Kathleen Wynd,
technicienne en documentation


Kathleen nourrit depuis longtemps une passion avouée pour les « bibittes ». Elle a trouvé un bon moyen de la partager avec les jeunes qui fréquentent le centre communautaire du Centre-Sud, et plus spécifiquement la Bibliothèque Père-Ambroise. « Après les “Wouach! ” des premiers contacts, admet-elle, j’éveille leur intérêt à partir d’ouvrages documentaires sur les insectes, mais aussi sur les serpents, les ours… Nous regardons comment ils vivent, nous étudions leurs couleurs, leurs excréments… Il y a même un scientifique du programme des Innovateurs à l’école qui viendra très prochainement nous entretenir sur les insectes… »

Dans le quartier Centre-Sud, où travaille Kathleen, la population est très défavorisée et peu encline à la lecture. Pourtant, l’amoureuse des livres affirme : « Quand nous avons débuté, il y a deux ans et demi, les jeunes se battaient pour ne pas venir à la bibliothèque après l’école. Aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux à passer nos portes. »

L’actualité devient aussi matière à élucider. Le récent tsunami en Asie du Sud-Est a donné lieu à des recherches très poussées. Le nez enfoui dans les bouquins, les enfants ont appris plein de choses sur la météorologie, le globe terrestre et l’histoire des catastrophes naturelles. Un jeune a même créé une maquette du tsunami pour en expliquer tous les aspects à ses petits compagnons.

La Journée mondiale du livre et du droit d’auteur à l’École
Joseph-De Sérigny. Photo Bianca Kraft

Johanne Bouchard,
éducatrice en service de garde

Ici, c’est plutôt dans un milieu favorisé de la banlieue, à la bibliothèque de l’École Joseph-De Sérigny, à Longueuil, que Johanne anime, depuis bientôt cinq ans, des clubs de lecture. Cette bibliothèque est très bien pourvue grâce à l’implication exemplaire des parents d’élèves.

Pour cette grande consommatrice de livres, rien n’est plus plaisant que de voir des enfants de six, sept ans absorber pas moins de 130 livres par année. Un chiffre dont elle est fière. « Nos jeunes sont déjà des férus de lecture en venant ici. Nous leur apportons des connaissances supplémentaires en leur apprenant à chercher des ouvrages, à déchiffrer le milieu littéraire, à connaître les auteurs, les collections. Nous les aidons aussi à se forger leurs propres idées. »

Dans le cadre des clubs de lecture, l’année 2003-2004 a été particulièrement féconde grâce à un grand projet évoluant autour de la thématique de l’eau. Rappelez-vous, 2003 avait été déclarée l’Année internationale de l’eau douce.

À partir d’histoires « aquatiques », les activités ont « débordé » : de sculptures des personnages principaux créés par les petits, aux jeux confectionnés par les plus grands, en passant par l’élaboration d’un quiz qui a permis de réfléchir en groupe sur cet enjeu de société que devient « l’or bleu ».

La Journée mondiale du livre et du droit d’auteur a ensuite été l’occasion idéale pour organiser une grande exposition de toutes ces œuvres d’enfants entre les rayons de la bibliothèque.

Nathalie Lareau, enseignante
à l’École René-Guénette de Montréal

Quelqu’un a-t-il vu Notdog? Ce roman de Sylvie Desrosiers a beaucoup de succès auprès des jeunes en général, et ceux de la classe de Nathalie Lareau en particulier. Dans cette histoire, le chien Notdog fait la rencontre d’une méduse lors d’un voyage aux Îles de la Madeleine.

Après avoir fait la critique du livre avec le groupe, Nathalie a eu l’idée d’élaborer sur le sujet des méduses, avec leurs caractéristiques physiques, leur alimentation, leur reproduction, leur habitat... Il n’en fallait pas plus pour piquer la curiosité des enfants qui se sont mis à imaginer de nouvelles rencontres avec d’autres êtres vivants de la mer. Et si Notdog avait fait la connaissance d’un hippocampe, d’une pieuvre, d’un dauphin, d’une baleine, d’une raie, ou encore d’une éponge de mer? Ces derniers sont devenus des sujets d’étude approfondis et ont même pris forme physiquement, modelés dans du papier mâché, lors des cours d’arts plastiques. Les jeunes de cette classe défavorisée de Montréal-Nord ont ainsi pu élargir leur terrain de connaissances dans l’allégresse.

Pour finir, tout ce travail de longue haleine ne pouvant passer sous silence, des kiosques ont été montés avec des affiches géantes, présentant l’équipe et leur animal marin aux autres élèves de l’école, lors de la Journée mondiale du livre. Un cas exemplaire montrant le pouvoir tentaculaire de la lecture et qui a permis à son initiatrice, Nathalie Lareau, d’obtenir l’une des cinq bourses de 500 $ octroyée par la SPST, en collaboration avec Communication-Jeunesse, et destinées à l’achat de livres à caractère scientifique. Comme quoi la lecture, ça rapporte!


Valérie Cousinard

Collaboration spéciale




Communication-Jeunesse :
www.communication-jeunesse.qc.ca

 


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