Pluie de science www.spst.org/pluiedescience/1204 Version complète
Éditorial Je suis terriblement chanceuse : un inconnu m’a offert un cadeau. Le physicien espagnol Jorge Wagensberg, directeur du Musée des sciences de Barcelone, m’autorise à publier dans Pluie de science l’écho de ses réflexions sur la muséologie scientifique : une page pleine d’humour et d’intelligence originellement publiée dans le Courrier de l’UNESCO. Un simple geste de partage? C’est vrai. Mais qui illustre à merveille l’une des principales missions de notre magazine : créer des liens. Créer des liens, dans ce tout petit monde de la médiation scientifique. Créer des liens, dans ce vaste Québec où des centaines de kilomètres séparent parfois les villages des grands centres urbains plus choyés en matière d’accès à la culture. Créer des liens, pour consolider une communauté d’enseignants, de chercheurs et de personnes dévouées à la médiation des sciences, ici et ailleurs. Des liens entre les régions? Notre dossier régional mensuel est justement consacré à l’Abitibi-Témiscamingue, une « région éloignée » où, comme dit le poète, toutes les aurores sont boréales(1). Dans ce lieu de prédilection pour l’observation de l’histoire géologique et glaciaire du Québec, nous partirons à la chasse aux coraux au Centre thématique fossilifère du lac Témiscamingue, et nous nous laisserons guider par le choix des bibliothécaires de Rouyn-Noranda pour en savoir plus sur les trésors de la Terre. Des liens entre les gens? Pluie de science vous présente deux initiatives en forme de trait d’union entre les communautés : le projet québécois École éloignée en réseau, qui met les nouvelles technologies de la communication au service des petites écoles de moins de 100 élèves, et une exposition itinérante française qui crée des ponts entre les villes et les campagnes. Ce dernier numéro de l’année 2004 nous mènera aussi à la rencontre de l’Innovatrice Véronique Martel, une biologiste qui partage son amour des sciences avec des enfants malades, à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal. Enfin, notre série La face cachée de la science nous entraînera dans une réflexion sur l’impact des progrès technologiques sur le quotidien des personnes à l’origine de ces avancées : les scientifiques eux-mêmes. De quoi, nous l’espérons, vous inspirer pour 2005! Au nom de toute l’équipe de la SPST, je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année. J’en profite pour vous présenter ma collègue Vanessa Quintal, à qui la nouvelle maman que je suis devenue passe la barre du magazine pour les prochains numéros. N’hésitez pas à nous envoyer vos commentaires et suggestions (vq@spst.org). Bonne lecture! Anne Fleischman 1. Serge Bouchard, L’homme descend de l’ourse : Éloge de l’Abitibi, 1998. ***
La face cachée de la science C’est un peu l’histoire du serpent qui se mord la queue. Les progrès scientifiques font bondir en avant les nouvelles technologies, qui à leur tour font évoluer la recherche scientifique, dans un mouvement d’entraînement sans fin. Si chacun d’entre nous peut, dans la mesure de ses connaissances, mesurer l’impact des progrès technologiques sur sa vie de tous les jours, comment les scientifiques eux-mêmes vivent-ils au quotidien ces petites et grandes révolutions? Témoignage.
Hémato-oncologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), Anne-Marie Nutini côtoie le cancer depuis plus de 30 ans et travaille au laboratoire d’hématologie de l’hôpital Saint-Luc. Cette figure incontournable de la cancérologie québécoise, née au Vietnam, partage son temps entre l’enseignement, la recherche clinique et la dispensation des soins. « Quand j’ai commencé à pratiquer la médecine, les échographies n’existaient pas. Le scanner et la résonance magnétique étaient inconnus, la médecine nucléaire en était à ses débuts. On étudiait les cellules du sang ou des tissus à travers nos microscopes. On utilisait des colorants sur les cellules pour déterminer le type de cancer. Aujourd’hui, on est entré dans l’ère de la médecine moléculaire et on pousse la caractérisation des tissus de plus en plus loin. » Avec les nouveaux appareils, les médecins sont aujourd’hui capables de faire la distinction entre des cellules tueuses et de simples lymphocytes. En recherchant les antigènes à la surface d’une cellule cancéreuse, ils sont à même d’adopter des traitements qui ciblent spécifiquement les sites en cause et non la cellule dans son ensemble.
Les spectaculaires avancées technologiques dans le domaine médical ont également un impact important sur les modes d’intervention auprès des patients. « Les investigations médicales sont devenues beaucoup plus spécifiques et moins radicales. Des personnes dont on devait jadis ouvrir le corps pour prélever un morceau de tissu à des fins d’analyse n’ont plus à passer par cette étape très douloureuse. On procède à cette biopsie en radiologie, sous échographie ou sous scanner. » Dre Nutini met toutefois un bémol à l’enthousiasme ambiant. « Les tests qui appartenaient auparavant au domaine de la recherche et qui sont entrés dans la pratique courante sont de plus en plus sophistiqués et de plus en plus onéreux. Nous sensibilisons d’ailleurs le corps médical à ne pas les utiliser à tort et à travers. Il faut savoir ce que l’on cherche avant de commander un test, sinon ça ne sert à rien. Par ailleurs, les réponses médicales ne suivent pas toujours l’avancée fulgurante des machines. C’est bien beau d’avoir une idée de plus en plus précise des anomalies tissulaires que présente un patient, mais encore faut-il avoir les médicaments et/ou interventions médicales adaptées et trouver les bons mots pour rassurer des interlocuteurs de plus en plus informés. »
Société de l’information oblige, Dre Nutini se voit aujourd’hui « contrainte » d’expliquer de plus en plus souvent les traitements suggérés à ses patients et de justifier ses choix de thérapeute. Un cours de médecine 101 pour des gens hyper informés qui n’hésitent pas à surfer sur Internet pour mieux comprendre de quoi ils souffrent et les solutions dont ils disposent… Mais Internet, Anne-Marie Nutini l’utilise elle aussi beaucoup pour ses propres recherches. « J’ai de moins en moins de filières dans mon bureau et j’utilise les nombreux moteurs de recherche disponibles sur le Net. Avec un code personnel qui m’identifie comme médecin, je peux consulter des sites comme GEOQ, une des références québécoises en matière d’oncologie, qui propose des guides thérapeutiques et des protocoles chimiothérapiques standards dans sa section réservée aux professionnels. On peut aussi s’abonner aux versions électroniques d’un certain nombre de revues spécialisées… Même si c’est moins agréable que le papier! »
Anne-Marie Nutini, qui a pris en marche le train des nouvelles technologies, apprécie aussi de ne plus se déplacer à tout bout de champ pour échanger avec ses pairs (le CHUM à lui seul possède trois entités et plusieurs pavillons éloignés les uns des autres). « Je me sers régulièrement des courriels pour communiquer avec mes collègues, qu’ils soient au CHUM ou en région. Nous pouvons ainsi partager nos expertises et échanger nos points de vue sur des cas complexes sans avoir à se téléphoner à n’importe quelle heure. Nous y gagnons en temps et en efficacité. Par ailleurs, un système extrêmement sophistiqué nous permet maintenant de visualiser le dossier du patient à l’écran, ainsi que les résultats des tests effectués en laboratoire, ses rendez-vous, etc. Les films de rayon X ont totalement disparu de la circulation. Désormais, on consulte les radios sur l’ordinateur. De plus, une interprétation à distance est possible entre les hôpitaux du CHUM, mais aussi entre certains autres hôpitaux au Québec. » Et si l’ordinateur plante? Dre Nutini sourit à la question. « On est bloqué car on ne peut plus revenir au travail à la mitaine! Mais ça ne dure pas : un système de secours prend vite le relais. » Et elle me fait remarquer que son bureau est frais car il est proche des salles climatisées renfermant les appareils de mesure. Ceux-ci ont besoin d’une température basse pour ne pas surchauffer. « Les machines sont plus chouchoutées que les bipèdes », lance-t-elle le regard rieur, avant de retourner à ses humains pour la dernière tournée de la journée.
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Les points cardinaux de la médiation
scientifique Incursion dans le monde de la muséologie scientifique. Dans son texte, M. Jorge Wagensberg, physicien espagnol et directeur du Musée de la science de la Fondation La Caixa (Barcelone), nous invite à poser un regard neuf sur l’art d’exposer les sciences. On le verra : la vérité sort de la bouche des enfants…
J’emboîte le pas d’un jeune père et de son fils de sept ans. Ils s’arrêtent devant une plante singulière, Mimosa pudica, qui replie ses feuilles lorsque quelqu’un la touche. « Tu as vu comment elle réagit? », demande le père. « Ah! Mais… C’est pour de vrai ou pour de rire? », reprend l’enfant, qui s’entend répondre aussitôt : « C’est pour de vrai, voyons, c’est évident! » Je les suis jusqu’à une maquette de la forêt amazonienne où sont simulées, en 10 minutes, 24 heures de la vie de la forêt, y compris une forte tempête avec un appareillage électrique, une pluie drue, un arc-en-ciel, etc. En plein spectacle, l’enfant lève les yeux, bouche bée et demande : « Dis, ça, c’est pour de vrai ou pour de rire? » Et le père répond : « Pour de rire, enfin! Tu ne vois pas? » Quelques minutes plus tard, ils s’arrêtent devant une scène d’archéologie sous-marine. Dans un gigantesque aquarium, on voit la cabine de commandement d’un navire coulé. D’énormes murènes nagent entre les meubles. J’écoute à nouveau leur dialogue : L’enfant : C’est des vraies. N’est-ce
pas? Le questionnement métaphysique de l’enfant – différencier réalité et modèle, expérience et théorie, représentation de la chose et « chose en soi » – est beaucoup plus pertinent que ne semble l’admettre le père. D’ailleurs, ces questions recoupent un débat crucial pour les musées : quand présenter un objet réel? Quand recourir à une simulation? Peut-on combiner les deux? Jusqu’ici, tout le monde s’entend au moins sur ce que les musées scientifiques doivent bannir : réduire les expositions à un livre dont les pages ont été suffisamment agrandies pour que le visiteur puisse les voir de loin; éviter l’amoncellement de vidéos et d’ordinateurs qui transforment les galeries en succursales de magasins d’électronique; ne pas réduire les démonstrations en tout genre à de simples maquettes. Trop souvent, pourtant, la muséographie succombe à l’un de ses vices : elle oublie la priorité imprescriptible de la réalité. À l’école, les conférences et les séminaires s’appuient d’abord sur la parole; le cinéma et la télévision sur l’image; les livres et les revues sur le mot écrit. De la même manière, les musées et les expositions doivent se centrer sur l’objet ou l’événement réel. C’est cette promesse de réalité qui incite le public à se rendre au musée. Ces dernières années, les musées des sciences ont, plus que tous les autres, fait évoluer leurs contenus, leurs méthodes et leur engagement envers les usagers. Ils ont pris pour devise : « Défense de ne pas toucher ». Ils sont passés de la vitrine à l’expérimentation, d’un point de vue académique à une approche plus littéraire et, surtout, ils ont cessé de privilégier la vue pour mettre en jeu les cinq sens.
Je tire une leçon de mes promenades : il reste beaucoup de chemin à parcourir pour que les jeunes s’approprient le musée. L’hiver dernier, j’ai surpris une petite fille de six ans à peine qui lançait des cailloux contre le kiosque en bois d’un marchand de glaces, fermé à cette époque de l’année. Je me suis approché d’elle alors qu’elle s’apprêtait à lancer un nouveau projectile. Honteuse, elle a lâché la pierre et fixé ses pieds. Devant ma présence obstinée et silencieuse, elle a levé les yeux vers le kiosque, puis elle m’a regardé et m’a demandé : « C’est à toi? » Les jeunes prendront soin des objets que le musée leur offre s’ils se les approprient. Et bien que ce ne soit pas facile, une façon d’y arriver est de créer des stimulations. Dans un musée scientifique, les bonnes stimulations exigent un mélange savant d’ingrédients manuels, émotionnels et intellectuels. Voici quelques exemples. Il m’est arrivé de suivre un enfant de dix ans qui s’approchait du grand terrarium du musée, où se trouve un module intitulé « Le repos invisible ». À l’intérieur, dans un amalgame de matériaux naturels – feuillages, terre, racines – vivent deux ou trois douzaines d’insectes-bâtons (Extatosoma tiaratum). D’abord, l’enfant ne voit rien. Frustré, il doit penser qu’il s’agit d’une plaisanterie ou d’un module en préparation. Puis son regard tombe sur une pancarte qui indique : « Ici, vivent 30 grands insectes ». Moue perplexe de l’enfant : autant d’insectes dans un espace aussi réduit, comment ne voit-il rien? Soudain, il les identifie. Un premier, puis deux, puis trois. Son visage s’illumine. Ses yeux regardaient les insectes mais son cerveau ne les distinguait pas. C’est l’interaction émotionnelle. Après cette première mise en route, l’enfant, comme les autres visiteurs, est absorbé dans un enchaînement d’expériences sur la perception. Près du terrarium, à travers une fenêtre, on aperçoit un nuage de points distribués de façon aléatoire sur un plan. Impossible de cerner la moindre logique dans leur disposition. Mais, si l’on actionne une commande, certains points bougent et le dessin d’un animal apparaît. C’est un cas d’interactivité manuelle pure : avec l’action, l’animal apparaît; lorsqu’elle cesse, il disparaît au nez et à la barbe du visiteur. Ce phénomène stimule l’imagination, il permet de se rappeler que beaucoup de proies adoptent une stratégie d’immobilité totale même quand le souffle du prédateur est horriblement proche. Appliquée à la vie de tous les jours (pourquoi agiter la main quand nous voulons appeler ce serveur qui s’est fait une spécialité de ne rien voir?), l’expérience permet d’expliquer en quoi consiste l’interactivité mentale, grâce à laquelle le visiteur établit des analogies et parvient à réinterpréter des expériences antérieures. Plus encore que de conserver un patrimoine, informer, former ou même enseigner, un musée moderne doit avant tout s’efforcer de créer des stimulations de ce type, à partir d’objets et de phénomènes réels. Ainsi, l’usager peut éprouver lui-même les émotions du scientifique, un homme qui ne poursuit ni le bien ni le mal de l’humanité mais qui, comme tout citoyen, a besoin de produire du savoir sur le monde pour pouvoir partager le plus possible sa solitude cosmique. Pour cela, il recourt à une forme particulière de dialogue avec la nature : l’expérimentation. Voilà donc définie la vocation du musée des sciences : aider le visiteur à plonger, tel un scaphandrier, dans les émotions du scientifique.
Mon expérience de directeur-espion m’a conduit à écouter les enfants et à en tirer des leçons. Il nous reste toujours quelque chose à apprendre de ceux qui sont en train d’apprendre. Notre musée s’adresse à tout le monde, sans distinction d’âge ou de formation. Mais certaines idées, formulées par les plus jeunes, ont une validité universelle. Il est donc nécessaire de prêter attention à leur voix. À cette réflexion, par exemple, que j’ai entendue à la sortie de la grande salle d’expositions temporaires. Je croise une mère accompagnée de ses deux enfants, âgés de cinq et dix ans. L’aîné, impatient, marche à vive allure : « Maman, maman, qu’est-ce qu’il y a en Amazonie? » « Tu vas le voir tooouuuuut de suite, répond la maman. Reste tranquille, si ça se trouve tu vas être déçu, tu sais. » Et, dans le fond, d’une voix à peine perceptible, j’entends le cadet qui demande: « Maman, c’est quoi être déçu? » Source : http://www.unesco.org/courier/2000_12/fr/education.htm Avec autorisation de l’auteur. M. Jorge Wagensberg est directeur du Musée de la science de la fondation La Caixa, à Barcelone (Espagne).
Inauguré en 1981, le Musée de la science de la Fondation La Caixa de Barcelone est le premier du genre en Espagne. Son objectif principal est de diffuser la science et la technique en direction du grand public, particulièrement des étudiants. Au service de la vulgarisation scientifique, il facilite le contact entre les professionnels de la science, le monde de l’enseignement et les institutions scientifiques. Il dispose d’une surface de 7 000 mètres carrés, que les travaux en cours vont porter à 30 000. ***
Les points cardinaux de la médiation
scientifique
« Le projet a pour objectif de mesurer la possibilité d’utiliser les technologies de l’information et des communications pour améliorer l’environnement éducatif des petites écoles de village et pour assurer l’égalité des chances à tous les enfants », explique Paul Inchauspé, expert-conseil au Centre francophone d’informatisation des organisations, organisme qui coordonne ce projet lancé il y a deux ans par le ministère de l’Éducation du Québec et le ministère du Développement économique et régional et de la Recherche. Trois établissements comptant moins de 100 élèves chacun ont donc été identifiés : les écoles Saint-Cœur-de-Marie (Rivière-à-Pierre, région de la Capitale-Nationale), Christ-Roi (Saint-Camille, Estrie), et Jacques-Rousseau (Radisson, Nord-du-Québec). Chacune s’est « mise en réseau » avec une école partenaire de son choix pour réaliser des activités communes, à distance. Parallèlement, une équipe de chercheurs de l’Université Laval et de l’Université McGill a étudié et analysé les enregistrements des interactions entre les écoles.
Concrètement, les enseignants des écoles partenaires ont conçu des projets en collaboration. Ils les ont ensuite réalisés au moyen d’outils technologiques disponibles sur Internet. Les équipes d’enfants pouvaient donc interagir les unes avec les autres de manière orale ou écrite, sur place ou à distance, et faire preuve d’une certaine autonomie sur les plans de la pensée et du fonctionnement. « Au cours de la dernière année scolaire, nous avons réalisé deux projets en réseau : l’un sur le thème des pirates et l’autre sur un Salon du livre, explique Catherine Giguère, enseignante de deuxième cycle à l’école primaire Christ-Roi. Mes élèves ont travaillé en équipe… mais ils ont attendus plusieurs semaines pour se rencontrer. » À l’école Jacques-Rousseau de Radisson, les projets réalisés en 2003-2004 ont porté sur la géographie et le français. « En collaboration avec l’école Les Compagnons-de-Cartier de Québec, nos élèves du premier cycle du secondaire ont étudié le conflit israélo-palestinien, alors qu’avec l’école La Porte-du-Nord, de Chibougamau, ils ont appris les rudiments de la construction d’une page Web », précise Hélène Dessureault, directrice de l’école.
Les bénéfices du projet sont nombreux. D’une part, il permet aux enseignants des petites écoles de vivre avec moins d’acuité l’isolement professionnel. « Nous vivons à 600 km de la localité la plus proche, explique Hélène Dessureault. Le fait d’offrir à nos profs la possibilité d’échanger avec des collègues qui travaillent dans d’autres commissions scolaires et qui vivent des réalités différentes a eu un effet certain sur leur motivation. » De plus, la participation au projet contribue à renforcer le sentiment d’appartenance de chacun à sa communauté. « Les jeunes sont fiers d’être à l’avant-garde de la technologie, souligne Paul Inchauspé. Ils se rendent compte que ce n’est pas parce qu’ils sont loin qu’ils sont isolés. Leur motivation s’en trouve donc décuplée. » Cet intérêt pour les études, Josée Roy, directrice de l’école Christ-Roi de Saint-Camille, l’a aussi remarqué chez ses élèves : « Durant la dernière année scolaire, le plaisir que nos jeunes prenaient à participer aux activités sautait aux yeux. Même le week-end, ils s’écrivaient des courriels. Les voir utiliser l’écrit, dans un contexte qui dépassait le cadre scolaire, était fantastique en soi. » Les enfants ont quant à eux retiré de leur participation une ouverture sur les autres et sur le monde. « À notre école, les jeunes font tout leur cours primaire avec le même groupe, précise Catherine Giguère. Le brassage d’idées se trouve donc restreint. Le travail d’équipe avec d’autres enfants et les possibilités d’échanges sont très intéressants et aussi très importants pour eux. »
Quelles conclusions les chercheurs tirent-ils de ces expériences? « École éloignée en réseau implique des changements sur plusieurs plans, mais le tout fonctionne, assure Paul Inchauspé. Pour beaucoup d’élèves, le projet se traduit même par une hausse des résultats scolaires. » Thérèse Laferrière, professeure au département des sciences de l’éducation de l’Université Laval et chercheure principale de la recherche-action École éloignée en réseau, confirme elle aussi le succès du projet. « Les résultats obtenus au cours des deux dernières années sont suffisamment convaincants pour que les deux ministères impliqués décident d’étendre le modèle à d’autres écoles. Dès l’automne 2004, dix nouveaux sites feront partie du projet. » De leur côté, les écoles-pilotes souhaitent aussi poursuivre l’aventure : « Après avoir tenté l’expérience avec des jeunes du secondaire, nous visons de travailler avec les plus jeunes, fait valoir Hélène Dessureault de l’école Jacques-Rousseau. Même si le projet demande de la souplesse tant au niveau de la commission scolaire que de la direction et des enseignants, il en vaut vraiment la peine…» Quant aux jeunes élèves qui, par l’intermédiaire du projet, ont goûté aux joies du travail en équipe – en plus de se faire de nouveaux amis – ils ne pourront plus jamais considérer les nouvelles technologies comme des outils abstraits et sans rapport avec leur quotidien.
Les écoles participantes au projet École éloignée en réseau ont utilisé différents outils pour réaliser leurs activités. Voici les trois principaux : iVisit : Il s’agit d’un système de visioconférence par Internet permettant la participation de plusieurs personnes simultanément. Knowledge Forum : Cet outil permet à l’enseignant de faire travailler les élèves en collaboration afin qu’ils élaborent ensemble des connaissances. ZAR : C’est une plateforme Web développée par la Commission scolaire des Sommets. Elle favorise la collaboration entre classes par le partage de documents grâce à un outil de clavardage. ***
Ça se passe près de chez
vous – en vedette : Des fossiles en Abitibi
En exhibant ses plus beaux fossiles coralliens, Coraux, la plus récente présentation du volet « Fossiles de par le monde » de l’exposition permanente du Centre thématique fossilifère du lac Témiscamingue, joue la note de l’exotisme et de l’insolite. On y apprend par exemple que la région a été exposée, il y a plusieurs millions d’années, à un climat tropical.
Outre les coraux, plusieurs autres précieuses reliques d’un passé lointain peuvent être observées ou directement recueillies sur les différents sites d’exploration de ce centre d’interprétation. Brachiopodes, nautiloïdes et autres gastéropodes vieux de plus de 420 millions d’années comptent parmi les hôtes fossilisés les plus couramment rencontrés par les visiteurs. Chaque année, de mai à octobre, de nombreuses autres expositions et activités d’animation sont accessibles. Parmi les plus populaires : les safaris-fossiles lors desquels les visiteurs se transforment en apprentis paléontologistes. Andrée Nault, directrice de l’institution, en est toujours émerveillée. « Il faut voir ces gens travailler minutieusement, dégager les fossiles des minces plaques de roche avec leurs mains. Ils font beaucoup d’efforts… Mais ils adorent ça! » À ces excursions, s’ajoutent des activités ludiques destinées aux plus jeunes, permettant aux parents de visiter le centre en toute quiétude, et des ateliers pour groupes scolaires où différents aspects de la paléontologie sont abordés selon les niveaux.
Depuis quelques années, le Centre thématique fossilifère tend à explorer de nouveaux horizons, et son implication auprès de la population du Témiscamingue se fait de plus en plus sentir. Et il y en a pour tous les goûts : des ateliers scientifiques pour les classes du primaire, des activités d’animation sur la physique et les mathématiques pour les élèves du secondaire, et des conférences grand public. « Un musée en région éloignée doit être non seulement un attrait touristique, mais également un lieu où la culture locale s’exprime. C’est à ce prix que la population s’y identifiera et y apportera sa contribution et son support. Il est un élément essentiel pour dynamiser le milieu, garder les jeunes en région en offrant des premiers emplois stimulants, et proposer des loisirs de qualité aux retraités de plus en plus nombreux », explique Andrée Nault. Le Centre thématique fossilifère du lac Témiscamingue rayonne maintenant bien au-delà de sa région de naissance : des collaborations régulières ou ponctuelles sont mises sur pied avec différents centres de recherche du Québec et de l’Ontario. Qu’il s’agisse d’étudier la paléontologie des insectes (Université Laval), d’initier les étudiants à la paléontologie par le biais d’une fouille annuelle (Université de Sudbury) ou même de recenser les différentes salamandres du Témiscamingue (Écomuseum de Sainte-Anne-de-Bellevue), l’intérêt suscité par ce centre d’interprétation ne se dément plus. En bref, le centre offre une occasion en or de s’initier, à l’école ou en famille, au monde fascinant de la paléontologie sur un site fossilifère exceptionnel. Et puis, comme le murmure Madame Nault… « C’est moins loin que la Gaspésie! »
Accès à sa fiche d’identification dans Kaléidoscope : http://www.spst.org/servlet/FicheProducteur?producteurs_id=104 ***
Ça se passe près de chez vous
– en vedette : Des fossiles en Abitibi
Les fossiles. Un superbe site belge
extrêmement complet sur les fossiles. En voyage avec Gulliver le dinosaure. Des photos, des jeux et un scénario pédagogique sur la fouille, pour les élèves du primaire. http://iquebec.ifrance.com/aip200dino/ Comment sont réalisées les datations de roches et de fossiles? http://www.cybersciences.com/cyber/2.0/q1858.asp Découverte d’un embryon de ptérosaure. Des chercheurs chinois ont découvert un embryon fossile de ptérosaure, spécimen unique à ce jour. http://www.cybersciences.com/cyber/3.0/n3496.asp Pointe-à-Callière. Dans sa section jeux interactifs, le musée Pointe-à-Callières propose trois sites pour jouer à l’archéologue. Une manière ludique de s’approprier l’histoire. http://www.pacmusee.qc.ca/index.html Musée des civilisations. Cette section du site du Musée canadien des civilisations est réservée aux enseignants et leur fournit une sélection de matériel didactique et de ressources pédagogiques conçus par la Société du Musée canadien des civilisations. http://www.civilisations.ca/educat/educatf.html Musée des civilisations, bis. De superbes illustrations et un contenu très bien vulgarisé vous mèneront notamment sur les traces des civilisations du Nord canadien. http://www.civilisations.ca/archeo/archeof.asp Centre d’histoire et d’archéologie de la Métabetchouane. Des situations d’apprentissage et des jeux pour se familiariser avec la rencontre des Amérindiens et des Européens en Nouvelle-France. http://www.digicom.qc.ca/~cham/ Grands sites archéologiques. Pour tous ceux qui veulent partir en promenade dans les plus grands sites archéologiques du monde, ce site est la porte d’entrée idéale. http://www.culture.gouv.fr:80/culture/exp/archeo.htm ***
Ça se passe près de chez
vous – en vedette :
Atlas des fossiles et minéraux Fossiles et roches L’encyclopédie des fossiles L’énigme des fossiles Le monde des fossiles Les combustibles fossiles Les fossiles Les minéraux et les fossiles en 1000
photos ***
Ça se passe près de chez vous
– en vedette : Des fossiles en Abitibi Remonter le temps, comprendre qui sont nos ancêtres… Des questions qui sont au cœur même du questionnement humain. Heureusement, il existe mille et une activités disponibles aux quatre coins du Québec pour s’initier à cette discipline passionnante qu’est l’archéologie. Le dossier thématique
de Kaléidoscope : ***
Ça se passe près de chez vous
– en vedette : Des fossiles en Abitibi C’est vrai, il y a moins de producteurs d’outils en science et technologie en Abitibi-Témiscamingue et en Outaouais que dans la région montréalaise. Mais quelle diversité dans l’offre! Et quel dynamisme! Laissez-vous charmer… D’un seul coup d’œil, le tableau suivant vous permettra de repérer les activités qui correspondent le mieux à vos besoins. Cliquez sur le titre de l’outil pour accéder directement à sa fiche d’identification dans la banque de données Kaléidoscope.
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| Producteur | Outils | Typologie | Date | Clientèle |
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Primaire |
Secondaire |
Cégep |
Grand
Public |
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| Association des astronomes amateurs de l'Abitibi-Témiscamingue |
Astronomie en ligne | Site Internet |
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Observation du ciel |
Matériel d'observation du ciel |
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Réunion mensuelle |
Réunion |
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| Centre thématique fossilifère du lac Témiscamingue |
200 millions d'années avant les dinosaures |
Exposition itinérante interactive |
En tout temps |
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Festival de science en famille |
Festival |
Juin 2005 |
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La Terre qui tremble |
Exposition itinérante interactive |
En tout temps |
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Météo, quand tu nous tiens |
Exposition permanente |
En tout temps |
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Safaris-fossiles |
Excursion |
À partir du 24 juin 2005 pendant tout l’été |
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Techno-sciences en herbe |
Exposition itinérante interactive |
En tout temps |
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| Conseil du loisir scientifique de l’Abitibi-Témiscamingue |
Animations volantes |
Animation volante |
1er septembre 2004 au 23 juin 2005 |
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Atelier Les Débrouillards |
Atelier d’animation |
4 septembre 2004 au 29 mai 2005 |
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Camp de jour |
Camp de sciences |
Consulter le producteur |
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Défi apprenti génie, finale régionale de l'Abitibi-Témiscamingue |
Compétition |
19 mars 2005 |
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Défi génie inventif, finale régionale de l'Abitibi-Témiscamingue |
Compétition |
Mars 2005 |
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Expo-sciences, finale régionale de l'Abitibi-Témiscamingue |
Concours |
17 mars 2005 au 20 mars 2005 |
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Fêtes d'enfants |
Animation d’événements |
En tout temps |
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Science et Technologie |
Salon |
Mars 2005 |
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| Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue |
Les Fureteurs |
Trousse pédagogique |
En tout temps |
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| Commission scolaire au Coeur-des-Vallées |
P.I.S.I.C.U.I. |
Guide pédagogique |
En tout temps |
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| Partenariat école-industrie |
Film Vidéo VHS |
En tout temps | |
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| Conseil du loisir scientifique de l'Outaouais |
Animations parascolaires |
Animation scientifique |
1er septembre 2004 au 23 juin 2005 |
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Animations volantes |
Animation volante |
1er septembre 2004 au 23 juin 2005 |
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Camp de jour - semaine de relâche |
Camp de jour |
Mars 2005 |
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Défi génie inventif, finale régionale de l'Outaouais |
Compétition |
Mai 2005 |
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Expo-sciences Bell, finale régionale de l'Outaouais |
Concours |
Mars 2005 |
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Les apprentis Débrouillards |
Animation scientifique |
En tout temps |
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Samedi, ça me dit! |
Animation scientifique |
Octobre 2004 à juin 2005 |
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Étincelles pédagogiques en sciences au collégial |
Recueil d’activités |
En tout temps |
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Formation pratique à l'expérimentation assistée par ordinateur en biologie et en chimie |
Atelier de formation |
Contacter le producteur |
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Initiation à l'expérimentation assistée par ordinateur en physique |
Atelier de formation |
Contacter le producteur |
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Maple enfin accessible! |
Atelier de formation |
Contacter le producteur |
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Quantum d'information |
Bulletin électronique |
En tout temps |
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S'approprier Interactive Physics 2000 : conception de simulations en physique mécanique |
Atelier de formation |
Contacter le producteur |
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Saut quantique en ligne |
Site Internet |
En tout temps |
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Sortir des sentiers battus |
Concours |
Mai 2004 à octobre 2004 |
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| Producteur | Outils | Typologie | Date | Préscolaire |
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Cégep |
Grand
Public |
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Secondaire |
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Des scientifiques en or
Une vérité qui rejoint toutes les clientèles : adultes et enfants. À la maison, au musée, à l’école ou à la bibliothèque. Mais pour Véronique Martel et plusieurs de ses collègues du programme des Innovateurs, la culture scientifique a aussi sa place à l’hôpital. Pour la troisième année, cette entomologiste dotée d’un cœur gros comme ça prend son ordinateur sous un bras, ses vitrines d’insectes sous l’autre, et visite les écoles primaires et l’hôpital pour enfants Sainte-Justine de Montréal.
Sa passion pour l’entomologie a débuté lorsqu’elle était enfant. D’abord fascinée par l’intelligence de la pieuvre – mais « ce n’est pas un animal très courant au Québec » – Véronique Martel se tourne vers les invertébrés : « C’est si petit, et pourtant si complexe! » Collectionneuse d’insectes, sa fierté se teinte de tendresse quand elle vous montre ses vitrines. Son atelier, « Ne vous fiez pas aux apparences », porte sur la capacité de mimétisme. En classe, ses photos impressionnantes où les insectes se fondent littéralement dans le décor remportent toujours un franc succès. Quand elle dévoile ses vitrines de spécimens naturalisés, les enfants sont plus curieux qu’effrayés : « Oh, bien sûr, il y a quelques fois une petite réaction de “beurk”, mais qui ne dure pas. » Parfois, elle apporte avec elle des insectes vivants prêtés par le laboratoire du Centre de recherche et de développement en horticulture de Saint-Jean, où elle fait son doctorat. À Sainte-Justine, Véronique intervient auprès de petits groupes de sept ou huit enfants hospitalisés en psychiatrie. Elle reconnaît que l’expérience est un peu plus difficile : les enfants peuvent être agités et avoir des réactions imprévisibles ou surprenantes. « Mais il suffit d’en être prévenue, dit-elle. Pour moi, même malade, un enfant reste un enfant. » Ici, les jeunes travaillent différemment. « Avant l’atelier, ils réalisent une bande dessinée qui met en scène deux insectes. Je pars de ces personnages pour leur raconter mes histoires. Je suppose que l’atelier les sort de leur quotidien pendant quelques instants, et j’espère que ça leur fait du bien. » Bénévole comme tout Innovateur (et ça étonne les professeurs), Véronique reconnaît que la préparation d’un atelier n’est pas toujours chose facile : il faut tout organiser, transporter son matériel, l’ordinateur, les vitrines d’insectes… Elle l’avoue : oui, parfois, c’est un peu dur de se mettre en route. Mais le plaisir qu’elle donne et qu’elle reçoit la récompense au centuple. « Dès que j’arrive dans l’école, je suis vraiment heureuse et je retrouve le même enthousiasme à chaque fois. Pour les enfants, je pense que le fait que quelqu’un vienne de l’extérieur est une chose intéressante : je ne suis pas enseignante, ma méthode de travail est différente et je présente quelque chose de nouveau, aussi les enfants sont-ils attentifs. Les professeurs posent également beaucoup de questions : certains se tiennent au fond de la classe et lèvent la main! Finalement, j’apprends autant aux jeunes qu’aux adultes… » Ne vous fiez pas aux apparences, Véronique Martel a tout du savant fou : la passion de la recherche, la soif de connaissance, et une curiosité intellectuelle insatiable. À cette différence près : animée d’une immense générosité à faire partager son savoir, elle sait ouvrir toute grande la porte de son laboratoire… et faire briller les yeux des enfants. Ne vous fiez pas aux apparences! Les insectes sont trompeurs, facétieux, ingénieux;
ainsi, pour se défendre de tous les dangers, certains n’hésitent
pas à endosser les couleurs de l’environnement dans lequel
ils se trouvent, jusqu’à s’y confondre, et le caméléon
fait alors figure de débutant ! Imaginez : des papillons qui
se prennent pour des feuilles mortes, des phasmes capables d’imiter
des branches d’arbuste, des mouches qui se déguisent en guêpes
pour faire croire qu’elles sont méchantes… ***
Des scientifiques en or
Le mimétisme chez les orchidées
et les insectes Diaporama sur le mimétisme Le sentier des objets camouflés Les phasmes, vous connaissez? Des phasmes dans ma classe *** Actualité
À l’origine de cette initiative, un constat simple : la population est très peu au courant de ce qui se trame au fond des labos des étudiants diplômés. Dans une ville universitaire comme Québec où les étudiants font partie du paysage urbain, il devenait important de rappeler au grand public que la connaissance n’est pas simplement le lot d’une poignée d’initiés.
Mais pourquoi choisir d’exposer la science dans
un centre d’achat? « Justement pour rapprocher les
chercheurs du grand public et pour démontrer à ce dernier
que la science peut avoir des retombées très concrètes
pour chacun d’entre nous », répond Dana Cadeschi,
de l’association étudiante l’Aeliès responsable
de l’événement. En pratique, des étudiants oeuvrant dans le domaine de la médecine, du génie, de la théologie, des sciences sociales et de l’administration ont installé leurs pénates dans l’allée centrale du centre commercial. Une fois déballés kiosques et affiches, ils étaient fin prêts à répondre à toutes les questions, et à se faire évaluer par les cinq juges du concours selon des critères stricts : clarté de la communication, originalité du sujet, qualité de la démarche scientifique, retombées du projet, interaction de l’étudiant avec le public, etc. « Au début, les passants étaient un peu surpris, ne sachant pas trop ce qui se passait et s’ils avaient le “droit” d’aller se promener parmi les kiosques et d’interagir avec les étudiants », explique Dana Cadeschi. Une fois passé l’effet inattendu de tant d’érudition dans un tel décor, ces visiteurs ont aussi eu la possibilité de désigner leur vainqueur.
Aller chercher son public là où il ne s’y attendait pas, voici donc le secret de Lab-oratoire public. L’année dernière, il semble par exemple que certains messieurs, en plein milieu de leurs emplettes, aient bien apprécié la présentation et les conseils d’une étudiante travaillant sur la prévention du cancer de la prostate. « Ce n’est que lors d’un événement pareil que de telles rencontres peuvent avoir lieu. » Et les avantages sont partagés. Du côté des étudiants, une prestation publique à l’extérieur des éternels colloques de spécialistes est le meilleur moyen de tester ses talents de communicateur et de découvrir le goût d’enseigner dans un contexte où, selon Dana Cadeschi, « beaucoup d’étudiants pensent davantage à se diriger vers le privé qu’à poursuivre une carrière de professeur à l’université ». Résultat des courses, ils se sont presque tous fait dire qu’ils ont donné à leurs visiteurs le goût de retourner aux études ou d’inciter leurs enfants à poursuivre des études supérieures…
Un coup d’œil à l’étranger
Le fond artistique de l’exposition : un mariage original entre deux processus créatifs que tout pourrait opposer : la sensibilité de l’art et la rigueur de la science. Pour Dominique Dalbin, le chef de projet, il s’agit de « conjuguer deux domaines de la culture encore trop souvent considérés d’un accès ardu et élitiste : les arts plastiques contemporains et la science. » En guise de chefs d’orchestre de l’expo, les artistes, qui sont allés puiser leur inspiration du côté de la terre, de la mer, du climat et de la vie. Leur imaginaire a donné lieu à des photographies classiques ou digitales, des peintures, ou encore à des installations sonores. Le rôle des scientifiques, quant à lui, a été de leur « répondre » par la production d’un écrit de vulgarisation. À chaque œuvre, son texte… Les lichens, le processus de symbiose et « l’animal au service de l’homme » sont quelques-unes des thématiques abordées. L’exposition se présente comme un assemblage de tubes et de bâches sur lesquels sont imprimés les textes et projetées les images. En tout, 300 kg de matériel pour 100 m2 d’espace scénique. Questions de coût et de logistique, le Mouvement Rural ne peut malheureusement pas en assurer le cheminement outre-atlantique. Cependant, rien n’empêche d’en importer l’esprit, sinon la lettre : la mise en réseau des genres et des gens est toujours une admirable recette pour semer les graines de la culture scientifique en région rurale ou éloignée…
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À surveiller En janvier, les scientifiques s’interrogent sur leur éthique. ***
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