Pluie de science
Numéro 19, Hiver 2006

Dossier thématique : sciences de l’environnement
Un producteur du Kaléidoscope nous éclaire…


Environnement et cirque : un heureux mélange des genres

Drôle de mariage me direz-vous. Au premier abord, on a du mal à comprendre les liens qui unissent la TOHU, cette grande cité des arts du cirque, et le Complexe environnemental Saint-Michel, un ancien dépotoir mieux connu des Montréalais sous le nom de Carrière Miron. Pourtant, proximité géographique oblige, les deux institutions ne font provisoirement qu’une. Et c’est tant mieux : grâce à cet heureux mélange des genres, les amoureux du cirque sont sensibilisés aux sciences de l’environnement, et les défenseurs de l’écologie goûtent aux feux des projecteurs…

Le cirque vous accueille

À l’angle des rues d’Iberville et Jarry, dans l’arrondissement Villeray-Saint-Michel de Montréal, se dresse le bâtiment de la TOHU, le nouveau pôle des arts du cirque. L’énorme complexe culturel regroupe le Cirque du Soleil, l’École nationale du cirque et le pavillon de la TOHU. En plus d’abriter les bureaux administratifs de la TOHU et le seul chapiteau permanant en Amérique de Nord, l’édifice fait office de comptoir d’information et de porte d’entrée du Complexe environnemental Saint-Michel (CESM), deux rôles que la ville de Montréal lui a confiés pour une durée de cinq ans.

La TOHU à l’image verte du CESM

Inauguré en 2004, le pavillon de la TOHU se démarque par son architecture verte. Les matériaux qui ont servi à sa construction proviennent en effet d’anciennes structures architecturales. « L’allée de bois de l’entrée servait autrefois de support pour les rails de chemins de fer », précise Essé Philomé, un des guides de la TOHU. À l’intérieur, la rampe des escaliers qui mènent aux estrades de la salle de spectacle attire les regards. Dans une autre vie, cet assemblage aux couleurs de fêtes foraines composait le garde-fou d’un manège d’autos tamponneuses à La Ronde.

« Le système de ventilation consomme 70 % moins d’énergie qu’un système traditionnel. Cette économie s’explique grâce à l’effet "cheminée" de la salle de spectacle qui nécessite un ventilateur de basse vélocité », explique Essé, visiblement fier de souligner à son auditoire les bienfaits d’une architecture verte. Pour le chauffage du bâtiment, la TOHU recycle la vapeur provenant de Gazmont. Cette usine, voisine du site, recueille le méthane dégagé par les déchets enfouis dans l’ancien dépotoir pour produire de la vapeur qui actionne la turbine, produisant ainsi de l’électricité pour 12 000 foyers riverains du Complexe.

Une vieille histoire

L’histoire du site remonte à près de 100 ans. De 1914 à 1968, on y extrait le calcaire servant à construire la ville de Montréal, alors en pleine expansion. Par la suite, le trou béant laissé par la carrière est transformé en site d’enfouissement, qui accueille des milliers de tonnes de détritus pendant plus de vingt ans. Aujourd’hui, il est devenu le plus grand projet de réhabilitation environnemental de Montréal.

Plusieurs installations à vocation écologique se sont établies sur le site. « Tout est là en une seule place », résume Essé. « Il y a, entre autres, la Vitrine technologique, un centre d’expertise sur les matières résiduelles. Un peu plus loin, toujours dans le complexe, on composte toutes les feuilles mortes ramassées à l’automne à Montréal. Dans un autre coin, on recycle les sapins de Noël pour les transformer en bois pressé. »

Et en 2020, si tout va comme prévu, ces 192 hectares se métamorphoseront en un immense parc urbain, le deuxième en importance après celui du Mont-Royal.

Une halte au Centre de triage

Une fois la visite de la TOHU terminée, elle se poursuit, si vous le désirez, de l’autre côté de la rue, au Centre de récupération des matières recyclables de Montréal. C’est à cet endroit qu’atterrit le contenu des fameux « bacs verts » de l’île. Chaque jour, 150 camions y transitent. « Ça fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7! », hurle le guide, enterré par le vacarme du déchargement des véhicules.

À l’étage, des employés sont affairés à trier à la main tous les contenants selon leur matière (papier, plastique, aluminium, verre). « On rejette seulement 6 % de la matière récupérée. Le reste est mis en ballot d’une tonne, prêt à être vendu à des compagnies de récupération », s’époumone notre guide sur une passerelle qui surplombe l’entrepôt. « Présentement, les Montréalais ne recyclent que 20 % de la matière recyclable, mais la Ville de Montréal vise un taux de 65 % en moins de deux ans ». Les professionnels du CESM misent entre autres sur leurs visiteurs pour atteindre cet objectif. Serez-vous du nombre?


Marie-Sandrine Auger

Collaboration spéciale


Lien vers la fiche du producteur dans Kaléidoscope : http://www.spst.org/servlet/FicheOutil?outils_id=967

Les visites sont gratuites et ouvertes à tous, grand public comme groupes scolaires. Réservations obligatoires en appelant au (514) 374-3522, poste 2233

 

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