Pluie de science
Numéro 10, Juin 2004

Actualités
Les tomates martiennes


Navette Endeavour, décembre 2000. En plus de tout l’équipement ultra-spécialisé nécessaire à sa troisième mission spatiale, l’astronaute Marc Garneau transporte en orbite des bagages inusités : des semences de tomates. C’est le début du projet éducatif Tomatosphère. Depuis, tous les printemps, plus de 165 000 jeunes de la 3e à la 6e année du primaire et de la 2e à la 4e année du secondaire de partout au pays apprennent comment approvisionner en nourriture une station spatiale en mission vers Mars.

Mis en oeuvre par l'Agence spatiale canadienne et ses partenaires, le projet d’expérimentation Tomatosphère amène les jeunes à cultiver en classe des plants de tomates provenant de trois groupes de semences : un groupe témoin, un groupe de semences ayant été exposées à un environnement semblable à celui qu'on trouve sur la planète rouge (créé par un simulateur de la NASA) et un autre soumis à un environnement simulé de serre martienne (dont la technologie est disponible à l’Université de Guelph, en Ontario).

« Les jeunes Tomatonautes et leurs enseignants deviennent de véritables chercheurs, explique Marilyn Steinberg, gestionnaire du programme de sensibilisation et d’éducation à l’Agence spatiale canadienne. Ils observent la croissance et le taux de germination des plants. Puis, à partir de leurs analyses, ils tentent d’identifier quel groupe de semences a le plus grand potentiel de croissance dans l'espace. Ils rédigent ensuite des rapports qu’ils acheminent à l’Agence spatiale canadienne. »

Les conclusions de ces milliers d’écoliers permettent d'apporter quelques réponses aux questions que se posent actuellement les chercheurs à propos des très longues missions spatiales habitées : comment les astronautes peuvent-ils produire suffisamment de nourriture malgré les contraintes d’espace? De quelle façon les conditions environnementales affectent-elles les semences?


Apprentissages pratiques et expériences cosmiques

Linda Malouin, enseignante en 3e année au collège des Ursulines, à Québec, participe pour une deuxième fois au projet. « En classe, chaque élève doit s’acquitter de sa tâche, explique-t-elle. Certains mettent de la terre dans les cellules de plantation, d’autres plantent les graines, mesurent les pousses ou encore complètent le tableau dans lequel sont consignées nos observations. »

Ce qui motive le plus les jeunes dans le projet Tomatosphère? « Ils ont le sentiment de participer à de vraies recherches scientifiques, soutient Marilyn Steinberg. Ils se rendent compte que les experts se posent les mêmes questions qu’eux et qu’ils travaillent aux mêmes expériences, bien que ce soit à des niveaux différents », ajoute-t-elle. Linda Malouin est du même avis : « Pour que les apprentissages scientifiques intéressent les jeunes, ceux-ci doivent être concrets et pratiques. Avec Tomatosphère, on va bien au-delà de la simple observation de la croissance des plants : un véritable esprit scientifique sous-tend ces démarches. »

À la fin du projet, les élèves de Mme Malouin rapporteront à la maison des plants pour confectionner en famille des salades colorées. L’enseignante peut d’ailleurs en témoigner : c’est délicieux, les tomates martiennes!


Isabelle Pauzé

Collaboration spéciale


Le projet Tomatosphère : http://www.tomatosphere.org/french.htm

Agence spatiale canadienne : http://www.space.gc.ca

 

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