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Les points cardinaux de la médiation
scientifique
« Le projet a pour objectif de mesurer la possibilité d’utiliser les technologies de l’information et des communications pour améliorer l’environnement éducatif des petites écoles de village et pour assurer l’égalité des chances à tous les enfants », explique Paul Inchauspé, expert-conseil au Centre francophone d’informatisation des organisations, organisme qui coordonne ce projet lancé il y a deux ans par le ministère de l’Éducation du Québec et le ministère du Développement économique et régional et de la Recherche. Trois établissements comptant moins de 100 élèves chacun ont donc été identifiés : les écoles Saint-Cœur-de-Marie (Rivière-à-Pierre, région de la Capitale-Nationale), Christ-Roi (Saint-Camille, Estrie), et Jacques-Rousseau (Radisson, Nord-du-Québec). Chacune s’est « mise en réseau » avec une école partenaire de son choix pour réaliser des activités communes, à distance. Parallèlement, une équipe de chercheurs de l’Université Laval et de l’Université McGill a étudié et analysé les enregistrements des interactions entre les écoles.
Concrètement, les enseignants des écoles partenaires ont conçu des projets en collaboration. Ils les ont ensuite réalisés au moyen d’outils technologiques disponibles sur Internet. Les équipes d’enfants pouvaient donc interagir les unes avec les autres de manière orale ou écrite, sur place ou à distance, et faire preuve d’une certaine autonomie sur les plans de la pensée et du fonctionnement. « Au cours de la dernière année scolaire, nous avons réalisé deux projets en réseau : l’un sur le thème des pirates et l’autre sur un Salon du livre, explique Catherine Giguère, enseignante de deuxième cycle à l’école primaire Christ-Roi. Mes élèves ont travaillé en équipe… mais ils ont attendus plusieurs semaines pour se rencontrer. » À l’école Jacques-Rousseau de Radisson, les projets réalisés en 2003-2004 ont porté sur la géographie et le français. « En collaboration avec l’école Les Compagnons-de-Cartier de Québec, nos élèves du premier cycle du secondaire ont étudié le conflit israélo-palestinien, alors qu’avec l’école La Porte-du-Nord, de Chibougamau, ils ont appris les rudiments de la construction d’une page Web », précise Hélène Dessureault, directrice de l’école.
Les bénéfices du projet sont nombreux. D’une part, il permet aux enseignants des petites écoles de vivre avec moins d’acuité l’isolement professionnel. « Nous vivons à 600 km de la localité la plus proche, explique Hélène Dessureault. Le fait d’offrir à nos profs la possibilité d’échanger avec des collègues qui travaillent dans d’autres commissions scolaires et qui vivent des réalités différentes a eu un effet certain sur leur motivation. » De plus, la participation au projet contribue à renforcer le sentiment d’appartenance de chacun à sa communauté. « Les jeunes sont fiers d’être à l’avant-garde de la technologie, souligne Paul Inchauspé. Ils se rendent compte que ce n’est pas parce qu’ils sont loin qu’ils sont isolés. Leur motivation s’en trouve donc décuplée. » Cet intérêt pour les études, Josée Roy, directrice de l’école Christ-Roi de Saint-Camille, l’a aussi remarqué chez ses élèves : « Durant la dernière année scolaire, le plaisir que nos jeunes prenaient à participer aux activités sautait aux yeux. Même le week-end, ils s’écrivaient des courriels. Les voir utiliser l’écrit, dans un contexte qui dépassait le cadre scolaire, était fantastique en soi. » Les enfants ont quant à eux retiré de leur participation une ouverture sur les autres et sur le monde. « À notre école, les jeunes font tout leur cours primaire avec le même groupe, précise Catherine Giguère. Le brassage d’idées se trouve donc restreint. Le travail d’équipe avec d’autres enfants et les possibilités d’échanges sont très intéressants et aussi très importants pour eux. »
Quelles conclusions les chercheurs tirent-ils de ces expériences? « École éloignée en réseau implique des changements sur plusieurs plans, mais le tout fonctionne, assure Paul Inchauspé. Pour beaucoup d’élèves, le projet se traduit même par une hausse des résultats scolaires. » Thérèse Laferrière, professeure au département des sciences de l’éducation de l’Université Laval et chercheure principale de la recherche-action École éloignée en réseau, confirme elle aussi le succès du projet. « Les résultats obtenus au cours des deux dernières années sont suffisamment convaincants pour que les deux ministères impliqués décident d’étendre le modèle à d’autres écoles. Dès l’automne 2004, dix nouveaux sites feront partie du projet. » De leur côté, les écoles-pilotes souhaitent aussi poursuivre l’aventure : « Après avoir tenté l’expérience avec des jeunes du secondaire, nous visons de travailler avec les plus jeunes, fait valoir Hélène Dessureault de l’école Jacques-Rousseau. Même si le projet demande de la souplesse tant au niveau de la commission scolaire que de la direction et des enseignants, il en vaut vraiment la peine…» Quant aux jeunes élèves qui, par l’intermédiaire du projet, ont goûté aux joies du travail en équipe – en plus de se faire de nouveaux amis – ils ne pourront plus jamais considérer les nouvelles technologies comme des outils abstraits et sans rapport avec leur quotidien.
Les écoles participantes au projet École éloignée en réseau ont utilisé différents outils pour réaliser leurs activités. Voici les trois principaux : iVisit : Il s’agit d’un système de visioconférence par Internet permettant la participation de plusieurs personnes simultanément. Knowledge Forum : Cet outil permet à l’enseignant de faire travailler les élèves en collaboration afin qu’ils élaborent ensemble des connaissances. ZAR : C’est une plateforme Web développée par la Commission scolaire des Sommets. Elle favorise la collaboration entre classes par le partage de documents grâce à un outil de clavardage.
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