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documentaire : l’arbre qui cache la forêt Vladimir Rousse est animateur à la Maison de l’arbre du Jardin botanique de Montréal. Il y accueille visiteurs et groupes scolaires qui ont pour lui mille interrogations. Voici quelques idées régulièrement partagées avec lui, ainsi que ses réponses, qui écorchent au passage quelques croyances populaires.
Il nous arrive d’apercevoir des crevasses ou des trous circulaires qui creusent les arbres vers le centre du tronc. En fait, lorsque le milieu d’un arbre est creux, c’est qu’il est atteint d’une carie, tout comme nos dents. Un arbre carié peut être mort, bien sûr, mais il peut aussi être vivant. Chose étonnante, les arbres en parfaite santé comportent tous une partie morte où la sève ne circule plus. Cette partie, située au centre du tronc, est appelée « duramen » ou « bois de cœur ». Le développement de l’arbre s’effectue tout autour de ce bois de cœur, chaque couche de croissance correspondant à une année de vie. Les racines des arbres font éclater les tuyaux d’égout Au Québec, certaines municipalités ont été poursuivies en dommages pour des fissures dans des murs et des affaissements d’immeubles, ainsi que par des citoyens qui considéraient les arbres de la ville comme responsables de ces bris. Or, il est impensable que des racines, aussi impressionnantes soient-elles, puissent déplacer des murs d’immeubles par leur seule croissance. Les racines doivent continuellement s’adapter aux conditions de l’environnement urbain, plus hostiles aux arbres : présence d’argile et de minéraux, sols perturbés et compactés sans oxygène, sécheresse, etc. De plus, aucun lien de causalité n’a été établi de manière formelle entre l’action des racines et l’affaissement des fondations. Et les racines ne peuvent, en aucune circonstance, provoquer des bris de conduits d’égout. L’examen d’un grand nombre de cas en Amérique et en Europe démontre que les tuyaux doivent préalablement être fissurés, craquelés ou brisés pour que les radicelles des arbres puissent s’y introduire. Les conifères sont plus résistants que les feuillus Oui… et non. Disons que les conifères sont plus adaptés que les feuillus à survivre aux conditions nordiques. Leurs feuilles de forme réduite, les aiguilles, sont recouvertes d’une couche protectrice de cire qui les aide à retenir l’eau. Ils ont aussi la capacité de faire la photosynthèse à des températures plus basses que les feuillus. De plus, la forme conique des conifères les rend plus résistants aux vents et aux accumulations de neige. On peut donc dire que les conifères supportent mieux le froid; on les retrouve d’ailleurs en grand nombre dans la forêt boréale. Dans la forêt du sud du Québec, toutefois, où les températures sont plus chaudes, les conifères ne croissent pas plus vite que les feuillus. Arracher l’écorce d’un arbre, c’est lui affliger une blessure Chez tous les arbres, l’écorce sert à protéger notamment le « phloème » (ou « liber »), une partie du tronc qui contient les vaisseaux transportant la sève. L’épaisseur de l’écorce est proportionnelle à la grosseur de l’arbre et peut avoir différentes apparences. Jusqu’à un certain point, l’écorce d’un bouleau qui s’épluche et frise facilement pourrait être arrachée superficiellement sans causer de tort à l’arbre. En revanche, chez de gros arbres dont l’écorce se fissure en formant de gros morceaux, l’écorce risque d’être arrachée sur toute son épaisseur. Dans ce cas, la blessure peut-être assez profonde pour laisser entrer des parasites, tels que des champignons ou des insectes, et ainsi causer une infection. Il existe toutefois un arbre dont on extrait l’épaisse écorce sans lui nuire : le chêne liège Quercus suber, qui nous a donné le liège. Le gel est responsable de la coloration des feuilles à l’automne Ce n’est pas la température qui entraîne la coloration des feuilles; au contraire, le froid provoque leur mort. Le phénomène est plutôt causé par la modification des périodes d’ensoleillement. Au fur et à mesure que l’automne progresse, les journées raccourcissent, l’apport de lumière diminue et l’alimentation des feuilles cessent petit à petit. La chlorophylle, qui donne aux feuilles leur couleur verte, est l’un des premiers composants détruits par le processus de transformation. Le vert, qui masquait jusqu’ici les autres pigments présents dans la feuille, disparaît alors et cède la place au bal des couleurs que l’on connaît : le jaune, l’orangé, le rouge vif, le violet.
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