C’est vrai… et faux en même temps. Daniel Normandin, du Centre interuniversitaire de référence sur l’analyse, l’interprétation et la gestion du cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG), nous éclaire sur ce paradoxe.

Les consommateurs soucieux de respecter l’environnement pensent à acheter des produits qui se recyclent bien, ou encore qui ont été fabriqués avec des matériaux « verts ». Or, cela ne suffit pas. Il faut penser « cycle de vie »! « Le cycle de vie d’un produit ou d’un procédé comprend de nombreuses étapes : l’extraction des matières premières, sa production, son transport, son utilisation et son élimination finale, explique Daniel Normandin. Or, chaque étape du cycle de vie consomme de l’énergie et des ressources renouvelables et non renouvelables, et génère un certain nombre d’impacts au niveau global (réchauffement planétaire, destruction de la couche d’ozone), régional (acidification et eutrophisation des cours d’eau, smog) et local (impacts toxicologiques et écotoxicologiques) ». Bref, mieux vaut se méfier des apparences : ce qui se cache derrière la vie d’un produit peut être plein de surprises…

Par exemple, en France, des études utilisant l’analyse par cycle de vie ont démontré que le plastique recyclé était un bon choix en alternative au plastique neuf, mais qu’il représentait un mauvais choix face à l’utilisation du bois. Curieusement, l’incinération du plastique peut donc être, sous certaines conditions, un choix plus environnemental que son recyclage… à condition de réutiliser l’énergie produite lors de la combustion. Autre exemple : l’alimentation. Pour définir si un produit est environnemental ou non, la composante « transport » est tout aussi importante que les pratiques d’agriculture utilisées. Si vos légumes ont été transportés sur une longue distance, de leur lieu de production jusqu’à votre assiette, ils pourraient représenter un mauvais choix environnemental, peu importe qu’ils aient été cultivés ou non selon des bonnes pratiques agroenvironnementales.

C’est ça, penser « cycle de vie ». « On s’intéresse à tous les impacts environnementaux générés au cours du cycle de vie afin de minimiser ces derniers. La pensée "cycle de vie" s’inscrit donc comme élément essentiel pour la mise en pratique concrète du développement durable », conclut Daniel Normandin.



Pour en savoir plus sur l’analyse du cycle de vie, visitez le site du CIRAIG : www.polymtl.ca/ciraig/pensee.html



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