« La réalisation d’un livre se concrétise seulement avec l’aide de personnes complices et compétentes. Mes élèves ont joué un rôle de premier plan dans cette aventure, car leurs questions et leur curiosité ont constitué une vraie source d’inspiration. Mes textes ont vu le jour dans ce contexte, avant d’être directement mis à l’essai en milieu scolaire. »

Serge Gagnier, jeune enseignant au primaire, vulgarisateur scientifique et auteur de l’ouvrage Qui hiberne, qui hiverne, une aventure animale au Québec nourrit une passion pour les sciences depuis l’enfance et multiplie les moyens de la communiquer aux jeunes.

Du projet scolaire à la maison d’édition

 

Du plus loin qu’il se souvienne, Serge Gagnier a toujours été un esprit curieux et touche-à-tout. C’est à la fin de son baccalauréat en biochimie, lors d’un stage, qu’il prend conscience que la communication scientifique l’attire plus que le travail de laboratoire. « Je trouvais que l’univers du laboratoire ne correspondait pas vraiment à mes affinités. Je me voyais davantage comme quelqu’un qui parle de science en général, pas comme quelqu’un qui travaille pendant des années sur un sujet pointu. » Il poursuit donc ses études par un baccalauréat en enseignement des sciences au secondaire, fait des stages, et réalise de plus en plus que ce n’est pas en enseignant une seule matière qu’il s’épanouit pleinement. Finalement, il obtient, contre toute attente, un poste en première année du primaire dans une école privée, qui lui permet de donner libre cours à son imagination et à sa passion pour les sciences.

 
Ce sont les enfants qui ont amené Serge Gagnier à l’écriture de son premier ouvrage Qui hiberne, qui hiverne, une aventure animale au Québec. « Je cherchais un projet qui se déroulerait sur toute l’année scolaire, de l’automne au printemps. J’ai pensé à parler de ce que font nos animaux l’hiver. Aborder la science par le biais des animaux rend l’exercice toujours plus agréable aux yeux des enfants. » En faisant une revue de la littérature existante, en Amérique du Nord et en Europe, il s’aperçoit qu’il n’existe pas de livre sur le sujet qui lui tient à cœur. En revanche, ceux sur les animaux exotiques foisonnent...
 

Il se met donc à l’ouvrage : rédaction de textes, conception d’activités, son projet prend de l’ampleur au fil du temps et déborde peu à peu du cadre scolaire. « Beaucoup de parents me faisaient de bons commentaires. Ils me disaient : envoie ça à un éditeur, on est sûr que d’autres écoles pourraient être intéressées… »

C’est la maison d’édition Joey Cornu qui retient finalement le manuscrit. Véritable couveuse pour jeunes auteurs, Joey Cornu offre, en plus des débouchés en librairie, l’encadrement linguistique et littéraire nécessaire pour faire éclore les talents et affiner les capacités d’expression. Elle voit tout de suite le potentiel de Serge Gagnier et accepte de l’encadrer pour produire finalement le seul ouvrage jeunesse à explorer aussi loin le sujet de l’adaptation des animaux aux rigueurs du climat québécois. Les six chapitres qui le composent permettent aux jeunes d’acquérir des notions importantes, comme les stratégies d’adaptation (migration, mue, libération d’énergie par les réserves de graisse, production d’antigel naturel…), les différences entre les grandes classes animales, de même que les métabolismes des animaux endothermes et ectothermes.

 
 

Et ce n’est qu’un début…

Des activités complètent avantageusement les données scientifiques : le livre comprend des guides pour construire des mangeoires pour oiseaux ou encore fabriquer du sirop de plante, des adresses utiles et des sites intéressants, un carnet d’observation, un glossaire, un index…

 
Comme le souligne Serge Gagnier, « contrairement à un roman, on ne lit pas un ouvrage documentaire d’un bout à l’autre. On le feuillette, on le consulte au besoin. En classe, ce sont les questions des enfants qui guident mes recherches. Quand j’écris, je laisse une place prépondérante aux questions : au début des chapitres, dans les encadrés, les fins de page etc. Les jeunes trouvent, dans de courtes capsules, l’essentiel de ce qu’ils cherchent et se réfèrent ailleurs dans le livre pour poursuivre leur exploration. Les activités proposées et les sites Internet à visiter permettent de pousser leur quête encore plus loin. »
 

Édité pour la première fois en 2002 et diffusé à 2000 exemplaires, Qui hiberne, qui hiverne, une aventure animale au Québec, a été réédité en 2004 et choisi au palmarès 2003-2004 de Communication-Jeunesse.

Serge Gagnier travaille déjà à son deuxième livre, sur les extrêmes cette fois. Il donne également des conférences sur l’adaptation animale à notre climat et en profite pour inciter les jeunes à suivre leur passion et pourquoi pas à écrire un livre. Jeune homme de son temps, il utilise Internet à plein régime et répond aux questions des jeunes sur le site web de son éditeur, sur des sujets allant de la nature à l’écriture. Pour lui, le réseau n’est donc pas un vain mot. Il croit beaucoup à la synergie avec le milieu scientifique. Les plus grands sont d’ailleurs partie prenante de ses projets. Pierre Dansereau et Hubert Reeves ont conseillé à leurs heures ce jeune homme bourré de talent qui suit leurs traces…


Valérie Cousinard
Collaboration spéciale




Serge Gagnier, Qui hiberne, qui hiverne, une aventure animale au Québec, Joey Cornu Éditeur, collection « J’instruis mes parents », 127 p. : ill. en coul., cartes; 22 cm.

La maison d’édition Joey Cornu Éditeur : www.joeycornuediteur.com



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