De la science au centre d’achat


Les habitués du centre commercial Place Laurier de Sainte-Foy ont eu une drôle de surprise cet automne en découvrant, au détour d’un magasin de vêtements, une exposition de haut calibre à caractère scientifique. Des étudiants de maîtrise et de doctorat de l’Université Laval s’étaient en effet donnés rendez-vous pour la 2e édition du Lab-oratoire public, un concours de vulgarisation scientifique « sur le terrain ».

À l’origine de cette initiative, un constat simple : la population est très peu au courant de ce qui se trame au fond des labos des étudiants diplômés. Dans une ville universitaire comme Québec où les étudiants font partie du paysage urbain, il devenait important de rappeler au grand public que la connaissance n’est pas simplement le lot d’une poignée d’initiés.

Drôle d’endroit pour une rencontre

Mais pourquoi choisir d’exposer la science dans un centre d’achat? « Justement pour rapprocher les chercheurs du grand public et pour démontrer à ce dernier que la science peut avoir des retombées très concrètes pour chacun d’entre nous », répond Dana Cadeschi, de l’association étudiante l’Aeliès responsable de l’événement.

« Compte tenu des retombées sociales de la plupart des recherches, il est nécessaire de renouer le lien entre ceux qui font de la science et ceux qui en bénéficient, à savoir madame et monsieur tout le monde. Il est primordial d’interagir avec le grand public et de lui faire part de l’expertise que chaque étudiant a sur son projet de recherche », explique Mme Cadeschi.


En pratique, des étudiants oeuvrant dans le domaine de la médecine, du génie, de la théologie, des sciences sociales et de l’administration ont installé leurs pénates dans l’allée centrale du centre commercial. Une fois déballés kiosques et affiches, ils étaient fin prêts à répondre à toutes les questions, et à se faire évaluer par les cinq juges du concours selon des critères stricts : clarté de la communication, originalité du sujet, qualité de la démarche scientifique, retombées du projet, interaction de l’étudiant avec le public, etc.

« Au début, les passants étaient un peu surpris, ne sachant pas trop ce qui se passait et s’ils avaient le “droit” d’aller se promener parmi les kiosques et d’interagir avec les étudiants », explique Dana Cadeschi. Une fois passé l’effet inattendu de tant d’érudition dans un tel décor, ces visiteurs ont aussi eu la possibilité de désigner leur vainqueur.

En « spécial » cette semaine :
anatomie masculine

Aller chercher son public là où il ne s’y attendait pas, voici donc le secret de Lab-oratoire public. L’année dernière, il semble par exemple que certains messieurs, en plein milieu de leurs emplettes, aient bien apprécié la présentation et les conseils d’une étudiante travaillant sur la prévention du cancer de la prostate. « Ce n’est que lors d’un événement pareil que de telles rencontres peuvent avoir lieu. »

Et les avantages sont partagés. Du côté des étudiants, une prestation publique à l’extérieur des éternels colloques de spécialistes est le meilleur moyen de tester ses talents de communicateur et de découvrir le goût d’enseigner dans un contexte où, selon Dana Cadeschi, « beaucoup d’étudiants pensent davantage à se diriger vers le privé qu’à poursuivre une carrière de professeur à l’université ».

Résultat des courses, ils se sont presque tous fait dire qu’ils ont donné à leurs visiteurs le goût de retourner aux études ou d’inciter leurs enfants à poursuivre des études supérieures…


AF

 


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