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| Vue de l’île de Bonaventure. Photo Parcours le monde / Amar, Boudin, Mouton |
| Mots-clés : Parcours le monde, école, science, médiation, France |
L’aventure de Marc Boudin débute en 2001. Jeune instituteur de 28 ans, en France, il élabore avec deux de ses amis une idée audacieuse, « un délire » : monter un projet qui permettrait à des élèves du primaire et du secondaire, de France et du Québec de communiquer et d’échanger leurs connaissances scientifiques. « Cette idée se voulait un formidable projet commun, une aventure scientifique hors de l’ordinaire », explique son créateur. Parcours le monde verra le jour grâce au développement d’Internet et d’appareils multimédias, tels que la vidéoconférence et la caméra numérique. « Afin de développer le concept, on a d’abord proposé un projet environnemental appelé À la rencontre du Québec, indique Marc Boudin. Puisqu’il est nécessaire de connaître l’histoire d’un pays pour expliquer le rapport de son peuple avec l’environnement, ce thème me semblait idéal. Il touchait à tous les aspects de la société. » |
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| Préparation des vélos avant le départ de Montréal. Photo Parcours le monde / Boissonnet |
La science à vélo Pendant un an, Marc Boudin et son équipe ont parcouru le Québec à vélo. Ils ont rencontré plusieurs intervenants de différents milieux scientifiques. L’équipe a pris des milliers de photos et cumulé des notes et des extraits vidéo qu’elle a ajoutés à la base de données de son site. Mais la médiation des sciences ne se contente pas d’un simple espace de rencontre virtuel. Elle pousse très vite les élèves et les enseignants à aller plus loin dans leur démarche. « Après la rencontre virtuelle, il fallait se rencontrer physiquement », constate M. Boudin. C’est ainsi qu’à plusieurs occasions, des classes françaises et québécoises ont traversé l’Atlantique pour découvrir in situ la culture scientifique étudiée chez leurs voisins d’outre-mer. |
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| En route vers Tadoussac. Photo Parcours le monde / Amar, Boudin, Mouton |
Le succès de la médiation À la fin du périple à vélo des trois comparses, à l’automne 2004, le succès de Parcours le monde est plus qu’encourageant : près de 800 enseignants sont inscrits sur le site. Parmi ceux-ci, des enseignants de France et du Québec bien sûr, mais aussi, fait plus étonnant, des professeurs d’une soixantaine d’autres pays. C’est à ce moment que Marc Boudin se rend compte du formidable potentiel de la médiation des sciences. Ce qui ne devait être qu’une aventure un peu folle prend de l’envergure : des réseaux de contacts d’enseignants et d’élèves se créent et des experts proposent leurs témoignages. Dénominateur commun à tous ces acteurs : la francophonie. « Au départ, la francophonie était un peu le fruit du hasard, note M. Boudin. Des instituteurs africains m’ont contacté et m’ont expliqué qu’il y avait une énorme demande de contenu multimédia en français un peu partout dans le monde, jusqu’en Australie », s’exclame-t-il. D’abord pédagogique, le projet devient coopératif : des associations sont sollicitées afin de fournir et d’acheminer du matériel informatique aux pays africains, souvent moins favorisés technologiquement. Marc Boudin et son équipe se rendent ensuite sur place pour aider les enseignants à développer les projets pédagogiques. |
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| Initiation à la vidéo à Niamey, au Niger. Photo Parcours le monde |
Des idées plein la tête Et la suite des choses? Marc Boudin a de nouvelles idées : poursuivre la coopération en Afrique, produire des documentaires réalisés par des jeunes et mettre sur pied une plateforme coopérative pour des étudiants francophones intéressés par la santé, la biodiversité, les arts et les cultures. Sans compter la poursuite de sa belle aventure Parcours le monde, qui fonctionne rondement. « Ce qu’on a fait ne nous appartient pas, ne nous appartient plus », constate-t-il. « Tant mieux si la médiation des sciences peut faire des petits, d’autres projets tels que Parcours le monde. On veut que les gens produisent des choses : on vise un échange et un dialogue. La médiation des sciences c’est une ouverture sur le monde! », conclut-il. |