Cap sur la Belgique :
la science au goût du jour

S’ouvrir aux sciences par l’intermédiaire d’un casque de moto ou d’une canette de Coca-Cola, pourquoi pas? C’est toute l’idée de Sciences au quotidien, un programme belge mis en œuvre en 2003 à l’intention des élèves du secondaire. Le principe : les sensibiliser à l’importance des sciences et des techniques qu’ils croisent tous les jours sans le savoir. En bonus : une initiation à la « fameuse » démarche scientifique.

Cette initiative provient du réseau Scité, qui regroupe les cinq unités de diffusion des sciences des universités francophones de Belgique. « Ce regroupement est né, au tournant de l’an 2000, de la coordination des efforts de ces universités pour pallier le manque de recrutement des élèves en science et le problème plus général de la diffusion de la culture scientifique », résume Emmanuelle Rouy, coordonnatrice de ce projet pour Réjouisciences, l’unité de diffusion des sciences de l’Université de Liège.

 

Une idée québécoise

D’où vient cette brillante idée? Un programme similaire avait d’abord vu le jour en 2001, ici même au Québec, au sein de la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval. Lors d’une visite chez nous, certains membres du réseau belge ont pu constater les effets bénéfiques d’un tel programme. Malheureusement, la version québécoise a été depuis remisée, faute de financement. Mais comme l’indique Guy Gendron, vice-doyen aux études de la faculté, Science au quotidien (c’est son nom québécois), pourrait bientôt prendre un nouveau départ : « La motivation des jeunes et leur contact avec les étudiants de la faculté donne des résultats qui justifient à eux seuls l’investissement de partenaires financiers dans ce programme. Il se pourrait bien que Science au quotidien renaisse bientôt. » À suivre…

 
 

Une organisation solide

Pendant ce temps, sur le vieux continent, de sept écoles participantes lors de la phase pilote du programme belge, elles sont maintenant plus d’une quinzaine à initier des élèves aux rudiments de la démarche scientifique. Chacun des projets conçus dans les écoles est jumelé à une université et à une entreprise liée au produit choisi. Ces partenaires fournissent le soutien d’une personne-ressource et agissent à titre de parrain.

Les enseignants responsables choisissent librement leur manière de travailler selon leurs objectifs, leurs ressources et les contraintes spécifiques, liées, plus souvent qu’autrement, au temps. De fait, ces activités s’ajoutent généralement à leurs tâches régulières d’enseignement.

Étudier une cannette de liqueur…

Le cycle complet de l’objet choisi est étudié selon une approche pluridisciplinaire. Par exemple, les élèves ayant choisi de découvrir la minéralogie à partir d’une canette de Coca-Cola ont également acquis des connaissances en chimie, en dosant en laboratoire l’acide phosphorique contenu dans la liqueur et en visitant une industrie alimentaire où l’on fabriquait cet acide, et en géologie, par l’entremise d’une conférence donnée en classe par un scientifique. À la manière de véritables chercheurs, ils ont consigné leurs observations et leurs résultats dans un carnet de bord.

Cependant, la portée du projet dépasse largement l’acquisition de connaissances scolaires. Les élèves ont également dû s’interroger sur l’interaction entre l’évolution technologique et les contraintes économiques, comprendre la globalité de la chaîne de production, depuis l’extraction jusqu’à l’industrie de l’acier ou de l’aluminium, et découvrir le tissu industriel de leur région.

Une fois toutes ces notions réunies, ils ont alors pu présenter l’ensemble de leurs travaux à leur entourage, aux partenaires du programme et aux médias lors d’une grande exposition. Ici, aucun concours : la simple valorisation auprès des pairs suffit à rendre l’expérience inoubliable.


Josée-Nadia Drouin
Collaboration spéciale

 



Pour plus d’information sur le programme
Réjouiscience – Sciences au quotidien :
www.ulg.ac.be/sciences/sciences_quot
www.ulb.ac.be/inforsciences/quotidien



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