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Le souk des sciences |
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Mais à l’arrivée des Français, rappelle M. Gallali, le mot « souk » bascula rapidement dans le langage familier pour désigner « désordre » et… « foutoir ». Avec l’avènement du tourisme de masse, le souk est même bientôt devenu synonyme d’aubaines et de sensations fortes! D’où l’étonnement lorsque l’on évoque le concept de souk des sciences. Mais selon M. Gallali, cette association n’est pas totalement forcée. « Il s’agit d’une métaphore qui ne renie rien du souk. Ni de son sens familier (désordre) ni de son sens littéral (marché) et encore bien moins de l’héritage culturel : le souk en tant que centre de vie et réseau d’échanges. » La science dans le désordre C’est donc en cherchant à renouer avec ce concept qu’a été construit le premier souk des sciences à la Cité des sciences à Tunis. Et l’illusion est parfaite. Composée de coupoles, de petites ruelles ombragées, de jardins, de boutiques, de vitrines, d’un café et d’un restaurant, cette galerie ressemble en tout point à un véritable souk. Idem pour les activités : la formule « souk » permet en effet l’animation de débats pouvant parfois partir dans toutes les directions. « Par moment, c’est quasiment trop démocratique! plaisante M. Gallali. On sait à quelle heure on commence, mais on ne sait pas trop à quelle heure ça se termine. Les gens interviennent comme bon leur semble. Le souk, c’est un peu tout ça, une place pour discuter, en toute convivialité, des questions qui touchent à la science. » |
![]() La Cité des sciences à Tunis |
| L’activité Science en un mot en est un bon exemple. Les visiteurs sont invités à discuter autour d’un mot se prêtant à plusieurs éclairages (le cœur, par exemple) avec des invités choisis (un cardiologue et un poète). Mais il est aussi permis d’aborder, et d’une manière plus détendue, certaines questions plus épineuses, telles que la fuite des cerveaux ou la coopération scientifique Nord-Sud. Échanges croisés et tumultueux en perspective! |
La science nomade |
Aux
installations permanentes de la Cité des sciences s’est ajoutée
une version itinérante du souk des sciences afin de rejoindre le
plus de gens possible. Des planétariums gonflables, pouvant accueillir
de 20 à 30 personnes, sont dressés sur la place dans les marchés
hebdomadaires; des expositions itinérantes légères
et peu encombrantes, comme Mathématiques sans calcul, ont
été réalisées pour coller encore plus à
la mobilité des kiosques de marchands ambulants, et un bus aménagé
accueille les visiteurs et favorise les rencontres avec les passagers. |
Un second souk des sciences devrait bientôt voir le jour à Tanger au Maroc dans une toute nouvelle Cité des sciences. Le concept est achevé, l’étude de faisabilité réalisée, il ne reste plus que le financement à trouver. « Un projet comme celui-là, qui ne rapporte pas en termes mercantiles, mais où l’on prêche plutôt la bonne parole, trouve difficilement preneur, déplore M. Gallali. J’ai bon espoir qu’il se réalise un jour, mais entre-temps, il faut trouver de généreux donateurs! » |
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| Quand la planète prend des allures de souk L’association des mots « souk » et « science » n’est pas sans rappeler une seconde analogie. « Du Nord au Sud, de gré ou par choix imposé, nous subissons la réalité d’une seule et unique loi, celle du marché. Les idées scientifiques se vendent et s’échangent, les cerveaux, mais aussi les criées, sont l’exclusivité des pays nantis. Dans ce vaste souk de la science et des scientifiques, les Indiens ont la cote, les Maghrébins et les Africains viennent très loin derrière… » Bref, de conclure M. Gallali, sur cette planète mue par l'économie du savoir, tout se marchande et se négocie comme dans un souk, la convivialité en moins. Puisse la sympathique formule du souk des sciences jeter un brin de folie dans la sérieuse sphère de la transmission des savoirs...
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La Cité des sciences à Tunis : Pour poursuivre avec la thématique des déserts, nous vous proposons quelques sites qui conjuguent médiation des sciences et pays du Sud. La science du désert Mentors mentors Science au sud
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