| Pluie de science
Depuis cinq ans, le scientifique est le parrain du Prix Hubert-Reeves, qui récompense les classes qui s’impliquent à la fois en science et en protection de l’environnement. Pluie de science l’a rencontré quelques minutes avant une conférence qu’il donnait à l’école secondaire Louis-Philippe-Paré de Châteauguay, le mois dernier. Plusieurs centaines de personnes étaient là pour l’entendre raconter l’histoire de l’Univers. Sans papier ni aide-mémoire, préférant la table au fauteuil pour s’asseoir, Hubert Reeves leur a rapidement fait oublier l’instant présent pour les transporter il y a 15 milliards d’années. De toute évidence, la magie ressentie par le public ce soir-là était sûrement comparable à celle éprouvée par ses trois petits-enfants lorsqu’il leur raconte des histoires avant de s’endormir… PDS : Comment êtes-vous passé
de votre statut d’astrophysicien à celui d’amoureux
de la nature? PDS : L’Université Laval
et l’Université de Montréal offrent des bourses à
votre nom. En êtes-vous à votre première expérience
d’implication au niveau primaire? PDS : A-t-il été difficile
de vous laisser convaincre de prêter votre nom à ce prix? Avoir un Prix Hubert-Reeves pour toutes les écoles du Québec serait idéal. Et si des organismes majeurs souhaitent faire quelque chose de plus ambitieux pour sensibiliser les jeunes à l’environnement, je serais très heureux d’y collaborer… PDS : Quel serait votre souhait concernant
l’éducation relative à l’environnement dans
notre système éducatif québécois? L’une des qualités les plus importantes des enfants est la curiosité. Ils ont envie d’apprendre et ont besoin d’une nourriture de connaissances. Si on ne leur fournit pas, la curiosité s’atrophie avec le temps et ils trouvent leur compte dans le football ou Loft Story… C’est un devoir pour l’enseignant que de nourrir leur curiosité naturelle pour le monde et l’univers dans lequel ils vivent. PDS : Comment arrivez-vous à convaincre
les jeunes qu’il y a place à l’espoir malgré
le bilan de santé très alarmant de notre planète?
PDS : Que voudriez-vous laisser comme
héritage intellectuel à vos trois petits-enfants? PDS : Et que souhaitez-vous voir avant
de fermer les yeux? Actuellement, nous sommes dans une situation de confrontation massive entre David et Goliath. Il y a le géant Goliath de la détérioration et le jeune David qui prend des forces et des vitamines. C’est une confrontation majeure à l’échelle de la planète. Cependant, cette mobilisation sera-t-elle suffisante? Ça, c’est une autre question et personne ne sait qui va gagner…
L’astrophysicien Hubert Reeves est certainement l’enfant le plus connu de Châteauguay. Scientifique engagé, brillant vulgarisateur, il a accepté de prêter son nom à un projet pédagogique que lui a présenté, il y a cinq ans, l’un de ses anciens concitoyens, Jean-Claude Florence. Cet ingénieur chimiste qui fut enseignant en technologie pendant de nombreuses années avait une passion : faire rayonner la technologie et décloisonner cette discipline qui est encore mal perçue par les élèves, et par la population en général. Depuis ses débuts, le Prix Hubert-Reeves, bien que modeste, n’a cessé de gagner en popularité. Il a même « contaminé » nos voisins français : les sites Web respectifs des écoles de Châteauguay et de Foix, dans la région française de l’Ariège, servent d’ailleurs de point de ralliement. Cette année seulement, le prix a permis à plus de 200 élèves et dix enseignants(es) de se partager quelque 1250.00 $, grâce à la générosité de différents partenaires (1) . Ces sommes ont notamment servi à financer différentes activités scolaires. Il n’en tenait qu’à l’imagination des enseignants pour les créer. Au terme d’un apprentissage en classe, Annick Florence, enseignante de 5e et 6e année à l’école primaire Saint-Jean-Baptiste, a choisi d’organiser une visite au Biodôme et au Planétarium de Montréal. Elle se dit heureuse d’avoir pu exploiter la science et l’environnement à travers Hubert Reeves. « J’ai pu voir toutes mes matières à partir de ce seul thème, propice à l’apprentissage par projets ». Quant à Julie Martineau, enseignante en 3e secondaire à l’école Marguerite-Bourgeois, elle a choisi d’utiliser en classe le vécu d’Hubert Reeves, non seulement comme astrophysicien, mais aussi comme écrivain. « Je pense que le Prix Hubert-Reeves n’a de valeurs que dans la mesure de ses participants », dit fièrement l’instigateur, M. Florence. Toutes les écoles du Québec sont invitées à participer à l’aventure. À bon entendeur…
Pour contacter Jean-Claude Florence et faire participer votre école au Prix Hubert-Reeves : jc.florence@videotron.ca, site Web: http://www.eslpp.com/Florence/
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