Mots-clés : Québec’ERE, éducation relative à l’environnement

À Québec, il y a de l’ERE dans l’air. « ERE » pour éducation relative à l’environnement. Des industries au monde municipal, en passant par les ministères provinciaux et fédéraux, et, bien sûr, les écoles, une organisation non gouvernementale a pris la cause à bras le corps : Québec’ERE, qui fête tout juste ses 10 ans, a fait de la sensibilisation à l’environnement son cheval de bataille.

À sa barre, Barbara Genest : « Je suis arrivée chez Québec’ERE en 1998, le jour de son incorporation… À l’époque, déjà, les besoins en matière d’éducation relative à l’environnement pour les organismes de la région étaient trop nombreux. La création de Québec’ERE par le Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale et d’autres organismes en environnement s’imposait. »

 
Barbara Genest
 

De 5 à 99 ans

Depuis, la joyeuse équipe ne chôme pas. Consultant dans le domaine de l’éducation, de la vulgarisation scientifique et de l’interprétation, l’organisme touche une clientèle âgée de 5 à 99 ans. « Le principal champ d’action des animateurs se situe surtout dans les écoles primaires, où sont présentées différentes activités de sensibilisation, qui peuvent être regroupées en trois blocs : l’air, la terre et l’eau. On aborde notamment la pollution atmosphérique, la consommation quotidienne d’eau et la gestion des matières résiduelles », explique Mme Genest.

Des activités aux titres éloquents – « Une bouffée d’air pur », « Une tempête dans un verre d’eau » et « Ça grouille… dans ma classe ! » – amènent respectivement les participants à approfondir le thème de la qualité de l’air, à trouver des trucs pour réduire sa consommation quotidienne d’eau et à apprendre l’ABC du lombricompostage (le compost par des vers rouges ou tigrés dans le confort de la salle de cours…).

 
 

Cinq objectifs servent de référence lors de l’élaboration et de la réalisation des activités : la prise de conscience, les connaissances, les compétences, la capacité d’évaluation, ainsi que la participation. « Les mots peuvent différer d’un organisme à l’autre, mais c’est autour de ces valeurs que sont bâties nos activités. »

À cela s’ajoutent des expositions et des services spécialisés. Par exemple, l’organisme offre du soutien technique pour l’implantation de plans de gestion de matières résiduelles ou l’initiation à la collecte sélective dans les écoles ou les entreprises.

 

Côte ascendante

Mais en 10 ans, la perception du citoyen face à l’environnement et les actions concrètes qu’il pose ont-elles évoluées ? « J’aimerais pouvoir dire que oui, mais on en gagne et on en perd. En général, les gens sont plus sensibles à l’environnement qu’avant, ce qui nous rend plus optimistes. Mais certaines personnes posent des gestes qui vont à l’encontre de leur vision environnementale. Ce qui importe, c’est que nous puissions toucher les gens pour provoquer un changement de comportement. Nous sommes dans une côte ascendante », concède-t-elle.

Au quotidien, les actions de Québec‘ERE donnent un sérieux coup de pouce à la cause. Par exemple, l’exposition itinérante interactive « La Grande Exposition – des idées ALLANT vert » permet aux écoles d’accueillir une exposition comprenant 14 kiosques traitant de la gestion des matières résiduelles qui seront directement animés par les élèves de 5e et 6e années. Rien de tel pour susciter des vocations. « À la suite de l’événement, une école a décidé de mettre sur pied une grande coopérative. Ils ont établi un système amenant les élèves à ramasser, chaque semaine, le matériel qui allait servir aux activités d’art plastique. Les jeunes préparaient les commandes et utilisaient ce matériel en cours. L’objectif : travailler avec du matériel récupéré tout au long de l’année », raconte Mme Genest.

Et rien de tel que l’exemple pour changer les idées préconçues. « Dans une autre école, deux enseignantes plutôt réfractaires au compost ont non seulement bien implanté le système dans leur milieu de travail, mais en changeant de position, elles ont même convaincu leurs collègues de faire du compost chez eux ! »

 

Expertise et formation sur le terrain

Autre caractéristique de l’organisme : tous les animateurs possèdent plusieurs années sur le terrain et une solide expertise. « Nous sommes tous des biologistes de formation. Les animateurs cumulent plus de 20 ans d’expérience en éducation et en vulgarisation scientifique. Les activités que nous offrons sont de type muséal; elles sont conçues de manière originale et moderne, de sorte que l’enseignant ne pourrait pas nécessairement les reproduire lui-même », conclut Barbara, qui a reçu en 2004 le prix Rosaire-Corbin, attribué par le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, pour son apport remarquable à la mise en valeur et à l’interprétation des ressources naturelles de ce parc.


Véronique Demers

Collaboration spéciale

 



Pour en savoir plus :
Kaléidoscope : Québec’ERE




Imprimer cet article

Imprimer tout le magazine

Envoyez cet article à un ami

@
Pour nous écrire : af@spst.org