Demandez-moi quel est le champ disciplinaire le plus obscur à mes yeux. Jusqu’à tout récemment, j’aurais répondu sans aucune hésitation : les sciences physiques.

On ne peut pas s’intéresser à tout. Certains sujets sont plus attrayants que d’autres. C’est comme ça. La biologie et l’archéologie m’ont toujours semblé infiniment plus séduisantes que la mécanique quantique.

Et puis un jour, j’ai rencontré des physiciens. Des purs et durs, spécialistes du cosmos ou des nanotechnologies. Ils m’ont raconté des choses inouïes sur le temps, l’espace, la création du monde et le cœur de la matière.


Intriguée, j’ai fait mes devoirs et me suis plongée dans les livres. Un ouvrage m’a tendu les bras : Alice au pays des quanta, du physicien Robert Gilmore. J’avais déjà expérimenté l’approche « Alice au pays de… » avec le formidable livre de la linguiste Marina Yaguello, Alice au pays du langage, qui m’avait, à l’époque, fait passé de l’autre côté du miroir de la langue.

Cette fois-ci, il s’agissait de chevaucher sur le dos de folles particules et d’essayer de comprendre comment une théorie aussi peu intuitive a priori réussissait à décrire – à peu près – l’ordre du monde.

Au final, je n’ai pas saisi grand chose, si ce n’est que dans l’univers des quanta, tout ce qui est permis est obligatoire. Ce qui est déjà beaucoup.

J’ai surtout compris que ni les sciences physiques, ni aucune autre discipline scientifique, aussi hermétique put-elle paraître, n’étaient jamais définitivement perdues pour personne. Ça tombe bien : comme 2005 est l’année internationale de la physique, je vais bientôt pouvoir me remettre quelques électrons sous la dent.


D’ici là, Pluie de science place ce numéro de mai sous le signe des sciences dures. Dans notre dossier thématique, nous ferons une large place à la physique et à la chimie. La banque de données Kaléidoscope nous livrera, comme chaque mois, les mille et un trésors en lien avec ces disciplines. Nous rencontrerons aussi un enseignant qui a choisi la mécanique et les jeux de construction comme vecteur d’enseignement pour sa classe de 1re secondaire.

Côté actualités, nous verrons qu’il est possible de perfectionner ses connaissances en physique en roulant à vélo ou en assistant à une pièce de théâtre montée par un scientifique reconverti en dramaturge, « un physicien qui a bien tourné » comme il le dit lui-même.

Notre dossier de fond sera quant à lui consacré aux liens écoles/entreprises et au nouveau jeu de séduction que se livrent les unes et les autres.

Enfin, notre rubrique Et pluie quoi encore? nous ramènera aux sciences physiques car il y sera question de la mécanique de la neige et de la modélisation des avalanches.

Au plaisir de lire vos commentaires et suggestions,

Bonne lecture.


Anne Fleischman
Rédactrice en chef

af@spst.org

 

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