Pluie de science
Numéro 23, Septembre 2006

Actualité
Un éléphanteau dans les rayons

Dans l’eau, pourquoi la glace flotte-t-elle? Pour des bouts de choux de deux à quatre ans, répondre à cette question est un véritable un défi. Et la marche est également haute, en tant qu’adulte, pour faire comprendre à de jeunes enfants des principes de physique. Mais avec des livres et de l’imagination, tout est possible. Ce printemps, à la bibliothèque Gabrielle-Roy de Québec, les espaces de lecture se sont subitement animés au gré des explications scientifiques d’un pingouin et d’un éléphant, avec la complicité de la Maison Léon-Provancher, un organisme de culture scientifique spécialisé dans le jeune public.

Pour le tout premier atelier d’éveil aux sciences, intitulé « Ça coule ou ça flotte? », près de 25 enfants ont embarqué dans l’aventure. Les plus jeunes s’assurent du coin de l’œil que maman n’est pas loin, alors que d’autres ont la situation bien en main et font « généreusement » part de leurs expériences passées… L’animatrice de la Maison Léon-Provancher présente au groupe le petit Alex Périence, un éléphanteau très curieux qui n’a pas peur de se tromper (!). Aidés de leurs figurines du petit Alex, les jeunes partiront à la découverte des propriétés thermiques de l’eau. Ils découvriront d’abord que la glace flotte dans l’eau et que l’eau chaude est plus légère que l’eau froide. Ensuite, degré de difficulté accru, ils auront à se poser de sérieuses questions, du type : que font les macaronis dans de l’eau gazéifiée? Pour clôturer l’atelier, ils verront fleurir dans un aquarium un nénuphar en papier qu’ils ont colorié eux-mêmes.

Le dire avec des livres

Mais qu’en est-il vraiment de la difficulté de s’adresser à un public aussi jeune? Geneviève Boucher, qui anime des ateliers de vulgarisation scientifique depuis plusieurs années pour la Maison Léon-Provancher, ne se fait pas d’illusion. « Nous n’en ferons pas de petits scientifiques. Nous cherchons seulement à piquer la curiosité et à susciter des questions. » Des questions qui, inévitablement, seront posées aux parents. Ceux-ci sont-ils préparés à y répondre? « Il faudrait parfois faire une heure d’atelier avec les parents, car j’en ai vu qui ne réalisent pas le potentiel de ce qu’ils possèdent à la maison pour réaliser des expériences, ajoute-t-elle. Nous donnons même des ateliers à des animatrices en garderie pour démystifier les sciences. Elles croient, à tort, que c’est trop compliqué. » Pourtant, une simple histoire peut parfois faire l’affaire.

La bibliothèque Gabrielle-Roy était le lieu tout indiqué pour faire se rencontrer la littérature et la science. Ainsi, l’atelier sur la flottabilité était introduit par Le pingouin qui n’aimait pas le froid. Les trois autres ateliers offerts ce printemps, qui traitaient des plantes, des animaux et de la réflexion de la lumière, ont été introduits respectivement par Jack et le haricot magique, La cigale et la fourmi et Alice au pays des merveilles. « L’enfant ne comprend pas nécessairement tous les principes, mais il fait des liens avec son quotidien. Et au fond, c’est ça la science, faire des liens! »

Pari tenu

« J’ai aimé ça. J’ai tout aimé, c’était le fun! » dit Félix, quatre ans. Mélodie, quatre ans elle aussi, a aimé voir sa fleur s’ouvrir dans l’eau. Quant aux parents présents, ils sont emballés. « J’ai appris. Mon Dieu, j’ai appris! de s’exclamer Viviane Breton, la jeune grand-mère de Raphaëlle. J’ai particulièrement apprécié le conte et l’aspect ludique de l’atelier, qui atténuent le côté austère de la science. » Au sujet de l’attention des tout-petits, elle ajoute « J’ai participé à d’autres ateliers d’éveil où l’accent était davantage mis sur l’animation, sans la participation des enfants. Dans ces cas-là, les enfants décrochent après quinze minutes. »

Dans ce cas-ci, les enfants sont demeurés attentifs pendant l’heure complète, la découverte et les questionnements se lisant dans leurs yeux. « Nous avions fait déjà de nombreux ateliers d’éveil à la lecture et aux arts pour les tout-petits, mais jamais aux sciences », raconte Martine Lacasse, responsable du secteur des enfants à la Bibliothèque Gabrielle-Roy. « Ces enfants sont des habitués de nos ateliers. Compte tenu de l’horaire, nous savons que ce ne sont pas des enfants qui vont en garderie. Peut-être sont-ils, à cet égard, un public plus facile. » Reste que le défi a été relevé avec brio : Alex Périence, Alice, Jack et les autres ont rempli leur contrat. Et Hubert Reeves n’a qu’à bien se tenir…


Dominique Turcotte

Collaboration spéciale


La Maison Léon-Provancher : http://www.maisonleonprovancher.com
Vous pouvez télécharger gratuitement sur le site des documents pédagogiques.

 

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