Pluie de science www.spst.org/pluiedescience/1207 Version complète
Éditorial Chaque année, un caprice du climat australien voit converger un bataillon d’aficionados venus des quatre coins du monde. Fugace et grandiose, un nuage. Le Morning Glory. Blanche diva du cercle cotonneux des chasseurs de nuages, le Morning Glory charme de ses volutes des centaines de mordus qui traversent la planète pour en capturer l’éphémère beauté. Contre toute attente, alors que le commun des mortels ne jure que par l’azur immaculé, les membres de la Cloud Appreciation Society (http://www.cloudappreciationsociety.org/mg1/) dénoncent, avec humour, la mainmise éhontée du ciel bleu sur l’imaginaire ! Et ils n’ont pas tort : rien de tel qu’un affable et replet altocumulus – ou un menaçant nimbostratus – pour souligner la magnificence de notre environnement céleste et terrestre. Décidément, quelle belle planète que la nôtre… bleue comme une orange, comme disait le poète. N’en déplaise à nos aimables chevaucheurs de brume. « Bleue comme une orange », un thème qui nous mène, une fois n’est pas coutume, aux quatre points cardinaux de la médiation des sciences, en cette Année internationale de la planète Terre. Mais plantons d’abord le décor. Le bleu a un lourd passé, que l’historien Michel Pastoureau, spécialiste des couleurs, a décortiqué dans plusieurs ouvrages. Couleur favorite des Occidentaux, il a connu une terrible rivalité avec le rouge avant de laisser son empreinte dans notre mémoire collective, de la Vierge Marie au blue-jean. Un destin épique, prétexte à une multitude d’apprentissages, que nous survolerons en ouverture de ce numéro d’hiver. De retour au présent, et sur le plancher des vaches, nous vous raconterons une expérience de partage des savoirs qui met en scène des paysannes françaises et africaines : « Semences de connaissance ». Puis, une présentation de la Biennale de l’environnement Terre en tête nous ramènera en pleine urbanité, au cœur de banlieues grouillantes et industrieuses. Comme il n’est malheureusement plus possible de parler de la Terre sans évoquer les bouleversements climatiques (non que le sujet soit barbant – au contraire – mais il est d’une bien triste actualité), une recension du livre de notre collaboratrice Dominique Forget sur la fonte de l’Arctique nous permettra d’ouvrir un dossier thématique consacré à l’éducation relative à l’environnement. On y découvrira notamment que le thème peut être décliné, en classe et à bibliothèque, de toutes sortes de manières. Et pour saluer une dernière fois nos amateurs de nuages, nous tournerons encore les yeux vers le ciel, d’un noir profond cette fois-ci, pour vous présenter « Le ciel miroir des cultures », une exposition passionnante et téléchargeable gratuitement, qui replace le firmament au cœur de mille légendes. À vous la Terre… Et bonne lecture ! Anne Fleischman ***
Scientifiques, vos papiers ! Mots-clés : bleu, science, histoire L’historien Michel Pastoureau étudie les couleurs depuis près de 40 ans. Directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études (Sorbonne), il a consacré plusieurs ouvrages aux rapports des humains avec les couleurs, dont un livre complet au bleu. Lorsqu’on demande aux gens quelle est leur couleur préférée, le bleu l’emporte aisément. Pourquoi ? Parce que c’est une couleur consensuelle, docile, qui n’agresse personne. Même le mot est joli. Il a une consonance liquide. Vous noterez que, dans les librairies, d’innombrables livres pour la jeunesse portent le mot « bleu » dans le titre : L’oiseau bleu, Un coin de ciel bleu, Le farfadet bleu, etc. Les plus anciens sondages, datant du 19e siècle, rapportent que le bleu est la couleur préférée des Occidentaux. De 40 à 55 % des répondants l’évoquent de préférence au vert, loin derrière (20 %). Suivent le rouge, le blanc, le noir et le jaune. Mais c’est différent en Orient. Au Japon, par exemple, c’est le noir qui obtient la faveur populaire. En a-t-il toujours été ainsi ? Non. Même si cette couleur est omniprésente en Méditerranée depuis la nuit des temps, elle a longtemps été difficile à fabriquer et à reproduire. C’est sans doute la raison pour laquelle elle n’a pas joué un rôle important dans la vie sociale, religieuse ou symbolique de l’époque. Au Moyen Âge, le bleu est pratiquement absent de la vie communautaire. Dans la Rome antique, des yeux bleus sont considérés comme un signe de débauche chez les femmes et une disgrâce chez les hommes. Pour les Grecs et les Romains, cette couleur est désagréable à l’œil. L’histoire de la couleur bleue dans les sociétés européennes est celle d’un complet renversement. Vous écrivez dans l’un de vos livres que la Vierge Marie est devenue « le plus important agent de promotion du bleu ». Qu’entendez-vous par là ? Dans la Bible, le bleu n’est presque jamais évoqué car les textes hébreux, araméens et grecs ont peu de vocabulaire pour décrire les couleurs. Ce seront les traducteurs qui mettront des couleurs sur des adjectifs comme « riche » (rouge), « sale » (gris ou noir) ou « éclatant » (pourpre). Sauf pour le saphir, pierre préférée des peuples chrétiens, le bleu ne fait pas partie des mœurs de l’époque. Quand on met en place la liturgie, à l’époque carolingienne, on l’ignore complètement. Des traces de ce rejet systémique perdurent encore aujourd’hui, puisque la liturgie n’intègre pas cette couleur. Les prêtres revêtent certaines couleurs associées aux célébrations particulières : le rouge représente l’Esprit saint, le blanc le Christ; le noir ou le violet la pénitence, le vert les dimanches ordinaires, mais il n’y a jamais de bleu. Puis soudainement, le dieu chrétien devient un dieu de lumière. Aux 12e et 13e siècles, on peint le ciel en bleu pour la première fois : avant, il était noir, rouge ou doré. On voue un culte à la mère de Jésus. Et la Vierge habite le ciel… bleu. Les images pieuses la revêtent d’une robe ou d’un manteau bleus. Voilà pourquoi elle devient l’agent de promotion du bleu. Cette iconographie vaut pour les sculptures et les peintures d’église. On ne l’imagine pas autrement que drapée de bleu. Il y aura des conflits qui font sourire aujourd’hui. Par exemple, à Strasbourg, au 13e siècle, les marchands de garance, la plante qui permet la reproduction du rouge, soudoieront un maître verrier pour qu’il colorie le diable en bleu sur ses vitraux afin de discréditer la couleur rivale. Si le bleu est une couleur consensuelle et docile, comment expliquer son succès dans les années soixante auprès de la jeunesse rebelle ? L’histoire du « blue-jean » est intéressante car ce pantalon a été inventé en 1853 par un tailleur juif, Oscar Levi Strauss. Mais il faut savoir que ce vêtement était d’abord un « bleu de travail » destiné aux prolétaires, et non un objet de contestation de l’ordre établi. Les valeurs protestantes dictent alors qu’un vêtement doit être sobre, digne et discret. Or, la teinture du textile à l’indigo est facile. On peut le faire à froid, car les pigments pénètrent bien les fibres. En 1950, il est porté par James Dean et Marlon Brando; il symbolise la révolte de la jeune génération. Mais un vêtement bleu comme symbole de rébellion ne pouvait être qu’éphémère. Par la suite, le jean est devenu plutôt un signe de conformisme. Aujourd’hui les adolescents mettent le jean pour être à la mode, comme tout le monde. De nos jours, le bleu est plus que jamais une couleur qui fait consensus. Les grands organismes internationaux ont des logos bleus. Regardez l’Organisation des Nations Unies, l’UNESCO, le Conseil de l’Europe, l’Union européenne, tous ont choisi un emblème bleu. Le drapeau du Québec est bleu. Oui, c’est le bleu français, républicain, qui s’oppose au blanc monarchique, au noir clérical et au rouge socialiste et communiste. De plus en plus, c’est une couleur qui glisse vers le centre, même vers la droite. Les partis conservateurs sont des partis bleus. Comment un historien en vient-il à étudier les couleurs ? J’ai toujours été fasciné par les couleurs, peut-être parce que je suis né d’une famille d’artistes. Mon père était fou de peinture. Il m’a amené très tôt dans les musées. Et puis trois de mes grands-oncles étaient peintres. Quand j’ai commencé à m’intéresser aux couleurs à titre d’historien, il y a 40 ans, j’étais seul. Mais il me semblait que la relation des hommes avec les couleurs en disait beaucoup sur l’histoire et les mœurs. Le bleu est-il votre couleur préférée ? Non, c’est le vert.
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Décliner la science Mots-clés : agriculture biologique, environnement, Mali, BÉDÉ Maryse Watremez est agricultrice. Elle possède un hectare de terrain et élève quelques vaches dans la région française de la Loire. C’est aussi une ardente partisane de l’agriculture biologique. À des lieues de son coin de jardin, son cheval de bataille l’a par deux fois entraînée au cœur de l’Afrique. Une histoire de solidarité internationale, de femmes et d’environnement. Graines de culture… scientifique Dans la région de Kayes, au Mali, comme dans bien d’autres contrées africaines, la majorité des paysans utilise les semences locales de céréales, bien adaptées à leur environnement et produites selon des techniques éprouvées. Mais il n’en est pas de même pour les cultures potagères, introduites par les Européens lors de la colonisation. Tomates, aubergines et autres laitues constituent une source pécuniaire non négligeable pour les femmes paysannes qui en font le commerce. Pour satisfaire des consommateurs exigeants quant à la taille, au goût et à la couleur de ces légumes, elles dépendent de plus en plus des semences hybrides. Dans un pays où la moyenne des revenus par habitant est de 370 $US par année et où l’accès à l’eau pose d’immenses problèmes, le remplacement des semences traditionnelles par des semences hybrides met en péril l’équilibre alimentaire et oblige les agriculteurs à racheter des semences, récolte après récolte. C’est dans ce contexte qu’en 2004, des paysans maliens s’adressent à l’association française BÉDÉ (Bibliothèque d’Échange de Documentation et d’Expériences), afin d’obtenir des informations précises sur les cultures OGM et hybrides. BÉDÉ initie alors une série de voyages d’échanges entre des agriculteurs français et maliens avec la Confédération paysanne (France) et l’Union des Coopératives agricoles de Kayes (URCAK - Mali). Le projet « Semences de connaissance » était né. « Nous avons essentiellement rencontré les femmes, car ce sont elles qui sont en charge des cultures potagères ou qui partent les vendre au marché. Il est important pour elles de bien comprendre les enjeux alimentaires, sanitaires ou environnementaux de chaque mode de production », explique Maryse Watremez. Contre l’analphabétisme Dans un pays où 90 % des femmes sont analphabètes, la circulation de l’information est un enjeu majeur. Les rencontres organisées dans le cadre du projet avec des groupements de femmes maliennes ont permis d’échanger plusieurs pratiques et conseils sur l’entretien et la conservation des semences traditionnelles et une agriculture exempte de produits chimiques. Maliennes et Françaises s’interrogent sur l’impact des différents types de semences, décrivent leurs modes de culture et les difficultés qu’elles rencontrent lors du triage, de la conservation, de la multiplication ou de la sélection des semences. Ces discussions permettent aussi de se rappeler, à travers la tradition orale, des méthodes d’entretien et de culture ancestrales, qui ne demandent ni engrais ni pesticide. « Les variétés traditionnelles ne supportent pas ou mal la chimie. Mais les femmes se plaignent des insectes qui dévorent leurs semences dès qu’elles sont mises en terre. De plus, certaines semences posent aussi un problème de conservation », explique Maryse Watremez. Pourtant, des méthodes ancestrales ont été éprouvées, mais la plupart des femmes les ont oubliées. Par exemple, le « neem », ou margousier, est un insecticide naturel très efficace, mais rares sont ceux qui l’utilisent encore. Un parti pris pour la tradition « Nous ne voulons donner de leçons à personne. Notre approche consiste à accompagner les paysans dans leurs démarches de réseautage et de formation, afin qu’ils puissent prendre les décisions qui leur conviennent le mieux. Nous avons pris parti pour la reprise d’anciennes semences, car il nous semble indispensable de conserver cette biodiversité qui est aussi un gage d’autonomie pour les paysannes maliennes », note Nathalie Ramos, coordonnatrice du projet BÉDÉ. Pour Aminata Dolo, ingénieure agronome qui a mené une enquête sur les semences traditionnelles dans la région de Kayes, le problème principal des paysans est « qu’ils prennent tout ce qu’on leur donne, attendent de l’aide et subissent souvent », ce qui met en péril la conservation de semences traditionnelles. « Les gens de la recherche viennent avec des semences qui sont des variétés rapides, avec de bons rendements. Mais elles sont souvent peu adaptées à la basse pluviométrie d’ici. Les chercheurs sont des politiques, ils viennent nous donner ce qui les intéresse mais sont loin de nos réalités et de nos préoccupations », renchérit l’une des paysannes maliennes consultées. Semences de connaissance L’ensemble de ces rencontres entre paysannes maliennes et françaises a fait l’objet d’un compte-rendu et d’une étude rendus publics par BÉDÉ sur son site Internet. Ces documents et l’expérience accumulée durant ces échanges ont permis la création d’un livret pédagogique qui décrit les expériences menées au Mali et la problématique de la conservation des semences traditionnelles. Et d’autres suites sont attendues dans les mois et les années qui viennent. « Nous envisageons un projet qui engloberait l’Afrique de l’Ouest et qui permettrait aux paysans de cette région d’établir des réseaux et de profiter d’ateliers d’information et de formation. Les prochains porteront en particulier sur les droits de propriété intellectuelle, précise Nathalie Ramos. Il est nécessaire de former une élite paysanne qui soit en mesure d’intervenir dans les processus de négociation et réglementaires concernant l’agriculture. »
Pour en savoir plus : Bibliothèque d’échange de documentation et d’expériences (BÉDÉ) : http://www.bede-asso.org/ Compte-rendu et étude sur le projet « Semences de connaissance » : http://www.bede-asso.org/savoirs_paysans/echanges%20internationx/semences%20femmes%202005/semences_femmes.html Réseau Semences paysannes : http://www.semencespaysannes.org/ Confédération paysanne : http://www.confederationpaysanne.fr/ Association Afrique verte : http://www.afriqueverte.org/ Association Kokopelli : http://www.kokopelli.asso.fr/ ***
Décliner la science Mots-clés : environnement, science, éducation, territoires En région parisienne, les enjeux environnementaux liés à l’urbanisation ont leur biennale, comme l’art contemporain à Venise : le festival « Terre en tête ». Gratte-ciel, écoles et espaces verts y deviennent, pendant quelques jours, des lieux d’expositions, d’animations et de débats sur le développement durable et l’écologie urbaine. Un exemple de mutualisation des savoirs et de participation citoyenne, dont l’organisateur, le département de Seine-Saint-Denis, n’est pas peu fier. Entretien avec la responsable, Mme Élizabeth Cuvelier. Qu’est-ce qui vous a incité à lancer cette première biennale de l’environnement ? Le département de Seine-Saint-Denis compte 1,5 million d’habitants, dont 30 % a moins de vingt ans. C’est une zone très densément urbanisée, avec un passé industriel qui marque encore très fort son paysage. 60 % de sa population est ouvrière et le taux de chômage, plus haut que la moyenne nationale, est de l’ordre de 11,8 %. Ces composantes humaines, sociales, économiques et environnementales ont des incidences sur le cadre de vie des habitants. Depuis de nombreuses années, nous nous penchons sur ces questions de fond pour établir une réelle politique de développement durable. En travaillant sur ces problématiques, nous nous sommes aperçus qu’un grand nombre d’acteurs s’y intéressaient également et que la population avait une forte attente sur ces questions en matière d’information et de débats. Comment avez-vous obtenu la participation du public sur des enjeux aussi complexes que l’environnement ou le développement durable ? Une grande partie de la population possède un faible niveau de formation, et nous prenons bien soin, avec nos partenaires institutionnels, associatifs et privés, d’élaborer des espaces d’éducation populaire comme des expositions, des ateliers et des débats. Nous avons aussi réalisé des documents pédagogiques sur les enjeux présentés à la Biennale, car avec une meilleure compréhension de ces enjeux, les citoyens prennent plus facilement la parole. Évidemment, le moteur essentiel de cette participation citoyenne réside dans la programmation qui est proposée au grand public et nous abordons des enjeux et des problématiques locaux, qui touchent de près la population et les collectivités. Et quels sont ces enjeux ? La question des transports fait partie de nos priorités, car nous disposons d’un réseau très dense qui englobe un aéroport, quatre autoroutes et des lignes ferroviaires qui contribuent à accentuer les nuisances sonores et les émanations de gaz à effet de serre. Le département possède également un grand nombre d’anciens terrains industriels qui nous préoccupent, car la plupart renferme des polluants, tel l’amiante, et leur décontamination coûte très cher. Nous sommes également préoccupés par les questions de santé reliées au travail, car nous concentrons, sur notre territoire, le taux le plus élevé de cancers d’origine professionnelle en Île-de-France. Enfin, malgré la forte concentration urbaine de notre région, nous investissons beaucoup dans la préservation de la biodiversité. En l’espace de 10 ans, nos espaces verts sont passés de 0,80 m2 à 12 m2 par habitant. De plus, l’Europe vient d’accorder à notre département le label « Natura », en reconnaissance des efforts investis dans la conservation de cette diversité écologique. Nous en sommes très fiers, car nous sommes les premiers en région parisienne à l’avoir obtenu. La programmation de « Terre en tête » aborde souvent ces enjeux sous l’angle politique, en interrogeant notamment la part de responsabilité des pouvoirs publics et le rôle joué par l’économique. Quelle est la part du politique et celle du scientifique dans cette programmation ? Les enjeux reliés à l’environnement et au développement durable traversent autant l’espace scientifique que l’espace politique. Il est vrai que la science fait parfois peur, pour ne pas dire souvent, ce qui peut conduire à des effets néfastes à cause d’une mauvaise compréhension des enjeux. Grâce au maillage que le département a réussi à établir avec les centres de recherche et les entreprises privées, nous tentons de rapprocher les chercheurs des citoyens et nous veillons à ce que chaque thème soit abordé avec des scientifiques. D’ailleurs, nous menons aussi une politique volontariste de culture scientifique dans les écoles pour sensibiliser les jeunes. Tout au long de l’année, et durant la Biennale, nous accueillons plus de 6 000 jeunes en âge scolaire. Mais nous savons aussi que sans engagement politique clair, des initiatives comme la Biennale n’existeraient pas. Il nous paraît aussi primordial de débattre des questions essentielles qui peuvent avoir un impact sur toute la population. La confrontation d’idées est enrichissante quand elle est menée dans le respect de l’autre. Il y a deux ans, par exemple, nous avons réuni des syndicats, les pouvoirs publics, la régie française de l’électricité et Greenpeace, sur la question des sources d’énergie et, au-delà des opinions de chacun, le débat a montré des convergences d’idées. Puisqu’elle comporte aussi une dimension politique, la Biennale mène-t-elle à des engagements et à des actions concrètes ? La Biennale n’est qu’un moment dans un processus qui se construit dans la durée, une rencontre qui permet de bâtir des solutions concrètes avec l’ensemble des partenaires. C’est ainsi qu’un projet de déchetterie pour les industries du bâtiment a récemment vu le jour. Le département de Seine-Saint-Denis, en tant qu’administration publique, prend aussi des engagements clairs à la suite des débats de la Biennale. Il a déjà mis à la disposition du public une cartographie du bruit et mis en place un réseau de surveillance du cancer. Avec les partenaires locaux et régionaux, il prépare également un plan de lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de polluants. Lors de la dernière Biennale, en 2006, le Conseil général s’est aussi engagé à créer une Maison de la citoyenneté et de la vie écologique qui pourra prolonger, tout au long de l’année, les réflexions et les rencontres initiées durant la Biennale.
Pour en savoir plus : http://www.cg93.fr/-Environnement-.html ***
Actualité Mots-clés : astronomie, culture, exposition Des dieux guerriers métamorphosés, des animaux joueurs, des légendes pour raconter la naissance des étoiles… « La représentation scientifique du ciel n’est qu’une représentation parmi d’autres, au même titre que la représentation culturelle, artistique, philosophique », croit Olivier Las Vergnas, directeur de l’Association Française d’Astronomie (AFA). Pourquoi, dès lors, ne pas utiliser cette richesse au service de la culture scientifique ? C’est le parti pris qu’a choisi l’AFA en montant l’exposition « Ciel, miroir des cultures », une aventure pédagogique toute en couleurs et en poésie, téléchargeable gratuitement, dont M. Las Vargnas nous dévoile quelques pans. Ce désir d’expliquer le ciel « Là où les télescopes nous donnent aujourd’hui à penser les étoiles comme d’énormes bulles de gaz brûlant, certaines tribus Inuites voyaient des lacs brillants dans l’herbe noire et les Grecs, des trous dans la voûte céleste qui laissaient entrevoir les feux sacrés. Certaines civilisations ont par ailleurs laissé leur empreinte dans les représentations contemporaines du ciel. C’est le cas de la civilisation gréco-romaine, dont nous héritons du nom d’une multitude d’étoiles », explique Olivier Las Vergnas. « Même si, aujourd’hui, les moyens d’investigations se sont considérablement perfectionnés, la quête de l’origine et du sens de la vie reste toujours aussi vive. D’où venons-nous ? Où allons-nous ? L’univers a-t-il un sens ? Des questions qui motivent toujours notre désir d’interpréter ce ciel omniprésent et qui sont à l’origine d’évolutions majeures dans les connaissances scientifiques. » Prendre le pouvoir par le ciel Depuis la nuit des temps, on fait référence au ciel pour trouver des repères et anticiper les besoins des travaux agricoles, prévoir les migrations ou encore les inondations. « Pour les Égyptiens, par exemple, le levé de Sirius juste avant celui du Soleil annonçait les crues du Nil qui allaient apporter les sédiments indispensables à la fertilisation des sols. Mais au-delà de cette dimension de régulation sociale, le ciel est aussi dans certains contextes un instrument de pouvoir. Qui contesterait la légitimité de celui qui peut prouver qu’il vient du ciel, qu’il sait interpréter ses variations et qui communique avec les astres ? C’est ainsi que les astrologues babyloniens et les prêtres égyptiens ou mayas ont imposé une lecture du ciel pour asseoir leur autorité », poursuit M. Las Vergnas. Prédire l’avenir à travers les astres est aussi une constante de toutes les époques. Tous les phénomènes rares ou incompris sont redoutés. En Amérique du Sud, les éclipses annonçaient l’arrivée de la maladie. Bien des colons ont fait passer des phénomènes astronomiques pour des manifestions de la colère de leur dieu aux populations autochtones. Plus proche de nous, le passage de la comète de Haley en 1910 a terrorisé des milliers de personnes persuadées que sa queue était composée de gaz mortel. À cette époque, les comètes n’avaient pourtant plus rien de magique ou de sacré… Mais depuis le siècle dernier, la nature du pouvoir que confère le ciel a profondément changé : avec l’avènement de la course à l’espace, le cosmos devient désormais un enjeu de propriété, une démonstration de la puissance des Nations. Se projeter dans le ciel « Sur un plan plus individuel, les astres nous offrent un espace pour nous rassurer de la peur de la mort, implorer les dieux, prédire notre avenir ou encore plus simplement rêver. Dans de multiples cultures, le ciel est considéré comme un passage entre la vie et la mort. La voie lactée est ainsi perçue par certains peuples comme un pont reliant le monde des vivants à celui des morts. Le lien entre le ciel et la mort est encore aujourd’hui présent dans de nombreuses civilisations. L’astrologie et les religions ont d’ailleurs largement exploité cette dimension. » Le ciel est aussi un écran de projection des rêves et un terreau fertile pour l’imagination. Et nombreux sont les artistes qui ont ainsi exploré notre environnement céleste. « Peu à peu, un imaginaire collectif s’est ainsi construit autour du ciel. La science-fiction nous propose par exemple de penser l’univers dans des contextes où l’espace et le temps sont finalement bien relatifs. Notons qu’entre convictions et connaissances reconnues, la distinction n’est pas toujours nette. Par exemple, astrologie et astronomie n’ont été dissociées qu’à partir de la Renaissance. » Voir disparaître le ciel L’exploration du ciel se fait désormais par procuration. Les sondes vont toujours plus loin et les outils utilisés sont de plus en plus perfectionnés. La découverte de nouveaux mondes devient virtuelle. La multiplication des images spectaculaires banalise ce territoire qui des siècles durant a été une source insatiable de mythes, de craintes, de croyances et d’espoirs. Notre rapport contemporain à l’espace s’en trouve profondément changé. Dans le même temps et directement aux prises avec notre quotidien, l’urbanisation galopante et la pollution lumineuse qu’elle engendre met en péril notre capacité à voir le ciel nocturne. Un état de fait préoccupant pour Olivier Las Vargnas. « Si nous ne pouvons plus voir les constellations, la voie lactée, les étoiles filantes, et y projeter notre imaginaire et notre humanité, comment pourrons-nous encore imaginer, rêver et penser notre place dans l’univers ? Allons-nous finir par penser de nouveau que nous en sommes le centre ? À moins que ce ne soit déjà le cas… » Si le ciel m’était conté Pour garder la tête dans les étoiles, plus d’une quarantaine de contes et légendes sur le ciel, issus de diverses cultures et époques sont également téléchargeables sur le site de l’AFA. Une occasion rêvée d’aborder l’astronomie par l’imaginaire. On y apprendra par exemple comment Zeus, en attrapant deux ours par la queue, les fit tournoyer jusqu’au ciel. La « Grande Ourse » et la « Petite Ourse » venaient de prendre place au milieu d’autres constellations. Les contes proposés illustrent parfaitement à quel point notre représentation du ciel est contextuelle. Par exemple, l’ensemble d’étoiles que nous appelons communément « Grande Ourse » était appelé par les Égyptiens « la Jambe de Bœuf ». Elles symbolisaient une puissance maléfique qui pour être apaisée a dû être entourée de constellations destinées à la surveiller pour l’empêcher de nuire. Les Égyptiens ont donc installé des déesses et des dieux à ses cotés. Des ressources téléchargeables Comme le précise Olivier Las Vergnas, « L’ordre des panneaux de l’exposition a été pensé dans une logique de progression pédagogique mais chaque affiche peut également être utilisée de façon indépendante pour exploiter un thème précis. » Ainsi, pour alimenter et compléter l’exposition, de nombreux articles et sites Internet sont conseillés dans un espace de téléchargement nommé « centre de ressources dédié ». Chaque point abordé est ainsi documenté par des articles très pertinents qui ont étés publiés par la revue Ciel et Espace de l’AFA. Les sites Internet conseillés sont quant à eux très variés : sites d’agences spatiales, pages de passionnés et fonds d’archives. Autant de pistes pour explorer la constellation des sites sur l’astronomie de la toile… L’AFA rend disponible l’exposition « Le ciel miroir des cultures » ainsi que toutes les ressources qui lui sont associés sur son site Internet. Tous ces outils sont utilisables gratuitement. Il convient cependant de ne pas tronquer les textes ni d’isoler les images.
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Lectures Mots-clés : changements climatiques, Arctique, science, livre L’Arctique n’en finit pas de fondre. Et on n’a pas fini d’en entendre parler. La sécheresse menace l’Afrique ? C’est triste, mais c’est loin. Des ouragans ravagent le continent indien ? Mille fois hélas, mais cet « ailleurs » semble inaccessible. L’Arctique, lui, est à nos portes, et les conséquences du réchauffement climatique sur la banquise propulsent le Canada au centre d’un immense tourbillon médiatique. Un livre, paru cet automne aux éditions Boréal/Névé, fait le tour de la question : Perdre le Nord ? porte bien son titre… La journaliste scientifique Dominique Forget – qui collabore régulièrement à Pluie de science – a tissé le fil de cet ouvrage qui informe, étonne et questionne. Pour ce faire, elle s’est appuyée sur l’expertise et les témoignages de plusieurs « grands noms » de l’Arctique, la crème de la crème des experts : parmi eux, Louis Fortier, directeur scientifique du projet Arctic.net, Dominique Berteaux, spécialiste de la biodiversité nordique à l’UQAR, Bruno Tremblay, glaciologue à l’Université McGill, la juriste Suzanne Lalonde, spécialiste des questions de souveraineté territoriales à l’Université de Montréal, et Mary Simon, présidente de l’association Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) (The National Inuit Organization in Canada). Ainsi fond fond fond Saviez-vous que l’année 2005 détient le record de l’année la plus chaude depuis que l’on dispose de données d’enregistrement ? Et que les années 2002, 2003, 2004 et 2006 suivent tout près derrière ? Que les habitants du village de Shishmaref, établis depuis 400 ans sur l’île de Sarichef à 8 km de la côte de l’Alaska, sont menacés d’évacuation à cause de la crue des eaux de l’océan Arctique et des tempêtes de plus en plus fréquentes ? Que dans 40 ans, il risque de ne plus y avoir de glace en été au Pôle Nord ? Les climatologues prédisent même l’inimaginable : d’ici 2040, le passage du Nord-Ouest pourrait bien être entièrement libéré des glaces durant l’été. Qu’est-ce que cela suppose ? Une ouverture à la navigation maritime, l’exploitation de ressources naturelles auparavant inaccessibles, et, inexorablement, des démêlés juridiques complexes jumelés à des confrontations entre les gouvernements canadien, américain, européen et asiatique. Pourquoi ? Parce que le Canada pourrait alors perdre ses droits sur la région, toute voie maritime reliant deux océans faisant partie des eaux internationales… Ce livre captivant est ainsi truffé de nouvelles données scientifiques, écologiques, économiques et juridiques qui soulèvent bien des débats. L’ouvrage très dense n’en demeure pas moins clair et accessible. Perdre le Nord ? répond à une foule de questions : Pourquoi les changements climatiques sont-ils plus prononcés au nord du 60e parallèle ? Pourquoi les tempêtes y sont-elles plus fréquentes et plus violentes ? Certains pays auraient-ils vraiment trouvé la formule miracle pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre ? Les informations y sont de première main, et toutes récentes : certaines remontent au mois d’août 2007, un mois tout juste avant la sortie du livre en librairie ! On nous dévoile notamment qu’au cours de cette année 2007, la banquise arctique a diminué de 20 % de sa superficie à cause de la fonte, ce qui équivaut à 1 million de km2. Dominique Forget nous explique également pourquoi la fonte de ces glaces pourrait avoir des conséquences socioéconomiques aussi importantes qu’environnementales. À ce sujet, elle site l’US Geological Survey qui estime que le quart des réserves pétrolières et gazières mondiales non encore découvertes se trouvent dans l’Arctique. Les multinationales voient donc là un nouvel Eldorado. On parle de 136 milliards de tonnes d’hydrocarbures, mais aussi d’étain, d’or, de nickel, de manganèse, de plomb, de platine et même de diamants. On imagine déjà que cette situation risque fort de contraindre le gouvernement canadien à redéfinir ses politiques territoriales. Sans oublier qu’au-delà de ces possibles conflits à venir, il y aura toujours – en fait, on l’espère – une nature à préserver et des populations autochtones, dont le territoire menacé, devra être protéger. Le livre de Dominique Forget est également enrichi de nombreux tableaux explicatifs et de superbes photos en plus de se terminer par une postface empreinte d’émotions et d’inquiétudes signée par l’explorateur Bernard Voyer. On termine ce livre en fermant les yeux, plongé dans une profonde réflexion. À ranger dans sa bibliothèque à côté du toujours très actuel Vivre les changements climatiques, du biologiste Claude Villeneuve (éditions MultiMondes), dont la troisième édition a été revue et augmentée pour tenir compte des données et des événements les plus récents.
Vivre les changements climatiques : http://multim.com/titre/?ID=213 ***
Dossier thématique
: Spécial « Éducation relative à l’environnement
» Mots-clés : changements climatiques, éducation relative à l’environnement, Montréal Daniel a compris le message. Il se tient à côté de la clôture et il est prêt. Prêt à quoi ? À coller une contravention à un automobiliste qui laisse tourner son moteur inutilement. Ou, plutôt, un billet de courtoisie, parce que Daniel n’a que 10 ans. Mais pour lui, c’est du sérieux. Ce n’est pas parce qu’il est encore un enfant qu’il ne peut pas participer à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). C’est sa façon à lui de faire sa part. Ou, plutôt, c’en est une de la Ville de Montréal qui, elle, donne des contraventions bien réelles. « L’éducation relative à l’environnement est la contrepartie des outils réglementaires : cela permet de travailler au niveau du citoyen et de lui donner le goût d’agir », soutient Jacques Tremblay, conseiller en planification à la direction de l’environnement à la Ville de Montréal. À la fin de l’année 2006, plus de 2 800 employés chauffeurs de la Ville avaient d’ailleurs reçu une formation concernant le ralenti inutile. Et ce n’est qu’un début. La métropole déploie, depuis l’automne 2006, des stratégies pour les jeunes de 8 à 10 ans et, depuis l’automne 2007, pour les tout-petits. L’objectif : qu’ils réfléchissent en classe sur cet enjeu environnemental et qu’ils en parlent à leurs parents ! Des cartes postales explicatives ont d’ailleurs été produites à cet effet et pleuvent depuis sur les foyers… « Les changements… quoi ? » « On ne pouvait pas demander aux enfants de distribuer cette carte postale sur le ralenti inutile sans leur expliquer pourquoi », explique M. Tremblay. Pour donner un sens à ce geste, une fiche pédagogique à l’intention des enseignants, « Ma planète a de la fièvre ! », a été produite en collaboration avec la Commission scolaire de Montréal. Sans que la Ville puisse en évaluer les retombées, 100 000 cartes postales ont été envoyées dans 300 écoles montréalaises, pour près de 65 000 élèves, lors du premier déploiement en novembre 2006. « Très peu d’enfants savaient ce qu’étaient les changements climatiques, et ça les inquiétait beaucoup : certains ont même demandé s’ils allaient mourir ! », raconte Christiane Vézina enseignante à l’école primaire Saint-Louis-de-Gonzague. Ses élèves ont appris que leur planète a de la fièvre. Qu’elle ne se sent pas très bien, comme nous-mêmes, lorsque nous sommes fiévreux. Et que sa température moyenne a déjà augmenté de 0,6°C depuis que leur grand-papa est né. Et que cette hausse se poursuit. Pour comprendre la fièvre de la Terre, les élèves ont d’abord apprivoisé l’effet de serre en créant une serre avec son propre écosystème – terre, eau, feuilles et lampe chauffante. Mme Vézina a entrepris d’approfondir le sujet avec ses élèves qui, également guidés par l’actualité, voulaient en savoir davantage. C’est ainsi qu ‘elle a organisé une conférence téléphonique avec la biologiste, Pascale Otis, alors en expédition dans l’Antarctique à bord du voilier Sedna IV, afin d’y étudier les effets du réchauffement climatique. Une grande maquette colorée, que les élèves ont conçue, les a aidés à identifier des activités humaines responsables de l’augmentation des GES. Après quoi, ils se sont penchés sur les solutions au quotidien pour diminuer la fièvre de la Terre. Lui proposer de se reposer ou de boire beaucoup d’eau ne figurent pas parmi celles retenues : mieux vaut économiser l’énergie ou inviter ses parents à couper le contact. Petite pousse deviendra grande ? Mais les enfants discuteront-ils ou non du ralenti inutile – un bien petit geste pour certains – ou d’économie d’énergie avec leurs parents ? Jacques Tremblay admet que la limite de cette sensibilisation repose sur les épaules des jeunes. Et encore faut-il que l’information circule jusqu’au bout : le matériel est distribué par les commissions scolaires aux directions des écoles qui le remettent aux enseignants; ceux-ci sont invités à prendre de leur temps de l’utiliser avec leurs élèves, puis on demande à ces derniers de donner la carte postale à leurs parents pour leur suggérer à leur tour de couper le contact… Un cercle vertueux, finalement. Mais il y a d’autres projets : comme ce concours de dessins où les enfants sont invités à approfondir et à dessiner les conséquences du réchauffement climatique sur la biodiversité. Ou encore, ce projet d’agent X du gouvernement du Canada (Biosphère), où l’enfant devient un véritable détective en environnement pour comprendre les changements climatiques et la pollution de l’air. Quant à Daniel, il guette de bon cœur les automobilistes fautifs…
Le projet agent X : http://www.spst.org/servlet/FicheOutil?outils_id=1068 ***
Dossier thématique : Spécial « Éducation relative à l’environnement » Un producteur du Kaléidoscope nous éclaire :
Québec’ERE Mots-clés : Québec’ERE, éducation relative à l’environnement À Québec, il y a de l’ERE dans l’air. « ERE » pour éducation relative à l’environnement. Des industries au monde municipal, en passant par les ministères provinciaux et fédéraux, et, bien sûr, les écoles, une organisation non gouvernementale a pris la cause à bras le corps : Québec’ERE, qui fête tout juste ses 10 ans, a fait de la sensibilisation à l’environnement son cheval de bataille. À sa barre, Barbara Genest : « Je suis arrivée chez Québec’ERE en 1998, le jour de son incorporation… À l’époque, déjà, les besoins en matière d’éducation relative à l’environnement pour les organismes de la région étaient trop nombreux. La création de Québec’ERE par le Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale et d’autres organismes en environnement s’imposait. » De 5 à 99 ans Depuis, la joyeuse équipe ne chôme pas. Consultant dans le domaine de l’éducation, de la vulgarisation scientifique et de l’interprétation, l’organisme touche une clientèle âgée de 5 à 99 ans. « Le principal champ d’action des animateurs se situe surtout dans les écoles primaires, où sont présentées différentes activités de sensibilisation, qui peuvent être regroupées en trois blocs : l’air, la terre et l’eau. On aborde notamment la pollution atmosphérique, la consommation quotidienne d’eau et la gestion des matières résiduelles », explique Mme Genest. Des activités aux titres éloquents – « Une bouffée d’air pur », « Une tempête dans un verre d’eau » et « Ça grouille… dans ma classe ! » – amènent respectivement les participants à approfondir le thème de la qualité de l’air, à trouver des trucs pour réduire sa consommation quotidienne d’eau et à apprendre l’ABC du lombricompostage (le compost par des vers rouges ou tigrés dans le confort de la salle de cours…). Cinq objectifs servent de référence lors de l’élaboration et de la réalisation des activités : la prise de conscience, les connaissances, les compétences, la capacité d’évaluation, ainsi que la participation. « Les mots peuvent différer d’un organisme à l’autre, mais c’est autour de ces valeurs que sont bâties nos activités. » À cela s’ajoutent des expositions et des services spécialisés. Par exemple, l’organisme offre du soutien technique pour l’implantation de plans de gestion de matières résiduelles ou l’initiation à la collecte sélective dans les écoles ou les entreprises. Côte ascendante Mais en 10 ans, la perception du citoyen face à l’environnement et les actions concrètes qu’il pose ont-elles évoluées ? « J’aimerais pouvoir dire que oui, mais on en gagne et on en perd. En général, les gens sont plus sensibles à l’environnement qu’avant, ce qui nous rend plus optimistes. Mais certaines personnes posent des gestes qui vont à l’encontre de leur vision environnementale. Ce qui importe, c’est que nous puissions toucher les gens pour provoquer un changement de comportement. Nous sommes dans une côte ascendante », concède-t-elle. Au quotidien, les actions de Québec‘ERE donnent un sérieux coup de pouce à la cause. Par exemple, l’exposition itinérante interactive « La Grande Exposition – des idées ALLANT vert » permet aux écoles d’accueillir une exposition comprenant 14 kiosques traitant de la gestion des matières résiduelles qui seront directement animés par les élèves de 5e et 6e années. Rien de tel pour susciter des vocations. « À la suite de l’événement, une école a décidé de mettre sur pied une grande coopérative. Ils ont établi un système amenant les élèves à ramasser, chaque semaine, le matériel qui allait servir aux activités d’art plastique. Les jeunes préparaient les commandes et utilisaient ce matériel en cours. L’objectif : travailler avec du matériel récupéré tout au long de l’année », raconte Mme Genest. Et rien de tel que l’exemple pour changer les idées préconçues. « Dans une autre école, deux enseignantes plutôt réfractaires au compost ont non seulement bien implanté le système dans leur milieu de travail, mais en changeant de position, elles ont même convaincu leurs collègues de faire du compost chez eux ! » Expertise et formation sur le terrain Autre caractéristique de l’organisme : tous les animateurs possèdent plusieurs années sur le terrain et une solide expertise. « Nous sommes tous des biologistes de formation. Les animateurs cumulent plus de 20 ans d’expérience en éducation et en vulgarisation scientifique. Les activités que nous offrons sont de type muséal; elles sont conçues de manière originale et moderne, de sorte que l’enseignant ne pourrait pas nécessairement les reproduire lui-même », conclut Barbara, qui a reçu en 2004 le prix Rosaire-Corbin, attribué par le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, pour son apport remarquable à la mise en valeur et à l’interprétation des ressources naturelles de ce parc.
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« Éducation relative à l’environnement »
Le blogue de l’Agence Science-Presse
sur l’environnement ENvironnement JEUnesse Le coin de Rafale La Zone Jeunesse du site de Radio-Canada comporte une section dédiée à la nature et l’environnement. Courts reportages, quiz, capsules, forum, « l’explorateur » y trouve des infos variées et simplifiées sur une foule de sujets; de l’énergie éolienne au commerce équitable, en passant par les plantes carnivores. À voir ! http://www.radio-canada.ca/jeunesse/explorateur/nature/ Les changements climatiques : une introduction Le développement durable vu par la Banque
Mondiale Les dossiers de Futura Science Le kiosque de l’Agence Science-Presse
sur l’environnement Ressources pour l’éducation à
l’environnement Le programme éducatif Aile verte pour
les enfants Environnement Canada – enfants Les enfants des Grands Lacs 99 réponses sur l’environnement Éco-emballages Lâchez prise! ***
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« Éducation relative à l’environnement »
Voici la sélection des experts de la Grande bibliothèque (Espace Jeunes et Collections Économie, Affaires, Sciences et technologie). SÉLECTION JEUNESSE Je protège la nature Le climat en danger L’environnement : comprendre le
fragile équilibre de la vie sur terre Champions du monde de l’écologie Léon et l’environnement La terre en danger SÉLECTION ADULTES L’éolien : pour qui souffle
le vent ? Urgence planète Terre : l’esprit
humain face à la crise écologique Planète attitude santé ***
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Énergies propres, matières recyclables,
cycles de vie de matériaux… La protection de l’environnement
est un domaine aussi vaste que passionnant. Les occasions pour conjuguer
discours écologique et discours scientifique ne manquent pas. Voici
une quarantaine d’outils et services qui permettent
d’aborder ces thèmes ou de les explorer en profondeur, quel
que soit son âge et son niveau de connaissance scientifique. ***
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