Pluie de science
Numéro 28, Été 2007

www.spst.org/pluiedescience/0607

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Éditorial
« i » comme « Imaginer demain »

Depuis quatre ans, Pluie de science se balade aux quatre points cardinaux de la médiation des sciences. Notre carnet de route vous a fait parcourir des milliers de kilomètres, de l’Afrique au pôle Sud, de l’Espagne à l’Allemagne, de Chicoutimi à la Californie.

Depuis quatre ans, notre équipe guette l’originalité du coin de l’œil, déniche des initiatives dignes d’intérêt, flirte avec le non-conformisme. Et, toujours, elle découvre des formules hardies et inventives, en un mot : inspirantes. Car, fort heureusement, il existe tant de façons plaisantes d’animer le Savoir ! Tant de chemins détournés arpentés par les passeurs de connaissances ! Il suffit de fouiner un peu…

Voici de quoi se compose notre menu-découverte de l’été : bandes dessinées, jeux de société, corps plastinés et langages secrets.

Intrigué ?

Bandes dessinées, d’abord, dans cette rencontre fort intéressante avec un philosophe québécois qui fait des superhéros une matière à réflexion scientifique emprunte de réalisme et de justesse.

Jeux de société, ensuite, la présentation de DECIDE, un projet européen qui aide à lancer le dialogue sur des sujets à haute teneur scientifique, mais qui se « joue » en groupe, dans l’action et la bonne humeur.

Les corps plastinés, eux, sont bien sûr ceux de la célèbre exposition Le monde du corps, de passage à Montréal cet été. Controversés mais incontournables, ils furent récemment le prétexte d’une journée de réflexion sur l’éthique des sciences et des technologies. On y était. On vous raconte !

Quant aux langages secrets, il s’agit de ceux créés par Phil Marso, un auteur français qui ne manque pas d’humour pour avoir adapté des ouvrages entiers en langage SMS, redonnant le goût des belles lettres aux adolescents accros à la techno. Un succulent paradoxe…

Pour sortir en douceur de ce tourbillon déjà futuriste, notre dossier thématique nous mène dans un monde qui, lui, ne change pas, ou si lentement, celui des mines et des minéraux.

Et pour souligner l’originalité des enseignants d’ici, nous vous présentons un supplément estival qui fait rimer, avec beaucoup de fantaisie et d’imagination, la littérature et la promotion des carrières scientifiques.

En résumé, un numéro d’été à forte teneur « adolescents » qui nous rappelle l’importance d’imaginer de nouvelles passerelles entre les sciences et les jeunes, qui transforment déjà au quotidien la culture dans nos sociétés…

Puisse notre voyage se prolonger avec vous !

Bon été,


Anne Fleischman
Rédactrice en chef

af@spst.org


Au printemps dernier disparaissait le physicien Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique en 1991. Pour lui, « Le vrai point d’honneur n’est pas d’être toujours dans le vrai. Il est d’oser, de proposer des idées neuves, et ensuite de les vérifier. Il est aussi, bien sûr, de savoir reconnaître publiquement ses erreurs (…). L’honneur du scientifique est absolument à l’opposé de l’honneur de Don Diègue. Quand on a commis une erreur, il faut accepter de perdre la face. »

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Scientifiques, vos papiers !
Les superhéros, matière à réflexion

Mots-clés : bande dessinée, science, transformations

« Je suis étonné de voir des gens considérer encore qu’il s’agit d’une littérature pour enfants ou pour arriérés mentaux. Cela prouve bien leur ignorance de cet univers maintenant célébré par de nombreux intellectuels, particulièrement dans le monde anglo-saxon. La preuve, voici un livre de philosophie sur le sujet : consécration ultime ! » Christian Boissinot, fan de BD depuis toujours, est aussi prof de philosophie au collège François-Xavier-Garneau. Il fait référence ici à Superheroes and Philosophy: Truth, Justice and The Socratic Way, publié en 2005 par Open Court aux États-Unis. En 19 chapitres, de grands spécialistes se penchent très sérieusement sur l’image des superhéros, leurs problèmes existentiels, leur devoir moral, la question de leur identité, et même sur la métaphysique des superhéros. M. Boissinot a rendu compte de cette publication dans le premier numéro du magazine philosophique Médiane (http://www.revuemediane.ca) et prépare un autre article sur la question pour le numéro trois, qui paraîtra en septembre.

« Ce qui m’intéresse surtout, c’est d’examiner les questions de fond posées à l’humanité par les bandes dessinées consacrées aux superhéros » : l’augmentation des performances physiques et intellectuelles par le moyen d’implants, de substances chimiques, de modifications génétiques… Le cyborg(1), le mutant, le posthumain font reculer les limites que sont la vieillesse et la mort. Un rêve sans doute aussi vieux que l’humanité, mais devenu obsessionnel depuis la révolution scientifique. En effet, si, comme le croyait La Mettrie(2), « Le corps humain est une machine », n’est-il pas possible de perfectionner cette machine ?

Évidemment, comme le rappelle Christian Boissinot, « cela pose des questions éthiques. On revient constamment à la question fondamentale : peut-on et doit-on altérer la nature humaine ? » Pour certains, c’est remettre en question la perfection de l’œuvre de Dieu, pour d’autres, c’est trahir la nature humaine. Mais une foule de gens répondent avec Nietzsche que « l’homme est quelque chose qui doit être dépassé. » Les Extropiens (http://www.extropy.org), par exemple, ne voient pas pourquoi l’on devrait se contenter de ce que la nature nous a légué, alors que la science est en mesure de faire reculer, voire d’abolir ces limites. Une idée qu’ils s’efforcent de répandre.

Or, il est intéressant de constater que, depuis 40 ans, les histoires de superhéros ont abordé toutes ces questions, parce que leurs auteurs étaient branchés sur les réalités scientifiques. Ainsi, Thor se bat depuis des millénaires; quasi invulnérable, il vieillit à une vitesse infinitésimale. Le Silver Surfer, qui est fait de « matière pure », n’est affecté ni par la mort ni par le vieillissement. Le squelette de Wolverine ayant été renforcé avec de l’« adamantium » dans le cadre d’un programme de recherche sur l’Arme X, son corps se régénère comme celui du phénix…

La philosophie se penche maintenant sur ces questions, qui font intervenir des réalités scientifiques et des réflexions éthiques d’aujourd’hui. Comme le dit Christian Boissinot, « il ne s’agit plus de science-fiction quand on se demande si un athlète, pour sa propre gloire, pour son pays, pour la compagnie qui le parraine, est prêt à subir une altération. Et si l’athlète le fait, pourquoi pas le citoyen ordinaire ? » Pourquoi en effet ne multiplierait-on pas à volonté son propre génome, pourquoi ne fusionnerait-on pas avec la machine ? La science, qui se pose la question du comment et non du pourquoi, est muette sur ces questions, mais la science-fiction peut proposer des pistes intéressantes. « Les créateurs peuvent partir des données scientifiques et extrapoler, que ce soit pour nous mettre en garde ou nous montrer un monde de promesses extraordinaires. C’est ce que je trouve intéressant dans la littérature. »

Mal dans leur peau, les superhéros ?

Christian Boissinot ajoute que, contrairement à la croyance populaire, on est très loin ici d’un monde purement manichéen. Les superhéros sont souvent tiraillés, torturés moralement. Ces êtres subissent une sorte de fatalité. Ils sont enfermés dans un corps et un destin qu’ils n’ont pas choisis. Si différents des simples mortels en apparence, ils en partagent au fond les inquiétudes et les interrogations.

Dans Watchmen (Les Gardiens, dans l’édition française), ils sont confrontés à la réalité quotidienne, aux échecs et à la névrose. Les auteurs, Alan Moore et Dave Gibbons, ont procédé à une déconstruction du monde traditionnel des superhéros, reprenant les grands mythes en les transformant. Ils mettent en scène une équipe de superhéros renvoyés, en quelque sorte, à la vie civile pour avoir outrepassé leurs prérogatives. Confronté à cette réalité nouvelle, chacun réagit à sa façon. Certains avaient subi une transformation à la suite d’expérimentations scientifiques; l’un d’eux, effrayé par sa propre puissance, quitte la Terre et s’en va méditer seul sur une autre planète, pour ne pas mettre l’humanité en danger…

En 2005, le magazine Time a inclus Watchmen dans sa liste des 100 meilleurs romans (sic) de langue anglaise publiés depuis 1923. Le 9e art vient de faire son entrée en littérature.


André Lemelin

Collaboration spéciale


(1) Organisme cybernétique, né de la fusion de l’être organique et de la machine

(2) Julien Jean Offray de La Mettrie (1709-1751), auteur de L’Homme Machine.
(http://www.fh-augsburg.de/~harsch/gallica/Chronologie/18siecle/LaMettrie/met_hom0.html)

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Décliner la science
Science, éthique, citoyenneté : et vous, qu’en pensez-vous ?

Mots-clés : science, éthique, nanotechnologies, DECIDE

Six personnes en grande conversation. « Les nanotechnologies, c’est bien beau, mais connaît-on les risques ? », « Les recherches coûtent très cher, on devrait plutôt dépenser pour aider les pauvres… », « Moi, je pense que les nanos sont l’avenir de l’humanité ! » Le ton monte, les avis fusent, tout le monde est emballé. Et pourtant, aucun des intervenants n’est spécialiste dans le domaine. Mieux, ces joyeux causeurs n’ont même pas étudié en sciences…

La scène a lieu dans un centre de science italien. Elle aurait pu se produire à Montréal, à Paris ou à Londres, dans une bibliothèque ou une cafétéria. Voici toute la beauté du projet DECIDE : informer et faire réfléchir le public sur des sujets scientifiques à l’extérieur d’un cadre formel. Susciter des débats sur les grands enjeux technologiques avec, en main, une poignée de cartes colorées et un napperon de jeu qui rappelle un peu celui du Monopoly, le tout téléchargeable gratuitement sur Internet. Un projet à la fois ludique et bien pensé, qui conjugue admirablement science et citoyenneté.

Andréa Bandelli, l’initiateur du projet, retrace les grandes lignes de sa naissance : « L’idée de monter DECIDE m’est venue en 2003, alors que je terminais un contrat européen portant sur les sciences du vivant : BIONET. L’objectif était de fournir une information de qualité pour alimenter des conversations en ligne sur différents sujets, comme le clonage, l’alimentation, la vieillesse… Pour moi, la prochaine étape consistait à créer un cadre qui permettrait aux gens de tenir ce genre de discussion, d’une manière structurée, de vive voix et non plus dans un espace virtuel. »

La clé pour y arriver : DEMOCS, un jeu de cartes qui sert de déclencheur pour dialoguer et mettre en forme son opinion sur toutes sortes d’enjeux de société. Quelques arpents de piège à la mode citoyenne. « Une de mes collègues avait testé la formule de DEMOCS dans un café parisien. Quand elle m’a raconté son expérience, je me suis dit que ça vaudrait la peine de l’essayer à l’échelle européenne, et que les centres de science pourraient en être les promoteurs. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. La formule DEMOCS est adaptée pour créer des discussions exclusivement consacrées aux sciences, une demande de financement est expédiée, des centres de science contactés : l’accueil est enthousiaste. Six trousses de discussion voient le jour : les nanotechnologies, le sida, la xénotransplantation, la génétique, les neurosciences et les cellules souches. Une septième mouture concernant les changements climatiques est en cours de préparation.

DECIDE : mode d’emploi

Un napperon individuel où disposer son matériel, une série de cartes de « personnalités », des fiches d’information, des consignes simples, un maître de jeu… DECIDE a adopté le style d’un jeu de société. Mais la ressemblance s’arrête là. Ici, personne ne gagne, personne ne perd. Le but est de construire un consensus et de se forger une opinion sur un sujet parfois éloigné de ses préoccupations quotidiennes. Les différents cartons permettent de susciter la discussion, de l’encadrer, de la relancer. Chaque participant choisit un personnage fictif et défendra, tout au long de la partie, son point de vue. Un moyen malin pour inciter les participants à se poser des questions et à prendre position. En un mot, réfléchir, en 90 minutes, sur les enjeux éthiques et sociétaux liés à des technologies de pointe ou à des problèmes de santé publics. Public cible : adultes et adolescents.

Mon opinion compte

Les participants européens au projet DECIDE ont une raison supplémentaire d’apprécier l’expérience. À l’issue de chacune des sessions, ils peuvent télécharger le fruit de leur discussion sur un site Internet, sous forme de propositions qui seront directement transmises à… l’Union européenne. Une source de motivation incontestable pour un public qui, plus souvent qu’autrement, se sent peu ou pas consulté sur les questions d’éthiques scientifiques.

Cécile Mériguet, du Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle de Grenoble (France) a testé la formule à plusieurs reprises. « L’an dernier, nous avons organisé une partie dans un café. On invitait les participants à grignoter un sandwich tout en jouant. Les personnes réunies, pour la plupart des étudiants universitaires, ont adoré leur expérience, même s’ils étaient un peu sceptiques au départ. Le fait de télécharger leurs résultats et d’envoyer le tout à une instance gouvernementale a déclenché une bonne adhésion au projet. “ Pour une fois qu’on nous demande notre avis ! ”, disaient-ils… »

Mais inutile d’être Européen pour participer. Les équipes issues d’autres pays peuvent très bien voter en ligne et comparer leurs résultats à ceux des autres coins du monde. Les États-Unis, l’Afrique du Sud, Israël et le Canada ont joint les rangs des pays participants. À Toronto, l’Ontario Science Centre a déjà accueilli plusieurs groupes de joueurs pour discuter sur le thème de la xénotransplantation et des nanotechnologies. Au Québec, l’aventure DECIDE débute… et risque fort de faire des petits.

De bouche à oreille

« DECIDE se diffuse un peu partout comme un virus ! Nous avons décidé de ne faire aucune communication autour du projet. Pas d’affiches, de publicité par courriel ou d’annonce de lancement. Nous avons simplement organisé des événements dans une dizaine de centres de science en Europe. Entre janvier et avril 2006, chacun d’entre eux a organisé six sessions de DECIDE. Immédiatement, nous avons vu une augmentation constante dans le nombre de kits téléchargés sur Internet – plus de 3 500 jusqu’à maintenant – et dans le nombre de résultats inscrits sur le site : près de 400. Tout cela grâce au bouche à oreille », raconte Andréa Bandelli.

L’expérience, en tout cas, vaut la peine d’être vécue, et les anecdotes ne manquent pas. Certes, chaque équipe aura ses spécificités et ses propres préoccupations, comme ce groupe de sans-abri autrichiens, qui a participé en 2006 à une session de DECIDE sur le SIDA dans un foyer social. Un exercice très réussi durant lequel les participants ont pu à la fois partager leur vécu, apprendre des faits scientifiques qu’ils ignoraient, et s’interroger sur des enjeux éthiques majeurs, tels que la responsabilité individuelle face à la transmission de la maladie.

« Je me souviens d’une fois où nous sommes allés jouer avec les fonctionnaires européens dans le bureau qui nous subventionne. La discussion a été très riche, mais aussi très similaire à celle que pourraient mener des gens plus “ ordinaires ”. Les mêmes questions, les mêmes incertitudes, les mêmes préoccupations face aux questions sociales… », conclut Andréa.

Alors, ces fameuses nanotechnologies… Pour ? Contre ? Et à quel prix ? Et vous, qu’en pensez-vous ?


Anne Fleischman


Pour télécharger gratuitement les trousses de discussion DECIDE ou pour en savoir plus : www.playdecide.org (http://www.playdecide.org)

Si vous souhaitez organiser un événement DECIDE dans votre classe ou votre organisme, ou pour toute autre information, n’hésitez pas à nous joindre : spst@spst.org

BIONET : www.bionetonline.org (http://www.bionetonline.org)
En ligne, un site fascinant sur les sciences de la santé : information, blogues, jeux…

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Actualité
L’homme-objet  

Mots-clés : éthique, plastination, anatomie

Le plastique se porte à l’intérieur ces temps-ci. Grâce à la plastination, les momies et leurs bandelettes moisies sont reléguées pour de bon à l’Antiquité. Aujourd’hui, on peut conserver les cadavres indéfiniment. Dans des cimetières ? Non, des musées. L’exposition Le monde du corps, de passage au Centre des sciences de Montréal pour l’été, fait couler beaucoup d’encre… et de salive. En mai dernier, la Commission de l’éthique de la science et de la technologie (CEST) organisait une journée d’échanges et de réflexions sur l’instrumentalisation du corps humain dans des contextes médical, commercial et artistique. Une occasion en or de croiser le fer sur un thème où l’art, la science, la pédagogie et l’éthique s’entrechoquent. Le corps humain et son utilisation : à chacun ses choix ? Pas sûr…

Le Dr Régis Olry, de l’Université du Québec à Trois-Rivières, était la personne la plus indiquée pour ouvrir le bal. Acolyte du docteur allemand Gunther von Hagens, l’inventeur de la plastination, le Dr Olry est responsable d’avoir introduit cette technologie en France et au Québec. Un immense spécialiste, visiblement habitué à faire face à la critique et à la fascination provoquées tout à tour par les mille et un détails un peu morbides qui se cachent derrière les fameuses statues humaines.

Les mots manquent pour décrire le processus qui consiste, en gros, à remplacer les liquides corporels (sang, eau, graisse) par des polymères. « Fascinant » en est un. Mais d’autres termes moins poétiques peuvent venir à l’esprit. Le résultat, en tout cas, est remarquable. Il rappelle, comme le mentionne le Dr Olry, que l’anatomie et l’art font bon ménage depuis la nuit des temps. Rien de neuf, donc, sous le soleil : il y a des siècles, des maîtres comme Rembrandt ont mis les entrailles en peinture. Quant aux illustrations mettant en scène des écorchés, elles ont servi pendant longtemps d’ornements aux ouvrages d’anatomie. La plastination comme forme d’art s’inscrit donc dans une longue tradition.

Quant à son intérêt pédagogique, il est évident. Muscles, tendons et organes se dévoilent dans tous leurs détails et offrent une perspective sur le corps humain qui n’était jusqu’alors réservée qu’à une poignée d’initiés : étudiants en médecine, chirurgiens, médecins légistes… Une plongée en soi-même qui fait prendre pleinement conscience de l’incroyable machine dans laquelle nous séjournons.

Oui, mais…

La chose, cependant, a de quoi surprendre. Exposer des animaux empaillés dans des Musées d’histoire naturelle, soit. Suivre avec assiduité les péripéties télévisuelles de vaillants chirurgiens taillant dans des viscères à longueur de journée, pourquoi pas. Mais assister à une exposition de véritables trépassés a de quoi ébranler – même si ils cessent d’être des « morts » pour devenir des « spécimens » dès lors qu’ils sont plastinés. Linda Wright, bioéthicienne à l’Université de Toronto, a bien résumé le malaise susceptible d’émerger : la question de l’image de notre propre corps, celle de la représentation de la maladie et de la mort, de l’instrumentalisation des cadavres… Autant de thèmes qui ont trouvé un certain écho parmi la trentaine de participants au séminaire de la CEST – professeurs, chercheurs, éthiciens et simples quidams.

Le questionnement éthique de Mme Wright s’appuie aussi sur des illustrations frappantes. Les réactions, amusées, devant les photos contrastées du célèbre mannequin Kate Moss avec et sans maquillage, ou de l’actrice septuagénaire Liz Taylor face à une dame de son âge moins bien « entretenue », témoignent de la conscience commune que le corps vivant peut être une œuvre d’art à part entière où la nature cède la place aux artifices et à la technologie. Tatouages, piercings et autres transformations esthétiques plus radicales en sont d’autres exemples.

À l’opposé, comme le rappelle Mme Wright, des clichés issus de l’imagerie médicale, comme une échographie, une radiographie et un scanner, rappellent aussi que l’utilisation de « matériel humain » n’est pas un incontournable pour parler d’anatomie.

La bioéthicienne est également revenue sur la question – cruciale – du « consentement éclairé » au centre de la démarche de recrutement des candidats à la plastination. À ce jour, environ 7 000 personnes ont signifié leur volonté de se faire plastiner après leur mort. Le tout est gratuit, mais suppose que la personne défraie les coûts du transport de sa dépouille jusqu’à un institut de plastination. « Une méthode bien plus économique pour les familles que des funérailles traditionnelles, y compris l’incinération », selon Dr Olry.

La dérive des consentants

Spectacle un peu macabre ou magistrale leçon d’anatomie ? La question est certes très subjective. Mais elle revêt une importance bien plus large quand il est question des dérives éventuelles d’une telle technologie. En effet, comment réagir à une exposition où la peau des spécimens serait conservée ? Où les statues, loin d’être impersonnelles comme elles le sont actuellement, retrouveraient leur terrible humanité ? Que faire si des personnes mal intentionnées utilisaient cette technologie pour façonner des statues humaines dans des positions, disons, douteuses ? Et pourquoi ne pas s’arroger le droit de conserver chez soi le cadavre plastiné de ses proches disparus ?

Car une partie du malaise est là : si les corps plastinés de l’exposition Le monde du corps semblent bien plus spectaculaires que dégoûtants, c’est qu’ils sont totalement anonymes. Plusieurs personnes ont d’ailleurs mentionné que les spécimens les plus dérangeants étaient ceux qui comportaient des restes de cheveux ou de peau.

Une autre interrogation intéressante soulevée par l’assistance est celle de la mise en scène des spécimens. Le Penseur de Rodin au cerveau découvert, le sportif aux muscles exposés : une faute de goût ? Michel Groulx, du Centre des sciences de Montréal, a son opinion sur le sujet : « L’exposition a avant tout un but pédagogique et l’aspect “ divertissement ” ne doit pas être négligé si on veut intéresser les gens à la science. Si on avait disposé les corps allongés sur des tables de dissection, on aurait perdu une grande partie de l’intérêt du public. »

Or, le succès pédagogique de l’exposition est sur toutes les bouches, y compris celles des personnes qui y sont allés à reculons. Certains, d’ailleurs, ne tarissent pas d’éloges : « C’est une célébration à la vie ! » lance Hubert Doucet, éthicien à l’Université de Montréal.

La plastination, en tout cas, a une longue vie devant elle, et le Dr Olry n’a pas fini de se frotter au grand public pour démythifier son ambitieux projet. « Nous avons commencé à travailler sur des éléphants. Un jour, on pourrait très bien imaginer plastiner une baleine pour permettre au public de se promener à l’intérieur, comme Jonas. La technologie pourrait aussi avoir des applications dans le domaine de la chirurgie esthétique ou des enquêtes policières car on pourrait plastiner des pièces à conviction pour les conserver à jamais. »

Anecdote savoureuse : le gouvernement russe a même proposé au Dr von Hagens de plastiner Lénine. Il a refusé, semble-t-il… pour des raisons politiques.


Anne Fleischman

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Actualité
tekno liT’rR*
* Techno littéraire

Mots-clés : écriture, SMS

Phil Marso n’est pas très « techno ». Cet écrivain français versé dans l’humour et la dérision est même l’instigateur de la Journée mondiale sans téléphone portable, un événement qui illustre bien sa vigilance à l’égard des avancées de l’électronique. Et pourtant, Phil Marso est aussi le tout premier à avoir écrit et adapté des œuvres littéraires en langage SMS, cet étrange idiome que les adolescents manient couramment pour correspondre sur leurs minuscules écrans. Son dernier-né, La Font’N, j’M (La Fontaine, j’aime), réconcilie les jeunes avec le célèbre fabuliste… et la « vraie » langue française. Petite histoire d’un amusant paradoxe.

SMS : quesaquo ?

En France et, de plus en plus, dans toute la francophonie, le SMS crée un raz-de-marée linguistique qui fait fureur auprès des utilisateurs de téléphones cellulaires et des jeunes clavardeurs. Le Short Message Service, plus connu sous le sigle SMS, permet, en téléphonie mobile, de transmettre des messages écrits de très petite taille (de 70 à 160 caractères) sur l’écran des téléphones cellulaires. Pour s’adapter à cet espace d’expression plutôt restreint, les jeunes ont inventé un langage truffé de raccourcis : C ki (C’est qui ?), 2m1 (demain), etc. Le SMS. Cauchemar des amoureux de l’orthographe.

Surfant sur l’air du temps, Phil Marso écrit, en 1999, un roman policier dont l’intrigue tourne entièrement autour du fameux appareil : Tueur de portable sans mobile apparent. Des amis le mettent alors au défi d’utiliser le SMS comme matière première pour sa prochaine œuvre… Un authentique crime contre les belles-lettres pour les uns, une idée brillante pour les autres.

« Ça m’a pris trois ans pour me décider à écrire en SMS, car je suis moi-même très attaché à la langue française et plutôt hostile à l’utilisation intempestive des abréviations systématiques à l’écrit. J’ai pris ça comme un pari à gagner… » Le résultat : la sortie de Pa sage a taba (Passage à tabac), le tout premier livre écrit entièrement en langage SMS, adaptation d’une nouvelle publiée en 1996 par l’auteur.

« Au début, je n’y connaissais strictement rien et j’ai même dû me procurer un lexique pour démarrer. Mais je suis finalement tombé sous le charme, car jouer avec les lettres et les chiffres dans l’écriture a un côté très amusant. Et puis, enfant, j’étais plutôt mauvais à l’école. Alors en m’exerçant à transformer le français en SMS, je suis passé du statut de cancre à celui de professeur, ce qui est très valorisant », confesse-t-il.

Parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en !

En 2004, comme tous les ans le jour de la Saint-Gaston (Gaston, y’a le téléphon qui son…), Phil Marso communique avec la célèbre agence de presse AFP au sujet de sa Journée mondiale sans téléphone portable et glisse au journaliste un mot sur son ouvrage en SMS. C’est le début des hostilités. « On a assisté à une véritable levée de boucliers des puristes ! Mes détracteurs, très nombreux, y compris parmi les adolescents, pensent que des livres écrits en SMS ouvrent la porte à l’inculture généralisée et signent l’arrêt de mort de la langue française. Chaque semaine, je découvrais un nouveau forum sur Internet qui parlait de mon livre et sur lequel tout le monde se déchaînait… »

Phil Marso a même eu droit à un éditorial enflammé du quotidien Le Figaro sur son livre, dont le titre, « Massacre à la tronçonneuse de la langue française » en dit long. Qu’à cela ne tienne, il récidive en publiant un recueil de nouvelles effrayantes dans une édition double français / SMS. L’idée : écrire un livre facilement accessible aux adolescents en difficulté d’apprentissage.

Pédagogique, le SMS ?

« J’ai rapidement réalisé que le SMS pouvait avoir une vraie utilité, notamment pour les jeunes qui ne lisent pas ou peu, ou qui ont des problèmes liés à l’orthographe. » Phil Marso commence donc à parsemer ses ouvrages de véritables exercices de transposition du SMS vers le français. « En tant qu’adolescent, j’aurais adoré avoir un cours basé sur ce type de devoirs. Ça m’aurait vraiment motivé à m’intéresser à la matière ! »

Car le SMS est l’héritier direct des langages codés que les enfants et les adolescents utilisent strictement entre eux, depuis que le monde est monde… D’où son attrait pour la jeune génération qui, sur Internet ou par téléphone cellulaire, redécouvre, à sa façon, les joies de l’écrit et des correspondances cachées.

Cependant, selon Phil Marso, le SMS n’était pas totalement adapté à la lecture sur papier. Pour bien faire, il fallait passer à une autre étape : « On n’a pas du tout la même perspective quand on lit à l’écran et dans un vrai livre. En plus, le SMS “ pur et dur ” est très compliqué à déchiffrer : j’ai donc créé un autre langage, la PMS (pour Phonétique Muse Service), qui se situe quelque part entre le SMS et la langue française et qui utilise notamment des apostrophes au milieu des mots et des caractères de l’alphabet phonétique dans un souci de lisibilité. J’y mets aussi des syllabes en gras pour souligner les endroits qui peuvent présenter des difficultés de lecture. »

Au fur et à mesure de ses adaptations, il peaufine son invention, allant jusqu’à lui créer une grammaire – hérésie pour les puristes ! Et parce qu’elle ne peut pas être retranscrite sur un écran, la PMS, à peine née, quitte officiellement la sphère de l’électronique pour retrouver le support papier… et les grands auteurs : Phil Marso publie un recueil de poésie, L (qui inclut des adaptations de poèmes de Baudelaire), avant de s’attaquer à La Fontaine et, récemment, au conte de Charles Perrault Le Petit Poucet.

Expériences

En septembre 2005, Phil Marso donne son premier atelier sur la PMS auprès d’un public de sans-abri à La Moquette, un lieu de culture parisien ouvert la nuit à tous et toutes. « La Moquette reçoit périodiquement des conférenciers et propose aussi des ateliers d’écriture. Le public n’est pas toujours facile à captiver car les gens discutent et jouent aux cartes tout en écoutant parler les invités. Mais pendant toute la soirée, j’ai réussi à retenir leur attention en leur faisant faire des devoirs et des exercices de traduction ! Les organisateurs eux-mêmes n’en revenaient pas… »

Il réitère l’expérience à plusieurs reprises devant des publics d’adolescents lors de salons littéraires et dans des écoles secondaires. Conclusion : les jeunes adorent et en redemandent. « Certains adolescents ne sont pas forcément intéressés par les auteurs classiques. Mais Baudelaire en PMS, ça devient tout de suite plus intéressant ! »

D’ateliers en conférences, il est approché par des orthophonistes qui songent à utiliser ses adaptations avec des jeunes dyslexiques. Puis, au printemps dernier, on l’invite à participer à un stage en Belgique auprès d’adolescents en difficulté. « J’avais devant moi 19 jeunes. Je leur ai expliqué ma démarche et les grands principes de la PMS en 20 minutes, puis je leur ai demandé de transposer une fable. Les jeunes se sont mis en groupe et tous sont arrivés jusqu’à la fin du devoir. Le directeur n’y croyait pas. »

Intéressant retour des choses, en cours de transposition, les jeunes éprouvent tous le besoin de plonger dans les dictionnaires pour dénicher la juste orthographe de chaque mot afin de rendre un texte partait ! « C’est un formidable retour du balancier. Si j’avais été professeur ou linguiste à la base, je suis sûr que les gens seraient moins réticents à utiliser ma méthode. Mais, après tout, je ne suis qu’un auteur de polars… »


Anne Fleischman


Pour en savoir plus sur l’étonnant Phil Marso et ses œuvres : http://www.profsms.fr/

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Dossier thématique : Géologie, des cailloux et des hommes

Un producteur nous éclaire…
Le Musée minéralogique et minier de Thetford Mines


Les mines du savoir

En 1876, Joseph Fecteau découvre de la fibre d’amiante, qui deviendra rapidement reconnue pour ses propriétés isolantes. L’émergence de cette ressource allait propulser la région des Appalaches vers le futur. Blottie sur les contreforts montagneux, elle connaîtra grâce à l’amiante un véritable essor industriel. Un siècle plus tard, un musée a été fondé en l’honneur de cette ressource et des gens qui ont vécu grâce à elle. Il raconte l’histoire unique de tout un monde minier… celui de Thetford Mines.

Scène extérieure

C’est face à l’ancienne carrière d’amiante, au bord de l’axe routier principal, qu’est érigé le Musée minéralogique et minier de Thetford Mines. Cette proximité donne au visiteur l’opportunité de voir ce qui fit autrefois la renommée de la ville. Ouf, c’est impressionnant… Mieux encore, le musée offre aux enfants des excursions géologiques sur le terrain. Elles ont pour but d’initier le nouvel explorateur aux techniques d’orpaillage (récolte de pépites d’or), à la cueillette des roches et des minéraux et à l’apprentissage du milieu géologique. Alors, ennuyeux, les cailloux ? Que non !

« Les excursions géologiques éducatives représentent l’activité la plus spectaculaire pour les enfants, car on leur donne la chance de repartir chez eux avec les minéraux qu’ils ont eux-mêmes trouvés », explique Bruno Boisvert, coordonnateur des services éducatifs. « Et chaque année, une anecdote se répète : on demande toujours de ne pas ramasser plus de deux échantillons du même minéral pour alléger l’expédition... Mais il y a toujours au moins un étudiant, sourire aux lèvres, les poches et les mains pleines de roches, nous demandant un nouveau sac pour remplacer celui qui a cédé sous le poids de ces trouvailles. L’image est belle. »

Des ateliers éducatifs de reconnaissance des roches et des minéraux, ainsi qu’un camp d’été et un camp de jour durant la semaine de relâche, complètent l’éventail des possibilités offertes sur le site.

Scène intérieure

Mais l’aventure géologique commence à l’intérieur des lieux, où les minéraux sont rois. Au-delà de la célèbre amiante, qui a connu son heure de gloire et une chute brutale, le musée possède de nombreuses collections minérales (serpentine, vésuvianite, grossulaire, gypse…) auxquelles s’ajoutent d’autres collections de roches (talc, par exemple) et de fossiles (brachiopodes). Mais dans cette diversité, « l’amiante reste quand même l’un des minéraux qui a fait l’objet du plus de recherches dans tous les domaines, tant minier que médical », souligne Bruno Boisvert.

L’exposition permanente, « Les Appalaches explosées et exposées », retrace l’histoire de la région et de ses ressources minérales tant sur le plan géologique, économique que social. On apprend ainsi que l’amiante reposait à l’origine dans les fonds océaniques, et qu’elle s’est retrouvée juste sous nos pieds grâce à un phénomène tectonique rare qui a fait basculer la plaque océanique sur la plaque continentale.

On replonge un siècle en arrière, à l’époque pas si lointaine où les femmes et les enfants travaillaient côte à côte dans les carrières de Thetford Mines, d’Asbestos, de Black Lake ou de Coleraine. On raconte également l’histoire de cette fameuse grève de 138 jours qui éclata le 13 février 1949 et secoua la région. Cette histoire se palpe et s’apprivoise au travers d’objets et de photographies rescapés du passé.

Le Musée présente aussi des expositions temporaires. « L’Odyssée de l’espace », jusqu’en septembre 2007, porte sur la conquête de l’espace et sur les prochaines missions pour la planète Mars prévues pour 2020-2030.

Pour en savoir plus sur le Musée minéralogique et minier de Thetford Mines
http://www.spst.org/servlet/FicheProducteur?producteurs_id=262


Xavier Le Guyader
Collaboration spéciale

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Dossier thématique : Géologie, des cailloux et des hommes
Quelques liens utiles pour en savoir plus

Partez à la découverte de votre planète
Ce site constitue une introduction aux sciences de la Terre et s’adresse à tous. On y trouve plusieurs thèmes bien expliqués, dans un langage simple, tous aussi fascinants les uns que les autres. Des géologues nous accompagnent à chaque étape et nous font découvrir les grands concepts de la géologie.

http://www.cgq-qgc.ca/tous/terre/index.cfm?flag=1&CFID=534246&CFTOKEN=22290035

Fossilomania
On trouve de tout sur Fossilomania : de très bons articles et des études paléontologiques, auxquels s’ajoute « le coin des débutants », qui contient tout ce qu’il faut savoir pour collectionner et s’initier à la paléontologie.

http://jeanphilippe.dudziak.9online.fr

Planète Terre
Voici un très bon cours d’introduction à la culture scientifique en sciences de la Terre, accessible à tous, axé sur les grands et sur les petits phénomènes qui affectent et régissent notre planète : dérive des continents, tremblements de terre, volcanisme, minéraux et roches, histoire des continents et des océans, etc. Hautement référencé par les amateurs et les professionnels de cette discipline, ce site au graphisme peu accrocheur vaut pourtant le détour.

http://www.ggl.ulaval.ca/personnel/bourque/intro.pt/planete_terre.accueil.html

Excursion géologique au mont Royal
Ce site contient les photos de vingt sites du mont Royal qui ont un intérêt géologique. La visite propose un itinéraire qui permet à ceux qui s’y prêteront de s’initier à la géologie sur le terrain. La visite complète représente une randonnée pédestre de plus de vingt kilomètres. Une visite incontournable.

http://www.unites.uqam.ca/terre/mont-Royal/excursion_mt-royal.html

Geopolis
Nombreux articles et informations sur la géologie, les minéraux, les fossiles, les volcans, les météorites, le patrimoine géologique, le monde minéral, les fossiles, le métier de géologue, etc. Le site, qui contient de nombreuses photos, est également bonifié par un forum où il est possible de poser des questions à des amateurs de géologie.

http://www.geopolis-fr.com

Les plaques tectoniques
Pourquoi de simples plaques qui bougent sont-elles capables de provoquer des catastrophes ? Ce site propose une exploration des plaques tectoniques par les phénomènes qui leur sont associés : les failles, les volcans, les séismes, les chaînes de montagnes, etc. En complément de cette exploration, le jeu « Qu’est-ce qui ? » permet d’intégrer les différentes notions explorées.

http://www.lescale.net/plaques/plaques.html

Web minéral
Enfin, un atlas minéralogique en français sur le Web ! On y trouve une définition générale de chaque minéral répertorié, des données physiques et chimiques, la classification du minéral ainsi qu’une photographie. Un glossaire complet s’ajoute à ces renseignements.

http://webmineral.brgm.fr:8003/mineraux/Main.html

Du roc au métal
Ce site réalisé par le Musée de la civilisation de Québec propose une série de jeux qui permettent d’intégrer les différentes notions de géologie. De la géologie pure à l’exploration minière, en passant par la transformation et les retombées économiques de l’industrie minière, chaque section se termine par une mission qui met à profit les différentes informations présentées. (Inscription nécessaire.)

http://www.mcq.org/roc/

Dossier : ambre, ADN, moustiques et dinosaures ?
Au cours de la dernière décennie, une nouvelle discipline est née : la paléontologie moléculaire. Reconnue désormais par la communauté scientifique, cette branche récente est aujourd’hui en pleine expansion grâce à l’ambre. Cette page constitue une introduction claire et complète à cette nouvelle discipline.

http://ambre.jaune.free.fr/dinosaure.htm

Geologie-info.com : les acteurs des sciences de la Terre
Ce site a pour but de faire connaître et de valoriser les différents acteurs des sciences de la Terre par de nombreux articles portant sur la géologie, la minéralogie et la paléontologie, par une banque de liens ainsi que par un forum.

http://www.geologie-info.com

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Dossier thématique : Géologie, des cailloux et des hommes
Notre bibliothécaire vous suggère...

Nos collègues bibliothécaires du Réseau BIBLIO de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec ont sélectionné un bel échantillon d’ouvrages sur la géologie.

Pour les 6 ans

Auteur : Théry, Yvan
Titre : Planète Terre
Éditeur : Larousse
Date : 2001
Description physique : 76 p. : ill. en coul.; cartes; 27 cm
Collection : L’encyclopédie Larousse des 6/9 ans, 8
ISBN 2-03-565053-4
Sujets : Science de la terre, Géologie, Climat, Eau

Pour les 8 ans

Titre : Le cœur de la Terre
Éditeur : Paris : Albin Michel jeunesse
Date : c2001
Description physique : 75 p. : ill. en coul.; 18 cm
Collection : Les petits débrouillards. Sciences poche, 4
ISBN 2-226-11827-6
Sujets : Géologie, Volcans, Tremblements de terre, Jeux scientifiques, Terre

Titre : Le puzzle des continents
Éditeur : Paris : Albin Michel jeunesse
Date : c2001
Description physique : 79 p. : ill. en coul.; 18 cm
Collection : Les petits débrouillards. Sciences poche, 8
ISBN 2-226-11831-4
Sujets : Continents – Dérive, Géologie – Expériences

Auteur : Desjours, Pascal
Titre : Les volcans, une puissance incontrôlable : [15 expériences faciles à réaliser]
Éditeur : Paris : Albin Michel jeunesse
Date : c2002
Description physique : 64 p. : ill. en coul.; 18 cm
Collection : Les petits débrouillards
ISBN 2-226-12871-9
Sujets : Volcans, Géologie, Jeux scientifiques

Pour les 10 ans

Auteur : Grimault, Hélène
Titre : Connaître les colères de la Terre
Éditeur : Courbevoie, Soline
Date : c2005
Description physique : 64 p. : ill. (principalement en coul.); cartes; 30 cm
Collection : Connaître
ISBN 2-87677-510-7
Sujets : Catastrophes (Géologie), Météorologie, Sciences de la Terre, Terre

Résumé : « Des montagnes qui s’élèvent des entrailles de la Terre, des volcans qui crachent du feu, des étoiles qui embrasent le ciel, des vents qui aspirent la poussière et les voitures... notre planète regorge de moyens impressionnants pour manifester sa colère. Vous allez découvrir la nature dans tous ses états, depuis les phénomènes météorologiques les plus simples, comme les nuages, aux plus destructeurs, comme les tornades, depuis les chutes d’eau, sources d’émerveillement, aux terribles inondations qui dévastent vies et habitations, en passant par les tremblements de terre et les tsunamis. Malgré une connaissance toujours plus précise de ces phénomènes, l’homme ne peut pas les dompter, et n’est jamais à l’abri de catastrophes naturelles. D’une écriture simple, illustré de superbes photos et de dessins clairs, cet ouvrage vous présentera, tout en les expliquant, les déchaînements de la Terre. » – Page 4 de couv.

Auteur : Volke, Gordon
Titre : Notre planète : [réponses aux questions sur notre magnifique monde]
Éditeur : Saint-Lambert : Héritage jeunesse
Date : c2005
Description physique : 48 p. : ill. en coul.; cartes; 28 cm
Collection : Comment ! Pourquoi !
ISBN 2-7625-2347-8
Sujet : Sciences de la Terre

Résumé : « Quel âge a la Terre ? Pourquoi le ciel est-il bleu ? Que sont les aurores boréales ? Pourquoi fait-il froid la nuit dans le désert ? Si vous voulez savoir le comment et le pourquoi de notre planète, vous trouverez les réponses à presque toutes les questions que vous pouvez imaginer – et vous en apprendrez plus encore dans ce magnifique livre. Vous avez entre les mains 48 pages de données factuelles, de belles illustrations et de diagrammes pour vous expliquer tout ce que vous devez savoir sur le monde fascinant dans lequel vous vivez. Aucune question n’est trop saugrenue et aucune réponse n’est trop difficile à expliquer. Les mordus de lecture ne pourront plus se passer des livres de la collection Savoir comment – Savoir pourquoi ! » – Page 4 de couv.

Titre : Grandeur nature
Éditeur : Toulouse : Milan jeunesse
Date : c2005
Description physique : [36] p. : ill. en coul.; carte
Collection : Le tour du monde
ISBN 2-7459-1713-7
Sujets : Relief (Géographie), Monuments naturels

Résumé : « Un volcan qui crache de la lave rouge et brûlante, un iceberg géant qui dérive lentement ou des rochers en forme de billes... Viens à la rencontre des merveilles de notre planète et découvre les lieux et les phénomènes naturels les plus incroyables ! » – Page 4 de couv.

Pour les 12 ans

Auteur : Tola, José
Titre : Atlas de géographie physique
Éditeurs : Bonneuil-les-Eaux [France] : Gamma, Montréal : École active
Date : c2003
Description physique : 96 p. : ill. en coul.; cartes; 28 cm
Collection : Atlas de…
ISBN 2-7130-1982-6 (Gamma)
ISBN 2-89069-731-2 (École active)
Sujet : Géographie physique

Résumé : « Cet ouvrage, agréable à consulter, est à la fois un livre d’étude et de référence. Il procure l’ensemble des connaissances de base indispensables pour comprendre la formation de la Terre et ses reliefs actuels. De nombreuses illustrations, claires et précises, décrivent l’origine et les transformations de notre planète. Une introduction générale sur la géographie physique et un index détaillé facilitent la consultation de ce livre. » – Page 4 de couv.

Auteur : Williams, Brian
Titre : L’histoire de la Terre
Éditeurs : Bonneuil-les-Eaux [France] : Gamma, Montréal : École active
Date : c2002
Description physique : 32 p. : ill. en coul.; 27 cm
Collection : L’histoire du temps
Sujets : Géologie historique, Évolution

Auteur : Poitrenaud, Robert
Titre : Ressources et développement durable
Éditeur : Mouans-Sartoux [France] : PEMF
Date : c2004
Description physique : 103 p. : ill. (principalement en coul.); cartes; 22 cm
Collection : Un œil sur… le monde
Sujets : Développement durable, Ressources naturelles, Ressources énergétiques, Ressources minérales, Conservation des ressources naturelles, Environnement – Protection

Résumé : « Toute ressource répond à un besoin et, pour être utile à l’homme, elle doit être exploitée. Au cours de l’histoire, la découverte de nouvelles ressources a mis en lumière de nouveaux besoins souvent créés par la publicité. Pour les satisfaire, les États doivent accélérer leur développement. Cette spirale a donné naissance aux sociétés de consommation qui sont devenues un modèle à atteindre par les populations des pays en voie de développement. Les ressources de la planète sont-elles suffisantes pour assurer la survie et l’amélioration du niveau de vie des milliards d’individus qui la peupleront dans quelques décennies ? Quelles sont les conséquences du développement sur l’environnement ? Quelles ressources sont en voie d’épuisement ? Existe-t-il des ressources d’avenir ? Le développement durable est-il possible ? Autant de questions auxquelles cet ouvrage tente de répondre. » – Page 4 de couv.

Auteur : Farndon, John
Titre : Roches et minéraux
Éditeur : Saint-Laurent : ERPI
Date : c2006
Description physique : 96 p. : ill. en coul.; 29 cm
Collection : Les thématiques de l’encyclopédi@
ISBN 2-7613-1943-5
Sujets : Pétrologie, Roches, Minéraux

Résumé : « De quoi se composent les roches ? Qu’est-ce qu’une roche métamorphique ? D’où viennent les météorites ? Comment se forment les diamants ? Grâce à l’étude de la structure de notre planète et de la classification des quelque 3 000 variétés de minéraux qui composent les roches, vous découvrirez tous les trésors naturels de la Terre et comment l’être humain a su progressivement les exploiter. Une grande richesse d’informations présentées de manière claire, structurée, dynamique et attrayante (plus de 300 illustrations). Un site Internet exclusif sur les roches et les minéraux, spécialement conçu et réalisé par ERPI et Google. Une galerie de plus de 100 photos, dessins et schémas à télécharger ou à imprimer. Une sélection rigoureuse de plus de 150 liens Internet (quiz, animations 3D, vidéos, etc.) mis à jour régulièrement. » – Page 4 de couv.

Auteur : Day, Trevor
Titre : La Terre en colère
Éditeur : Montréal : Hurtubise HMH
Date : c2002
Description physique : 64 p. : ill. en coul.; cartes; 36 cm
ISBN 2-89428-556-6
Sujets : Géodynamique, Volcans, Tremblements de terre, Catastrophes naturelles

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Dossier thématique : Géologie, des cailloux et des hommes
Porte ouverte sur Kaléidoscope : Mille et un outils sur la géologie

De la formation des roches à celle des continents, explorez l’univers fascinant de la géologie grâce aux nombreux outils que Kaléidoscope vous propose. Diversifiés et disponibles un peu partout au Québec, ces activités vous ouvriront grandes les portes de la connaissance.
http://www.spst.org/kaleidoscope/statique/pluie_sciences_14.html

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Supplément estival
Drôles de scientifiques

Charmant et intelligent, voici le projet des élèves de l’école primaire d’Iberville (Commission Scolaire Marie-Victorin), « drôles de scientifiques ».

http://educ1.csmv.qc.ca/DIberville/droles/droles.htm

Bon été !

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