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Ça ne s’invente pas : une entreprise basée à Bangalore (Inde) s’est spécialisée dans la « sous-traitance du savoir ». Les cerveaux du bout du monde de Brickwork fournissent à des scientifiques, politiciens et autres investisseurs occidentaux un service de recherche, d’analyse et de rédaction dans différents domaines technologiques de pointe. Études de marché, modèles statistiques ou présentations en Power Point, de la médecine à l’exploitation minière, l’éventail offert est large, et fort impressionnant. Un service accessible sur Internet… pour des clients anonymes des quatre coins du monde. L’idée est géniale, même si elle peut faire grincer des dents. Les Indiens – ou autres Chinois et Coréens de ce monde – sont nombreux, extrêmement éduqués quand ils en ont les moyens, et tout aussi aptes que quiconque pour se trémousser les neurones. Tant mieux pour eux. Après tout, personne n’a le monopole des (bonnes) idées. Car les choses bougent, un peu partout. Pendant que l’Asie s’active, les contrées du Sud se positionnent. Plusieurs pays en développement sont désormais des acteurs actifs de la recherche scientifique. D’autres encore jouent des coudes pour sortir de leur marasme, intéresser leurs citoyens aux possibilités de la science et leur prouver que la culture scientifique est un extraordinaire moteur de développement. Pluie de science leur consacre, à tous, ce numéro. Au chapitre de l’accession à la science et la technologie, l’Afrique, à petit pas, s’ébroue. Un tour d’horizon de la culture scientifique et technique dans les pays de la zone sub-saharienne nous en apprendra plus long sur la manière dont les Africains appréhendent la question. Dépaysement garanti. Deux illustrations concrètes de partenariats fructueux entre le Nord et le Sud dans le domaine de la culture scientifique complètent la partie « africaine » de ce numéro : un article sur un programme international de mentorat en journalisme scientifique, et l’exemple d’un formidable projet pédagogique impliquant des écoles suisses et congolaises. De retour au Québec, nous nous tournons vers deux initiatives qui prouvent que lorsque l’on fait rimer science et solidarité internationale, les jeunes ne rechignent plus du tout à plancher sur leurs cours de physique ou de chimie. Le Réseau In-Terre-Actif est un projet trifluvien né à la suite du coup d’état au Chili en 1973. Il permet aux enseignants d’ici de conjuguer savoir et engagement, technologie et mobilisation citoyenne. Quant au Forum international Science et Société, qui a eu lieu cet automne sur le thème « Nord-Sud : une seule biosphère », il a été le lieu d’une belle ébullition d’idées de la part d’étudiants avides de justice sociale, sur fond d’alerte à la pollution et de changements climatiques. Enfin, notre dossier thématique est consacré à l’archéologie. Face au vertige des millénaires, tous les hommes ne sont-ils pas, finalement, égaux? La toute nouvelle interface du Kaléidoscope, le répertoire de la culture scientifique, technique et citoyenne du Québec, met en lumière mille et une activités pour partir à la découverte du passé des Hommes. Bonne lecture! Anne Fleischman ***
Mots-clés : culture scientifique, science, Afrique, Institut de recherche et de développement « Le télescope spatial Hubble vient de nous en apprendre un peu plus sur l’enfance de l’Univers. Passons maintenant aux prévisions de la météo… » On ne se sent pas nécessairement plus savant après le flash des nouvelles, mais, régulièrement, quelqu’un nous rappelle que nous vivons sur la « Planète Progrès ». Des batteries de scientifiques s’acharnent à comprendre le pourquoi et le comment de la Vie : c’est plutôt rassurant. Mais la chose ne va pas de soi pour la majorité de l’humanité. Dans plusieurs pays en voie de développement, notamment, les préoccupations sont autres. Pourtant, l’importance de connaître les avancées de la science prend tout son sens dans un contexte où culture scientifique rime avec développement et capacité à assurer son bien-être quotidien. L’anthropologue Séverine Dessajan et la sociologue Elsa Ramos en savent quelque chose. Mandatées par l’Institut de recherche et développement (IRD, France) dans le cadre d’une vaste étude sur la culture scientifique dans dix pays africains, elles ont épluché une montagne de questionnaires et rencontré des dizaines d’intervenants sur le terrain, l’une au Cameroun, l’autre au Burkina Faso. Leurs résultats donnent un éclairage bien particulier à la notion de « culture scientifique » et mettent admirablement en perspective notre propre rapport à la science. Devenir citoyen « Ce qui est frappant quand on interroge les gens sur place, c’est de voir à quel point la science est considérée comme quelque chose qui peut améliorer les conditions de vie et la santé des populations. La culture scientifique y est un espace au service du bien-être », disent-elles. C’est connu : la connaissance apporte, entre autres, une meilleure capacité de discernement sur le monde qui nous entoure. Une vérité qui s’applique autant dans nos sociétés occidentales que dans les pays en développement. Mais certaines populations sont plus vulnérables. Elsa Ramos rapporte l’exemple d’une expérience menée au Cameroun par un laboratoire américain, en partenariat avec le ministère local de la santé. Elle visait à tester l’efficacité d’un produit qui protègerait de la transmission du SIDA. Des préservatifs étaient aussi distribués. Or, cette expérience, d’ailleurs dénoncée de manière virulente par les ONG et les médias, était à risque pour les testeurs. Reprenant les paroles d’un intervenant en culture scientifique rencontré sur place, la sociologue raconte : « Si des personnes étaient infectées, quelles étaient les mesures à mettre sur pied pour les prendre en charge? Ça avait été carrément voilé. Il était même précisé dans le contrat du projet qu’en cas d’infection, elles ne seraient pas prises en charge. » Ce genre de situation illustre bien, et de manière tragique, la dimension éthique primordiale qui va de pair avec la culture scientifique : être informé et prendre des décisions en connaissance de cause. « Dénaturaliser » l’environnement Contrer les vieilles croyances et les rationaliser est aussi au centre du concept de culture scientifique dans les pays africains. Par exemple, certains mythes veulent qu’un enfant qui a attrapé la diarrhée ait été frappé par un sort. La foudre, ou encore la naissance d’un albinos, peuvent être perçues comme de la sorcellerie. D’où l’importance de remettre les choses à leur juste place. « La culture scientifique peut permettre aux populations, souvent défavorisées, de se débarrasser de certaines croyances dépourvues de fondement et pouvant même nuire à leur vie », notent les chercheuses. Et il y a plus. « La culture scientifique et technique permet de développer la maîtrise des populations sur leur vie. Les intervenants locaux en sont conscients : si on essaye de mettre la culture scientifique à la portée de tous, des accusations intempestives peuvent diminuer. Cette connaissance devient alors un moyen de pacifier les relations sociales, tout en sortant les gens de l’ignorance qui les entoure. » Un espace d’émancipation face aux pays riches Un autre volet illustre bien le fossé qui sépare parfois la notion de culture scientifique en Afrique et dans nos sociétés occidentales : le rapport à la science elle-même, dans une perspective sociale et historique. Dans plusieurs pays africains (anciennes colonies), la science est parfois perçue comme une « connaissance occidentale » que les populations ont du mal à s’approprier. « Au Cameroun, par exemple, l’antagonisme avec la France est encore assez fort et la science occidentale est parfois perçue comme un savoir qui a été imposé de l’extérieur, mais qui ne fait pas de sens. Certains intervenants en culture scientifique contestent donc l’application aveugle des résultats scientifiques qui ne tiennent pas compte des caractéristiques culturelles locales. Ils cherchent à développer des approches qui leur sont propres et qui tiennent compte des spécificités culturelles et traditionnelles des publics. L’idée est d’exploiter un " rapport à la science " qui n’est pas imposé de l’extérieur. La culture scientifique devient en ce sens un espace d’émancipation par rapport à la tutelle occidentale que l’on dénonce. » Dans leur rapport, les chercheuses citent d’ailleurs les propos éloquents de cet intervenant camerounais : « Le danger que nous avons dans les pays sous-développés, c’est que nous voulons plutôt plaquer le modèle occidental. Or nous avons connu le fer avant l’arrivée des Blancs, nous avons connu l’architecture… Au Cameroun, nous avons fait un palais royal il y a des siècles! Quand les Blancs sont arrivés, ils nous ont dit " C’est comme ça que vous devez faire. " On a relégué nos valeurs au second plan, et la preuve, nous aurions dû faire comme nous voulions, ça a entraîné la déforestation. » Développer les savoirs et les savoir-faire existants Un des moyens mis de l’avant pour redonner confiance aux communautés face à la science est la valorisation des savoirs et savoir-faire existants, indépendants des connaissances occidentales. Ainsi, en 2001, le Burkina Faso organisait une semaine de la culture scientifique. Reprenant les paroles de l’un des intervenants rencontrés, Séverine Dessajan explique : « L’idée de cette manifestation était de montrer aux jeunes que l’on peut, à partir des savoirs africains déjà en place, développer une foule de choses, et qu’on n’a pas nécessairement besoin d’aller voir ailleurs. Si on regarde ce que l’on sait faire déjà, on peut améliorer les choses et aller dans le sens de ce que les autres font. En plus, on ne parachute pas comme ça une technique extérieure localement. Il faut utiliser les savoir-faire locaux pour les enrichir et puis avancer. » De plus, dans un contexte économique souvent difficile, bien des jeunes Africains sont passés maîtres dans l’art de recycler des objets ou de les réparer, système D oblige. Sans le savoir, ils ont développé une culture scientifique et technique « sur le tas. » Pour les personnes œuvrant sur le terrain, c’est une richesse, mais cette culture doit être professionnalisée pour dépasser le stade du simple bricolage. Valoriser son propre patrimoine Dans certains pays d’Afrique, la culture scientifique et technique peut aussi devenir un moyen de se réapproprier les ressources de sa propre culture et de son pays. « Un intervenant burkinabé interviewé pendant l’étude nous a expliqué que la culture scientifique et technique aide à valoriser le patrimoine. Mais pour lui, c’est paradoxalement l’étranger qui vient désigner ces ressources et les mettre en valeur. La première fois que cette idée l’a effleuré, c’était lors de la visite d’un représentant du Muséum d’histoire naturelle à Paris. » L’anecdote, retranscrite dans leur rapport, est parlante. « Il a vu nos collections et il a dit " c’est un riche patrimoine, mais vous avez mis ça dans des bocaux de récupération, ça ne présente pas bien. Est-ce que vous voudriez qu’on les emmène à Paris pour les mettre en valeur dans des jolies vitrines? " L’autre a répondu non, mais si vous voulez nous aider à rendre ça plus joli, pourquoi ne pas nous aider à financer des bocaux standard? Comme ça, nous aussi on fait des vitrines et les gens viennent voir. On fait ça pour la pédagogie, pour que les élèves sachent quelles espèces ils ont dans leur pays. » Dans le même ordre d’idées, les chercheuses évoquent des expositions sur les inventeurs et les savants noirs (Africains et Afro-américains), organisées il y a quelques années au Cameroun et au Burkina Faso. L’objectif : redonner aux jeunes leur fierté par l’exemple de leurs pairs. Ici comme ailleurs Au Cameroun comme au Burkina Faso, la culture scientifique est prise en charge par des structures, souvent associatives, qui, à bien des égards, diffèrent peu des organismes de culture scientifique œuvrant dans les pays occidentaux, si ce n’est du point de vue des ressources matérielles dont elles disposent. « Certaines pratiques rappellent beaucoup la manière dont la culture scientifique est transmise en France dans les milieux ruraux », notent les chercheuses. En Afrique comme en Occident, le mode d’approche utilisé change selon le type de structure (associations, ONG, universités, entreprises…). Mais certaines grandes généralités peuvent être dégagées. Au Cameroun, par exemple, l’accent est mis davantage sur le partage d’expériences que sur la formation pure et simple. Et les scientifiques ne sont pas nécessairement les personnes les plus aptes à le faire. « Le chercheur n’est pas toujours perçu comme celui qui est le plus à même de vulgariser les résultats de la recherche. Il faut des personnes " relais " qui sont la plupart du temps des leaders d’opinion. Ce sont des gens dont le point de vue est écouté dans la communauté. Parfois, ce sont des anciens partenaires qui ont séjourné un moment en ville et qui sont retournés au village. Le terrain de recrutement de ces personnes-relais se fait aussi dans les populations bénéficiaires, ce qui permet à l’action un ancrage " de l’intérieur " du terrain. » Quant aux principales thématiques abordées par les organismes africains, elles ne sont pas sans rappeler celles qui préoccupent leurs pendants occidentaux : les rapports de l’homme à l’environnement, les rapports science/technologie/société, les sciences de l’homme appliquées, ou encore les problématiques liées au corps et à la santé. Elsa Ramos et Séverine Dessajan poursuivent ce vaste portrait de la culture scientifique et technique dans le Sud. La suite des choses les mène au Maroc, où les enjeux et les questions soulevés risquent d’être bien différents qu’en Afrique sub-saharienne. « On peut dire que l’on passe d’une culture scientifique et technique répondant à des problèmes de développement au Cameroun et au Burkina Faso à une problématique relevant davantage d’un projet sociétal, voire de citoyenneté, au Maroc. » Une leçon pour le Québec?
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Mots-clés : journalisme scientifique, mentorat, Afrique, coopération internationale « À quoi bon couvrir les grandes découvertes scientifiques étrangères lorsqu’il y a tout près des problèmes criant d’hygiène, de nutrition et de qualité de l’eau qui devraient être mieux connus de tous? Il serait plus pertinent de s’intéresser à des sujets utiles qui pourraient, dans certains cas, sauver des vies », lance Gilles Provost, journaliste à l’émission Découverte, au sujet de l’Afrique sub-saharienne, une région du monde où le journalisme scientifique n’en est qu’à ses premières armes. Une critique? Non, plutôt un conseil qu’il prodigue à quatre journalistes africains avec qui il entretient, depuis quelques mois, une relation privilégiée. M. Provost participe en effet à un programme de mentorat international orchestré par la Fédération mondiale des journalistes scientifiques. L’objectif : jumeler des journalistes occidentaux avec des confrères issus de l’Afrique et du Moyen-Orient. Les résultats attendus : les faire bénéficier de l’expérience et du savoir-faire développé en la matière en Europe et en Amérique du Nord. Mentors Novembre 2006. Ils sont une quinzaine de journalistes occidentaux d’expérience à faire connaissance avec près de 60 journalistes de l’Afrique et du Moyen-Orient. Ils se rencontrent pour la première fois au Kenya, à Nairobi, en marge de la Conférence mondiale sur le climat. Tous participent à une étape importante de la création d’un immense réseau d’entraide professionnel. Du côté des journalistes « guidés », nul besoin d’être un spécialiste de la vulgarisation scientifique à proprement parler pour profiter des conseils d’un mentor. Il suffit de démontrer un intérêt pour la couverture de l’actualité scientifique et technique et aussi de vouloir se perfectionner dans ce domaine. Du côté des mentors, la participation à ce projet implique d’investir quelques heures par semaine durant deux ans et d’avoir envie de découvrir une autre culture. Dépaysant Pour sa part, Gilles Provost a vite compris le « monde » qui le sépare de ses confrères africains : « Au premier contact avec Nairobi, j’ai été étonné par la pollution de l’air et l’absence de feux de circulation. Je me sentais aussi identifié comme un touriste blanc et donc riche. Eux, qui arrivaient du Congo, de la Côte d’Ivoire et du Bénin, étaient frappés par la propreté de la ville, la verdure, les parcs et l’absence d’enfants abandonnés... » Son étonnement n’allait pas s’arrêter là. En route vers Nairobi, Gilles Provost pensait former ses collègues pour faire du journalisme scientifique comme on en fait à Radio-Canada : analyse des enjeux, vulgarisation des notions complexes, recours à la métaphore, etc. Mais en faisant plus ample connaissance avec ses pairs de l’Afrique francophone, il réalise que leur environnement de travail est bien différent du sien, et tâche d’adapter son approche aux réalités africaines. Louise Ngo Pom, par exemple, anime l’émission Mini-sciences diffusée deux fois par semaine sur les ondes d’une station radiophonique de l’Organisation des Nations Unies au Cameroun. Mini-sciences veut établir un dialogue entre jeunes et scientifiques. Jusqu’ici, rien de bien exotique. Si ce n’est qu’elle est à la fois journaliste, reporter et réalisatrice de l’émission, dont elle assume, en plus, la mise en onde. Pas facile, dans ces conditions, de travailler dans les règles de l’art. Gilles Provost souligne : « C’est difficile de se concentrer sur la préparation d’une entrevue ou sur l’écriture d’un reportage lorsqu’on fait tout en même temps! Dans ce contexte, je fais de mon mieux pour aider la journaliste en lui donnant quelques " trucs ". » Ressources locales Bonne Année Matoumona travaille pour la télévision d’État à Brazzaville, capitale de la République du Congo. Il s’intéresse particulièrement aux sujets touchant les parcs naturels, la faune et l’aménagement des villes. Cependant, il n’a pas d’ordinateur personnel pour faire ses recherches et rédiger. En fait, Télé-Congo compte trois ordinateurs que se partagent journalistes et administrateurs. Pour envoyer ses courriels, il doit bien souvent se rendre au café Internet et payer pour le temps qu’il passe en ligne. « Il fait de la télévision comme on en faisait il y a trente ans, avec peu de ressources techniques. » Si Gilles Provost n’a pas le pouvoir d’aider Bonne Année Matoumona au quotidien, qui doit se battre avec ses collègues pour emprunter une des deux camionnettes de tournage durant quelques jours, il peut en revanche l’aider à identifier des sujets utiles. Après tout, il dispose de magazines, d’un ordinateur performant et d’une connexion haute vitesse facilitant la recherche! Récemment, il a d’ailleurs proposé à Godefroy Chabi, journaliste radio à Cotonou au Bénin, un sujet fort intéressant concernant une technique de décontamination de l’eau grâce aux rayons ultraviolets du soleil. Godefroy Chabi prépare maintenant un reportage sur le potentiel de la technique. « Si un reportage sur la décontamination de l’eau pouvait sauver des vies, ce serait un grand pas, lance Gilles Provost. Dans ces régions de l’Afrique, les médias peuvent être des outils de développement importants s’ils présentent des sujets pertinents. » « J’essaie aussi d’orienter les journalistes africains vers des ressources locales et des intervenants facilement accessibles comme des médecins dans les hôpitaux », ajoute-t-il. De nombreux efforts de recherche en santé, en foresterie, en environnement et en agriculture existent en effet dans les villes et les campagnes africaines. Et les sujets ne manquent pas. Certains, portant par exemple sur le meilleur moyen de tenir un éléphant à distance des cultures, peuvent paraître exotiques. À son tour, Gilles Provost sera peut-être inspiré par les histoires de l’Afrique…
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Mots-clés : développement durable, science citoyenne, coopération, projet pédagogique, Suisse, République démocratique du Congo Changements environnementaux, surexploitation des ressources, effets sur les populations : autant de sujets qu’un projet scientifique à vocation pédagogique, ClimaTIC Suisse, a choisi d’aborder en prenant la République démocratique du Congo (RDC) comme terrain d’observation pour parler de développement durable. Au printemps 2007, une mission d’experts de ClimaTIC Suisse se rendra à Bukavu, la capitale de la province du Sud Kivu, en RDC, une des régions du monde qui a le plus souffert ces dernières années de la guerre et de la déforestation. Son objectif? Approfondir une enquête sur le terrain, en collaboration avec des experts congolais, pour définir conjointement des pistes de résolution au problème du déboisement galopant de la zone des Grands Lacs africains. En direct Ils ne seront pas seuls à plancher sur cette problématique. Depuis l’automne 2006, des centaines d’élèves suisses du primaire et du secondaire mènent leur propre enquête sur la ressource forestière qui les entoure. Ils recueillent des données et les compilent. Les résultats sont échangés, puis analysés grâce à la plate-forme Internet mise à leur disposition par ClimaTIC. Cette plate-forme comprend également une importante documentation scientifique pouvant être utilisée dans le cadre des dossiers pédagogiques conçus pour les 8 à 18 ans. À la fin de chacune des enquêtes locales, une synthèse des résultats est publiée sur le site du projet, et fait l’objet d’une analyse, réalisée par un spécialiste, permettant de comprendre l’origine et les conséquences des différences observées. Cette initiative de l’Université de Genève (UNIGE) favorise les échanges d’expertises. Sa démarche transdisciplinaire, qui intègre les liens entre les sciences naturelles, sociales et humaines, fait l’objet d’un cours pilote sur le développement durable dans une école secondaire de Genève. Le responsable du projet, Didier Raboud, insiste sur l’importance de « l’événementiel pédagogique », une formule qui invite les jeunes à observer et à faire de la science en direct, sur le terrain, grâce au partage d’informations. La mise en place des outils de communication entre la RDC et la Suisse est un des volets essentiels du projet et de la collaboration avec cette région africaine. La déforestation du nord au sud « Alors que nous préparions
le projet ClimaTIC, raconte Didier Raboud, je me suis rendu à
plusieurs reprises en Afrique centrale. Au Cameroun, j’ai découvert
les ravages causés par la destruction de l’habitat naturel
des populations pygmées, la forêt tropicale. Comme je suis
astrophysicien de formation, je les ai questionnées sur leur perception
du ciel. Mais les Pygmées n’avaient pas de réponse
à me donner, car leur esprit est davantage préoccupé
par la faim. En République démocratique du Congo, ces populations
sont en plus affligées par la guerre, ce qui accentue les problèmes
tant humains qu’environnementaux. Nous avons établi des contacts
avec les universités et les instituts d’enseignement supérieur
de Bukavu, qui se sont montrés ouverts à travailler avec
ClimaTIC sur des problématiques qui les touchent de près,
comme la déforestation. » De l’Afrique à l’Antarctique Dans le cadre de l’Année polaire internationale (2007-2008), ClimaTIC Suisse propose aussi en 2007 un volet polaire, en collaboration avec la Fondation polaire internationale. Les élèves pourront alors participer à d’autres enquêtes interactives sur des problématiques liées aux changements environnementaux, dans le cercle antarctique cette fois, en s’associant aux travaux réalisés dans le cadre d’une station scientifique et d’une expédition polaire. Une autre manière d’observer et de comprendre notre planète.
Pour en savoir plus sur le projet ClimaTIC Suisse : http://www.climatic-suisse.ch/
Pour participer aux enquêtes interactives, contactez
Sophie Hulo : ***
Mots-clés : science et société, éthique, jeunesse, développement durable, cégep, ACFAS « Si nous sommes à l’origine du problème, nous sommes aussi la solution. » À bord du voilier Sedna IV en Antarctique, Pascale Otis marque une pause pour appuyer ses propos. Dans l’audience, les applaudissements fusent. Non, on n’a pas téléporté 270 cégépiens au pôle Sud pour écouter la biologiste parler des conséquences du réchauffement planétaire. Cet échange s’est déroulé par liaison satellite dans le cadre du Forum international Science et Société qui a eu lieu à Laval en novembre dernier. Des jeunes et des chercheurs s’y sont rencontrés pour discuter des défis qu’ils auront à relever comme citoyens du 21e siècle. Organisé par l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), le Forum international Science et Société réunit annuellement cégépiens et chercheurs pour échanger sur des enjeux scientifiques et sociaux dans une ambiance conviviale. Le cégep Montmorency de Laval accueillait la dernière édition, sur le thème Nord-Sud, une seule biosphère : à la recherche d’un équilibre. Six ateliers, six thématiques pour partager inquiétudes et espoirs avec des scientifiques québécois et français venus spécialement pour l’événement : océans, villes, terres, économie, forêts et santé des populations. Et toujours deux préoccupations majeures pour les participants : l’environnement et les inégalités sociales. Même lorsqu’un journaliste malicieux (!) tente de faire dévier le sujet de la discussion au cours de l’atelier sur les océans, les jeunes reviennent à la charge sur les études du réchauffement océanique et de ses conséquences. Vivre au 21e siècle Sur le plancher des vaches, ils s’inquiètent de l’agriculture industrialisée. « Est-ce que le bio représente la solution? » demande une participante. Jessie, elle, déplore l’étalement urbain : « Les gens veulent vivre à la campagne, mais comme en ville. » On voudrait plus de transport en commun. Le groupe réalise aussi que les citadins apprennent désormais à se connaître le plus souvent par l’intermédiaire des médias car ils tendent à s’isoler selon leurs revenus ou leur appartenance communautaire. Mais les fossés sont aussi économiques. Et si on remplaçait la notion de profit individuel par celle de profit collectif à la scandinave? C’est-à-dire une réduction des écarts de revenus entre les plus riches et les moins nantis en répartissant autrement la richesse. La question interpelle les jeunes. Les multinationales sont pointées du doigt. Mais, « c’est à nous, les consommateurs, d’être responsables », rétorque Michaël. Toujours par souci d’équité, Marianne s’oppose à l’émergence du privé dans le système de santé. À l’échelle du globe, les inégalités du Nord et du Sud sont encore plus criantes. La progression dramatique du sida en Afrique marque profondément les jeunes. Lors du souper, après l’entretien avec le Sedna IV, on refait le monde. On l’améliore. On le remet en question. Nabil et Alexandre débattent de la science et de la vie. « Au secondaire, aimer la science n’était pas très cool, affirme le premier. Ça voulait dire que tu étais du côté des profs. » Des rencontres fructueuses Les langues, qui ont commencé à se délier la veille durant l’ouverture du Forum, sont maintenant bien pendues. D’ailleurs, les chercheurs français ont remarqué le style direct des étudiants québécois. De leur côté, les cégépiens, à l’âge des décisions, ont été « rassurés par le parcours de carrière en zig-zag des scientifiques », raconte Nicolas Faucher, animateur d’atelier. Ils ont aussi apprécié de rencontrer des chercheurs accessibles et d’âges différents. C’est la première fois que Marc-André rencontrait des scientifiques en chair et en os. « Je craignais qu’ils soient inatteignables. Mais, ils sont passionnés et ils se mêlent à nous. » Jessica ajoute : « Et ils veulent savoir ce qu’on pense. » Les participants réserveront d’ailleurs une ovation aux chercheurs le lendemain lors d’une grande table ronde, dernière activité de la fin de semaine. Si l’on compare ce Forum à de l’eau qu’on a mis à bouillir le premier soir, on peut dire qu’elle a mijoté au cours de la deuxième journée, celle des ateliers, et qu’elle est entrée en ébullition lors du grand remue-méninges de la dernière matinée. Certains diront que la casserole a débordé d’idéalisme. Mais, pour reprendre l’avis des chercheurs et des professeurs, il ne tient qu’aux jeunes de harnacher cet idéalisme pour faire partager les connaissances, tant à propos des problèmes que des solutions, et de s’impliquer politiquement. L’eau de la casserole restera-t-elle chaude une fois le feu du Forum éteint et chacun rentré dans son cégep? À suivre...
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Un producteur nous éclaire… Mots-clés : développement international, science citoyenne, environnement À Trois-Rivières, la solidarité n’est pas un vain mot. Dans cette 9e ville du Québec (nombre d’habitants), un petit groupe d’irréductibles s’active depuis plus de 30 ans pour venir en aide aux citoyens du monde. Leur leitmotiv : sensibiliser jeunes et moins jeunes au fait qu’« Agir, ça change le monde. » Le Réseau In-Terre-Actif (RITA) est l’un des héritiers de cette mouvance. Outil d’éducation à la citoyenneté, il sensibilise depuis plus de 20 ans les jeunes et les enseignants aux enjeux mondiaux actuels et à la solidarité internationale. Terre à terre et actif! « Le Réseau est un lieu d’échange d’informations, d’engagement, d’animation, de jeux et de libre circulation des idées pour un développement durable et un monde plus juste et plus fraternel », explique Fannie Le Vasseur, agente de développement. Le tout assorti d’une belle boîte à outils pour les enseignants, du 3e cycle du primaire au secondaire. « Sur notre site Internet, nous offrons du matériel pédagogique sur des thèmes liés à l’exercice de la citoyenneté et à la solidarité internationale », ajoute-t-elle. De l’environnement aux droits humains, en passant par le multiculturalisme, la mondialisation, ou encore la consommation responsable, de multiples sujets permettent d’ouvrir les jeunes esprits et d’assaisonner les cours de science d’une pincée de citoyenneté. Quatre personnes s’occupent de RITA à temps plein. Tous titulaires de baccalauréat en enseignement secondaire, études internationales, histoire, éducation ou informatique, ces jeunes passionnés créent des trousses et des fiches pédagogiques très prisées par les enseignants qui peuvent ainsi aborder la citoyenneté à travers presque toutes les disciplines. Scientifique et impliqué Des dossiers spéciaux sont régulièrement constitués selon l’actualité avec, en prime, des outils pédagogiques greffés sur le sujet. Par exemple, un dossier complet est consacré à l’Année polaire internationale. Il s’étend sur les conséquences du réchauffement de la planète et l’implication scientifique du Canada à ce sujet. À la une ce printemps, un dossier pédagogique sur l’Afrique permet d’aborder la problématique de la désertification, de la pollution ou encore de la biodiversité sous un angle original et vivant. Sous la rubrique « consommation responsable », fiches et guides pédagogiques accompagnent les enseignants soucieux d’aborder la question des OGM et de dénicher le génie génétique dans les sandwichs de leurs jeunes… Les professeurs de chimie peuvent, quant à eux, utiliser l’activité sur la durée de vie des déchets contenue dans la trousse pédagogique consacrée au recyclage pour démontrer que la chimie fait partie de la vie quotidienne. Sur le terrain Parmi ses activités phares, RITA a également permis l’électrification de la majorité des cliniques et des écoles rurales de Cuba avec l’aide de plusieurs écoles québécoises. Cette année, l’organisme propose aux écoles un nouveau projet d’entraide à Cuba sur le thème de l’énergie solaire. Il lance une campagne de financement pour permettre l’installation de pompes photovoltaïques (qui effectuent directement la conversion d’une énergie lumineuse en énergie électrique) dans cinq communautés rurales éprouvant des problèmes de sécheresse des cultures, dûs à une mauvaise irrigation. Plus de 10 000 personnes bénéficieront ainsi des apports de cette technologie. Des fiches pédagogiques sur les énergies renouvelables, offertes sur le site Internet, expliquent aux jeunes les différentes formes de production d’énergie renouvelable, leurs avantages et leurs impacts sur l’environnement. Pour les écoles, c’est une manière efficace d’ancrer dans la réalité des notions scientifiques abordées en classe. Retour aux sources C’est le coup d’état au Chili de 1973 qui a donné naissance à ce vaste mouvement de solidarité internationale qui a fait de Trois-Rivières sa capitale québécoise. Autrefois appelé Comité Québec/Chili, le Comité de Solidarité/Trois-Rivières est à l’origine de nombreuses actions, dont la création du Réseau-In-Terre-Actif. Monsieur Lavergne, directeur du Comité de Solidarité/Trois-Rivières explique : « Nous avons vécu, avec quelques autres Québécois originaires de Trois-Rivières, le coup d’état au Chili comme un véritable drame à distance. Nous avons rapidement décidé de passer à l’action. Nous nous sommes démenés pour mobiliser la population et faire campagne afin que le Canada fasse quelque chose. » C’est le début d’une longue liste d’actions et de participations (accueil de réfugiés, marches de protestation, festival solidarité, interventions publiques, politiques et médiatiques, stages en coopération internationale, cours de vulgarisation à l’actualité…), avec un net développement du côté éducatif et jeunesse au fil du temps. L’ancêtre du Réseau In-Terre-Actif est d’ailleurs la page produite par les jeunes des écoles de Mauricie qui a été publiée chaque semaine dans le Nouvelliste de Trois-Rivières pendant dix ans. Une belle continuité qui donne une formidable leçon d’entraide et de solidarité active à long terme!
Sa fiche signalétique dans Kaléidoscope : http://www.spst.org/servlet/FicheProducteur?producteurs_id=1150 ***
Archéophile.com Histoire et archéologie Échos du passé : Archéologie
préhistorique au Québec Collection « Grands sites
archéologiques » Corporation Archéo-08 L’archéologie aérienne L’archéologie sous les mers À découvrir également sur
le sujet, l’entrevue qu’a accordée Marc-André
Bernier, archéologue subaquatique, au magazine Les Débrouillards. Artefactuel Saqqara Histoire et reconstitution virtuelle
de l’Athénaion Poseidonia ***
Nos collègues bibliothécaires du Réseau BIBLIO de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine ont sélectionné un bel échantillon d’ouvrages sur l’archéologie. Documentaires pour les adultes : CLOUTIER, Richard. Le parc de Miguasha : de l’eau à la terre, Beauport, MNH, 2001. GAUCHER, Gilles. Comment travaillent les préhistoriens : initiation aux méthodes de l’archéologie préhistorique, Paris : Vuibert, 2005. DEMOULE, Jean-Paul. L’archéologie, entre science et passion, [Paris] : Gallimard, 2005. HAWASS, Zahi. Trésors cachés de l’Égypte, [Paris] : National Geographic Society, c2004. 1690, l’attaque de Québec : une épave raconte, [Montréal] : Pointe-à-Callière, Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal; [Québec : Nota bene, 2000]. Documentaires pour les jeunes : KOENIG, Viviane. Toutankhamon, l’incroyable découverte, Paris : De La Martinière jeunesse, 2006. WHEATLEY, Abigail. Introduction à l’archéologie avec liens Internet, [Saint-Lambert] : Héritage jeunesse, c2005. À la découverte des civilisations disparues, [Paris] : Gründ, 2004. PHILIPPO, Sophie. Les dessous du mammouth, Paris : Tourbillon : Muséum national d’histoire naturelle, 2004. McINTOSH, Jane. Trésors de l’archéologie, Paris : Gallimard, c1994. McGOWAN, Chris. Dinosaure : déterrons un géant, Markham, Ont. : Scholastic, c2004. Romans jeunesse : PELLETIER, Maryse. La chasse aux flèches, Montréal : La courte échelle, 2004. Bandes dessinées jeunesse : VEHLMANN, Fabien. Une aventure de Spirou et Fantasio. Tome 1, Les géants pétrifiés, [Marcinelle] : Dupuis, 2006. ***
Remonter le temps, comprendre qui étaient nos
ancêtres… Des questions qui sont au cœur même du
questionnement humain. Heureusement, il existe mille et une activités
disponibles aux quatre coins du Québec pour s’initier à
cette discipline passionnante qu’est l’archéologie.
Kaléidoscope vous les fait découvrir : ***
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