Pluie de science
Numéro 25, Décembre 2006

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Éditorial
« I » comme « Anniversaire »

Avis aux utilisateurs : l’Année du « i » a des effets secondaires irréversibles.

Elle provoque des détournements de sens.

Et fait surgir toutes sortes de coïncidences.

Prenez le mot « anticonstitutionnellement ». Du haut de ses 25 lettres, c’est le plus long de la langue française. Celui qui fascine, un jour ou l’autre, tous les enfants. Celui qui nous met au défi d’en trouver un plus long. Celui qu’on décompose, qu’on épelle, qu’on déconstruit, qu’on observe sous toutes ses coutures… Un mot un peu fascinant – qui, en réalité, se laisse facilement déclasser par l’expression de quelques molécules, dont la redoutable et très imprononçable vitamine B (chlorure d’aminométhylpyrimidinylhydroxyéthylméthythiazolium), championne toute catégorie. Mais celle-ci ne compte pas : elle nous entraîne en terra incognita, aux frontières de la science. Tiens, tiens.

C’est un hasard plutôt rigolo, et, avouons-le, purement anecdotique. Qu’importe : le nombre « 25 » a, cette année, une saveur toute particulière pour la SPST. En effet, c’est il y a tout juste 25 ans que notre organisme, qui s’appelait à l’époque « la Semaine des sciences », acquérait une existence légale, quelques mois après sa naissance officielle sur le terrain en 1980. Tel qu’il est mentionné dans les documents de l’époque, « le microcosme scientifique québécois se [devait] de prendre une semaine de son temps et de s’ouvrir au public afin de le sensibiliser à la recherche qui se fait ici et aux sciences et à la technologie en général ». Un objectif allant de soi aujourd’hui, mais ô combien téméraire à l’époque!

La « SPST » est la quatrième incarnation de la « Semaine des sciences ». Quel que soit son nom, la Semaine et tous les événements qu’elle a générés reste inscrite dans la mémoire de nombreux Québécois pour ses initiatives toujours originales, porteuses de science et de sens. Au fil des années, la SPST s’est adaptée aux nouvelles tendances en matière de médiation scientifique – et en a aussi anticipé quelques-unes – avec un penchant avoué pour les pratiques mettant de l’avant la « face cachée » de la science et des chercheurs, la science « de nuit », comme l’a si bien baptisée le biologiste et académicien français François Jacob.

Un extrait de son magnifique texte « Science de jour, science de nuit », nous servira d’introduction générale et, pourquoi pas, de carte de souhait, pour ce 25e numéro de Pluie de science, spécial « 25e anniversaire » : Décidément, il est des conjonctures de dates qui ne s’inventent pas…

Nous vous présenterons ensuite le récit de notre aventure avec vous depuis le commencement, mettant en scène les principaux acteurs qui nous ont permis de naître et de grandir. L’article Quand la science se fait lecture laissera la parole aux auteurs qui ont contribué à nourrir « La Science se Livre », un incubateur à idées qui célèbre le mariage entre science et littérature. Puis, un grand coup de chapeau à nos scientifiques bénévoles du programme des Innovateurs à l’école et à la bibliothèque nous donnera l’occasion de nous interroger sur l’évolution du bénévolat scientifique.

Pour accompagner ce voyage, nous vous présenterons une galerie colorée de nos principales réalisations. Car si le « P » de « Promotion » a bien sa place dans notre acronyme, il justifie aussi pleinement notre inclinaison pour les illustrations chatoyantes et la confection d’objets de « promotion » amusants et festifs. Comme la quatrième roue du carrosse, le visuel a toujours fait bel et bien partie de notre signature.

Enfin, Pluie de science, fidèle à sa formule habituelle en dépit du caractère un peu spécial de ce numéro, vous propose ce mois-ci un dossier thématique sur les arbres et la forêt qui sont, bien malgré eux, au cœur d’une actualité sociale et politique brûlante au Québec. Ce dossier documentaire nous entraînera notamment au Musée de la nature et des sciences à Sherbrooke.

En vous souhaitant une bonne lecture…

Anticonstitutionnellement vôtre (et bonne Année du « i »!)

Anne Fleischman et l’équipe de la SPST
af@spst.org

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Science de jour, science de nuit

Extrait de « Science de jour, science de nuit », une communication de François Jacob à l’Académie des sciences morales et politiques, le 26 janvier 1987.

La science a en fait deux aspects. Ce qu’on pourrait appeler science de jour et science de nuit. La science de jour met en jeu des raisonnements qui s’articulent comme des engrenages, des résultats qui ont la force de la certitude. On en admire la majestueuse ordonnance comme celle d’un tableau de Vinci ou d’une fugue de Bach. On s’y promène comme dans un jardin à la française. Consciente de sa démarche, fière de son passé, sûre de son avenir, la science de jour avance dans la lumière et la gloire.

La science de nuit, au contraire, erre à l’aveugle. Elle hésite, trébuche, recule, transpire, se réveille en sursaut. Doutant de tout, elle se cherche, s’interroge, se reprend sans cesse. C’est une sorte d’atelier du possible où s’élabore ce qui deviendra le matériau de la science. Où les hypothèses restent sous forme de pressentiments vagues, de sensations brumeuses. Où les phénomènes ne sont encore qu’évènements solitaires sans lien entre eux. Où les projets d’expériences ont à peine pris corps. Où la pensée chemine à travers des voies sinueuses, des ruelles tortueuses, le plus souvent sans issue. À la merci du hasard, l’esprit chemine dans un labyrinthe, sous un déluge de messages, en quête d’un signe, d’un clin d’œil, d’un rapprochement imprévu. Comme un prisonnier dans sa cellule, il tourne en rond, cherche une issue, une lueur. Sans s’arrêter, il passe de l’espoir à la déconvenue, de l’exaltation à la mélancolie. Rien ne permet de dire que la science de nuit passera jamais au stade de science de jour. Que le prisonnier sortira de l’ombre. Si cela survient, c’est de manière fortuite, comme un caprice. À l’improviste, comme une génération spontanée. N’importe où, n’importe quand, comme la foudre. Ce qui guide l’esprit alors, ce n’est pas la logique. C’est l’instinct, l’intuition. C’est le besoin d’y voir clair. C’est l’acharnement à vivre. C’est le courage. Dans l’interminable dialogue intérieur, parmi les innombrables suppositions, rapprochements, combinaisons, associations qui sans cesse traversent l’esprit, un trait de feu parfois déchire l’obscurité. Éclaire soudain le paysage d’une lumière aveuglante, terrifiante, plus forte que mille soleils. Après le premier choc commence un dur combat avec les habitudes de pensée. Un conflit avec l’univers de concepts qui règle nos raisonnements. Rien encore n’autorise à dire si l’hypothèse nouvelle dépassera sa forme première d’ébauche grossière pour s’affiner, se perfectionner. Si elle soutiendra l’épreuve de la logique. Si elle sera admise dans la science de jour.

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25 printemps de science : une valse tournoyante

C’était il y a 25 ans. Une époque effervescente. Dans l’ensemble des pays riches, la « vulgarisation » connaissait un développement considérable. Elle sortait de ses vieux quartiers et se muait en « culture scientifique et technique ». Les magazines se multipliaient, la muséologie explosait, la télévision s’en mêlait. La vulgarisation des sciences était partout, tout à coup. Un mouvement puissamment stimulé par la perception très vive d’une nouvelle phase du développement de la science et de la technologie, dont les conséquences de tous ordres seraient profondes et durables. Et il paraissait urgent d’en faire prendre conscience à tous!

Le Québec n’était pas en reste. Il ébauchait à ce moment-là une première politique de la science, dont le maître mot était « démocratisation », et allait bientôt embrasser la foi technologique. On commençait à s’inquiéter (déjà!) de la diminution du nombre d’heures d’enseignement des sciences, et un comité présidé par Fernand Seguin ravivait le vieux rêve d’un Musée des sciences : une connaissance enfin accessible au grand public, quel que soit son âge et son niveau d’instruction. Mais, en attendant, n’était-il pas possible de la rejoindre, cette « population en général », sans millions ni béton?

Premières mesures : le « musée éclaté »

En 1980, à l’occasion de l’Expo-sciences de Montréal, au Complexe Desjardins, deux hommes se sont précisément posés cette question. Santo Tringali et Michel Bois, du Conseil de développement du loisir scientifique (CDLS), ont alors entamé des discussions avec l’ACFAS(1), l’Association des communicateurs scientifiques (ACS) et l’Association des professeurs de science du Québec. Michel Bois se souvient : « Il était courant à l’époque d’organiser des semaines de ceci ou de cela. On s’est naturellement inscrit dans ce mouvement, avec l’idée à la fois d’attirer le grand public et d’impliquer les scientifiques. » La formule proposée était simple, c’était celle des portes ouvertes — « une sorte de musée éclaté sur le terrain, ponctuel, sans infrastructures. » L’idée était lancée et tous s’y rallièrent.

En cet automne de 1980 eut lieu donc lieu la première Semaine des sciences. Raymond Blain, ex-directeur du CDLS, en fut l’organisateur principal pendant deux ans. La Semaine se tenait alors au moment des Expo-sciences, qui y étaient intégrées. Le public répondit si bien à l’appel qu’il fut décidé de pérenniser l’événement et de créer à cet effet la Société de la Semaine des sciences, constituée en 1981, il y a tout juste 25 ans cette année.

Au fil des éditions, on décide de tenir la Semaine à l’extérieur de la « fenêtre » des Expo-sciences; ainsi, il y aurait au Québec, chaque année, deux temps forts où l’on mettrait la culture scientifique et technique à l’honneur. Une jeune diplômée de biologie, Chantal Fortier, prend le relais. La quatrième Semaine des sciences est inaugurée à l’UQAM par le ministre de l’Éducation, Camille Laurin, en cette année 1983 qui avait vu l’adoption de la Loi favorisant le développement scientifique et technologique, par laquelle l’État québécois affirmait pour la première fois sa responsabilité en la matière.

Un doux crescendo

Les conditions sont artisanales (on doit emprunter des ordinateurs à gauche et à droite) et le budget modeste (moins de 100 000 $), mais la réponse des partenaires est excellente. Ainsi, selon Chantal Fortier, « les médias ont été extrêmement sympathiques et généreux ». Deux années de suite, La Presse publie un cahier spécial contenant des articles sur les institutions participantes. Les médias électroniques ne sont pas en reste et rendent compte des activités, sollicitent des entrevues. Il faut dire que tout le monde met la main à la pâte, comme le rappelle Chantal Fortier : « On travaillait beaucoup avec l’ACFAS. Les membres de l’ACS en poste dans les institutions nous donnaient un bon coup de main. Les Conseils du loisir scientifique faisaient du démarchage pour nous ouvrir des portes dans les régions et organiser des activités d’animation. Et les Débrouillards étaient très présents eux aussi. »

Des ressources sont déployées dans les musées, les entreprises, les laboratoires, les bibliothèques, les universités, et partout on fait un réel effort pour accueillir les visiteurs. Les scientifiques, pour la première fois à cette échelle, prennent contact avec la population. En somme, pour Chantal Fortier, organisatrice de trois Semaines des sciences, « le succès reposait sur la capacité de tous ces gens à nous faire confiance et à croire que le message qu’on véhiculait et la mission qu’on avait étaient intéressants. Il n’y aurait pas eu de Semaine des sciences s’ils n’avaient pas tous embarqué. »

Science en cadence

Cette célébration de l’une des grandes réalités contemporaines semblait vraiment combler un besoin, aussi bien au sein de la population que chez les organismes participants et les médias. Très rapidement d’ailleurs, elle s’allonge à une dizaine de jours, si bien que, en 1990, alors que la Société de la semaine des sciences est dirigée par Richard Nantel, la Semaine devient la Quinzaine des sciences.

Le rythme s’intensifie alors, et la valse continue, entraînant dans ses tournoiements un changement de cavalier. Le conseil d’administration de la Semaine des sciences est dissous, et ses activités et ressources sont intégrées à un nouveau joueur : la Société pour la promotion de la science et de la technologie (SPST), fondée avec la volonté et le soutien financier du gouvernement du Québec pour développer des relations plus étroites avec les scientifiques, l’industrie et le public en général, dans le cadre d’activités à multiplier tout au long de l’année.

La grande fête de la science connaît d’ailleurs une croissance remarquable au cours des années suivantes, au chapitre notamment de la participation des entreprises — souvent de grandes sociétés comme Nortel, Pratt & Whitney, Merck Frosst ou Hydro-Québec. Celles-ci ne se contentent pas d’ouvrir leurs portes au public lors de l’événement, mais y vont de contributions en argent qui atteignent alors quelque 125 000 $ annuellement. Ces entreprises ont aussi, comme le rappelle Odette Lamarche, chargée d’organiser l’événement de 1990 à 1997, participé à des activités originales comme le parrainage scientifique.

Inspiré d’une expérience pilote réalisée au cours des années 1980, dans le cadre de la Semaine, ce mini-mentorat permettait à un jeune de passer une journée entière avec un scientifique œuvrant dans une entreprise, et ainsi de mieux comprendre la nature de son travail. « Les jeunes étaient épatés de voir qu’un scientifique, ce n’était pas un vieux bonhomme à barbichette qui travaillait tout seul dans le fond de son laboratoire. » Plusieurs études révélaient que les jeunes savaient assez mal à quels types d’emplois préparaient les études en sciences et en techniques. Encouragée par les autorités ministérielles québécoises, la SPST mettra de plus en plus l’accent sur la promotion des carrières auprès des jeunes. Avec Les Innovateurs à l’école et à la bibliothèque, elle s’engagera à fond dans cette voie à partir de 1993.

Livret scientifique

Outre les centaines d’activités de toutes sortes offertes dans toutes les régions, le programme imprimé de la Quinzaine des sciences était enrichi d’articles sur le thème de l’année, écrits notamment par des chercheurs. Recoupant ceux des années internationales en cours, ces thèmes étaient très riches (comme l’environnement, l’habitat, l’exploration, les transports) et inspiraient d’ailleurs un grand nombre des activités proposées (conférences, projections, animations, etc.). Le thème de 1993 étant le corps humain, l’ouverture de la Quinzaine met en vedette les membres du Cirque du Soleil; quant aux autorités de l’Université de Montréal, elles incitent toutes les facultés (y compris celle de théologie!), à proposer des activités en lien avec le cerveau.

Comme le notaient les responsables du Prix Michael Smith pour la promotion des sciences, que la Société remportait en 1995, « la Quinzaine est connue pour ses activités hautement créatives qui font souvent les manchettes ». Qui ne se souvient de la Thermodynamique de la pizza, en 1992? « À l’occasion de la Quinzaine des sciences, McDonald a fait parvenir aux médias une affiche où sont démontrées noir sur blanc les propriétés insoupçonnées du fromage, du pepperoni et de la croûte dans l'art de fabriquer la pizza. Joli coup de marketing », écrivait Josée Blanchette dans Le Devoir. Le détournement des objets quotidiens à des fins de promotion des sciences : une signature pleine d’humour qui colle, aujourd’hui encore, à la peau de l’organisme.

En 1995, le directeur général de la Société, Patrick Beaudin, pouvait déclarer à la presse que la Quinzaine, avec ses 400 activités, ses 400 bénévoles et ses 230 000 participants, était « le plus gros événement scientifique du Canada ». Elle avait d’ailleurs directement inspiré la création de la Semaine nationale des sciences et de la technologie.

Demi-pause

Mais 1995 devait marquer un sommet pour l’événement : dans les années suivantes, les moyens dont la SPST disposait pour son organisation ont décliné, malgré un intérêt toujours très prononcé du public. Selon Odette Lamarche, « le problème a été lié à une conjoncture économique défavorable », qui a entraîné une baisse des commandites du secteur privé et amené les autorités gouvernementales à revoir leurs priorités. « De plus, certains organismes trouvaient que les portes ouvertes leur coûtaient très cher ». Il fallait mobiliser le personnel, y consacrer du temps. Dans un grand hôpital, par exemple, ce n’est pas une décision sans conséquences. En 1998, la Quinzaine des sciences sur le thème des matériaux devait être la dernière de la formule.

Cependant, si les organisateurs, tout comme les bailleurs de fonds, ont pu juger qu’il était temps de passer à autre chose, il ne faudrait pas croire que l’absence de la Quinzaine ait, depuis, laissé place à un vide complet. Loin s’en faut. Le monde de la culture scientifique et technique avait, au cours de ces 18 années, connu une remarquable évolution, à laquelle d’importants programmes gouvernementaux, comme Étalez votre science et Science et culture Canada, avaient fortement contribué. La promotion et la diffusion de la culture scientifique et technique s’étaient aussi grandement diversifiées : muséologie, animation et démonstration, journalisme écrit, film documentaire ou multimédia, toutes les voies étaient explorées, tous les créneaux occupés par des individus et des organismes dont la compétence était reconnue jusqu’à l’étranger. Les Petits Débrouillards étaient présents dans plusieurs pays, notre muséologie scientifique exportée jusqu’en Thaïlande. Le Québec s’était également donné, pendant cette période, des institutions aussi importantes que le Musée de la civilisation, le Biodôme et l’Insectarium, sans oublier cet équipement original, le Centre de démonstration en sciences physiques de Québec. Le Centre des sciences de Montréal, puis la Grande Bibliothèque, ne tarderaient pas à sortir de terre. Ce mouvement ne s’est toujours pas arrêté : le Cœur des sciences de l’UQÀM vient de commencer ses activités.

Sur un air de musette

Débusquer les bonnes idées, où qu’elles se trouvent, a toujours fait partie de la philosophie de la SPST. Ainsi, dans les années 1990, deux initiatives majeures, nées en France, ont été importées au Québec sur notre grand paquebot. Le Festival international du film scientifique, d’une part, qui a fait fleurir pendant plusieurs années sur grand écran des films et documentaires étonnants, et le Forum International Science et Société, d’autre part, un événement réunissant chaque année des centaines de cégépiens autour de conférences de haut niveau, qui a depuis été repris avec un succès constant par l’ACFAS. Plus récemment, La Science se Livre, un projet né en banlieue parisienne et célébrant le mariage entre science et littérature, a été adopté et adapté ici même, et fait aujourd’hui encore prospérer la pépinière à idées de la SPST. À l’inverse, nous avons nous aussi nourri l’inspiration de nos collègues d’outre-Atlantique : ainsi, la Fête des sciences en France est directement inspirée de la Quinzaine. Celle-ci a également servi de point de départ aux Journées de la culture au Québec, qui ont célébré leur 10e anniversaire cette année.

Nouveaux refrains, nouvelles harmonies

Pendant que la grande tradition des Expo-sciences se maintient, que le succès des concours annuels Science on tourne et Défi inventif ne se dément pas, les nouvelles initiatives se multiplient, et la SPST participe toujours aussi activement à cette ronde tourbillonnante de la médiation des sciences.

Et puis, les temps ont changé. Si la Quinzaine constituait une tentative spectaculaire pour sensibiliser aux sciences tout le Québec en même temps, on opte maintenant pour des actions locales, ancrées dans les milieux et moins éphémères. De façon générale, comme le dit Patrick Beaudin, « ça bouge dans les régions ». La preuve, des projets originaux de médiation des sciences voient le jour un peu partout au Québec, comme l’École de l’ADN à Baie-Comeau, les projets J’ai le goût de la science au Saguenay-Lac-Saint-Jean et Éclairs de science à Montréal, en plus des nouveaux blogues scientifiques de l’Agence Science-Presse. Les stratégies régionales constituent donc incontestablement une tendance lourde.

La Quinzaine aura été un déclencheur, un éveilleur de consciences, l’affirmation bien visible de l’importance de la science et de la technologie dans notre paysage social. Elle était nécessaire et a émergé spontanément d’un terreau fertile. « Je crois vraiment qu’elle a suscité beaucoup d’intérêt, affirme Odette Lamarche, parce que, des années plus tard, j’en entends encore parler dans mon milieu de travail, au ministère de l’Emploi. Ça a été un cheminement, une très belle école pour beaucoup de monde. »

Et d’abord pour la SPST, qui s’est littéralement construite sur cette base et est devenue une véritable pouponnière de projets. Avec Kaléidoscope, Pluie de science, La Science se Livre, Les Innovateurs à l’école et à la bibliothèque… il y a maintenant de la science pour toutes les semaines…


André Lemelin

Collaboration spéciale


1) ACFAS : Association canadienne française pour l’avancement des sciences, aujourd’hui Association francophone pour le savoir.

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Quand la science se fait lecture

Des retraités qui font lire des enfants. Des bédéistes épris de science. Des adolescents en difficulté d’apprentissage qui se passionnent soudainement pour l’astronomie. Des insectes qui dévorent des livres. Des conteurs, fabulistes et romanciers qui s’encanaillent avec des scientifiques. Des bibliothécaires complices. Des colloques, des prix littéraires, une maison d’édition… Univers éclaté et éclatant, La Science se Livre, depuis bientôt sept ans, pratique joyeusement le mélange les genres.

L’idée de départ : puisque la science se lit, la promotion de la science passe par la promotion de la lecture. Et vice-versa. Au final, des dizaines de projets essaimés un peu partout dans les écoles et les bibliothèques du Québec, six ouvrages publiés à La bibliothèque de La Science se Livre, des connivences durables dans le réseau du livre et de la lecture… Et un constat réjouissant : oui, on peut attraper la piqûre des sciences grâce à un bon bouquin, oui, l’appétit pour la lecture vient parfois en mangeant une bonne brochette d’équations. Trois auteurs en témoignent.

Jean-François Chassay, le littéraire de service

Professeur en études littéraires à l’UQÀM et auteur de plusieurs romans, Jean-François Chassay s’intéresse particulièrement à la représentation scientifique dans la fiction, à tel point qu’il en a fait son sujet de thèse de doctorat. Pour la SPST, le Sélectif, le groupe de recherche dirigé par M. Chassay, a réalisé deux ouvrages bibliographiques publiés à La bibliothèque de La Science se Livre : La science des écrivains (2003) et Le scientifique, entre Histoire et fiction (2005). Le premier est une vaste bibliographie sur les fictions scientifiques publiées depuis la Deuxième Guerre mondiale. Le second présente des biographies de plusieurs grands scientifiques à travers le temps et comporte également une bibliographie commentée. Un travail de titan qui a nécessité les bons services de deux équipes de recherchistes pendant deux ans. Résultat : deux ouvrages précieux pour les bibliothécaires et les enseignants qui peuvent y puiser des trésors.

« Quand on veut parler de sciences, je suis le littéraire de service », dit Jean-François Chassay en s’amusant. Si le mariage entre science et littérature peut apparaître comme une union forcée aux yeux de certains, pour M. Chassay, c’est une évidence : « les écrivains ont besoin des sciences pour écrire leurs romans car la science fait partie intégrante de la culture. » D’ailleurs, nombreux sont les écrivains qui se sont inspirés de la vie des scientifiques et de leurs découvertes pour en tirer des romans. L’ambition avouée de M. Chassay est de faire tomber les barrières entre les deux cultures : sciences et arts. Avec une définition de la culture très personnelle, et suffisamment vaste : « la culture, c’est ce sur quoi on peut s’engueuler », dit-il avec un sourire en coin.

La science des écrivains – ou comment la science vient à la littérature porte plus spécifiquement sur les rapports entre science et politique dans les textes littéraires et étudie comment, sur les plans politique et symbolique, le pouvoir de la science est interprété dans des textes de fiction contemporains. Cette bibliographie recense quelque 180 titres publiés à partir de 1940, et s’adresse aux chercheurs, aux professeurs de secondaire et de cégep, et aux bibliothécaires.

Articulé autour des figures de six scientifiques (Giordano Bruno, Galilée, Newton, Darwin, Einstein et Oppenheimer), le livre Le scientifique, entre Histoire et fiction propose quant à lui une notice biographique qui présente, dans la vie et l’œuvre de chacun, les éléments justifiant leur présence dans l’imaginaire collectif. Au passage, Chassay n’hésite pas à déboulonner les mythes qui entourent certains d’eux : la pomme de Newton, par exemple, si chère au dessinateur de BD Gotlib, ou l’invention de la bombe atomique, que l’on attribue à tort à Einstein. « En science aussi existent des légendes… », dit Jean-François Chassay. En parallèle, l’auteur propose une sélection de livres brillamment commentés qui permettent de revisiter l’œuvre de ces grands hommes de science par le biais de la fiction. Bref, un ouvrage savant qui se lit comme un roman.

« La science permet de repenser le langage, et donc la conception du monde. L’influence des sciences est quotidienne sur l’imaginaire commun. » Imaginez leur influence sur celui des écrivains! Biographies plus ou moins romancées, récits d’anticipation, mythes et légendes… La science nourrit la littérature. Et les scientifiques font de beaux héros, romantiques et passionnés, distraits et géniaux : Newton sous son arbre, Galilée qui n’a rien dit, les Curie dans leur laboratoire. « Le scientifique peut être perçu comme le grain de sable, celui qui s’oppose au système, dit M. Chassay. Une condition héroïque par excellence! »

« Un des rôles de la fiction est de régler la quadrature du cercle. Mais la science pose la limite des connaissances, suscitant plus de questions que de réponses. La science, comme la littérature, transforme la conception du monde – bien que la littérature ne soit pas tenue d’être rigoureuse. Et les deux sont subjectives…», conclut l’expert.

Pour Denise Fortin, le conte est bon

Si le roman peut être un excellent terrain de jeu pour apprivoiser la science et comprendre le monde, le conte constitue, à sa manière, une matière première particulièrement intéressante pour initier les jeunes aux mystères – scientifiques – qui les entourent. C’est en tout cas le pari qu’a relevé Denise Fortin, spécialiste en techniques d’enseignement à la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles, et auteure de la bibliographie Les sciences en contes, publiée à La bibliothèque de La Science se Livre en 2003.

Trente-sept contes y sont répertoriés, assortis de suggestions d’activités pédagogiques à caractère scientifique. Plus qu’un guide pratique, cet ouvrage est une invitation au voyage à travers les époques, les mythes, les légendes et les traditions. « Arriver à la science par le conte permet d’accrocher les littéraires, réfractaires aux matières scientifiques, et de laisser tomber les idées préconçues et la classique opposition matheux/littéraire, note Denise Fortin. Dans mes activités professionnelles, le conte est mon outil quotidien. Et j’en suis de toute façon amoureuse depuis l’enfance…»

Denise Fortin a exploré près de 400 recueils de contes pour livrer sa sélection de sésames pour la science. « Si autrefois les contes servaient à expliquer les phénomènes naturels – les orages par exemple – je les utilise aujourd’hui pour contourner les diktats religieux et autres sujets dits sensibles. En passant par les mythes, toutes les questions peuvent être abordées, en respectant les origines et les croyances de chacun », explique-t-elle.

Favorisant l’apprentissage de la lecture, le conte permet également une approche transversale de l’acquisition des savoirs. Ainsi, français, mathématiques, géographie, histoire et sciences peuvent être enseignés de façon ludique et créative par le biais des contes. À l’occasion du colloque sur les mathématiques qui s’est tenu en mai 2006 à l’Université de Sherbrooke, la SPST éditait d’ailleurs un fascicule intitulé « Sciences et contes », qui présente, outre la démarche passionnante de la passionnée Denise Fortin, celle de Younès Aberkane, professeur de mathématiques en France, et sa concluante expérience du bon usage des contes pour l’enseignement des mathématiques.

Christian Goichon, puits de fables

À La bibliothèque de La Science se Livre, on s’amuse aussi beaucoup à déconstruire les œuvres littéraires pour en tirer la substantifique science, quand elle existe. Pour preuve, l’un des derniers-nés de la collection, La Fontaine, Un Puits de Sciences de Christian Goichon. « L’idée est venue d’un jeu de mots, qu’on a gardé pour en faire le titre », explique l’auteur. Après avoir lu 120 fables, Christian Goichon, ethnographe de l’imaginaire comme il aime à se présenter, a effectué une deuxième lecture afin d’en dégager les thématiques plus directement en rapport avec la science et la technologie. Son choix s’est arrêté sur quatorze fables, des « hits » comme La Cigale et la fourmi (où l’on apprend que La Fontaine aurait fait un piètre entomologiste), et sur d’autres moins connues mais qui valent le détour, telle Les Membres et l’estomac, très utile pour expliquer le fonctionnement du système digestif.

Chaque fable est présentée dans son intégralité, suivie de commentaires judicieux, d’explications données par de vrais scientifiques – assorties de leur adresse électronique, « afin de poursuivre l’échange si on le désire, un vrai livre interactif! », dit Christian Goichon – et de pistes de recherche autour de différents thèmes : sciences, culture et société, français. Cerise sur le gâteau, les « capsules d’Isidore Dupuis », personnage fictif et plein d’humour, sont autant de petits régals philosophiques : « Entre chien et loup c’est comme le jour et la nuit mais au milieu. » Le tout est savoureux, un brin farfelu, et donne de vraies bonnes idées pour intégrer découverte des savoirs et de la littérature.


Michelle Chanonat

Collaboration spéciale


Pour en savoir plus sur La Science se Livre et sur les ouvrages publiés à La bibliothèque de La Science se Livre, consulter notre site Web (www.spst.org) ou contacter Patrick Beaudin (pb@spst.org).

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350 scientifiques au cœur d’or : formidable réseau!

La science est une aventure humaine extraordinaire. Quoi de mieux que des humains pour la raconter? Qu’ils soient chimistes, mathématiciens ou géologues, des centaines de scientifiques partagent chaque année bénévolement l’amour de leur métier avec des bouts de choux ou de grands ados, les plongeant, le temps d’une rencontre, dans d’autres univers. Ambassadeurs de la curiosité, ils font danser fossiles, puces et éprouvettes. Ce sont les Innovateurs à l’école et à la bibliothèque.

Depuis sa formation, le réseau des Innovateurs à l’école et à la bibliothèque fait vibrer les neurones de quelque 200 000 jeunes de 5 à 16 ans, dans les régions de Montréal, Laval, Québec, mais aussi des Laurentides, de Lanaudière, de l’Estrie, de l’Outaouais, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et, depuis 2006, de la Montérégie. De l’utilité des bactéries à l’histoire de l’exploration spatiale, presque tous les champs du savoir y sont racontés, animés, construits et déconstruits. En direct et sur mesure…

Petit projet deviendra grand

Initié en 1994 par Industrie Canada, le programme naît du désir de promouvoir auprès des jeunes la science et la technologie, roues motrices de la nouvelle économie du savoir. La plupart des provinces canadiennes y participe. Les premiers scientifiques sollicités pour animer des activités de vulgarisation sont surtout les récipiendaires des bourses du Canada. Une semi-réussite : le gouvernement fédéral mettra le projet au rancart deux ans plus tard.

Mais la SPST refuse de voir mourir les Innovateurs et décide de garder le programme sous son aile. Elle s’allie la participation d’autres partenaires, tels que le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (anciennement ministère de la Science et de la Technologie), Nortel Networks, Merck Frosst, et le Conseil de Recherche en Sciences Naturelles et en Génie du Canada (CRSNG). Cette fois, la roue est belle est bien lancée. Treize ans ont passé, les Innovateurs sont plus populaires que jamais, les écoles se les arrachent. À tel point que les candidats manquent parfois à l’appel (à bon entendeur…). Ils font en moyenne trois sorties par année, se déplacent gratuitement, imaginent eux-mêmes le matériel d’expérimentation… Bref, une véritable implication sociale. Jusqu’à présent, 350 scientifiques ont endossé, à un moment ou un autre de leur carrière, le chapeau d’Innovateur.

Les scientifiques ne savent pas communiquer?

Lorsque le programme a été lancé, plusieurs observateurs s’accordaient à dire que c’était de la folie : les scientifiques ne savent pas communiquer! Les Innovateurs ont vite fait la démonstration que les scientifiques peuvent être d’excellents vulgarisateurs. Pour un peu qu’ils soient allumés et motivés à partager leur savoir. Les touts premiers d’ailleurs étaient surtout des « décrocheurs » de la science. Comme quoi, le chemin de l’innovation et de la découverte n’est ni droit ni prévisible. Une chose est sûre : il n’y a pas de bons modèles en science, mais une multitude de parcours, de personnalités et de façons de faire…

Figures libres

Non contents s’essaimer les savoirs selon des formules traditionnelles, certains Innovateurs n’hésitent pas à sortir des sentiers battus : les élèves qui ont des retards de lecture ou qui éprouvent des difficultés d’apprentissage font aussi partie des clientèles visées. Ainsi, des scientifiques bénévoles se joignent maintenant à des équipes pédagogiques pour les élèves qui ont un cheminement particulier. De plus, la création, en 2000, de La Science se Livre, qui propose des idées d’animation et de découverte à travers les livres, fait partie des initiatives qui ont amené les Innovateurs à s’approprier un nouvel espace : les bibliothèques.

En 2003, l’expérience « Lire pour comprendre » à l’école secondaire Georges Vanier a su officialiser un mariage pourtant tout naturel – des livres, des gens et des enfants – en faisant travailler de conserve une bibliothécaire et des scientifiques bénévoles autour d’une classe de jeunes en difficulté.

Autre preuve que la formule des Innovateurs peut se décliner de bien des façons : au printemps dernier, une douzaine d’Innovateurs choisissaient d’investir une école primaire pendant une nuit entière pour initier les enfants à l’observation des astres… Et, depuis une année, l’équipe des Innovateurs d’Hydro-Québec a ouvert un avant-poste du programme sur la Côte-Nord et le Bas Saint-Laurent, et est prête à investir, à la demande des enseignants, toutes les régions du Québec!

Relancer le bénévolat scientifique

Tous ces projets, portés à bout de bras par des hommes et des femmes que rien n’obligeait, a priori, à se lancer dans l’aventure, témoignent d’un certain regain de vigueur du bénévolat scientifique. Une bonne nouvelle. Yves Gingras, professeur d’histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), et auteur du livre Pour l’avancement des sciences(1) a situé la problématique de l’évolution du bénévolat scientifique. Son étude, qui porte sur les soixante-dix premières années de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences, apporte la conclusion suivante : l’implication des scientifiques bénévoles est en déclin par rapport aux années 50-60, années durant lesquelles les scientifiques étaient plus sensibles à l’enseignement des sciences au niveau secondaire.

Mais quelle est l‘origine d’un tel changement? « Au fil des ans, les scientifiques sont devenus plus impliqués au niveau de la recherche et se sont refermés sur le milieu universitaire, laissant ainsi la vulgarisation scientifique pour les jeunes aux mains d’un nouveau groupe, celui des communicateurs scientifiques », explique t-il.

« L’ACFAS a joué un rôle central dans la formation de la communauté scientifique québécoise. Elle avait réussi, grâce à des subventions gouvernementales, à relancer la pratique du bénévolat des années 50 en réintroduisant dans les écoles secondaires les conférences scientifiques offertes par des chercheurs. Mais, suite aux coupures des subventions, le programme a été abandonné », déplore l’auteur.

Yves Gingras souligne l’importance des bénévoles et encourage fortement leur implication auprès des nouvelles générations. « Le réseau des bénévoles se situe dans la tradition lancée par les pionniers de L’ACFAS comme Marie-Victorin et son équipe qui s’occupaient dès le début des années 1930 des Cercles des jeunes naturalistes et qui animaient une émission de radio (La cité des plantes) au début des années 1940. Les bénévoles montrent ainsi par des gestes concrets que la culture scientifique est très importante dans notre société techno-scientifique et qu’elle peut même être comparée à la capacité de lire et d’écrire qui a été au fondement de l’instauration de l’école obligatoire. »

L’an dernier, le travail des Innovateurs à l’école et à la bibliothèque a d’ailleurs été salué par la Fédération des centres d’action bénévole du Québec (FCABQ). Qui sait si le bénévolat scientifique ne sera pas un jour considéré comme une activité d’utilité publique…


Sophie Payeur et Andrea Slobodova

Collaborations spéciales


1) Yves GINGRAS, Pour l’avancement des sciences. Histoire de l’ACFAS 1923-1993, Montréal, Boréal, 1994, 223 pages.

 

Le bénévolat scientifique, ça fait du bien à l’âme. Ils le disent eux-mêmes…

« Ces rencontres avec les jeunes me donnent beaucoup d’énergie et de plaisir. J’ai l’impression d’ajouter une pierre à l’édifice, d’ouvrir des horizons nouveaux et d’être impliquée socialement en tant que scientifique… Que du bonheur! »
Éléonore Tremblay, biologiste, Assistante de recherche au Centre de recherche et de développement en horticulture de Saint-Jean-sur-Richelieu

« Je veux démystifier le dédain pour les « faux cools » – ces jeunes qui croient à tort que seuls les nerds étudient les sciences. Ça m’a toujours révolté, c’est pourquoi j’aime prendre le temps de leur montrer les multiples facettes tripantes de mon métier. Et si je peux prévenir le décrochage chez les jeunes et surtout dans les milieux défavorisés, je fonce! »
Yann Benoît, ingénieur chez Bell Mobilité

« On ne fait pas de la recherche pour soi, mais pour la communiquer. Bien sûr, il y a les publications dans les revues scientifiques, mais l’information doit être diffusée plus largement. La culture en sciences est nécessaire si l’on veut comprendre le monde dans lequel on vit et ce qui se dit dans les médias. Sans une culture de base, on dit et on croit n’importe quoi. Dès que j’arrive dans l’école, je suis vraiment heureuse et je retrouve le même enthousiasme à chaque fois. Pour les enfants, je pense que le fait que quelqu’un vienne de l’extérieur est une chose intéressante : je ne suis pas enseignante, ma méthode de travail est différente et je présente quelque chose de nouveau, aussi les enfants sont-ils attentifs. Les professeurs posent également beaucoup de questions : certains se tiennent au fond de la classe et lèvent la main! Finalement, j’apprends autant aux jeunes qu’aux adultes… »
Véronique Martel, étudiante au doctorat au Centre de recherche et de développement en horticulture de Saint-Jean

« Lorsque j’étais élève, mes professeurs n’ont pas réussi à me donner le goût des sciences. C’est une émission de télévision qui me les a fait voir sous un autre jour. Il faut avoir de l’imagination, savoir organiser des jeux et partager son plaisir et la beauté de la science. C’est cela que proposent les Innovateurs. »
Serge Lepage, océanographe et conseiller scientifique à la Biosphère de Montréal

« Les enfants sont tellement généreux. Certaines classes m’ont envoyé de belles cartes avec des fleurs par la poste. Ça fait chaud au cœur. Tout le monde peut exercer le métier qu’il veut, qu’on soit une femme ou un homme. J’espère donner l’exemple aux filles qu’il est possible d’exercer un métier dit “masculin”. Même si les femmes sont plutôt rares dans le monde de la recherche, il ne faut pas s’arrêter à cette barrière psychologique! Par ma présence, j’espère du même coup modifier, auprès des petits garçons, l’image qu’ils ont souvent d’un monde scientifique dominé par les hommes. »
Nadine Beloin, biologiste, chercheure chez Codena inc.

« L’espace m’a beaucoup donné, la société a beaucoup investi en moi et ma participation à ce programme n’est finalement que le retour du balancier. En présentant cet atelier, je pense pouvoir stimuler les jeunes, leur fournir d’autres modèles de héros. J’aime à penser que mon implication fait tourner une grande roue. »
Dany Saint-Pierre, ancien ingénieur à l’agence spatiale canadienne

« J’ai le mandat de vulgariser la recherche auprès des pomiculteurs, mais je crois que cela fait aussi partie de mon travail de le faire avec les enfants. Voir leurs yeux pétillants, leur soif de connaissances, c’est une récompense inestimable. »
Daniel Cormier, chercheur entomologiste en arboriculture fruitière à l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement

« J’ai beaucoup apprécié l’expérience de ma première présentation, surtout devant des élèves du primaire et des premières années du secondaire. J’ai été séduit par la spontanéité de ces jeunes et je voulais leur montrer que l’on peut être créatif même dans un laboratoire! »
Pascal Vachon professeur agrégé en science et médecine des animaux de laboratoire à l’Université de Montréal

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Dossier thématique documentaire : l’arbre qui cache la forêt

Quelques idées reçues sur les arbres et la forêt

Vladimir Rousse est animateur à la Maison de l’arbre du Jardin botanique de Montréal. Il y accueille visiteurs et groupes scolaires qui ont pour lui mille interrogations. Voici quelques idées régulièrement partagées avec lui, ainsi que ses réponses, qui écorchent au passage quelques croyances populaires.

Un arbre creux est mort

Il nous arrive d’apercevoir des crevasses ou des trous circulaires qui creusent les arbres vers le centre du tronc. En fait, lorsque le milieu d’un arbre est creux, c’est qu’il est atteint d’une carie, tout comme nos dents. Un arbre carié peut être mort, bien sûr, mais il peut aussi être vivant. Chose étonnante, les arbres en parfaite santé comportent tous une partie morte où la sève ne circule plus. Cette partie, située au centre du tronc, est appelée « duramen » ou « bois de cœur ». Le développement de l’arbre s’effectue tout autour de ce bois de cœur, chaque couche de croissance correspondant à une année de vie.

Les racines des arbres font éclater les tuyaux d’égout

Au Québec, certaines municipalités ont été poursuivies en dommages pour des fissures dans des murs et des affaissements d’immeubles, ainsi que par des citoyens qui considéraient les arbres de la ville comme responsables de ces bris. Or, il est impensable que des racines, aussi impressionnantes soient-elles, puissent déplacer des murs d’immeubles par leur seule croissance. Les racines doivent continuellement s’adapter aux conditions de l’environnement urbain, plus hostiles aux arbres : présence d’argile et de minéraux, sols perturbés et compactés sans oxygène, sécheresse, etc. De plus, aucun lien de causalité n’a été établi de manière formelle entre l’action des racines et l’affaissement des fondations. Et les racines ne peuvent, en aucune circonstance, provoquer des bris de conduits d’égout. L’examen d’un grand nombre de cas en Amérique et en Europe démontre que les tuyaux doivent préalablement être fissurés, craquelés ou brisés pour que les radicelles des arbres puissent s’y introduire.

Les conifères sont plus résistants que les feuillus

Oui… et non. Disons que les conifères sont plus adaptés que les feuillus à survivre aux conditions nordiques. Leurs feuilles de forme réduite, les aiguilles, sont recouvertes d’une couche protectrice de cire qui les aide à retenir l’eau. Ils ont aussi la capacité de faire la photosynthèse à des températures plus basses que les feuillus. De plus, la forme conique des conifères les rend plus résistants aux vents et aux accumulations de neige. On peut donc dire que les conifères supportent mieux le froid; on les retrouve d’ailleurs en grand nombre dans la forêt boréale. Dans la forêt du sud du Québec, toutefois, où les températures sont plus chaudes, les conifères ne croissent pas plus vite que les feuillus.

Arracher l’écorce d’un arbre, c’est lui affliger une blessure

Chez tous les arbres, l’écorce sert à protéger notamment le « phloème » (ou « liber »), une partie du tronc qui contient les vaisseaux transportant la sève. L’épaisseur de l’écorce est proportionnelle à la grosseur de l’arbre et peut avoir différentes apparences. Jusqu’à un certain point, l’écorce d’un bouleau qui s’épluche et frise facilement pourrait être arrachée superficiellement sans causer de tort à l’arbre. En revanche, chez de gros arbres dont l’écorce se fissure en formant de gros morceaux, l’écorce risque d’être arrachée sur toute son épaisseur. Dans ce cas, la blessure peut-être assez profonde pour laisser entrer des parasites, tels que des champignons ou des insectes, et ainsi causer une infection. Il existe toutefois un arbre dont on extrait l’épaisse écorce sans lui nuire : le chêne liège Quercus suber, qui nous a donné le liège.

Le gel est responsable de la coloration des feuilles à l’automne

Ce n’est pas la température qui entraîne la coloration des feuilles; au contraire, le froid provoque leur mort. Le phénomène est plutôt causé par la modification des périodes d’ensoleillement. Au fur et à mesure que l’automne progresse, les journées raccourcissent, l’apport de lumière diminue et l’alimentation des feuilles cessent petit à petit. La chlorophylle, qui donne aux feuilles leur couleur verte, est l’un des premiers composants détruits par le processus de transformation. Le vert, qui masquait jusqu’ici les autres pigments présents dans la feuille, disparaît alors et cède la place au bal des couleurs que l’on connaît : le jaune, l’orangé, le rouge vif, le violet.


Le Jardin botanique de Montréal : http://www2.ville.montreal.qc.ca/jardin/menu.htm

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Dossier thématique documentaire : l’arbre qui cache la forêt

Un producteur nous éclaire :
le Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke

À peine ouverte, la petite valise bleue laisse échapper le parfum suave et résineux du sapin baumier. Un parfum chargé de souvenirs d’enfance, nichés pas très loin de l’arbre de Noël... « C’est un flacon d’huile essentielle de conifère », explique Marie-Josée Falardeau, animatrice au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke. « C’est un des nombreux produits extraits de l’arbre. Et une manière délicieuse de capter l’attention des élèves! » Marie-Josée Falardeau tire également de la valise une partie coupée du tronc d’un arbre qui révèle ses cercles de croissance, témoignant de l’âge du spécimen. « Des cercles épais nous apprennent que l’arbre était en bonne santé ou qu’il a connu de bonnes conditions de croissance. En revanche, des cercles minces ou peu distanciés suggèrent que l’arbre a été malade ou qu’il a manqué d’ensoleillement et de nourriture. »

Des valises à partager le savoir

Le Musée de la nature et des sciences (MNES) propose cinq de ces petites valises sur le thème de l’arbre(1), chacune d’elles couvrant une sous-thématique : la croissance, les différents types de feuilles, la reproduction, les parties de l’arbre et les dangers qui guettent la forêt. À l’instar des sept trousses éducatives offertes aux enseignants par le MNES, la trousse sur les arbres comporte du matériel en deux et en trois dimensions ainsi que des spécimens. Les messages éducatifs sont transmis aux élèves de 2e et 3e cycle du primaire sous forme de schémas à compléter ou de défis à relever. « Les enseignants sont libres d’adapter le matériel ou de s’en inspirer pour poursuivre l’enseignement au-delà du contenu proposé », précise Marie-Josée Falardeau.

C’est ainsi qu’on apprend, entre autres, qu’un gros arbre boit 1362 litres d’eau par jour et qu’un peuplement d’érables rouges d’un acre transpire, en saison de croissance, suffisamment d’eau pour couvrir cet acre d’une nappe d’eau de 76 centimètres de hauteur!

La forêt derrière l’arbre

Comme un arbre qui cache une forêt, le Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke conçoit et offre plusieurs activités qui traitent, de près ou d’un peu plus loin, de l’arbre et de la forêt. L’institution, qui a mérité en 2004 l’Or des Grands prix du tourisme québécois, est le plus grand producteur d’expositions muséologiques au pays. D’ailleurs, les expositions réalisées par l’équipe chevronnée du Centre de production scientifique parcourent de plus en plus de kilomètres partout au Canada et même en sols américains et européens. Parmi elles, l’exposition itinérante « Les sentiers de la forêt »(2), fruit d’une collaboration récente avec le Musée régional de Rimouski. Cette exposition consacre, spécifiquement pour le bonheur des enfants, une section sur la vraie nature des arbres et de la vie qui s’y cache.

Quant à elle, l’exposition permanente « Au fil des saisons » est sans contredit le décor tout indiqué pour rencontrer ces arbres et ces forêts qui déploient mille et une astuces afin de traverser les quatre saisons québécoises. En voyageant de l’hiver au printemps, en passant du jour à la nuit, le visiteur découvre la forêt tel un écosystème indispensable à la vie d’une multitude d’êtres vivants. Ours rugissants et hiboux aux aguets sont au rendez-vous. « C’est un lieu d’exploration formidable pour les enfants, dit Marie-Josée Falardeau. Nous y offrons des visites d’une heure qui alternent animation éducative et libre découverte. » L’équipe du MNES propose entre autres deux visites animées mettant en scène la forêt.

Dans quel arbre aimerais-tu vivre?

Destinée aux élèves de 4e année du primaire, l’activité « 70, rue de la forêt » est une randonnée ludique dans la forêt des quatre saisons qui vise à familiariser l’enfant avec la notion d’habitat. Des jeux de mémoire et d’association entraînent les élèves à établir des liens entre les besoins de nourriture, de repos, d’abri et de socialisation des animaux. L’enfant est initié au concept de chaîne alimentaire et prend conscience de la nécessité de la diversité biologique. « Il réalise ainsi à quel point le castor a besoin des arbres et des plans d’eau, non seulement pour se nourrir mais aussi pour s’abriter et faire des petits. Et qu’à son tour, le castor peut répondre aux besoins du loup pour se nourrir… » Les enfants sont appelés à fabriquer une chaîne alimentaire à partir d’éléments trouvés dans l’exposition.

Enfin, l’activité « Des Amérindiens dans la forêt » propose aux jeunes de 5 à 8 ans de se joindre à une communauté d’Amérindiens. Ils découvrent ainsi des aspects surprenants de la vie des animaux et des plantes de la forêt québécoise. Articulée de manière à susciter la curiosité des tout petits, la visite est ponctuée de jeux de mimes et de contes amérindiens. L’occasion d’un premier éveil aux habitants de la forêt et d’un sommeil habité de personnages mystérieux le soir venu…


Sophie Payeur

Collaboration spéciale


1) Chaque trousse est disponible en location au coût de 25 $ (plus taxes) par semaine pour l’ensemble des enseignants du Québec. Le matériel est offert en français seulement. Il est recommandé de réserver.

2) Cette exposition est présentée du 30 avril au 4 septembre 2007 à l’Association forestière de Baie-Comeau, et du 29 septembre au 18 novembre 2007 au Centre d’exposition de Val-d’Or.

Pour plus de renseignements sur les activités et les outils éducatifs offerts par le Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke :
Marie-Claude Beaulieu
(819) 564 3200, poste 246
marieclaude.beaulieu@mnes.qc.ca
www.mnes.qc.ca

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Dossier thématique documentaire : l’arbre qui cache la forêt

Des liens utiles pour en savoir plus

Le Kiosque Foresterie
Allez prendre une cybermarche dans le Kiosque Foresterie de l’Agence Science-Presse. Le Kiosque Foresterie, c’est d’abord une revue de presse mensuelle complète sur toutes les questions et enjeux qui concernent la forêt et ses habitants. C’est aussi un répertoire de liens sur le sujet. Vous y trouverez également tous les articles produits par l’Agence Science-Presse et, surtout, le Kiosque Foresterie jeunesse, véritable mine de renseignements, de liens et de jeux pour introduire les jeunes à cet univers fascinant.
http://www.sciencepresse.qc.ca/kiosqueforet.asp

Des livres et des arbres
Le jardin botanique de Montréal propose sur son site Internet une bibliographie annotée des ouvrages de sa bibliothèque. Un outil très pratique pour les jeunes, les parents, les profs ou les bibliothécaires. Voir en particulier le lien vers la section « les arbres et les forêts »
http://www2.ville.montreal.qc.ca/jardin/jeunes/recherches/bibliographie_ar.htm#arbres

L’univers des arbres
Site interactif destiné aux jeunes pour découvrir l’univers des arbres en observant une année dans la vie d’un arbre, les utilisations que l’on peut faire des arbres, la biodiversité, les différentes actions que l’on peut entreprendre pour protéger la forêt et plus encore! Le site contient aussi une section « Jeux et expériences », ainsi qu’un dictionnaire très utile et de nombreux liens.
http://www.domtar.com/arbre/start.htm

La mythologie et les arbres
Les Romains et les Grecs connaissaient bien les arbres. À la plupart, ils vouaient un culte qu’ils justifiaient en leur attribuant une incarnation divine. Cette page d’un site entièrement consacré aux arbres nous renseigne sur la mythologie qui teinte les branches de plusieurs arbres bien connus.
http://les.arbres.free.fr/mythologie.php

Le site en bois
Pour tout savoir sur la filière du bois et de la forêt sur Internet. Des actualités, la richesse écologique du bois, l’art des forêts, les nombreuses ressources disponibles et plusieurs images ne sont que quelques exemples de ce que l’on peut dénicher sur ce site touffu.
http://www.site-en-bois.net/fr/accueil.phtml

La fondation canadienne de l’arbre – section « Enfants et enseignants »
Vous trouverez sur cette page plusieurs ressources pour enseigner les bienfaits des arbres aux enfants ainsi que du matériel pédagogique. Idéal pour faire découvrir les arbres qui poussent dans nos cours.
http://www.treecanada.ca/kids_f.htm

Les amis de la Terre – section « Forêts »
La section « Forêts » du site contient de nombreux dossiers intéressants portant sur l’actualité des forêts, la situation des forêts dans le monde, la consommation responsable de bois, les produits qui contribuent à la déforestation, etc. Pour faire comprendre l’importance du développement durable et de la consommation responsable pour les forêts du monde.
http://www.amisdelaterre.org/rubrique.php3?id_rubrique=11

Questions et réponses sur la forêt
Pourquoi il y a de la sève dans les arbres? Quelle quantité de sève produit un érable? Pourquoi les feuilles tombent à l’automne? Quel est le plus gros arbre du Québec? Pourquoi les arbres ont des branches? Des réponses à toutes ces questions et bien plus encore sur la page « Questions et réponses sur la forêt » de l’Association forestière de la Vallée du Saint-Maurice. Idéal pour introduire les jeunes aux notions de bases portant sur les arbres d’ici.
http://www.afvsm.qc.ca/place_publique/reponse.htm

La chimie des couleurs d’automne
Pourquoi les feuilles changent-elles de couleur une fois l’automne venu? Quels sont les phénomènes chimiques qui se cachent derrière cette transformation colorée? Toutes les réponses à ces questions sur la page « La chimie des couleurs d’automne ».
http://www.erabliere-lac-beauport.qc.ca/colors/falcolr.htm

Voir aussi : l’article de la revue Les Débrouillards sur le sujet
http://www.lesdebrouillards.qc.ca/applicationWeb/pages/publique/archives/index.php?Type_Items=0&ID=163

Le magazine de la forêt – World Wildlife Fund, section Suisse
Plein d’informations sur la forêt et le bois attendent les jeunes dans la section « Bibliothèque » et dans les galeries consacrées aux arbres, au bois et à la forêt. Le tout est accompagné de jeux interactifs, de concours, et d’une section réservée aux professeurs.
http://www.woodworld.ch/f/index.cfm?page=news_overview&kat=1&lang=f

Les petits curieux – CIRAD
Le site Les petits curieux présente des animations Flash sur la déforestation et le rôle des forêts dans les changements climatiques. Idéal pour introduire les jeunes à ces notions parfois complexes.
http://www.cirad.fr/fr/web_savoir/curieux/index.php

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Dossier thématique documentaire : l’arbre qui cache la forêt

Notre bibliothécaire vous propose…

Nos complices bibliothécaires du Réseau-BIBLIO de l’Abitibi-Temiscamingue et du Nord-du-Québec nous ont concocté une sélection de livres sur les arbres et la forêt.

Pour les 6 ans et plus

Auteur : FICHOU, Bertrand, Emmanuel Chanut et Stéphanie Janicot
Titre : Les animaux de la forêt
Éditeur : Paris : Bayard jeunesse
Date : c2005
Description physique : 40 p. : ill. en coul.; 19 cm
Collection : La petite encyclopédie Youpi des grands curieux; 10
ISBN 2-7470-1334-0
Sujet : Faune forestière

Résumé : « Sais-tu que la chouette avale ses proies tout rond, que le sanglier pèse plus lourd que trois adultes, que le cerf perd ses bois au printemps? Observe les animaux de nos forêts : tu découvriras comment ils vivent, et tu apprendras des choses passionnantes! » Page 4 de couv.

Auteur : FOWLER, Allan
Titre : Nos forêts
Éditeur : Markham, Ont. : Scholastic
Date : 2005
Description physique : 31 p. : ill. en coul.; 18 cm
Collection : Apprentis lecteurs. Sciences
ISBN 0-439-94798-7
Sujets : Forêts et sylviculture; écologie forestière

Pour les 8 ans et plus

Auteur : HEWITT, Sally
Titre : Bois et prairies
Éditeur : Villebon, France : Piccolia
Date : c2003
Description physique : 32 p. : ill. en coul.; 28 cm
Collection : Découvre la nature
Notes : « Avec des expériences à réaliser pas à pas pour jeune scientifique »
ISBN 2-8454-0529-4
Sujets : Sciences naturelles; nature; faune forestière; plantes; sciences naturelles — expériences

Résumé : « Ce livre offre aux scientifiques en herbe une introduction vivante au monde de la nature. Grâce à des projets faciles à réaliser, ils reproduiront des feuilles, planteront un arbre et peindront le camouflage d’un oiseau. À la fin de l’ouvrage, les jeunes scientifiques auront une meilleure compréhension de la vie animale et végétale dans les bois et les prairies. Un vocabulaire et une syntaxe adaptés aux jeunes lecteurs. Des instructions simples et un complément d’informations sur des sujets précis. Un glossaire interactif permettant de faire le point sur ses connaissances. » Page 4 de couv.

Pour les 8 ans

Auteur : BISHOP, Nic
Titre : Explorateurs de la forêt : bestioles grandeur nature
Éditeur : Markham, Ont. : Scholastic
Date : 2005
Description physique : 47 p. : ill. en coul.; 32 cm.
ISBN 0-439-95872-5
Sujets : Faune forestière; écologie forestière; insectes forestiers; forêts; écologie

Résumé : « Apprends à explorer la foret et à reconnaître ses habitants. De grands tableaux photographiques présentant différents habitats peuplés de petites bêtes grandeur nature te permettront de te familiariser avec plus de 130 espèces animales. Un index photographique t’aidera à identifier les bestioles que tu rapporteras de tes expéditions forestières. » Page 4 de couv.

Auteur : GUIDOUX, Valérie
Titre : La forêt
Éditeur : Mango jeunesse
Date : 2006
Description physique : 22 p. : ill. en coul.; 25 cm
Collection : Qui es-tu? Nature
ISBN 2-7404-2104-4
Sujets : Forêts; écologie forestière
Également dans la même collection, le titre : L’arbre

Résumé : « La forêt frissonne d’une vie intense. Ses arbres poussent toujours plus haut vers le ciel et mêlent leurs feuillages et leurs branchages. Sous ses frondaisons, les plantes grandissent et se multiplient. De jour comme de nuit, les animaux parcourent des sentiers secrets et s’aventurent parfois jusqu’aux lisières, là où les champs commencent. Puis ils retournent à l’abri sous la protection des arbres. » Page 4 de couv.

Auteur : KALMAN, Bobbieet Kathryn Smithyman
Titre : La forêt
Éditeur : Mont-Royal : Banjo
Date : c2004
Description physique : 32 p. : ill. en coul., carte; 24 cm
Collection : Petit monde vivant
ISBN 2-89579-012-4 (br.)
Sujets : Écologie forestière; forêts
Pour les 10 ans et plus

Auteur : GREENAWAY, Theresa
Titre : Arbres
Éditeur : Paris : Gallimard jeunesse
Date : 2005
Description physique : 160 p. : ill. (principalement en coul.); 17 cm
Collection : Poche Vu junior; 17
ISBN 2-07-051083-2
Sujets : Faune forestière; insectes forestiers

Auteur : ROSE, Olivier
Titre : Des arbres
Éditeur : Nantes : Gulf Stream
Date : 2005
Description physique : 63 p. : ill. en coul.; 22 cm
Collection : Sauvegarde
ISBN 2-909421-36-8 (br.)
Sujets : Arbres; forêts — conservation; bois, travail du

Auteur : FABBRI, Fabrizio
Titre : La forêt en danger
Éditeur : Paris : Delagrave
Date : c2005
Description physique : 30 p. : ill. en coul.; 31 cm
Collection : Greenpeace
ISBN 2-206-08958-0
Sujets : Écologie forestière; forêts -- conservation

Résumé : « Les dernières forêts anciennes de la planète sont menacées. Près de 80 % de ces forêts ont été détruites, la grande majorité ces trente dernières années. Les forêts anciennes restantes sont vitales pour la planète. Près de 80 % de la diversité biologique des terres émergées de la planète y est regroupée, et ces forêts influent sur le climat en régulant la chute des pluies et en stockant de grandes quantités de carbone, diminuant le processus de réchauffement de la planète. Où sont-elles? En Amazonie, en Asie du Sud-Est, en Afrique centrale (Bassin du Congo), au Canada, en Russie et même en Europe (Nord de la Laponie), elles sont le lieu de vie de nombreuses populations qui dépendent presque exclusivement de ces ressources forestières pour leur subsistance. Il est aujourd’hui primordial de préserver ces forêts si précieuses. Agissons maintenant! » Page 4 de couv.

Titre : La vie secrète de nos forêts
Éditeur : Paris : Atlas
Date : 2001
Description physique : 236 p. : ill. en coul.; 30 cm
Collection : Atlas junior
Notes : « Cet ouvrage est une édition partielle de l’encyclopédie Forêt vivante publiée par les Éditions Atlas » p. 4
ISBN 2-7234-3640-3
Sujets : Forêts; écologie forestière; faune forestière

Pour les 12 ans et plus

Auteur : BURNIE, David, British Museum (Natural History Museum)
Titre : Les secrets de l’arbre
Éditeur : Paris : Gallimard jeunesse
Date : 2005
Description physique : 71 p. : ill. (principalement en coul.); 29 cm
Collection : Les yeux de la découverte; 5
ISBN 2-07-051072-7
Sujets : Arbres; forêts et sylviculture

Un clin d’œil du temps des fêtes

Contes de la forêt
Texte et illustration de Mireille Levert
Dès 3 ans
ISBN 978-2-89512-497-9

Un escargot qui joue du piano, un loup qui court comme un fou, des sorcières qui font la fête… Chut! Il ne faut pas révéler tous les secrets de la forêt enchantée! Une balade magique au pays du rêve et de la poésie!

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Dossier thématique documentaire : l’arbre qui cache la forêt

Porte ouverte sur le Kaléidoscope : mille et un outils sur les arbres et la forêt

Érables, pins et autres cèdres peuvent vous fournir une foule d’idées d’activités scientifiques à réaliser à l’école, à la bibliothèque ou en famille. Voici une importante sélection d’outils et de services mis à votre disposition aux quatre coins du Québec.
http://www.spst.org/kaleidoscope/statique/pluie_sciences_9.html

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