Photos et vidéo : UQROP  
Mots-clés : oiseaux, Union québécoise pour la réhabilitation des oiseaux de proie, protection, vétérinaire
 

Chaque année, près de 350 oiseaux de proie sont blessés au Québec. Heureusement, l’Union québécoise pour la réhabilitation des oiseaux de proie veille sur eux. En développant un programme éducatif itinérant, l’organisme a trouvé un moyen original de financer les soins prodigués à ses protégés. Partons en tournée avec ses animateurs.

Une clinique pour patients ailés

En 1986, Guy Fitzgerald, étudiant à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal met sur pied une Clinique des oiseaux de proie à Saint-Hyacinthe. L’année suivante, il crée l’Union québécoise pour la réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP). Le but de l’organisme est de structurer un réseau de soins pour les oiseaux de proie sauvages trouvés par la population aux quatre coins du Québec. Les magnifiques volatiles recueillis sont soit blessés, malades ou trop habitués à la présence des gens, un comportement aussi nuisible pour les humains que pour les oiseaux.

En 1992, M. Fitzgerald lance un programme éducatif itinérant pour sensibiliser les jeunes tout en finançant les soins de ses protégés. « C’est une approche basée sur la stratégie mondiale de conservation de la nature de l’UNESCO. Notre but est d’éduquer afin de mieux protéger », explique le Dr Fitzgerald.

 
 

Biologistes en herbe

Les animateurs de l’UQROP, en majorité des biologistes ou des techniciens en santé animale, organisent des ateliers éducatifs dans les écoles pour permettre aux jeunes de découvrir les oiseaux de proie. Aux plus petits, ils enseignent les différentes parties du corps alors qu’avec les plus vieux, ils abordent le développement, la croissance, l’habitat, et la biologie.

Aux élèves du 3e cycle du primaire et du secondaire, les animateurs offrent un atelier intitulé Biologiste en herbe. « Après avoir mangé, les oiseaux de proie recrachent les os et les poils de leur prise sous forme de boulette, explique Sébastien Noël, animateur du programme éducatif itinérant. Avec les élèves, nous procédons à la dissection d’une boulette et nous reconstituons le squelette de la proie. Les jeunes adorent cette expérience », révèle-t-il.

 
 

Des rapaces en classe

Les animateurs n’arrivent pas seuls en classe. Deux oiseaux de proie vivants les accompagnent : une espèce diurne ou falconiforme, comme les aigles ou les faucons et une espèce nocturne ou strigiforme, comme les hiboux ou les chouettes. « C’est le clou du spectacle. Les enfants sont émerveillés à chaque fois », confie Sébastien Noël.

Les oiseaux de proie qui font la tournée des écoles ont le titre « d’ambassadeurs ». Ce sont majoritairement des spécimens habitués aux humains. « Ils ont été pris au duvet et gardés en captivité par des gens, ce qui est illégal », dénonce le Dr Fitzgerald. Puisque les élèves ne sont pas autorisés à s’approcher des ambassadeurs, l’animateur arrive muni de matériel biologique à manipuler : des pattes, des ailes et des crânes prélevés d’oiseaux qui n’ont pas survécu à leurs blessures. « On dépersonnalise les oiseaux pour que les élèves comprennent bien que ce sont des espèces sauvages. On ne révèle pas non plus leurs prénoms », précise l’animateur.

 
 

Faucon en parle

Pour les régions non desservies par les animateurs, l’UQROP a préparé une trousse pédagogique, Faucon en parle, à l’intention des professeurs. Le matériel peut être loué pour une durée de deux, quatre ou six semaines. Elle comprend un guide de l’enseignant, des photos, une planche de jeu, du matériel biologique à manipuler, une vidéo et un jeu de rôle qui vise à faire comprendre l’impact de l’aménagement du territoire sur les oiseaux de proie. « Les gens ne réalisent pas que si les oiseaux de proie vivent maintenant en milieu urbain, c’est parce que nous construisons sur leur propre territoire. Autrement dit, nous les envahissons », précise le Dr Fitzgerald.

 

Parrainer un oiseau… chouette!

L’UQROP a plus d’une plume dans son sac. Afin de recueillir des fonds pour ses protégés, elle propose des programmes de parrainage. « Une école a déjà organisé une collecte de bouteilles vides et un service de garde a organisé un marche-o-thon pour parrainer un oiseau de proie », raconte Guy Fitzgerald. Le principe est simple : plume de bronze pour l’adoption d’un petit spécimen, plume d’argent pour un oiseau de taille moyenne et plume d’or pour les plus gros volatiles. Autrement dit, plus l’oiseau est gros, plus il faut amasser de fonds. L’équipe qui parraine l’oiseau de proie reçoit une plume, un certificat d’adoption et des nouvelles de l’animal. L’argent permet la réhabilitation de l’oiseau et ultimement, sa remise en liberté.

 
 
Ce court vidéo nous présente le site de Chouette à voir !

Sous les volières

Pendant l’été, l’UQROP ouvre les portes de son site naturel, Chouette à voir!, situé à Saint-Jude. Il est possible de faire connaissance avec les oiseaux ambassadeurs et de visiter les volières. Les oiseaux de proie qui y habitent ont un handicap permanent et ne peuvent retourner vivre en liberté; ils constituent ce qu’on appelle « la collection ». Il s’agit de la plus grande collection d’oiseaux de proie du Québec. Les volières de réhabilitation abritent quant à elles des spécimens qui seront relâchés dans la nature une fois remis sur pied.

Grâce à son programme éducatif, l’UQROP a trouvé une façon chouette de faire découvrir le rôle important des oiseaux de proie dans l’équilibre des écosystèmes et de les protéger.


Laurence St-Pierre

Collaboration spéciale

 



Union québécoise pour la réhabilitation des oiseaux de proie : www.uqrop.qc.ca




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