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Des retraités qui font lire des enfants. Des bédéistes épris de science. Des adolescents en difficulté d’apprentissage qui se passionnent soudainement pour l’astronomie. Des insectes qui dévorent des livres. Des conteurs, fabulistes et romanciers qui s’encanaillent avec des scientifiques. Des bibliothécaires complices. Des colloques, des prix littéraires, une maison d’édition… Univers éclaté et éclatant, La Science se Livre, depuis bientôt sept ans, pratique joyeusement le mélange les genres. |
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| L’idée de départ : puisque la science se lit, la promotion de la science passe par la promotion de la lecture. Et vice-versa. Au final, des dizaines de projets essaimés un peu partout dans les écoles et les bibliothèques du Québec, six ouvrages publiés à La bibliothèque de La Science se Livre, des connivences durables dans le réseau du livre et de la lecture… Et un constat réjouissant : oui, on peut attraper la piqûre des sciences grâce à un bon bouquin, oui, l’appétit pour la lecture vient parfois en mangeant une bonne brochette d’équations. Trois auteurs en témoignent. |
| Jean-François Chassay, le littéraire de service |
La science des écrivains – ou comment la science vient à la littérature porte plus spécifiquement sur les rapports entre science et politique dans les textes littéraires et étudie comment, sur les plans politique et symbolique, le pouvoir de la science est interprété dans des textes de fiction contemporains. Cette bibliographie recense quelque 180 titres publiés à partir de 1940, et s’adresse aux chercheurs, aux professeurs de secondaire et de cégep, et aux bibliothécaires.
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« La science permet de repenser le langage, et donc la conception du monde. L’influence des sciences est quotidienne sur l’imaginaire commun. » Imaginez leur influence sur celui des écrivains! Biographies plus ou moins romancées, récits d’anticipation, mythes et légendes… La science nourrit la littérature. Et les scientifiques font de beaux héros, romantiques et passionnés, distraits et géniaux : Newton sous son arbre, Galilée qui n’a rien dit, les Curie dans leur laboratoire. « Le scientifique peut être perçu comme le grain de sable, celui qui s’oppose au système, dit M. Chassay. Une condition héroïque par excellence! » |
« Un des rôles de la fiction est de régler la quadrature du cercle. Mais la science pose la limite des connaissances, suscitant plus de questions que de réponses. La science, comme la littérature, transforme la conception du monde – bien que la littérature ne soit pas tenue d’être rigoureuse. Et les deux sont subjectives…», conclut l’expert. |
| Pour Denise Fortin, le conte est bon |
Denise Fortin a exploré près de 400 recueils de contes pour livrer sa sélection de sésames pour la science. « Si autrefois les contes servaient à expliquer les phénomènes naturels – les orages par exemple – je les utilise aujourd’hui pour contourner les diktats religieux et autres sujets dits sensibles. En passant par les mythes, toutes les questions peuvent être abordées, en respectant les origines et les croyances de chacun », explique-t-elle. Favorisant l’apprentissage de la lecture, le conte permet également une approche transversale de l’acquisition des savoirs. Ainsi, français, mathématiques, géographie, histoire et sciences peuvent être enseignés de façon ludique et créative par le biais des contes. À l’occasion du colloque sur les mathématiques qui s’est tenu en mai 2006 à l’Université de Sherbrooke, la SPST éditait d’ailleurs un fascicule intitulé « Sciences et contes », qui présente, outre la démarche passionnante de la passionnée Denise Fortin, celle de Younès Aberkane, professeur de mathématiques en France, et sa concluante expérience du bon usage des contes pour l’enseignement des mathématiques. |
| Christian Goichon, puits de fables |
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