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| Mots-clés : Musilab, Musique, informatique, science |
| L’aventure commence en 1987. Le Musilab gère alors les équipements de musique, les laboratoires, le studio d’enregistrement et la salle de spectacle du cégep de Drummondville. Lorsqu’on lui demande un nouveau logiciel de traitement musical, l’équipe décide plutôt de le créer. Elle vient ainsi de faire son premier pas sur le chemin de la recherche appliquée en musicologie. Le Musilab devient officiellement un Centre collégial de transfert de technologie (CCTT) en musique et son, reconnu par le Ministère de l’éduction en 1997. Depuis, sa mission s’est élargie avec les applications industrielles des ultrasons, par exemple, mais la musique reste au coeur de ses activités. |
Les
membres du Musilab sont à la fois des musiciens et des scientifiques.
Cette double expertise leur permet d’offrir des services comme celui
du diagnostic musical des instruments. « Ce diagnostic consiste
à décomposer sur ordinateur le son produit par un instrument,
explique Daniel Caron, coordonnateur du secteur électroacoustique
au Musilab. Grâce à cette information, les fabricants peuvent
modifier la conception d’un instrument pour supprimer une composante
du son ou en renforcer une autre. » Cette analyse quantitative
du son complète l’appréciation d’un instrumentaliste.
Le fabricant peut ainsi construire des instruments dont la qualité
sonore reste semblable de l’un à l’autre. |
| Pour pouvoir établir ces diagnostics, l’équipe du Musilab a dû mettre au point l’un de ses outils : le FPB25. Dans son boîtier plat, ce filtre très sélectif prévient la déformation du son lors de sa numérisation. Il élimine ce que Daniel Caron appelle les « fréquences fantômes » que le traitement mathématique de la numérisation ajoute au son réel. Il permet aussi de séparer les bruits parasites de hautes fréquences captés par le microphone comme le son du vent qui passe par une fente étroite. |
L’originalité
du FPB25 tient à sa conception mixte qui fait appel à l’analogique
et au numérique. Le premier garantit la rapidité de fonctionnement
de l’appareil. Cette vitesse permet, par exemple, au musicien de s’entendre
sans décalage par rapport à son jeu dans les écouteurs
quand il s’enregistre. Le second assure la précision du filtre
et compense pour le vieillissement des composantes analogiques au cours
du temps. « Nous réfléchissons à sa
commercialisation, déclare Marcel Boutin, directeur général
du Centre de transfert technologique. De façon générale,
au Musilab, nous voulons compétitionner les Américains et
les Asiatiques sur le marché québécois. »
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| Image tirée du site Un monde d’objets parlants |
Les membres du Musilab enregistrent aussi des sons pour les préserver. Le site internet qu’ils ont mis en ligne, Un monde d’objets parlants, contient des archives du patrimoine musical canadien. On y retrouve des pièces de musique traditionnelle qui remontent à l’époque des rouleaux de cire, une technologie de la fin du 19e siècle remplacée par le disque 78 tours dans les années 30. Amateurs d’Ovila Légaré ou de la Bolduc, ce site est ouvert à tous.
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