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Quand
la science s’intéresse
Voici une exposition qui aurait pu s’intituler : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le pipi-caca-boudin sans jamais avoir osé le demander… à des scientifiques! Il y a là de quoi attiser la curiosité. Depuis décembre dernier (et jusqu’à la fin août), cette exposition qui fait courir le tout Paris vers la Cité des Sciences de la Villette, se propose de faire découvrir aux bambins de cinq ans et plus, accompagnés de leurs parents, les fonctions « sales » du corps. Précédée d’une campagne médiatique à tout péter (si je peux me permettre l’expression), Crad’expo, c’est son nom, ne désemplit pas! Conçue par la société américaine Advanced Exhibits en collaboration avec le Musée des sciences de Vancouver, Crad’expo est inspirée d’un best-seller écrit par une scientifique américaine, Sylvia Branzei.
L’inavouable corps humain… Dès l’entrée, le ton est donné par Sa « Cradeté », vamp pulpeuse sortant d’un livre comme un pantin de sa boîte, qui souhaite la bienvenue dans le monde des substances gluantes, croustillantes et puantes fabriquées par cette usine à gaz qu’est le corps humain. D’autres personnages animent également l’exposition, tel « René-la-goutte-au-nez » qui sait tout sur la morve et les crottes de nez. Auprès de lui, nous apprenons que notre corps fabrique une crotte de nez toutes les vingt minutes et que nous avalons pas moins d’un litre de morve par jour. « Roméo-le-roi-du-rot », quant à lui, se remplit de soda pour nous en restituer de tonitruants rots… Apprendre en s’amusant n’est certes pas un vain principe au royaume de Sa Cradeté, et les différentes stations rivalisent d’attraits. Tant et si bien que c’est en courant que les enfants se rendent d’une activité à l’autre. D’abord, il y a le flipper intestinal (Gas Attack) où la boule doit éliminer dans un bruit de chasse d’eau très évocateur les aliments « pétogènes » (oignons : 1000 points, fromage : 3000 points, viande : 100 points). Un peu plus loin, nous retrouvons le lancer de balles, représentant des grains de poussière dans des narines géantes. Puis, le mur de peau où l’on escalade joyeusement verrues et boutons, croûtes et ecchymoses. La petite Noémie, huit ans, s’y exclame : « C’est trop dur, je peux pas aller jusqu’à la cicatrice! ». Il ne faut surtout pas oublier de glisser dans le toboggan, immense tube digestif dans lequel on crapahute depuis la bouche en passant par l’estomac jusqu’à en ressortir par le trou du caca...
Odeur de petits pieds comprise! Plus loin, un odorama propose d’identifier les effluves de pieds, d’anus, d’aisselles, de bouche. Les enfants s’en approchent prudemment, les parents donnent l’exemple, avec moult exclamations pas vraiment exemplaires : « pouah, c’est dégueulasse! », « berk, j’ai mal au cœur tellement ça pue », « oh ! la vache, les pieds, ce que ça schlingue ! » Du coup, on en oublie les noms très savants des bactéries responsables de ces senteurs coutumières puisqu’il suffit de prendre le métro parisien pour s’en repaître. Le jeu du pipi, quant à lui, consiste en un écran vidéo où il faut dégommer les substances toxiques du sang. Tel un chirurgien en herbe, nous devons, plus loin, remettre les organes à leur place à l’aide de pinces qui sifflent lorsque l’on se trompe. Romain, sept ans, nous compose derechef une véritable symphonie sibilante en plaçant l’estomac à la place du cœur et les intestins dans les poumons. Enfin, nous arrivons à l’animation la plus populaire : la machine à faire des pets. Faite de boîtes fermées par une membrane de caoutchouc, elle permet toutes sortes de flatuosités, du plus aigu au plus grave. Les gamins se dilatent la rate à pouvoir péter de si bon cœur, quatorze fois en moyenne par jour, si on en croit l’explication scientifique. On nous apprend même à péter sans bruit, une technique qui peut parfois s’avérer très utile.
Anecdotes scabreuses De réjouissantes capsules agrémentent les différents stands. Ainsi nous saurons qu’à l’âge vénérable de 70 ans, nous aurons passé près de six mois de notre vie sur le trône. « Mais pour toi, comme tu es lent, ça sera sûrement un an! », lance à la blague un papa à son fils. À la fin de notre vie, nous aurons uriné l’équivalent de 350 baignoires pleine. Saviez-vous que si l’homme a besoin de 49 secondes pour faire pipi, la femme, elle, a besoin de 78 secondes? Cela explique sans doute les files d’attente devant les toilettes pour dames. Saviez-vous que Toutankhamon était boutonneux? On a retrouvé dans son tombeau des fioles de crème anti-acné. Bref, toute cette collection d’anecdotes vous permettra de briller dans les soirées pas trop mondaines… Tout cela est évidemment fort ludique, à tel point que certaines mamans s’en inquiètent presque : « Les enfants, je comprends bien que vous voulez jouer mais, il ne faudrait pas oublier d’apprendre! ».
On reparlera certainement de tout ça à la maison, à l’heure du pipi-pot-pot et de « pourquoi doit-on se laver tous les jours même si nous ne sommes pas sales? ». Pour l’instant, épuisés, les enfants feront un long dodo.
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| Site de l’exposition Crad’Expo : www.cite-sciences.fr
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