Printemps fertile à Québec

Le printemps qui pointe déjà s’avère plein de promesses. Juste au moment où les premiers bourgeons s’ouvriront sur de jeunes pouces d’un vert bien tendre, des professeurs de la région de Québec s’interrogeront sur les meilleurs moyens de faire éclore la passion des sciences chez les jeunes.

C’est qu’il y a un besoin criant de former une relève dans les domaines scientifiques. D’ailleurs, certains n’hésitent pas à qualifier la situation actuelle de catastrophique. À titre d’indice, une étude menée par l’Université Laval évalue qu’en 2002, au niveau collégial, 34% des jeunes de la région de la Capitale-Nationale délaissaient les sciences et les technologies dans leur choix de programme, contre seulement 10 % en 1999.

Afin de contrecarrer cette tendance lourde, une entente spécifique a été conclue entre le gouvernement provincial et les principaux acteurs qui voient à la promotion de la science et de la technologie. Deux stratégies d’action ont alors vu le jour. La première, « Partager sa passion », est un programme de subvention par appel de projets. La seconde, « Émergence Relève », initiée par la Table Relève scientifique, vise à sensibiliser les jeunes aux sciences à travers leur milieu scolaire, du primaire au secondaire. Après tout, c’est à la petite école que les histoires d’amour débutent!

Pour enseignants seulement!

Ce sont donc les enseignants qui sont dans la mire. C’est la raison pour laquelle ils ont été longuement consultés afin de mettre sur pied de grandes rencontres qui répondront dès lors à leurs besoins. Ainsi, les professeurs des écoles primaires de la région de la Capitale-Nationale auront droit, les 19 et 20 mai prochains, à un symposium qui vise à éveiller leur intérêt personnel à la formation des jeunes en science et qui leur permettra de découvrir toutes les ressources auxquelles ils peuvent avoir accès. Pour leur part, les enseignants du niveau secondaire auront l’occasion de vivre un véritable « Jour de science » les 15 et 22 avril prochains. En tout, ce sont plus de 650 professionnels de l’éducation qui sont attendus dans la vieille capitale.

« L’idée est que nous venions en support aux enseignants. Nous n’allons pas faire de l’enseignement spécialisé en science, les professeurs ne vont pas non plus repartir avec du matériel pour leurs élèves. Nous voulons leur fournir des bases pour qu’ils puissent être efficaces et actifs auprès de leurs élèves », affirme Robert Plamondon, directeur du Centre de démonstration en sciences physiques et important acteur dans l’élaboration du symposium.

On pourrait parler d’une forme de développement durable. D’ailleurs, comme l’explique M. Plamondon : « Nos objectifs sont de motiver les enseignants du primaire pour la formation continue en sciences et technologies. On parle d’ailleurs de plus en plus de l’importance de posséder une culture scientifique. Par exemple, les profs ne lisent pas sur la science, et je ne parle pas de lectures très poussées, mais de revues de vulgarisation telles que Québec Science ».

C’est la raison pour laquelle, parmi les chantiers proposés aux enseignants du primaire, on retrouve le chantier lecture. « Il a pour but d’inciter les professeurs à lire, à s’abonner à des magazines, à connaître ce qui se fait, précise Robert Plamondon. La lecture c’est aussi un très bon moyen d’intéresser les jeunes aux sciences. Il existe une foule de livres scientifiques jeunesse passionnants! »

Faire vivre la science

Les besoins des enseignants du secondaire sont très différents. Jean-François St-Cyr, directeur de l’éducation scientifique à la Boîte à Science et collaborateur d’importance à l’élaboration de la rencontre « Jour de science » affirme : « Au primaire, c’est plus courant de faire venir des spécialistes en classe, de faire des sorties, des activités originales, mais au secondaire, on s’en tient trop souvent à des cours magistraux classiques. Nous voulons changer ces paradigmes. »

La demande de la part des professeurs du secondaire est claire : ils désirent être en mesure de « faire vivre la science ». L’accent est donc mis sur l’interactivité afin de rendre l’apprentissage concret et vivant. Pour bien comprendre ce que cela signifie, à l’occasion de cette rencontre, les enseignants devront, entre autres, relever un défi Génie Inventif en construisant en équipe un « remonte-œuf ». « Nous voulons leur transmettre l’émotion et le plaisir d’apprendre en science. Ainsi, ils comprendront mieux l’intérêt de telles activités avec leurs élèves », explique M. St-Cyr. Rallye scientifique, visites d’entreprises et rock scientifique sont également au programme...

« Nous souhaitons mettre les gens en réseaux, conclut Robert Plamondon, les mettre en contact les uns avec les autres, créer des banques de personnes-ressources et dire aux enseignants que des ressources existent, qu’il y a des de nombreuses choses très intéressantes qui sont disponibles et qui n’attendent qu’eux. » À coup sûr, si les actions suivent les intentions, les élèves de demain bénéficieront de profs bien branchés sur les sciences!


VQ



Émergence Relève : www.pistes.org/releve

 


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