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Mots-clés : langage, musique, science, enfants Proposer un spectacle lyrique aux enfants âgés
de six mois à cinq ans : voilà l’audacieux défi
que relèvent la compagnie bordelaise Éclats et
la conceptrice Sophie Grelié avec Ma, une œuvre à
mi-chemin entre la musique et le théâtre. Soutenu par une
démarche artistique et scientifique rigoureuse, le spectacle raconte
la lente et douce métamorphose d’une chenille en papillon,
ponctuée d’effets scéniques sophistiqués et,
surtout, des Chants du Capricorne, du compositeur italien Giacinto
Scelsi, chantés par la soprano Muriel Ferraro. Histoire de Ma « Le processus de création de Ma trouve son origine dans les œuvres de musique contemporaine que je faisais écouter aux enfants dans les garderies et les pouponnières, confie Sophie Grelié. Je me suis rendu compte que les enfants étaient à la fois réceptifs et joyeux avec cette musique, mais surtout, qu’ils l’écoutaient très attentivement. » De l’avis de la spécialiste formée en musique électro-acoustique, les œuvres de musique contemporaine sont très proches de l’univers des petits, puisqu’elles proposent l’étrangeté et l’immédiateté du son, des concepts auxquels les enfants sont sensibles. « Puisqu’ils n’ont pas d’a priori sonore, les tout jeunes sont d’ailleurs plus attirés par la musique contemporaine que la plupart des adultes, à qui la musicalité des pièces rythmées de façon classique parle davantage. » Ma s’inscrit dans un processus créatif complet puisqu’il s’agit du troisième spectacle que Sophie Grelié conçoit pour le très jeune public. Auparavant, elle avait créé successivement Eau douce, qui exploitait le paysage sonore des marais en utilisant différents objets du quotidien, et Cousu Main, qui évoquait différentes fonctions de la main, depuis la caresse jusqu’à l’outil de travail. « La voix, et plus particulièrement le chant lyrique, a vraiment pris toute la place avec Ma, alors qu’elle était absente de mes créations précédentes », précise la metteure en scène. Un voyage sur « les ailes du son » Par ailleurs, « ma » est la première syllabe prononcée dans la majorité des langues. Elle renvoie à « maman », bien sûr, mais aussi aux débuts du « moi », de l’individualité. Sophie Grelié ajoute qu’en japonais, le « ma » représente cet intervalle de temps au cours duquel le silence est actif et « porte » la musique, tandis que le musicien « l’habite ». Compte tenu de l’âge du public de Ma, les petits spectateurs sont toujours accompagnés d’adultes. Durant les prestations, qui durent une trentaine de minutes, il est d’ailleurs intéressant d’observer la surprise de ceux-ci lorsqu’ils constatent la réceptivité spontanée de leur marmaille. En outre, l’aspect technique, c’est-à-dire tant la diffusion de la bande sonore que les éclairages et la manipulation d’objets, revêt une grande importance dans l’œuvre, à ce point que Mme Grelié a décidé de « personnifier » ces tâches. « Dans mes autres spectacles, je me rendais compte que les enfants observaient trop attentivement les gestes de la technicienne. Pour recentrer leur attention, je me mets donc directement en scène. Il ne leur reste plus qu’à profiter du spectacle! » Comme quoi il n’y a pas d’âge pour prendre son premier bain de culture! Isabelle Pauzé, collaboration spéciale |
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Extraits des Chants du Capricorne, du compositeur italien Giacinto Scelsi, interprétés par Michiko Hirayama pour qui l’œuvre a été composée. |
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Numéro 42 | Été 2010 Sommaire Les résidences de créations Arts-Sciences. Rencontre entre deux mondes Ma : la musique de la langue mise en scène pour les tout-petits
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